3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Apprenez à poser vos limites sans culpabilité grâce à l’hypnose.
Vous arrive-t-il de dire « oui » alors que tout votre corps crie « non » ? Cette sensation, vous la connaissez peut-être bien : la boule au ventre, la mâchoire serrée, la voix qui se fait toute petite pendant que vous acceptez une invitation qui ne vous tente pas, un service que vous n’avez pas le temps de rendre, ou une responsabilité qui ne vous revient pas. Et puis, une fois seul, la culpabilité laisse place à la colère contre vous-même. « Pourquoi je n’ai pas su dire non ? » Cette question tourne en boucle.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et je reçois régulièrement des adultes qui viennent me voir avec cette difficulté. Ils sont gentils, compétents, appréciés de tous. Mais cette gentillesse leur coûte cher. Elle les épuise. Parfois, elle les rend même malades. L’affirmation de soi, ce n’est pas un caprice d’égoïste. C’est une compétence de survie relationnelle. Et l’hypnose ericksonienne, combinée à d’autres approches comme l’IFS (Internal Family Systems), peut vous aider à la développer, sans violence, sans effort surhumain. Pas pour devenir une personne dure ou cassante. Pour devenir une personne qui se respecte suffisamment pour que ses limites soient claires, posées et… acceptées.
Alors, comment l’hypnose peut-elle vous aider à dire non sans culpabilité ? C’est ce que nous allons explorer ensemble.
Avant de chercher des solutions, il faut comprendre le problème. Dire non, ce n’est pas un simple mot de deux lettres qui sort de la bouche. C’est un acte qui engage tout votre système nerveux, votre histoire, votre éducation, et parfois même votre survie sociale.
Imaginez Claire, une enseignante de 38 ans. Quand son collègue lui demande de prendre sa permanence un vendredi soir, elle sent son cœur s’accélérer. Son esprit s’emballe : « Si je refuse, il va penser que je ne suis pas solidaire. Il va se fâcher. On va dire que je suis une mauvaise collègue. » Alors elle accepte, encore une fois. Le soir, elle est épuisée, et en rentrant, elle s’en veut terriblement. Elle a sacrifié son besoin de repos sur l’autel de la peur du conflit.
Ce mécanisme n’est pas un défaut de caractère. C’est un conditionnement. Depuis l’enfance, beaucoup d’entre nous ont appris que « non » est un mot interdit, synonyme d’agressivité, d’ingratitude ou d’égoïsme. On nous a dit : « Sois gentil », « Partage », « Ne fais pas de vagues ». Ces messages s’impriment dans notre subconscient comme des programmes. Aujourd’hui, ces programmes tournent en boucle, sans même que vous en ayez conscience.
Le cerveau associe alors le fait de dire non à un danger social : rejet, exclusion, conflit. Pour le protéger, il active une réponse de stress. Résultat : vous fuyez (vous dites oui pour éviter la confrontation) ou vous vous figez (vous restez muet, incapable de répondre). C’est un réflexe de survie, pas un choix libre.
L’affirmation de soi ne consiste pas à devenir agressif ou à repousser tout le monde. Il s’agit de reconnaître que votre besoin est aussi légitime que celui de l’autre. Et pour cela, il faut désamorcer l’alarme intérieure qui se déclenche au moindre « non ». C’est exactement là que l’hypnose entre en jeu.
L’hypnose que je pratique, l’hypnose ericksonienne, n’a rien à voir avec les spectacles de foire où l’on fait perdre le contrôle. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez plusieurs fois par jour sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière et que vous ne vous souvenez plus du trajet, ou quand vous êtes plongé dans une rêverie.
Dans cet état, votre esprit critique est au repos. Votre subconscient, cette partie de vous qui gère vos automatismes, vos émotions et vos croyances profondes, devient plus accessible. C’est un peu comme si vous ouvriez une fenêtre dans le mur de vos habitudes mentales.
Concrètement, en séance, nous n’allons pas vous forcer à dire non. Nous n’allons pas vous donner un script à répéter comme un perroquet. Ce serait inefficace et artificiel. L’hypnose ericksonienne est une approche indirecte. Nous allons plutôt travailler avec vos métaphores, vos images intérieures, vos sensations corporelles.
Prenons un exemple. Une personne qui a du mal à dire non décrit souvent la situation comme une « pression dans la poitrine » ou une « boule dans la gorge ». En hypnose, nous pouvons inviter cette boule à se transformer, à prendre une forme différente, ou à se déplacer. Nous pouvons aussi créer une image mentale : imaginez que devant vous se trouve une porte. Derrière cette porte, il y a votre oui habituel, celui qui vous épuise. Mais sur le côté, il y a une autre porte, plus petite, qui mène à votre non. L’hypnose permet d’ouvrir cette porte, doucement, sans précipitation.
