HypnoseConfiance Et Identite

3 exercices d’hypnose à faire seul pour booster votre confiance

Des techniques pratiques et rapides à tester chez vous dès ce soir.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Vous êtes là, devant votre écran, peut-être après une journée où ce petit doute est venu vous gâcher un moment. Cette voix intérieure qui vous a dit « tu n’y arriveras pas », « ils vont voir que tu n’es pas à la hauteur », ou « ce n’est pas pour toi ». Vous la connaissez bien. Parfois elle chuchote, parfois elle crie. Mais dans les deux cas, elle vous freine.

Je reçois des adultes comme vous dans mon cabinet à Saintes depuis 2014. Des cadres, des sportifs, des parents, des artisans. Des personnes qui, à l’extérieur, semblent parfaitement solides. Mais qui, à l’intérieur, portent ce sentiment diffus de ne pas être assez. La confiance, ce n’est pas un trait de caractère qu’on a ou qu’on n’a pas. C’est une compétence qui se construit, se répare et s’entretient.

L’hypnose ericksonienne est un outil formidable pour cela. Elle ne vous endort pas. Elle ne vous fait pas perdre le contrôle. Elle vous offre un accès direct à votre inconscient, cette partie de vous qui gère vos automatismes, vos croyances et vos ressources. Et le meilleur, c’est que vous pouvez apprendre à l’utiliser seul, chez vous, sans que personne ne vous regarde.

Dans cet article, je vais vous donner trois exercices précis. Vous n’avez besoin de rien de spécial. Juste d’un endroit calme, de 10 à 15 minutes, et de l’envie de vous offrir un vrai changement. Pas de promesses miraculeuses. Du travail concret, respectueux de votre rythme. Prêt ? Allons-y.

Pourquoi l’autohypnose est-elle si efficace pour la confiance ?

Avant de plonger dans les exercices, il faut comprendre pourquoi ça marche. Vous avez déjà essayé de vous répéter « je suis confiant » devant le miroir ? Peut-être que ça a fonctionné cinq minutes. Puis le doute est revenu, plus fort. Pourquoi ? Parce que votre mental conscient, celui qui analyse, juge et compare, n’est pas le bon interlocuteur.

Votre confiance ne se joue pas dans vos pensées volontaires. Elle se joue dans votre inconscient. C’est lui qui stocke vos souvenirs, vos apprentissages, et surtout vos croyances. Si, enfant, on vous a répété que vous étiez maladroit, ou si une humiliation est restée gravée, votre inconscient a créé une programmation : « dans telle situation, je ne suis pas à l’aise, je dois me méfier, me protéger ».

L’hypnose permet de dialoguer directement avec cette partie de vous. En état modifié de conscience — cet état entre veille et sommeil que vous traversez plusieurs fois par jour sans le savoir — votre critique intérieur se tait. Votre inconscient devient réceptif. Vous pouvez alors lui proposer de nouvelles options, de nouvelles ressources.

L’autohypnose, c’est la même chose, mais en étant votre propre guide. Vous apprenez à induire cet état chez vous, à y installer des suggestions qui renforcent votre confiance, puis à revenir. C’est comme reprogrammer un logiciel. Sauf que le logiciel, c’est vous. Et les résultats sont durables parce que vous travaillez à la source, pas sur les symptômes.

Dans mon accompagnement en IFS (Internal Family Systems), on va encore plus loin en identifiant les « parties » de vous qui protègent votre vulnérabilité. Mais en autohypnose, on peut déjà faire un travail puissant. Voici comment.

Exercice n°1 : L’ancre de confiance en 5 minutes

Vous avez déjà remarqué comme une musique, une odeur ou un lieu peut instantanément vous faire ressentir une émotion ? C’est le principe de l’ancrage. Votre cerveau associe un stimulus à un état intérieur. On va utiliser cela pour créer un déclencheur de confiance immédiat.

Cet exercice est celui que je propose en premier aux sportifs que je prépare mentalement. Il est rapide, discret, et peut être utilisé avant une réunion, un entretien, une compétition ou même une conversation difficile.

