HypnoseConfiance Et Identite

Hypnose et confiance en soi : comment ça marche vraiment ?

Découvrez le mécanisme simple de l’hypnose pour retrouver l’assurance.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Vous arrive-t-il de douter de vous avant une réunion, un entretien ou même une simple conversation ? Pas une remise en question constructive, non : cette petite voix intérieure qui vous répète que vous n’êtes pas à la hauteur, que les autres vont voir vos failles, que vous allez bafouiller ou perdre vos moyens. Vous avez peut-être déjà essayé de vous raisonner, de vous répéter des affirmations positives devant le miroir, ou même de préparer vos arguments sur des pages entières. Et pourtant, au moment fatidique, le cœur s’emballe, la gorge se serre, et la confiance s’évapore comme de la buée sur une vitre froide.

Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et depuis 2014, je reçois des adultes qui viennent me voir avec cette plainte : « Je manque de confiance en moi. » Certains sont cadres, d’autres artisans, mères de famille ou sportifs. Tous partagent une même fatigue : celle de lutter contre une insécurité qui semble collée à leur peau. Et souvent, ils ont tout essayé : développement personnel, coaching, thérapie. Parfois ça a aidé un temps, mais la fragilité revient. Alors ils se demandent : l’hypnose peut-elle vraiment changer quelque chose ?

La réponse est oui, mais pas comme on l’imagine. L’hypnose n’efface pas magiquement les peurs. Elle ne vous transforme pas en un autre être humain, soudainement imperturbable. Ce qu’elle fait, c’est agir sur le mécanisme même qui fabrique votre manque de confiance. Et ce mécanisme est plus simple que vous ne le pensez.

Je vais vous expliquer comment ça marche vraiment. Pas avec des promesses en l’air, mais avec des exemples concrets et une description honnête de ce que vous pouvez attendre d’un travail hypnothérapeutique sur la confiance en soi.

Pourquoi votre cerveau vous fait croire que vous n’êtes pas capable ?

Commençons par une scène que je vois souvent : Paul, 42 ans, commercial depuis quinze ans, vient me voir parce qu’il stagne. Il est compétent, ses clients l’apprécient, mais dès qu’il doit présenter un projet devant un comité de direction, il se liquéfie. Il transpire, sa voix devient aiguë, et il oublie la moitié de ce qu’il avait préparé. Après la réunion, il rumine : « Je suis nul. Les autres doivent penser que je suis un imposteur. »

Ce que Paul ne sait pas, c’est que son cerveau ne lui raconte pas la réalité. Il lui raconte une histoire construite à partir d’expériences passées, souvent anciennes. Notre cerveau est une machine à anticiper les dangers. Il ne fait pas la différence entre un tigre à dents de sabre et une présentation PowerPoint. Pour lui, toute situation perçue comme menaçante active les mêmes circuits : accélération du rythme cardiaque, libération de cortisol, mise en alerte.

Mais d’où vient cette perception de menace ? Elle est liée à des souvenirs. Peut-être qu’à 10 ans, vous avez été ridiculisé devant toute la classe pour une réponse fausse. Peut-être qu’un parent ou un enseignant vous a répété que vous n’étiez « pas assez fort ». Ces événements, parfois anodins, ont été enregistrés par votre cerveau comme des preuves. Et depuis, chaque fois que vous vous retrouvez dans une situation similaire (être regardé, évalué, jugé), votre cerveau rejoue le même scénario : danger, insécurité, évitement ou paralysie.

La confiance en soi n’est donc pas un trait de caractère qu’on a ou qu’on n’a pas. C’est une réponse conditionnée. Et comme toute réponse conditionnée, elle peut être désapprise. L’hypnose est un outil puissant pour cela, parce qu’elle parle directement à la partie de vous qui a enregistré ces conditionnements : votre inconscient.

« Le manque de confiance n’est pas une fatalité. C’est un programme que votre cerveau a installé pour vous protéger, mais qui aujourd’hui vous limite. Vous pouvez le réécrire. »

Comment l’hypnose reprogramme votre réaction automatique ?

L’hypnose ericksonienne — celle que je pratique — ne consiste pas à vous endormir ou à prendre le contrôle de votre esprit. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet, ou quand vous rêvassez sous la douche. Dans cet état, votre esprit critique s’apaise, et votre inconscient devient plus réceptif aux nouvelles suggestions.

Concrètement, quand vous venez pour un travail sur la confiance en soi, nous allons d’abord identifier le moment précis où votre insécurité se déclenche. Pas une généralité (« je manque de confiance »), mais une situation spécifique. Par exemple : « Quand je dois prendre la parole en réunion, je sens ma gorge se serrer et je perds mes idées. »

Ensuite, en état d’hypnose, je vais vous aider à revisiter cette situation, non pas pour la revivre douloureusement, mais pour la recadrer. Nous allons associer à ce moment une ressource que vous possédez déjà. Car oui, vous avez des ressources. Vous avez déjà réussi des choses difficiles. Vous avez déjà été calme, compétent, écouté. Le problème, c’est que ces souvenirs positifs ne sont pas connectés à la situation qui vous stresse.