L’objectif n’est pas de supprimer la peur du conflit, mais de l’apaiser suffisamment pour qu’elle ne dicte plus vos choix. Vous pourrez alors dire non avec calme, en sachant que vous avez le droit de protéger votre énergie. C’est une reprogrammation qui prend racine dans votre subconscient, là où vos vieux schémas sont ancrés.
« L’hypnose ne vous donne pas un super-pouvoir pour dire non. Elle vous libère de l’obligation intérieure de toujours dire oui. »
L’hypnose est un outil puissant, mais pour être vraiment durable, elle gagne à être associée à une compréhension fine de ce qui se joue en vous. C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) entre en scène. Ce modèle, que j’utilise régulièrement, considère que notre psychisme est composé de plusieurs « parties » ou sous-personnalités. Chacune a son propre rôle, ses émotions, ses croyances.
Revenons à Claire. Quand elle dit oui malgré elle, ce n’est pas « elle » qui choisit. C’est une partie d’elle que nous pourrions appeler « la partie qui fait plaisir ». Cette partie a été formée très tôt. Elle a peut-être appris que pour être aimée, il fallait être utile, serviable, toujours disponible. Elle croit sincèrement que si elle dit non, elle sera rejetée. Son intention est bonne : vous protéger de l’abandon. Mais sa méthode est épuisante.
En face, il y a une autre partie : « la partie en colère ». Celle qui, après avoir dit oui, vous reproche votre faiblesse. Elle vous critique : « Tu es trop nul, tu n’as pas de colonne vertébrale. » Cette partie croit qu’en vous faisant honte, elle va vous pousser à changer. Mais en réalité, elle vous enfonce un peu plus.
Et puis, il y a votre « Soi ». Dans l’IFS, le Soi est votre essence profonde : calme, confiante, compatissante, courageuse. Elle n’est pas en conflit avec les autres parties. Elle peut les comprendre et les apaiser.
En séance, nous allons identifier ces parties. Nous allons dialoguer avec elles, avec votre permission, souvent sous hypnose. Nous allons demander à « la partie qui fait plaisir » : « Qu’est-ce que tu crains si tu lâches prise ? » Elle répondra peut-être : « Je vais être seule. » Nous pourrons alors lui montrer, en douceur, qu’elle peut se reposer, qu’il existe d’autres moyens d’être en relation.
L’IFS n’est pas une guerre contre vos parties. C’est une négociation de paix intérieure. Et quand la partie qui vous pousse à dire oui se sent entendue et rassurée, elle accepte de prendre du recul. Vous pouvez alors dire non, non pas parce que vous vous forcez, mais parce que vous le choisissez librement, depuis votre Soi.
Vous avez désamorcé vos peurs intérieures. Vous avez apaisé vos parties. Mais le moment de vérité arrive : vous êtes face à une personne réelle, qui vous demande quelque chose. Comment faire concrètement ? C’est ici que l’Intelligence Relationnelle devient précieuse.
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de naviguer dans les relations humaines avec conscience et habileté. Elle ne consiste pas à manipuler les autres, mais à communiquer clairement tout en préservant la qualité du lien. Dire non sans culpabilité, c’est possible, à condition de respecter quelques principes simples.
1. Distinguez le refus du rejet. Beaucoup de gens confondent les deux. Dire « non, je ne peux pas t’aider ce week-end » ne signifie pas « je te rejette toi, en tant que personne ». Or, votre subconscient a peut-être associé les deux. En hypnose, nous pouvons travailler cette dissociation.
2. Utilisez le « oui » différé. Vous n’êtes pas obligé de répondre immédiatement. Une phrase simple comme : « Laisse-moi vérifier mon emploi du temps, je te reviens dans 10 minutes. » Ce petit temps vous permet de consulter votre ressenti profond, sans la pression de l’urgence.
3. Formulez votre non avec clarté et douceur. Par exemple : « Je comprends que tu aies besoin d’aide, mais je ne suis pas disponible pour ça aujourd’hui. » Pas de justification excessive. Pas d’excuse qui affaiblit votre position. Vous n’avez pas à vous justifier d’exister.
4. Acceptez la déception de l’autre. L’autre a le droit d’être déçu. Sa déception n’est pas votre problème. Elle est sa responsabilité émotionnelle. Votre responsabilité, c’est de respecter vos limites. Si l’autre vous fait culpabiliser, c’est une manipulation, pas une relation saine.
En séance, nous pouvons jouer des scénarios. Sous hypnose, vous pouvez répéter ces phrases dans un état de calme intérieur. Puis, dans l’état de veille, nous les mettons en pratique. C’est un entraînement progressif, comme un sportif qui répète son geste technique.
« Dire non, c’est poser un cadre. Et un cadre, ça ne repousse pas les autres : ça protège ce qui est précieux à l’intérieur. »
Même avec tous ces outils, vous allez rencontrer des résistances. C’est normal. Votre subconscient est prudent. Il a ses raisons de vouloir maintenir l’ancien système. Voici les trois résistances les plus fréquentes que je rencontre dans mon cabinet, et comment nous les abordons.
