3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Exercices pratiques à faire chez vous pour apaiser le doute immédiatement.
Vous avez probablement déjà vécu cette scène. Vous venez de terminer une présentation importante, ou de rendre un dossier sur lequel vous avez passé des semaines. Les retours sont positifs, votre entourage vous félicite. Pourtant, à l’intérieur, une voix tenace murmure : « Ils vont finir par découvrir que tu n’y connais rien. » Ou pire, elle crie : « Tu as eu de la chance, un point c’est tout. »
Ce sentiment, ce doute qui vous ronge malgré les preuves du contraire, c’est ce qu’on appelle communément le syndrome de l’imposteur. Il ne s’agit pas d’un diagnostic médical, mais d’une expérience humaine terriblement courante. Vous n’êtes pas seul : des études estiment que près de 70% des personnes y ont été confrontées au moins une fois dans leur vie. Et si vous êtes ici, c’est que vous en avez assez de laisser cette voix intérieure saboter votre confiance.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes. Depuis 2014, j’accompagne des adultes comme vous, pris dans cette spirale du doute. Ensemble, nous explorons comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle peuvent apaiser cet imposteur intérieur. Mais je sais aussi que vous n’avez pas toujours le temps ou l’envie de prendre rendez-vous pour chaque petit coup de mou. C’est pourquoi j’ai conçu ces trois protocoles d’autohypnose. Ce sont des outils concrets, à faire chez vous, en 10 à 15 minutes, pour calmer immédiatement le doute.
L’objectif n’est pas de faire disparaître l’imposteur par magie. Ce serait malhonnête de vous le promettre. Ces protocoles vous donnent une prise, un levier pour réduire l’intensité de la voix critique, pour créer un espace de calme intérieur où vous pouvez entendre autre chose : votre propre compétence, votre légitimité.
Prêt à essayer ? Alors, installez-vous confortablement, là où vous ne serez pas dérangé. Lisez d’abord chaque protocole pour le comprendre, puis fermez les yeux et laissez-vous guider par vos propres mots.
Avant de plonger dans les exercices, prenons une minute pour comprendre ce qui se joue. L’imposteur n’est pas un ennemi extérieur. C’est une partie de vous, une stratégie de protection construite souvent bien plus tôt dans votre vie. Imaginez un enfant qui apprend que pour être aimé, il doit être parfait. Ou une adolescente qui reçoit le message que ses réussites sont dues à la chance, pas à son travail. Cette voix critique s’installe alors comme un gardien : « Si je doute, je ne serai pas déçu. Si je minimise, personne ne pourra me reprocher d’avoir échoué. »
En hypnose ericksonienne, nous considérons que cette voix est une ressource mal orientée. Elle essaie de vous protéger de l’humiliation, du rejet. Mais elle le fait en vous paralysant. Avec l’IFS, nous apprenons à dialoguer avec cette partie, à la remercier pour son intention, puis à lui demander de se mettre en retrait pour laisser place à votre Soi, cette partie de vous qui est calme, confiante et créative.
Les protocoles que je vais vous proposer s’appuient sur ces principes. Ils ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique si la souffrance est profonde, mais ils vous offrent un premier pas concret pour reprendre le pouvoir.
Ce premier protocole est idéal quand le doute vous submerge juste avant une réunion, un examen ou une conversation difficile. Il s’agit de créer un espace mental pour « contenir » temporairement cette voix critique, sans la combattre.
Quand l’utiliser : Quand vous sentez la panique monter, que votre estomac se noue, ou que vous répétez intérieurement « Je ne suis pas à ma place. »
La préparation : Asseyez-vous, les pieds à plat sur le sol, les mains posées sur les cuisses. Prenez trois respirations lentes et profondes. L’inspiration par le nez, l’expiration par la bouche, comme si vous souffliez doucement dans une paille.
Le protocole pas à pas :
Ancrage corporel : Portez votre attention sur la sensation de vos pieds contre le sol. Sentez le poids de votre corps soutenu par la chaise. Ce simple geste vous ramène dans le présent, loin des projections catastrophiques.
Visualisation du conteneur : Imaginez devant vous, à quelques centimètres de votre poitrine, un objet qui vous sert de conteneur. Cela peut être un coffre-fort en acier, une boîte en bois sculpté, un bocal en verre épais, ou même une bulle de savon géante. Choisissez ce qui vous semble juste, rassurant.
Dialogue avec l’imposteur : Adressez-vous à cette voix critique intérieurement. Vous pouvez lui dire : « Je t’entends, merci d’essayer de me protéger. Pour l’instant, j’ai besoin que tu te poses ici. » Visualisez cette voix sous une forme symbolique (un nuage gris, une silhouette floue, un mot écrit) et placez-la délicatement dans votre conteneur.
