3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un exercice rapide à faire seul chez vous dès ce soir.
Vous êtes-vous déjà réveillé en pleine nuit avec une liste mentale de tout ce qu’il faudra faire demain, dans l’ordre, sans erreur ? Peut-être que vous relisez trois fois vos mails avant d’appuyer sur « envoyer », ou que vous vérifiez que la porte est fermée, puis une fois de plus, juste pour être sûr. Cette petite voix intérieure qui vous dit que si vous lâchez prise une seconde, tout va s’effondrer. Je la connais bien. Elle est souvent assise dans mon fauteuil, habillée en costume ou en tailleur, le dos raide, les épaules crispées. Elle est venue me voir parce qu’elle n’en peut plus de tout porter, de tout anticiper, de tout maîtriser.
Ce besoin de contrôle n’est pas un défaut. C’est une stratégie de survie qui a très bien fonctionné à un moment de votre vie. Elle vous a permis de garder la tête hors de l’eau quand le monde autour de vous était chaotique, imprévisible ou blessant. Mais aujourd’hui, cette stratégie vous épuise. Elle vous vole la spontanéité, la joie, et souvent la connexion avec les autres. Vous voulez arrêter, mais vous ne savez pas comment. Vous avez peur que si vous lâchez prise, ce soit le vide. Alors, je vous propose un petit chemin de traverse. Pas une solution miracle en un claquement de doigts, mais un exercice d’hypnose que vous pouvez faire seul, chez vous, en cinq minutes chrono. Un espace pour respirer, pour faire baisser la pression, pour expérimenter ce que ça fait de ne pas tout contrôler pendant quelques instants.
Avant de plonger dans l’exercice, il est utile de comprendre ce qui se joue dans votre tête. Votre cerveau a une mission prioritaire : assurer votre sécurité. Pour lui, le contrôle est un outil de survie. Quand vous anticipez tous les scénarios possibles, quand vous planifiez chaque minute de votre journée, quand vous vérifiez et revérifiez, votre cerveau reçoit un signal rassurant : « Je vois les dangers, je les anticipe, je suis en sécurité. » Le problème, c’est que ce mécanisme est devenu un tic mental. Il s’active même quand il n’y a aucun danger réel.
Prenons l’exemple de Julien, un commercial que j’ai accompagné l’année dernière. Avant chaque appel téléphonique, il passait vingt minutes à préparer son script, à répéter mentalement les objections possibles, à ajuster son ton de voix. Il était performer, mais il arrivait à ses rendez-vous lessivé, sans aucune spontanéité. Un jour, je lui ai demandé : « Qu’est-ce qui se passerait si tu décrochais le téléphone sans préparation ? » Il a blêmi. « Je perdrais la main. Je passerais pour un incompétent. Je raterais la vente. » Puis il a ajouté, plus doucement : « Et je me sentirais nu. »
Ce sentiment de nudité, c’est exactement ce que votre système nerveux cherche à éviter. Il préfère la fatigue du contrôle à la vulnérabilité de l’inconnu. L’hypnose, dans ce cadre, ne va pas vous faire perdre votre capacité d’organisation. Elle va simplement donner à votre cerveau une preuve d’expérience que vous pouvez survivre à des moments de non-contrôle. Que vous pouvez lâcher la rampe une minute et que le monde ne s’arrête pas de tourner.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise dans mon cabinet à Saintes, n’est pas un état de sommeil ou de perte de conscience. C’est un état d’attention focalisée, un peu comme quand vous êtes plongé dans un bon film ou que vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du dernier kilomètre. Dans cet état, votre esprit critique s’apaise un peu, et vous devenez plus réceptif aux suggestions qui viennent de vous-même.
Quand vous êtes en hyper-contrôle, votre cerveau est en mode « vigilance maximale ». Tout est amplifié, tout est urgent. L’hypnose permet de passer en mode « repos et digestion », celui où votre système nerveux parasympathique reprend la main. C’est le même mécanisme qui se déclenche après un bon repas ou pendant une promenade en forêt. Sauf que là, on va le provoquer intentionnellement, avec un exercice simple.