Étape 1 : Trouvez votre souvenir-ressource

Installez-vous confortablement, assis ou allongé. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes, en expirant plus lentement que vous n’inspirez. Laissez votre corps se poser.

Maintenant, fouillez votre mémoire. Cherchez un moment précis où vous vous êtes senti pleinement confiant, compétent, à l’aise. Cela peut être un succès professionnel, un moment sportif, une conversation où vous étiez en pleine possession de vos moyens, ou même un souvenir d’enfance où vous vous sentiez invincible.

Ne choisissez pas un souvenir « ok ». Choisissez un souvenir qui, quand vous y pensez, fait déjà naître une sensation dans votre corps. Une chaleur dans la poitrine, un relâchement des épaules, un sourire qui vient.

Étape 2 : Vivez-le intensément

Rentrez dans ce souvenir. Voyez ce que vous voyiez à ce moment-là. Entendez ce que vous entendiez. Ressentez les sensations dans votre corps. L’air sur votre peau, la position de votre dos, votre respiration.

Amplifiez tout cela. Si c’était une couleur, rendez-la plus vive. Si c’était une température, rendez-la plus présente. Restez dans cette sensation de confiance pleine et entière pendant une à deux minutes. Laissez-la vous imprégner.

Étape 3 : Créez l’ancre

Choisissez un geste simple que vous pourrez refaire discrètement plus tard. Par exemple : presser le pouce et l’index de la main gauche, ou toucher votre poignet droit, ou serrer le poing gauche. Ce geste ne doit pas être un geste que vous faites habituellement.

Au pic de votre sensation de confiance, faites ce geste. Maintenez-le pendant 5 à 10 secondes, tout en continuant à ressentir la confiance. Puis relâchez le geste, mais gardez la sensation encore quelques instants.

Répétez cette association trois fois de suite. À chaque fois, revivez le souvenir, atteignez le pic, faites le geste, maintenez, relâchez.

Étape 4 : Testez

Ouvrez les yeux. Secouez un peu les bras, les jambes, pour revenir à l’état ordinaire. Puis, sans rien faire de spécial, faites votre geste-ancre. Que se passe-t-il ? Si l’exercice a bien fonctionné, vous devriez ressentir un retour, même léger, de cette sensation de confiance.

« L’ancre n’efface pas les doutes. Elle vous offre un point d’appui solide au milieu de la tempête. C’est un rappel incarné que la confiance est déjà en vous, pas à l’extérieur. »

Si la sensation est faible ou absente, ce n’est pas grave. Revenez-y demain. Parfois, le souvenir choisi n’est pas assez puissant, ou vous êtes trop fatigué. Essayez avec un autre souvenir. Le geste, lui, peut rester le même.

Cet exercice est magique pour une raison simple : il court-circuite le mental. Vous ne vous dites pas « je dois être confiant ». Vous activez directement le circuit neuronal de la confiance. Utilisez-le avant chaque situation qui vous stresse. Avec la répétition, l’ancre deviendra plus forte.

Exercice n°2 : La transformation de la voix critique en alliée

Vous avez cette voix intérieure qui vous juge, vous critique, vous compare. Je l’appelle parfois « le manager intérieur » ou « le protecteur ». En IFS, on considère que cette voix est une « partie » de vous qui cherche à vous protéger. Elle vous critique pour vous éviter l’échec ou le rejet. Mais elle le fait maladroitement, avec des méthodes qui vous paralysent.

Cet exercice d’autohypnose va vous permettre de transformer cette relation. Vous n’allez pas faire taire la voix. Vous allez la rencontrer, la comprendre, et lui donner un nouveau rôle.

Étape 1 : Installez-vous et identifiez la voix

Asseyez-vous calmement. Fermez les yeux. Respirez profondément trois fois. Laissez votre attention se porter vers l’intérieur.