Fermeture symbolique : Fermez le conteneur. Si c’est un coffre, tournez la clé. Si c’est une boîte, nouez un ruban. Si c’est une bulle, regardez-la flotter doucement à côté de vous. Ce geste n’est pas un rejet, c’est une mise en suspens. Vous dites à cette partie : « Je te garde à proximité, mais tu n’as pas besoin de parler maintenant. »
Retour au calme : Reprenez trois respirations. Sentez l’espace qui s’est créé dans votre poitrine. Vous pouvez maintenant vous concentrer sur la tâche à accomplir, avec plus de clarté.
L’imposteur n’est pas un ennemi à abattre, c’est une partie blessée à apaiser. Le contenant ne le jette pas, il le met simplement en pause.
Pourquoi ça marche ? Ce protocole utilise la dissociation thérapeutique. Vous n’êtes pas votre voix critique. Vous êtes celui ou celle qui l’observe et qui choisit de la mettre de côté temporairement. Cela réduit l’identification et l’intensité émotionnelle. Vous reprenez le rôle de l’observateur, pas de la victime.
Variante pour les sceptiques : Si la visualisation ne vous parle pas, vous pouvez simplement poser votre main sur votre ventre, à l’endroit où vous sentez le nœud, et dire à voix basse : « Je te sens, c’est bon. Maintenant, on respire. » L’intention est la même : créer un espace de répit.
L’imposteur n’est souvent pas seul. Il est accompagné d’autres parties : le perfectionniste qui exige tout, tout de suite, le critique intérieur qui juge chaque mot, le sauveur qui vous pousse à en faire toujours plus. Ce deuxième protocole vous invite à les reconnaître et à instaurer un dialogue de paix.
Quand l’utiliser : En fin de journée, quand vous ruminez une situation passée, ou le week-end, quand le calme laisse place à une auto-évaluation sévère.
La préparation : Allongez-vous ou asseyez-vous confortablement, les yeux fermés. Imaginez que vous êtes dans une pièce calme, un lieu sûr (votre salon, une plage, une forêt). Vous tenez une réunion.
Le protocole pas à pas :
Invitation : Dites intérieurement : « J’invite toutes les parties de moi qui sont liées à ce sentiment d’imposture à se montrer. » Ne forcez pas. Laissez venir des images, des sensations, des mots, ou simplement des émotions. Il peut y avoir une partie qui a peur, une autre en colère, une autre qui se sent nulle.
Accueil sans jugement : Pour chaque partie qui se présente, dites : « Je te vois. Merci d’être là. » Ne cherchez pas à la changer, à la corriger ou à la chasser. Accueillez-la comme un invité que vous respectez, même s’il est bruyant. Imaginez lui offrir une chaise et un verre d’eau.
Questionnement curieux : Adressez-vous à la partie la plus forte (souvent le critique). Demandez-lui avec douceur : « Quel est ton rôle ? Que crains-tu qu’il m’arrive si tu n’étais pas là ? » Écoutez la réponse sans la juger. Souvent, elle répond : « Je te protège du rejet, de l’humiliation, de l’échec. »
Remerciement et demande : Une fois que vous avez compris son intention positive, remerciez-la sincèrement. Puis, demandez-lui : « Acceptes-tu de t’asseoir un peu plus loin, de prendre une pause, pendant que je me connecte à ce qui est calme en moi ? » La plupart des parties acceptent, car elles se sentent vues.
Connexion au Soi : Après ce dialogue, portez votre attention sur votre poitrine, votre cœur. Sentez une présence calme, confiante, compatissante. C’est votre Soi, votre essence. Restez avec cette sensation pendant quelques respirations. Dites : « Je suis ici, maintenant, entier. »
Pourquoi ça marche ? L’IFS part du principe que nous avons tous un Soi central, doté de qualités comme la compassion, le calme et la confiance. Les parties « imposteurs » ne sont que des protections qui ont pris le contrôle. En dialoguant avec elles, vous leur rendez leur place de partenaires, pas de tyrans. Vous redécouvrez que vous êtes plus grand que votre doute.
Scénario concret : Une de mes patientes, appelons-la Sophie, cadre dans une entreprise, utilisait ce protocole avant chaque entretien annuel. Elle visualisait son « perfectionniste » comme une petite fille avec une règle, prête à mesurer chaque mot. En dialoguant, elle a compris que cette petite fille avait peur d’être rejetée si elle n’était pas parfaite. Sophie a pu la rassurer : « Je suis adulte maintenant, je peux gérer les critiques. Tu peux poser ta règle. » Résultat : moins de stress, plus d’authenticité.
