3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des routines courtes pour démarrer la journée avec assurance.
Vous avez probablement déjà vécu ça : le réveil sonne, et avant même d’avoir ouvert les yeux, votre mental s’emballe. « Encore une journée de boulot où je vais devoir faire semblant… » « Je n’ai pas assez dormi, je vais être nul en réunion. » « Pourquoi est-ce que je me sens déjà fatigué ? » Ces pensées, elles arrivent comme une marée noire, et en quelques secondes, votre matin est pollué. Vous vous levez, vous faites les gestes mécaniques – café, douche, habillage – mais une petite voix intérieure répète en boucle que vous n’êtes pas à la hauteur. Et le pire, c’est que cette voix, elle conditionne toute la suite de votre journée. Vous partez déjà en retard, tendu, avec une confiance en berne.
Je vois ça presque tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes brillants, compétents, mais qui se réveillent chaque matin avec un sentiment d’insécurité. Parfois, c’est lié à un événement précis – une présentation importante, un entretien, une compétition sportive. Mais souvent, c’est plus diffus : une habitude de douter de soi, installée depuis longtemps. Et le matin est le moment le plus vulnérable, parce que votre cerveau n’est pas encore « en ligne » : le cortex préfrontal, celui qui réfléchit et raisonne, est encore en train de se réveiller. Vous êtes donc en pilotage automatique, et si le pilote automatique est programmé pour la méfiance et le manque de confiance, vous êtes cuit avant d’avoir commencé.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle m’ont appris une chose fondamentale : vous n’êtes pas vos pensées du matin. Ces pensées sont comme des nuages qui passent, ou comme des voix intérieures qui ont pris le volant alors que ce n’est pas leur rôle. Votre vraie ressource – votre confiance naturelle, votre calme, votre clarté – elle est là, en dessous. Il faut juste un petit rituel pour la reconnecter, pour changer le disque mental qui tourne en boucle.
Je vous propose donc quatre exercices d’autohypnose. Ce ne sont pas des formules magiques. Ce sont des routines courtes, que vous pouvez faire en 3 à 5 minutes, le matin, avant même de sortir du lit ou pendant votre douche. L’idée n’est pas de « supprimer » vos doutes – ce serait illusoire et contre-productif – mais de créer un espace où votre confiance peut exister en même temps. De reprogrammer doucement votre matinée pour qu’elle devienne un tremplin, pas un fardeau.
Avant de plonger dans les exercices, prenons une minute pour comprendre ce qui se joue dans votre tête à 7h du matin. Ce n’est pas de la faiblesse de caractère. C’est un mécanisme neurologique bien connu : quand vous dormez, votre cerveau fait le ménage. Il trie les émotions de la veille, il consolide les souvenirs, et surtout, il se prépare à détecter les dangers pour la journée à venir. Le problème, c’est que votre cerveau archaïque (le système limbique, l’amygdale) n’a pas évolué depuis l’époque des cavernes. Pour lui, un « danger » c’est un tigre aux dents de sabre, mais aussi un regard désapprobateur de votre chef, une phrase maladroite en réunion, ou l’idée de devoir prendre la parole en public.
Ce système de survie est hyperactif le matin. Il va donc vous envoyer des signaux d’alerte : pensées négatives, sensations physiques désagréables (estomac noué, mâchoire serrée), et surtout, une chute de confiance. C’est sa manière de dire : « Reste discret, ne prends pas de risque, tu es en danger. » Le souci, c’est que cette stratégie de survie est devenue inadaptée. Elle vous empêche de vivre pleinement, d’oser, de montrer qui vous êtes vraiment.
L’autohypnose ne va pas « éteindre » ce système. Elle va l’apaiser, lui donner un nouveau cadre. Vous allez apprendre à entrer en état d’hypnose léger – cet état de conscience modifiée que vous traversez naturellement plusieurs fois par jour (quand vous rêvassez sous la douche, quand vous fixez un point dans le vide, quand vous lisez un bon roman). Dans cet état, votre cerveau est plus réceptif aux suggestions, plus flexible. Vous pouvez alors lui proposer une autre façon de démarrer la journée, sans forcer, avec douceur.
Les quatre exercices qui suivent sont conçus pour cela. Chacun cible un angle différent : la respiration, l’ancrage corporel, la visualisation, et le dialogue avec vos parties intérieures. Vous pouvez les faire tous, ou choisir celui qui résonne le plus avec vous. L’important, c’est la régularité. Votre cerveau a besoin de répétition pour créer de nouveaux chemins neuronaux. Un matin ne suffit pas. Mais si vous tenez une semaine, vous verrez une différence.
Celui-ci, je le recommande à tous mes clients sportifs, notamment les coureurs et les footballeurs qui ont des compétitions le matin. Mais il est tout aussi puissant pour une réunion importante ou une journée chargée. Il s’agit d’une technique de respiration qui induit un état hypnotique léger, tout en envoyant un signal puissant de sécurité à votre système nerveux.
