3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Identifiez ces indices pour mieux les désamorcer.
Vous êtes assis dans mon cabinet, les mains crispées sur les genoux. Vous venez de me décrire votre journée : une présentation au travail qui s’est bien passée, mais vous passez la soirée à repasser mentalement chaque phrase, chaque mot, chaque silence. « J’aurais pu mieux faire », répétez-vous. Vous êtes fatigué, mais vous ne pouvez pas vous arrêter. Cette voix intérieure ne lâche rien. Vous êtes perfectionniste, me dites-vous. Peut-être. Mais depuis le temps que je pratique à Saintes, j’ai observé quelque chose de récurrent chez les adultes qui viennent me voir pour cette raison : ce que vous appelez perfectionnisme est souvent une armure. Une armure lourde, inconfortable, mais qui vous protège de quelque chose de plus douloureux encore : la peur de l’échec.
Ce n’est pas une faiblesse. C’est un mécanisme de survie appris. Mais il vous épuise. Alors aujourd’hui, je vais vous aider à identifier trois signes que votre perfectionnisme n’est peut-être pas ce que vous croyez. Et surtout, je vais vous donner des clés concrètes pour commencer à poser cette armure.
On m’a souvent dit, en consultation : « Mais Thierry, sans mon exigence, je ne serais jamais arrivé là où je suis. » Je comprends. Votre perfectionnisme vous a permis d’obtenir des résultats. Il vous a poussé à travailler plus dur, à vérifier chaque détail, à anticiper les critiques avant qu’elles n’arrivent. Il vous a même peut-être valu des félicitations. Mais il y a une différence fondamentale entre l’excellence et le perfectionnisme.
L’excellence, c’est viser haut tout en acceptant que le chemin soit imparfait. C’est un mouvement vers l’avant, avec une certaine souplesse. Le perfectionnisme, lui, est rigide. Il ne tolère pas l’erreur. Il ne tolère pas la moindre variation. Et surtout, il est motivé par une peur : celle d’être jugé, rejeté, ou considéré comme insuffisant.
Je me souviens de Marc, un coureur que j’accompagne en préparation mentale. Il voulait absolument battre son record personnel sur marathon. Il s’entraînait six fois par semaine, notait chaque séance, analysait ses pulsations cardiaques comme un trader ses actions. Un jour, il a raté son objectif de trois minutes. Il est venu me voir en disant : « Je suis nul. » Mais trois minutes sur un marathon, c’est moins de 1% de différence. Ce n’est pas un échec, c’est une performance solide. Sauf que pour lui, c’était une catastrophe. Pourquoi ? Parce que son perfectionnisme n’était pas une quête de progrès. C’était une tentative désespérée de prouver sa valeur.
Quand vous confondez votre valeur personnelle avec vos résultats, vous mettez en place un système où vous n’êtes jamais en sécurité. Chaque succès est temporaire, chaque échec est une condamnation. C’est épuisant. Et c’est souvent le premier signe que votre perfectionnisme cache une peur de l’échec.
Le perfectionnisme n’est pas une quête d’excellence. C’est une tentative de contrôler l’opinion des autres pour ne pas avoir à ressentir la honte de ne pas être assez bien.
Alors, comment reconnaître que votre armure est devenue une prison ? Voici trois signes concrets.
C’est un classique. Vous avez un projet important – une présentation, un dossier, une conversation difficile – et vous vous dites : « Je dois être prêt. » Alors vous commencez à préparer. Vous lisez tout ce qui existe sur le sujet. Vous faites des listes. Vous réorganisez vos notes. Vous cherchez le plan parfait. Et puis vous recommencez. Les heures passent. Les jours passent. Et vous n’avez toujours pas commencé.
Vous vous dites que vous êtes minutieux. Que vous voulez faire les choses bien. Mais en réalité, ce que vous faites, c’est éviter le moment où vous serez exposé. Le moment où vous devrez montrer votre travail, et potentiellement recevoir un retour négatif. En restant dans la préparation, vous restez dans une zone de contrôle. Personne ne peut encore juger votre travail puisqu’il n’est pas terminé. Vous êtes en sécurité.
Je vois souvent ce schéma chez les footballeurs que j’accompagne. Avant un match important, certains passent des heures à visualiser chaque geste, à regarder des vidéos de l’adversaire, à vérifier leur équipement. Mais le jour J, ils sont paralysés. Pourquoi ? Parce que toute cette préparation n’était pas une stratégie de performance. C’était une stratégie d’évitement. Le véritable enjeu n’était pas la préparation, mais le passage à l’action.
Si vous vous reconnaissez dans cette description, posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je crains vraiment de voir si je commence maintenant ? » La réponse est souvent simple : vous craignez que ce soit imparfait. Que ce ne soit pas assez bien. Et que cela signifie que vous n’êtes pas assez bien.