Pensez à une situation qui, habituellement, déclenche votre manque de confiance. Par exemple : prendre la parole en réunion, rencontrer quelqu’un de nouveau, ou vous présenter à un entretien.

Laissez monter la voix critique. Ne la repoussez pas. Écoutez ce qu’elle dit. Peut-être : « Tu vas te ridiculiser », « Tu n’es pas légitime », « Les autres sont meilleurs que toi ». Observez cette voix comme si vous écoutiez une radio. Ne vous identifiez pas à ses paroles. Vous êtes juste l’auditeur.

Étape 2 : Donnez-lui une forme et une localisation

Maintenant, demandez-vous : si cette voix avait une forme, laquelle aurait-elle ? Une boule sombre dans le ventre ? Une pression dans la poitrine ? Un personnage imaginaire ? Un nuage gris ? Ne réfléchissez pas, laissez venir la première image.

Où se trouve-t-elle dans votre corps ? Donnez-lui une couleur, une texture, une température. Accueillez-la sans jugement. Elle est là, c’est tout.

Étape 3 : Entrez en dialogue

Adressez-vous à cette partie de vous. Pas avec agressivité, mais avec curiosité. Vous pouvez lui dire intérieurement : « Je te vois. Je sais que tu es là pour me protéger. Merci. »

Puis demandez-lui doucement : « Qu’est-ce que tu crains qu’il m’arrive si je n’écoutais pas tes avertissements ? » Écoutez la réponse. Elle peut venir sous forme de mots, d’images, ou de sensations. Souvent, la voix critique a peur que vous soyez blessé, humilié, ou rejeté. Elle fait son travail de gardienne.

Étape 4 : Négociez un nouveau contrat

Remerciez-la pour sa protection. Puis dites-lui : « J’ai compris que tu veux mon bien. Mais ta méthode actuelle me bloque. Je te propose un nouveau rôle. Au lieu de me critiquer, tu peux me rappeler que je suis préparé, que j’ai des ressources, que je peux gérer l’imprévu. »

Imaginez que cette partie accepte. Visualisez sa forme qui se transforme. La boule sombre devient une lumière douce. La pression devient une chaleur soutenante. La voix devient plus calme, plus posée.

Étape 5 : Ancrez la transformation

Répétez-vous une phrase simple qui résume ce nouveau contrat. Par exemple : « Je suis protégé par ma préparation, pas par mes peurs. » Ou : « Ma vigilance est au service de ma confiance. »

Respirez profondément et laissez cette phrase s’installer. Puis ouvrez doucement les yeux.

Cet exercice est exigeant. Il demande de l’honnêteté. Mais il est profond. La voix critique ne disparaît pas complètement, mais elle change de ton. Elle devient un allié qui vous prépare, pas un ennemi qui vous paralyse.

Dans mon travail avec les footballeurs, je vois souvent des joueurs techniquement brillants mais bloqués par cette voix. Quand ils apprennent à négocier avec elle, leur performance décolle. Parce qu’ils ne dépensent plus d’énergie à lutter contre eux-mêmes.

Exercice n°3 : La visualisation du « vous confiant » en 10 minutes

La visualisation n’est pas de la rêverie. C’est un entraînement mental utilisé par les athlètes de haut niveau, les chirurgiens et les artistes. Votre cerveau ne fait pas bien la différence entre une expérience vécue intensément et une expérience imaginée avec tous les détails sensoriels.

Quand vous visualisez une situation où vous êtes confiant, vous créez des circuits neuronaux qui seront activés le moment venu. C’est une répétition générale intérieure.

Étape 1 : L’état modifié de conscience

Allongez-vous. Fermez les yeux. Portez votre attention sur votre respiration. Inspirez en comptant jusqu’à 4, bloquez 2 secondes, expirez en comptant jusqu’à 6. Faites cela 5 fois.