Comment faire :
Vous êtes encore au lit, pas besoin de vous asseoir. Posez une main sur votre ventre, l’autre sur votre poitrine. Fermez les yeux. Prenez une inspiration lente, par le nez, en gonflant d’abord le ventre (comme un ballon), puis la poitrine. Imaginez que l’air que vous inspirez est une lumière douce, chaude, d’une couleur qui vous apaise – peut-être un bleu ciel, un vert tendre, ou un doré. Cette lumière entre par votre nez, descend dans votre ventre, puis remplit votre cage thoracique.
Expirez longuement par la bouche, en laissant l’air sortir comme un soupir. Imaginez qu’avec cette expiration, vous relâchez toutes les tensions de la nuit, toutes les pensées qui vous encombrent. La lumière douce ressort, emportant avec elle le stress, les doutes, les « il faut que… ». Faites cela 5 à 6 cycles. Puis, sur la 6e expiration, laissez votre respiration revenir à son rythme naturel, sans effort.
Maintenant, portez votre attention sur l’espace entre vos inspirations et vos expirations. Ce petit moment de vide, de silence. C’est là que se trouve votre ressource. C’est un espace de calme, de confiance silencieuse. Vous n’avez rien à faire, rien à prouver. Juste être là, dans cet espace. Restez-y 30 secondes, une minute.
Pourquoi ça marche :
Cette respiration active le nerf vague, qui est le chef d’orchestre du système parasympathique (le système de la détente et de la réparation). En ralentissant votre souffle, vous dites à votre cerveau : « Tout va bien, tu peux baisser la garde. » La visualisation de la lumière ajoute une dimension hypnotique : votre cerveau droit, plus intuitif, capte cette image et l’associe à l’apaisement. Le résultat, c’est que vous entrez dans votre journée avec un système nerveux plus calme, moins réactif. La confiance n’est pas encore là, mais le terrain est préparé.
Un point important : Ne cherchez pas à « réussir » cet exercice. Si votre esprit s’évade, c’est normal. Revenez simplement à votre souffle, sans vous juger. L’autohypnose, c’est un apprentissage de la bienveillance envers soi-même.
« La confiance ne se trouve pas dans l’effort, mais dans le lâcher-prise. La respiration est la porte d’entrée. »
Vous êtes maintenant sorti du lit, peut-être en train de boire votre café ou de vous préparer. Cet exercice est parfait à faire devant la glace de la salle de bain, ou même en attendant que l’eau chauffe. Il s’agit de créer un ancrage : un geste, une sensation, qui deviendra votre « bouton de confiance » pour la journée. En hypnose ericksonienne, on utilise beaucoup les ancrages. Le principe est simple : vous associez un état intérieur (la confiance) à un stimulus extérieur (une pression sur la main, un mot, une image). Avec la répétition, le stimulus seul suffit à déclencher l’état.
Comment faire :
Tenez-vous debout, les pieds bien à plat sur le sol, les genoux légèrement fléchis (pas verrouillés). Fermez les yeux. Prenez une inspiration, et en expirant, sentez vos pieds qui s’enracinent dans le sol, comme des racines d’arbre. Vous êtes stable, ancré, solide. Maintenant, souvenez-vous d’un moment précis où vous vous êtes senti confiant, compétent, à votre place. Ce n’est pas obligé d’être un grand exploit. Ça peut être un moment simple : une fois où vous avez bien parlé en public, où vous avez réussi un geste sportif, où vous avez aidé un ami, où vous avez été fier de vous.
Revivez ce moment avec tous vos sens. Que voyez-vous autour de vous ? Quels sons entendez-vous ? Quelles sensations dans votre corps ? Laissez cette confiance monter, comme une vague chaude de l’intérieur de votre ventre jusqu’à votre poitrine, vos épaules, votre visage. Quand cette sensation est à son maximum, pressez fermement votre pouce et votre index ensemble (sur la même main ou les deux mains). Maintenez la pression pendant 5 secondes, en respirant profondément. Puis relâchez.
Répétez l’opération deux fois de suite : revivez le moment, sentez la confiance, pressez pouce et index. Vous venez de créer un ancrage.
Comment l’utiliser le matin :
Avant de commencer votre journée, ou juste avant une situation qui vous stresse, faites ce geste : pressez votre pouce et votre index, en inspirant profondément. Laissez la sensation de confiance revenir, comme une mémoire du corps. Au début, ce sera peut-être faible. Avec la pratique quotidienne, l’ancrage deviendra plus fort. C’est comme un muscle que vous entraînez.
Pourquoi ça marche :
L’ancrage utilise le conditionnement classique, mais en conscience. Vous ne créez pas un réflexe de chien de Pavlov, vous créez un pont entre votre mémoire corporelle et votre présent. Votre cerveau ne fait pas bien la différence entre un souvenir vivant et une expérience réelle. En revivant intensément un moment de confiance, vous activez les mêmes circuits neuronaux. Le geste ancre ce circuit, et vous pouvez le réactiver à volonté. C’est un outil discret, puissant, que vous pouvez utiliser n’importe où.