En hypnose ericksonienne, j’accompagne souvent ce type de blocage en travaillant sur la dissociation entre l’acte et l’identité. Vous n’êtes pas votre projet. Vous n’êtes pas votre présentation. Vous êtes la personne qui fait de son mieux avec ce qu’elle a. Et c’est déjà suffisant.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Choisissez une tâche que vous remettez à plus tard. Donnez-vous une limite de temps stricte : 30 minutes pour la préparer, puis vous devez passer à l’action. Si vous sentez l’envie de peaufiner encore, dites-vous : « Ce n’est pas parfait, mais c’est assez bien pour commencer. » Et lancez-vous. Vous verrez, le monde ne s’écroule pas.
Vous êtes en réunion, et soudain, votre esprit vous ramène à cette phrase maladroite que vous avez dite il y a trois ans. Ou à ce projet qui n’a pas eu le succès escompté. Vous revivez la scène en boucle, avec la même gêne, la même honte. Vous vous dites : « Je suis nul(le) », « Je n’aurais jamais dû faire ça », « Les autres se souviennent sûrement de mon erreur ».
Ce n’est pas de la simple introspection. C’est une rumination perfectionniste. Elle est alimentée par la peur que votre erreur révèle une vérité profonde sur vous : que vous êtes fondamentalement incompétent, incapable, ou indigne. Le perfectionniste ne voit pas l’erreur comme une information utile – « Tiens, ça n’a pas marché, je peux ajuster » – mais comme une preuve accablante de son insuffisance.
J’ai accompagné une cheffe d’entreprise qui ne dormait plus la nuit à cause d’un email qu’elle avait envoyé avec une faute d’orthographe. Un email parmi des centaines. Personne n’avait commenté. Mais elle, elle le revoyait comme un film d’horreur en boucle. Elle était convaincue que ses clients la croyaient incompétente. En réalité, personne n’avait rien remarqué. Mais sa peur de l’échec projetait sur cette petite erreur une signification immense.
Ce mécanisme est typique de ce que j’appelle le « perfectionnisme réactif ». Vous ne cherchez pas à être parfait pour réussir, mais pour éviter la douleur de l’échec. Et comme vous ne pouvez pas contrôler le futur, vous contrôlez le passé en le jugeant sans cesse. Vous essayez de réécrire l’histoire dans votre tête, comme si cela pouvait changer quelque chose.
En IFS (Internal Family Systems), on dirait que vous avez une partie de vous qui est devenue « pompier » : elle essaie d’éteindre le feu de la honte en vous rappelant sans cesse vos erreurs, pour que vous fassiez mieux la prochaine fois. Mais cette partie est maladroite. Elle vous protège en vous faisant souffrir. Elle croit que si vous arrêtez de vous flageller, vous allez devenir négligent.
Vous n’êtes pas vos erreurs. Vous êtes la personne qui apprend de ses erreurs. Et il y a une différence immense entre ces deux phrases.
Ce que vous pouvez faire maintenant : La prochaine fois que vous ruminez une erreur, arrêtez-vous. Prenez une feuille et écrivez la phrase suivante : « Cette erreur m’a appris [insérez la leçon]. Je peux maintenant la laisser partir. » Puis, déchirez la feuille. Ce n’est pas un rituel magique, c’est un acte symbolique pour dire à votre cerveau : « Cette histoire est terminée. Je n’ai plus besoin de la rejouer. »
« Si je veux que ce soit bien fait, je le fais moi-même. » Vous avez probablement prononcé cette phrase, ou du moins, vous l’avez pensée. Déléguer une tâche, c’est prendre le risque que l’autre ne fasse pas aussi bien que vous. C’est prendre le risque d’un résultat imparfait. Et pour vous, un résultat imparfait, c’est intolérable.
Alors vous travaillez plus. Vous prenez tout sur vos épaules. Vous refusez les offres d’aide, même quand vous êtes débordé. Vous devenez un micro-manager, même dans votre vie personnelle. Vous contrôlez les détails du dîner de famille, l’organisation des vacances, la manière dont votre conjoint range la vaisselle. Parce que si ce n’est pas parfait, vous sentez que c’est un reflet de vous.
Je vois ce signe très souvent chez les personnes qui ont une forte responsabilité professionnelle. Un manager dans une entreprise de Saintes est venu me voir parce qu’il travaillait 70 heures par semaine. Il ne faisait confiance à personne pour préparer ses dossiers. Il vérifiait le travail de ses collaborateurs, le refaisait parfois. Résultat : ses équipes étaient démobilisées (pourquoi se donner du mal si le chef refait tout ?) et lui était épuisé. Derrière ce comportement, il y avait une peur panique : « Si mon équipe échoue, c’est moi qui serai jugé. »
Ce que vous ne voyez pas, c’est que votre incapacité à déléguer est un aveu d’insécurité. Vous ne faites pas confiance aux autres parce que vous ne vous faites pas confiance à vous-même pour gérer les conséquences d’un échec. Vous êtes convaincu que si une tâche est mal faite, vous serez rejeté, critiqué, ou considéré comme incompétent. Alors vous verrouillez tout.