Ce troisième protocole est le plus court, le plus portable. Il se base sur l’intelligence relationnelle, c’est-à-dire la capacité à utiliser votre corps et votre souffle pour modifier votre état émotionnel. L’idée est simple : votre imposteur vit souvent dans votre corps, dans une tension, une crispation, une respiration courte. En changeant votre physiologie, vous changez votre dialogue intérieur.
Quand l’utiliser : Juste avant d’entrer dans une pièce, de prendre la parole, ou de signer un document important. N’importe où, debout ou assis.
La préparation : Si vous êtes debout, écartez légèrement les pieds, genoux déverrouillés. Si vous êtes assis, assoyez-vous sur le bord de la chaise, dos droit mais pas raide. Posez une main sur votre ventre, l’autre sur votre cœur.
Le protocole pas à pas :
Respiration d’ancrage : Inspirez lentement par le nez en comptant jusqu’à 4. Sentez votre ventre se gonfler sous votre main. Expirez par la bouche en comptant jusqu’à 6. L’expiration plus longue que l’inspiration active le système nerveux parasympathique, celui qui calme. Faites cela 3 fois.
Respiration de la légitimité : Maintenant, modifiez votre respiration. Inspirez en imaginant que vous aspirez de l’air non pas dans vos poumons, mais dans tout votre corps, de la tête aux pieds. Imaginez que cet air est de couleur dorée, ou bleue, ou toute couleur qui vous évoque la confiance. À l’expiration, imaginez que vous soufflez toute la tension, le doute, la peur, comme un nuage gris qui s’éloigne.
Affirmation corporelle : Pendant que vous inspirez cette couleur de confiance, dites-vous intérieurement (ou en chuchotant) : « Je suis à ma place. » À l’expiration, dites : « Je laisse partir le doute. » Répétez ce cycle 5 à 10 fois. Ne forcez pas le sens des mots. Laissez la sensation les porter.
Intégration : Arrêtez de compter. Respirez normalement. Remarquez comment vous vous sentez. Peut-être que vos épaules ont baissé, que votre mâchoire s’est détendue, que votre regard est plus doux. C’est le signe que votre corps a intégré un message de légitimité.
Pourquoi ça marche ? Le cerveau ne fait pas la différence entre une émotion générée par une pensée et une émotion générée par une posture corporelle. En adoptant une respiration ample et une posture ouverte (même si vous êtes assis), vous envoyez des signaux de sécurité à votre système nerveux. L’imposteur se nourrit de la peur. En calmant le corps, vous coupez l’alimentation électrique de la peur.
Exemple de la vie réelle : Un footballeur que j’accompagne utilise cette respiration avant chaque penalty. Il inspire la confiance dans ses jambes, expire le doute par la bouche. Il ne se dit pas « Je vais marquer », mais « Je suis prêt à tenter ». La différence est subtile, mais fondamentale. Il passe de la pression à la présence.
Un protocole ne sert à rien s’il reste dans un tiroir. Voici comment les rendre vivants :
Choisissez un déclencheur : Associez chaque protocole à un moment de votre journée. Par exemple, le protocole n°1 (Conteneur) juste avant de commencer votre travail le matin. Le protocole n°2 (Réunion de famille) le soir, avant de vous coucher. Le protocole n°3 (Respiration) chaque fois que vous attendez (dans une file, avant une réunion).
10 minutes suffisent : Vous n’avez pas besoin d’une heure. Ces protocoles sont conçus pour être rapides. Si vous n’avez que 3 minutes, faites seulement la respiration de la légitimité. L’important est la régularité, pas la durée.
Soyez indulgent : Les premières fois, vous aurez peut-être l’impression de « faire semblant ». C’est normal. Votre imposteur pourrait même critiquer l’exercice : « Ça ne marche pas, tu perds ton temps. » Accueillez cette critique avec le protocole n°1, puis continuez. La pratique crée la compétence.
Tenez un petit journal : Après chaque protocole, notez une phrase sur ce que vous avez ressenti. Par exemple : « Avant : estomac noué. Après : plus léger. » Ces traces vous montreront vos progrès.
Ce n’est pas parce que vous entendez l’imposteur que vous devez lui obéir. La pratique régulière transforme un cri en murmure.
Je veux être clair : ces protocoles ne sont pas une baguette magique. Ils ne feront pas disparaître définitivement le syndrome de l’imposteur. Pourquoi ? Parce que ce syndrome est souvent lié à des schémas profonds, parfois enracinés dans l’enfance, dans des expériences de rejet ou de perfectionnisme imposé. L’autohypnose est un outil de gestion, pas une thérapie complète.
Si vous constatez que :
Alors, ces protocoles peuvent être un premier pas, mais ils ne remplacent pas un accompagnement par un professionnel (hypnothérapeute, psychologue, psychiatre). Dans mon cabinet à Saintes, je vois rég
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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