Résistance n°1 : « Si je dis non, je vais perdre cette relation. » C’est la peur de l’abandon. En réalité, une relation qui ne survit pas à un non était une relation de dépendance, pas d’amour ou de respect mutuel. En hypnose, nous pouvons revisiter des souvenirs où vous avez dit non et où la relation a tenu. Nous renforçons cette mémoire comme une preuve intérieure.
Résistance n°2 : « Je vais me sentir mal, égoïste. » La culpabilité est une émotion apprise. Elle peut être désapprise. En IFS, nous rencontrons « la partie culpabilisante ». Souvent, c’est une partie qui a hérité d’un discours parental ou religieux. Nous lui demandons de se faire plus petite, de laisser plus de place à votre besoin légitime.
Résistance n°3 : « Je ne sais pas quoi dire. » C’est une résistance pratique, facile à lever. Nous préparons ensemble des phrases-types, que vous pouvez avoir en mémoire. Par exemple : « Je ne peux pas m’engager là-dessus pour le moment », ou « Ce n’est pas dans mes priorités aujourd’hui ». Sous hypnose, nous ancrons ces phrases dans votre voix intérieure, comme un réflexe.
Chaque résistance est une invitation à explorer plus profondément ce qui se cache derrière. Et c’est là toute la finesse de l’accompagnement : non pas vous donner une formule magique, mais vous aider à devenir votre propre expert de votre fonctionnement.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour faire un premier pas. Voici un exercice que vous pouvez faire seul, ce soir, avant de vous coucher. Il s’inspire de l’hypnose et de l’IFS.
Installez-vous confortablement dans un endroit calme. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes, en laissant votre ventre se gonfler comme un ballon à l’inspire, et se dégonfler à l’expire.
Ramenez à votre mémoire une situation récente où vous avez dit oui alors que vous vouliez dire non. Ne cherchez pas à l’analyser. Ressentez simplement ce qui se passe dans votre corps : tension dans les épaules ? Boule dans la gorge ? Oppression dans la poitrine ?
Donnez une voix à cette sensation. Si elle pouvait parler, que dirait-elle ? Peut-être : « J’ai peur de décevoir » ou « Il faut que je sois gentil ». Écoutez-la sans jugement. C’est une partie de vous.
Dites-lui ceci, intérieurement : « Je te remercie d’avoir essayé de me protéger. Je comprends que tu fais de ton mieux. Mais maintenant, j’ai besoin que tu prennes un peu de recul. Laisse-moi essayer autre chose. »
Imaginez maintenant une version de vous qui dit non calmement, avec un sourire intérieur. Visualisez la personne en face qui entend votre non et qui… ne s’effondre pas. Elle hoche la tête. Elle comprend. Vous n’êtes pas puni. Vous êtes libre.
Revenez doucement à votre respiration. Ouvrez les yeux. Notez sur un carnet ce que vous avez ressenti. Ce simple geste plante une graine dans votre subconscient.
Répétez cet exercice chaque soir pendant une semaine. Vous remarquerez peut-être que votre seuil de tolérance au non s’élève un peu. Que la culpabilité s’atténue. C’est le début d’un changement profond.
Apprendre à dire non, ce n’est pas se fermer au monde. C’est au contraire s’ouvrir à des relations plus authentiques, où vous n’êtes plus dans le sacrifice permanent. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle forment un trio complémentaire pour vous accompagner dans cette transformation. L’hypnose apaise les automatismes inconscients. L’IFS vous réconcilie avec les parties de vous qui résistent. L’Intelligence Relationnelle vous donne les outils concrets pour passer à l’acte.
Je ne vais pas vous promettre que du jour au lendemain, vous deviendrez un champion du non. Ce n’est pas réaliste. Mais je peux vous promettre que si vous faites ce premier pas, si vous prenez rendez-vous avec vous-même pour explorer cette difficulté, les choses bougeront. Parfois rapidement, parfois en douceur, comme une rivière qui creuse son lit.
Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si cet article résonne avec ce que vous vivez, je vous invite à prendre contact. Non pas parce que je détiens une vérité absolue, mais parce qu’il est plus facile de cheminer accompagné que seul. Vous pouvez m’appeler, m’écrire, ou simplement venir pousser la porte du cabinet. On parlera de vous, de votre histoire, de ce « non » qui vous semble si lourd à porter.
Et si vous n’êtes pas prêt pour une séance, commencez par l’exercice de ce soir. Plantez la graine. Le changement viendra.
Prenez soin de vous. Et de vos limites.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes
Pour prendre rendez-vous ou poser une question, vous pouvez me contacter via le formulaire de mon site thierrysudan.com. Un simple message suffit.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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