En intelligence relationnelle, on appelle cela un « contrat implicite » avec vous-même : « Je dois être parfait pour être accepté. » Ce contrat vous épuise, vous isole, et surtout, il vous empêche de grandir. Parce que déléguer, c’est aussi apprendre à faire confiance. Et faire confiance, c’est accepter que l’autre puisse faire différemment, et que ce soit bien quand même.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Cette semaine, choisissez une tâche que vous pouvez déléguer. Ça peut être quelque chose de simple : demander à un collègue de préparer un compte-rendu, ou à votre conjoint de s’occuper des courses. Puis, une fois que vous avez délégué, ne touchez à rien. N’allez pas vérifier. N’allez pas refaire. Acceptez que le résultat ne soit pas parfait. Observez ce qui se passe. Souvent, vous découvrirez que les autres sont compétents. Et si ce n’est pas parfait, ce n’est pas grave. Le monde continue de tourner.
Vous l’avez compris : ces trois signes ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont des mécanismes de protection. Votre perfectionnisme est une partie de vous qui a essayé de vous garder en sécurité. Mais cette partie a pris trop de place. Elle vous étouffe.
C’est là que l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) peuvent être des alliés puissants. L’hypnose ericksonienne, notamment, permet de contourner le mental critique. Elle ne cherche pas à vous convaincre de lâcher prise par la raison. Elle va plutôt créer un état de conscience modifié où vous pouvez entrer en contact avec la partie perfectionniste, non pas pour la combattre, mais pour la comprendre.
En séance, je guide souvent les personnes vers une visualisation : imaginez votre perfectionnisme comme une personne à l’intérieur de vous. Quelle est son apparence ? Que dit-elle ? Pourquoi fait-elle cela ? Et souvent, la réponse est touchante. Cette partie dit : « Je te protège pour que tu ne souffres pas. Je te pousse à être parfait pour que personne ne te rejette. » Elle a une intention positive.
L’IFS va plus loin. Elle vous apprend à dialoguer avec cette partie, à la remercier pour son travail, puis à lui demander de se détendre un peu. Vous n’allez pas la supprimer – ce serait impossible et inutile – mais vous allez lui redonner une place plus juste. Vous allez libérer votre « Self » – cette partie de vous qui est calme, confiante, et connectée – pour qu’il reprenne les rênes.
Je me souviens d’un patient, footballeur amateur, qui était paralysé par la peur de rater un penalty. En hypnose, nous avons découvert que son perfectionnisme était lié à un souvenir d’enfance : son père qui lui disait « Tu aurais pu mieux faire » après chaque match. La partie perfectionniste s’était formée pour obtenir l’approbation paternelle. Une fois que nous avons reconnu cette intention, la peur a commencé à se dissoudre. Il n’a pas arrêté de vouloir bien faire, mais il a arrêté de se détruire quand ce n’était pas parfait.
Ce travail ne se fait pas en un jour. Mais il est profond. Il ne s’agit pas de vous dire « arrête d’être perfectionniste », ce qui serait une nouvelle injonction impossible. Il s’agit de vous aider à faire la paix avec l’imperfection, et à découvrir que vous êtes aimable et compétent même quand vous échouez.
Je ne vais pas vous promettre que vous allez changer du jour au lendemain. Le perfectionnisme est un vieux compagnon. Mais vous pouvez commencer à poser des petits gestes concrets.
Ce soir, avant de vous coucher, prenez un carnet. Notez trois choses que vous avez faites aujourd’hui, même imparfaitement, et qui étaient suffisantes. Par exemple : « J’ai envoyé ce mail même si je n’étais pas sûr de la formulation », « J’ai laissé mon collègue gérer la réunion sans intervenir », « J’ai accepté que mon dîner ne soit pas un chef-d’œuvre ». Lisez cette liste à voix haute. Dites-vous : « C’est assez bien. »
Ensuite, posez votre main sur votre cœur. Respirez profondément. Dites-vous : « Je suis plus que mes résultats. Je suis une personne qui essaie, qui apprend, et qui est digne d’amour et de respect, quoi qu’il arrive. »
C’est un petit geste. Mais il seme une graine. Avec le temps, avec de l’accompagnement si nécessaire, cette graine peut devenir une nouvelle façon d’être au monde. Moins de contrôle. Plus de confiance. Moins de peur. Plus de vie.
Si vous sentez que c’est le moment de creuser plus profondément, si vous voulez comprendre d’où vient cette peur et comment la désamorcer pour de bon, je suis là. Nous pouvons travailler ensemble, en hypnose, en IFS, ou en préparation mentale. Pas pour que vous deveniez parfait, mais pour que vous puissiez enfin respirer.
Prenez soin de vous.
Thierry Sudan – Praticien en hypnose, IFS et Intelligence Relationnelle à Saintes. Accompagnement individuel et préparation mentale sportive.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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