Ce n’est pas magique. Si vous êtes dans une phase aiguë d’anxiété généralisée ou de trouble obsessionnel, une séance de cinq minutes ne remplacera pas un suivi plus long. Mais c’est un premier pas concret, un outil que vous pouvez glisser dans votre poche et sortir quand la pression monte. C’est une micro-pause, un rappel que vous avez le choix de ne pas tout gérer en même temps.
Voici un exercice que j’adapte souvent pour les personnes qui ont besoin de calmer l’urgence de tout contrôler. Il s’appelle « La main qui respire ». Il est discret, efficace, et vous pouvez le faire assis à votre bureau, dans les transports, ou même dans votre lit avant de dormir. Prenez le temps de lire les instructions une première fois, puis installez-vous confortablement et suivez-les.
Préparez votre espace : Asseyez-vous dans un endroit calme. Posez vos pieds à plat sur le sol, les mains sur les cuisses. Si vous êtes au travail, fermez la porte ou mettez un écouteur. Vous n’avez besoin de rien d’autre que de votre main.
Observez votre main : Tendez votre main gauche devant vous, paume vers le haut. Regardez-la comme si vous la voyiez pour la première fois. Observez les lignes de votre paume, la forme de vos doigts, la couleur de votre peau. Ne jugez pas, juste regardez.
Respirez avec votre main : Imaginez que votre paume est un petit ballon. Quand vous inspirez, sentez votre paume se gonfler doucement, comme si elle s’élargissait. Quand vous expirez, sentez-la se dégonfler, se détendre. Continuez pendant cinq respirations. Inspirez, votre main s’ouvre. Expirez, votre main se relâche.
Ajoutez une intention : Sur l’inspiration suivante, dites-vous mentalement : « Je peux accueillir ce qui vient. » Sur l’expiration : « Je peux laisser partir ce qui est trop lourd. » Laissez cette phrase résonner. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire.
Ralentissez le geste : Maintenant, baissez très lentement votre main sur votre cuisse, comme si elle flottait dans l’eau. Ce mouvement doit durer au moins dix secondes. Quand votre main touche votre cuisse, sentez le contact, la chaleur, le poids. Restez là, une minute, à savourer cette sensation de lâcher-prise dans votre main.
Revenez en douceur : Quand vous êtes prêt, bougez doucement les doigts, puis les orteils. Ouvrez les yeux si vous les aviez fermés. Prenez une grande inspiration. C’est fini.
Ce qui est intéressant dans cet exercice, c’est que vous ne luttez pas contre le besoin de contrôle. Vous lui donnez un tout petit terrain de jeu : votre main. Vous expérimentez le contrôle conscient (respirer, bouger lentement) puis vous le relâchez. Votre cerveau enregistre cette séquence : « J’ai contrôlé un petit truc, puis je l’ai laissé partir, et rien de grave n’est arrivé. » C’est une micro-victoire sur l’urgence.
« Le contrôle est une illusion de sécurité. La vraie sécurité, c’est de savoir que vous pouvez naviguer dans l’incertitude. » – Une phrase que je répète souvent à mes patients, et qui trouve un écho particulier dans cet exercice.
Vous allez peut-être vous dire : « C’est trop simple, ça ne peut pas marcher pour mon stress au travail ou mes peurs dans mes relations. » Je vous entends. Et pourtant, la simplicité est justement sa force. Le besoin de contrôle est souvent alimenté par une pensée rapide, automatique, qui vous dit : « Il faut que je fasse tout, tout de suite, parfaitement. » Cette pensée est comme une alarme incendie qui sonne en continu. L’exercice de la main qui respire, c’est le bouton « pause » sur cette alarme. Le temps de cinq minutes, vous redirigez votre attention vers une sensation physique simple. Vous sortez du tourbillon mental.
C’est un peu comme si vous étiez dans une voiture dont le moteur tourne à plein régime, embrayage enfoncé, prêt à démarrer. L’exercice vous permet de passer la vitesse au point mort et de couper le moteur pendant trente secondes. Le moteur ne casse pas, la voiture ne recule pas. Vous entendez juste le silence. Et ce silence vous rappelle que vous n’êtes pas obligé de rouler à fond tout le temps.