L’hypnose va créer un pont. Elle va permettre à votre inconscient d’associer le déclencheur (la réunion, l’entretien) à une sensation de calme, de compétence, de légitimité. C’est ce qu’on appelle une suggestion post-hypnotique : un automatisme qui se déclenchera sans que vous ayez à y penser. Vous n’aurez pas à vous répéter « je suis confiant ». Vous le serez, naturellement, parce que votre cerveau aura été réorienté.

Je prends souvent l’image d’un chemin dans une forêt. Au début, pour aller d’un point A à un point B, vous empruntez toujours le même sentier, même s’il est boueux et long. C’est l’habitude. L’hypnose, c’est comme tracer un nouveau sentier, plus court et plus agréable. Au début, il faut y passer plusieurs fois pour qu’il devienne naturel. Mais une fois qu’il est bien marqué, vous n’empruntez plus l’ancien.

Qu’est-ce qui change concrètement après une séance ?

C’est la question que tout le monde pose. Et je vais être très honnête : ce n’est pas un miracle. Une seule séance ne va pas effacer vingt ans de conditionnement. Mais dès la première séance, vous pouvez ressentir un changement. Parfois subtil, parfois plus net.

Prenons l’exemple d’Amina, 34 ans, infirmière libérale. Elle venait parce qu’elle se sentait illégitime face aux médecins et aux familles de patients, alors qu’elle avait dix ans d’expérience et une expertise reconnue. En séance, nous avons travaillé sur une mémoire précise : un jour où elle avait dû prendre une décision rapide et juste, et où le médecin traitant l’avait félicitée. En hypnose, nous avons ancré cette sensation de compétence et l’avons reliée à la situation où elle doit s’affirmer devant un professionnel.

Après la séance, Amina m’a dit : « C’est bizarre, je me sens plus légère. Comme si je n’avais plus à prouver quelque chose. » Ce n’était pas une transformation radicale, mais une brèche dans le mur de l’insécurité. Les semaines suivantes, elle a constaté qu’elle osait plus facilement donner son avis, sans se justifier longuement.

Ce qui change concrètement, c’est la disparition progressive de la lutte intérieure. Vous arrêtez de vous battre contre vous-même. Vous ne perdez plus d’énergie à vous rassurer ou à anticiper l’échec. Vous êtes simplement présent. Et dans le sport comme dans la vie professionnelle, c’est ce qu’on appelle la flow : un état où l’action et la conscience ne font qu’un, sans autocritique.

Pour mes préparations mentales sportives — je travaille avec des coureurs et des footballeurs — le même principe s’applique. Un footballeur qui rate ses penalties parce qu’il pense trop, ce n’est pas un problème de technique, c’est un problème de confiance. L’hypnose lui permet de se reconnecter à son geste parfait, sans le filtre du jugement. Il ne pense plus « il faut que je marque », il tire, simplement.

L’IFS et l’Intelligence Relationnelle : deux alliées puissantes pour consolider la confiance

L’hypnose seule peut faire beaucoup, mais j’ai constaté que pour les personnes dont le manque de confiance est très ancien ou très profond, il est utile d’ajouter d’autres outils. C’est pourquoi j’utilise aussi l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle.

L’IFS, c’est une approche qui considère que notre psyché est composée de plusieurs « parties ». Il y a par exemple la partie de vous qui doute, celle qui veut tout contrôler, celle qui se protège en évitant les risques. Ces parties ne sont pas des ennemis. Elles ont été créées pour vous protéger, souvent après des blessures émotionnelles. Mais elles sont parfois devenues trop rigides ou trop puissantes.

Avec l’IFS, nous allons dialoguer avec ces parties. Pas pour les éliminer, mais pour les comprendre et les apaiser. Par exemple, la partie qui vous dit « tu n’es pas capable » a probablement été utile à un moment de votre vie (pour vous éviter l’échec, la critique, le rejet). Mais aujourd’hui, elle vous freine. En l’écoutant, en lui montrant qu’elle n’a plus besoin de veiller ainsi, elle peut se détendre et vous laisser agir librement.

L’Intelligence Relationnelle, quant à elle, vient travailler la manière dont vous vous reliez aux autres. Le manque de confiance est souvent lié à une peur du regard d’autrui. Nous allons donc explorer vos schémas relationnels : est-ce que vous cherchez à plaire ? À être parfait ? À éviter le conflit ? En comprenant ces mécanismes, vous pouvez adopter des postures plus authentiques et plus solides.