Ensuite, laissez votre respiration revenir naturelle. Imaginez que vous descendez un escalier de 10 marches. À chaque marche, vous vous enfoncez un peu plus dans un état de détente profonde. 10… 9… 8… Chaque nombre vous rapproche d’un lieu intérieur calme et sûr. 7… 6… 5… Votre corps est lourd, votre esprit est tranquille. 4… 3… 2… 1. Vous êtes arrivé. Vous êtes dans un espace intérieur où tout est possible.

Étape 2 : Construisez la scène

Maintenant, projetez-vous dans une situation future où vous aimeriez être confiant. Un rendez-vous professionnel, une présentation, un match, une conversation difficile. Choisissez une situation précise, pas trop lointaine. Dans les jours ou semaines à venir.

Voyez-vous dans cette scène. Mais ne vous voyez pas de l’extérieur comme au cinéma. Vivez-la de l’intérieur, avec vos yeux. Regardez autour de vous. Où êtes-vous ? Quelles sont les couleurs, les lumières ? Qui est présent ? Entendez les sons, les voix, les bruits ambiants.

Étape 3 : Incarnez la confiance

Maintenant, entrez pleinement dans votre corps dans cette scène. Ressentez vos pieds sur le sol. Votre dos droit mais détendu. Vos épaules ouvertes. Votre respiration calme et régulière.

Vous parlez. Votre voix est posée, claire. Vous écoutez les autres avec attention. Vous répondez avec justesse. Vous sentez une chaleur dans votre poitrine, une sensation de fluidité. Les gens vous regardent avec intérêt, pas avec jugement. Vous êtes à votre place.

Amplifiez cette sensation. Si la confiance avait une couleur dans cette scène, laquelle serait-elle ? Donnez-lui de la luminosité. Si elle avait un son, quel serait-il ? Un bourdonnement grave et rassurant.

Étape 4 : Les imprévus

Un bon scénario inclut des imprévus. Imaginez un petit obstacle : quelqu’un vous interrompt, vous oubliez un mot, vous ressentez une montée de stress. Et maintenant, voyez-vous le gérer avec calme. Vous prenez une respiration. Vous souriez intérieurement. Vous vous adaptez.

Cette étape est cruciale. Elle prépare votre inconscient à ne pas se déstabiliser face à l’inattendu. Vous n’imaginez pas un monde parfait. Vous imaginez un vous capable de naviguer dans l’imperfection.

Étape 5 : Revenez en douceur

Laissez la scène s’estomper doucement. Remontez l’escalier imaginaire. 1… 2… 3… Vous revenez à la surface. 4… 5… 6… Vous sentez votre corps, votre environnement. 7… 8… 9… 10. Ouvrez les yeux. Prenez un moment pour revenir complètement. Bougez doucement les doigts, les orteils.

« La visualisation ne garantit pas que tout se passera parfaitement. Elle garantit que vous serez présent, connecté à vos ressources, quoi qu’il arrive. Vous ne contrôlez pas l’extérieur, mais vous contrôlez votre accès à l’intérieur. »

Faites cet exercice chaque soir pendant une semaine, avant de dormir. Votre inconscient travaillera pendant votre sommeil. La première fois, vous trouverez peut-être cela artificiel. La troisième fois, vous commencerez à ressentir une différence. La septième fois, votre corps saura ce que la confiance signifie dans cette situation précise.

Comment intégrer ces exercices dans votre quotidien sans vous décourager

Je vous ai donné trois outils solides. Mais je connais la tentation : lire l’article, se dire « je vais essayer », puis ne jamais le faire. Pas par paresse, mais parce que le changement fait peur. Parce que la partie de vous qui doute préfère le confort du connu.

Alors voici une règle simple : ne faites qu’un seul exercice par jour, et pas plus de 10 minutes.

Choisissez celui qui vous parle le plus. L’ancre de confiance est la plus rapide et la plus concrète. Commencez par elle pendant trois jours. Faites-la le matin, avant de démarrer votre journée. Ou le soir, pour ancrer les réussites de la journée.

Quand vous sentez que l’ancre fonctionne — vous faites le geste et la confiance monte — passez à l’exercice de la voix critique. Il demande plus de recul sur vous-même

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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