Celui-ci est directement inspiré de l’IFS (Internal Family Systems), que j’utilise beaucoup avec les personnes qui ont une voix intérieure très dure, perfectionniste. Le matin, cette voix est souvent la première à parler : « Tu n’as pas assez dormi, tu vas être lent. » « Pourquoi tu n’as pas préparé ton discours hier soir ? » « Tu vas encore te faire remarquer pour une erreur. » Cette voix, en IFS, on l’appelle un « manager » ou un « pompier » : elle essaie de vous protéger en vous critiquant, pour que vous ne preniez pas de risques. Mais elle est maladroite, et elle mine votre confiance.
L’exercice ne consiste pas à faire taire cette voix, mais à dialoguer avec elle. À lui donner un espace, à la remercier, et à lui montrer que vous êtes capable de gérer la situation autrement.
Comment faire :
Asseyez-vous confortablement, le dos droit, les pieds au sol. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes pour vous recentrer. Maintenant, portez votre attention sur cette voix critique qui s’est manifestée ce matin. Ne la jugez pas. Observez-la comme une partie de vous, un personnage intérieur. Donnez-lui une forme : peut-être un petit être sévère, un soldat, un parent fatigué, un nuage gris. Dites-lui intérieurement : « Je te vois. Je sais que tu essaies de m’aider. Merci de veiller sur moi. »
Puis, posez-lui une question : « Qu’est-ce que tu veux vraiment pour moi ? » Écoutez la réponse. Souvent, elle dira : « Je veux que tu sois en sécurité, que tu ne souffres pas, que tu ne rates pas. » Remerciez-la pour son intention. Puis, dites-lui doucement : « Je comprends. Mais aujourd’hui, j’ai besoin d’autre chose. J’ai besoin de confiance, pas de peur. Est-ce que tu peux prendre un peu de recul et me laisser essayer ? »
Imaginez que cette partie accepte de s’asseoir à côté de vous, plutôt que de conduire le véhicule. Vous êtes maintenant aux commandes. Prenez un moment pour ressentir cette place de conducteur : calme, centré, capable. Vous pouvez même visualiser un volant dans vos mains. Puis, ouvrez les yeux.
Pourquoi ça marche :
L’IFS repose sur l’idée que nous avons tous des « parties » en nous, souvent en conflit. En dialoguant avec votre critique, vous cessez de lutter contre lui. Vous l’accueillez, ce qui le calme. La confiance n’est pas une absence de critique, c’est une relation apaisée avec lui. Vous devenez le « Self » – cette partie de vous qui est calme, curieuse, compatissante, confiante. Le matin, ce dialogue prend 5 minutes, mais il change toute la dynamique intérieure. Vous n’êtes plus en guerre contre vous-même.
Celui-ci, je le recommande particulièrement aux sportifs et aux personnes qui ont des événements précis dans la journée (entretien, rendez-vous important, compétition). Il s’agit de « pré-vivre » votre journée avec succès, en utilisant l’imagerie mentale. Votre cerveau ne fait pas bien la différence entre une action réellement effectuée et une action intensément imaginée. Les études en neurosciences montrent que la visualisation active les mêmes zones motrices et émotionnelles que l’action réelle. En visualisant une journée réussie, vous préparez votre cerveau à la vivre.
Comment faire :
Tenez-vous devant la porte de chez vous, ou asseyez-vous une dernière fois avant de partir. Fermez les yeux. Prenez une inspiration, expirez. Maintenant, imaginez-vous en train de traverser votre journée comme si c’était un film. Vous vous voyez arriver à votre travail, sur votre terrain, dans votre rendez-vous. Vous êtes calme, souriant, confiant. Vous parlez avec assurance, vous écoutez, vous répondez avec clarté. Vous gérez les imprévus avec souplesse, sans panique. Vous ressentez la satisfaction en fin de journée, la fierté d’avoir bien fait.
Ne vous concentrez pas sur les résultats ( « j’ai gagné » ou « j’ai eu le poste » ), mais sur les sensations et les comportements : comment vous tenez-vous ? Quelle est votre respiration ? Que ressentez-vous dans votre corps ? Plus vous ajoutez de détails sensoriels, plus la visualisation est puissante. Entendez les voix, les bruits ambiants. Sentez la texture de vos vêtements. Voyez les couleurs.
Faites défiler cette séquence en 2 à 3 minutes. Puis, ouvrez les yeux, et dites-vous à voix haute (ou mentalement) : « Je suis prêt. » Puis, franchissez la porte.
Pourquoi ça marche :
La visualisation crée des « traces » neuronales. C’est comme si vous répétiez la partition avant le concert. Votre cerveau se familiarise avec les sensations de succès et de calme. Le jour J, vous avez déjà « vécu » la situation des dizaines de fois dans votre tête. Votre corps sait quoi faire. C’
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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