Je pense à Sophie, une enseignante que j’ai suivie. Elle arrivait en classe avec trois plans de secours, des fiches préparées pour chaque minute, et une angoisse terrible dès qu’un élève posait une question imprévue. Elle faisait cet exercice discrètement dans la salle des profs, entre deux cours. Au bout de quinze jours, elle m’a dit : « Je ne contrôle plus tout, mais je suis plus présente avec mes élèves. Et ils sont plus calmes. » Ce n’est pas l’exercice qui a changé ses élèves. C’est elle, en étant moins tendue, qui a changé l’atmosphère de la classe.
Je ne vais pas vous vendre du rêve. Cet exercice de cinq minutes est une porte d’entrée, pas une destination. Si votre besoin de contrôle est lié à une peur profonde de l’abandon, à un traumatisme passé, ou à une anxiété généralisée installée depuis des années, il faudra plus qu’un exercice de respiration. Il faudra peut-être explorer pourquoi cette stratégie de contrôle est devenue si centrale dans votre vie. Et ça, c’est le travail d’un accompagnement plus long, que ce soit avec un hypnothérapeute, un thérapeute IFS, ou un autre professionnel.
L’hypnose et l’IFS (Internal Family Systems) que j’utilise à Saintes permettent justement d’aller voir cette partie de vous qui veut tout contrôler. On ne la combat pas. On l’écoute. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains vraiment ? Qu’est-ce qui se passerait si tu lâchais prise ? » Souvent, derrière le contrôleur, il y a une partie blessée, un enfant intérieur qui a dû se débrouiller tout seul trop tôt, ou un adolescent qui a appris que la perfection était le seul moyen d’être aimé.
L’exercice de la main qui respire ne guérit pas cette blessure. Mais il vous offre un répit. Il vous montre que vous pouvez choisir, ne serait-ce que cinq minutes, de ne pas être en mode « pilote automatique de la maîtrise ». Et ce petit choix, répété plusieurs fois par jour, peut créer un espace. Un espace où d’autres choses deviennent possibles : un fou rire, une idée créative, un moment de vraie connexion avec quelqu’un.
Le vrai secret, ce n’est pas de faire l’exercice une fois parfaitement. C’est de le faire régulièrement, même quand ça va bien. Surtout quand ça va bien. Pourquoi ? Parce que vous entraînez votre cerveau à associer le lâcher-prise à un état agréable, pas à une menace. Voici quelques idées concrètes pour l’installer :
Vous pouvez aussi le coupler avec une petite phrase de rappel. Par exemple, collez un post-it sur votre écran d’ordinateur avec un point vert. Chaque fois que vous le voyez, prenez trois secondes pour sentir votre main droite, puis expirez longuement. C’est un ancrage. Votre cerveau va créer un réflexe : point vert = relâchement.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que cette quête de contrôle vous pèse. Vous êtes fatigué de tout porter, de tout anticiper, de tout vérifier. Vous voulez une vie plus légère, plus fluide, où vous pouvez faire confiance à l’imprévu. L’exercice que je vous ai donné est un premier pas. Un tout petit pas. Mais il est à vous. Vous pouvez le faire maintenant, en lisant ces lignes, en posant votre main sur la table ou sur votre cuisse.
Prenez une inspiration. Sentez votre main se gonfler. Expirez. Laissez-la se dégonfler. Voilà. Vous venez de faire un geste de lâcher-prise. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas la fin de votre besoin de contrôle. Mais c’est le début d’une autre relation avec lui.
Si vous sentez que ce besoin de contrôle est trop profond, trop ancien, trop douloureux pour être apaisé par un simple exercice, je vous invite à me contacter. Je reçois à Saintes depuis 2014, en hypnose ericksonienne, en IFS et en intelligence relationnelle. On peut explorer ensemble ces parties de vous qui veulent tout maîtriser, non pas pour les faire taire, mais pour les comprendre et leur donner une place plus juste. Vous n’avez pas à traverser cela seul. Un mail, un appel, et on se rencontre. Sans urgence. Sans pression. Juste pour commencer à alléger un peu ce fardeau.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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