Je me souviens de Marc, 50 ans, chef d’entreprise. Il était très compétent, mais dès qu’un collaborateur le contestait, il se refermait ou s’énervait. En travaillant avec l’IFS, nous avons découvert une partie de lui, très jeune, qui avait été humiliée par un père autoritaire. Cette partie revivait la honte à chaque confrontation. Une fois reconnue et rassurée, Marc a pu aborder les désaccords avec plus de calme et de confiance.

Ces deux approches ne remplacent pas l’hypnose, elles la complètent. Elles permettent de traiter les racines plus profondes, là où l’hypnose va plutôt travailler sur les automatismes et les conditionnements.

Ce que l’hypnose ne fera pas (et c’est important à savoir)

Je veux être clair pour éviter toute déception. L’hypnose ne va pas :

  • Effacer votre personnalité : Vous ne deviendrez pas quelqu’un d’extraverti si vous êtes introverti de nature. Vous deviendrez simplement plus à l’aise avec qui vous êtes.
  • Résoudre tous vos problèmes en une séance : Certaines personnes ressentent un changement immédiat, d’autres ont besoin de plusieurs séances (entre 3 et 6 en moyenne pour un travail sur la confiance). Cela dépend de l’ancienneté du conditionnement et de votre réceptivité.
  • Vous rendre invulnérable : Vous continuerez à ressentir du stress ou de l’appréhension dans des situations nouvelles. Ce qui change, c’est que vous ne serez plus paralysé par ces émotions. Vous pourrez agir malgré elles.
  • Contrôler votre esprit : Personne ne peut vous faire faire quelque chose contre votre volonté sous hypnose. Vous restez conscient, vous pouvez sortir de l’état hypnotique à tout moment. L’hypnose est une collaboration, pas une soumission.

Ce que l’hypnose peut vraiment faire, c’est vous libérer de la lutte. C’est vous permettre d’accéder à des ressources que vous avez déjà, mais qui étaient bloquées par des peurs ou des croyances limitantes. C’est vous redonner le choix. Au lieu de réagir automatiquement par l’insécurité, vous pourrez choisir comment vous voulez vous comporter.

Comment savoir si l’hypnose est faite pour vous ?

Je ne vais pas vous dire que l’hypnose est la solution universelle. Elle ne convient pas à tout le monde, ou pas à tous les moments. Voici quelques signes qui indiquent que vous pourriez bénéficier d’un travail hypnothérapeutique :

  • Vous avez déjà essayé des méthodes rationnelles (coaching, lectures, affirmations) sans résultat durable.
  • Vous sentez que votre manque de confiance est lié à des émotions anciennes ou à des souvenirs précis.
  • Vous êtes fatigué de lutter contre vous-même et vous cherchez une approche plus douce, qui ne passe pas par la volonté.
  • Vous êtes ouvert à l’idée que votre inconscient peut vous aider, sans que vous ayez à tout contrôler.
  • Vous êtes prêt à vous engager sur plusieurs séances, pas juste une « piqûre de rappel ».

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points, l’hypnose peut être une voie intéressante. Mais le plus important, c’est que vous vous sentiez en confiance avec le praticien que vous choisissez. La relation humaine est la clé de tout travail thérapeutique.

Un pas concret à faire maintenant

Vous n’avez pas besoin de prendre rendez-vous tout de suite pour commencer à changer. Voici quelque chose que vous pouvez faire dès aujourd’hui, seul, chez vous.

Prenez un carnet et notez une situation précise où vous manquez de confiance. Soyez concret : « Quand je dois parler en public devant plus de cinq personnes », ou « Quand je dois demander une augmentation à mon patron ». Ensuite, fermez les yeux et souvenez-vous d’un moment où vous vous êtes senti compétent, calme, légitime. Cela peut être un succès professionnel, un instant de connexion avec un proche, ou même un moment où vous avez réussi à réparer quelque chose de vos mains.

Ressentez cette sensation dans votre corps. Où est-elle ? Dans la poitrine ? Dans le ventre ? Dans les mains ? Restez avec cette sensation pendant trente secondes. Puis, sans forcer, imaginez la situation difficile, mais cette fois avec cette sensation de compétence qui vous accompagne. Ne cherchez pas à ce que ce soit parfait. Laissez votre imagination faire le travail.

Cet exercice simple est un début de reprogrammation. Vous montrez à votre cerveau qu’une autre réponse est possible. Ce n’est pas de l’hypnose formelle, mais c’en est le principe : associer une ressource à un déclencheur.

Si vous sentez que vous avez besoin d’aller plus loin, je suis là. Vous pouvez me contacter pour un premier échange, sans engagement. Nous parlerons de votre situation, de vos attentes, et je vous dirai honnêtement si je pense pouvoir vous aider. Parce que la confiance en soi, ce n’est pas un luxe. C’est ce qui vous permet de vivre pleinement, sans vous cacher derrière vos peurs. Et vous méritez cela.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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