3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une approche douce pour apaiser votre critique intérieur.
Vous avez probablement déjà vécu ce moment. Celui où vous dites « oui » alors que tout votre être crie « non ». Celui où vous acceptez une tâche supplémentaire au travail alors que vous croulez déjà sous les dossiers. Celui où vous vous excusez d’exister dans un espace public. Celui où vous passez des heures à peser chaque mot d’un message, de peur qu’il soit mal interprété. Cette petite voix intérieure qui vous souffle : « Si tu dis non, tu vas décevoir. Si tu déçois, on ne t’aimera plus. »
Je reçois régulièrement des personnes épuisées par ce mécanisme. Des adultes compétents, intelligents, souvent appréciés de leur entourage, mais qui vivent dans une forme de servitude volontaire. Ils anticipent les besoins des autres avant les leurs. Ils sourient quand ils ont envie de pleurer. Ils donnent quand ils devraient recevoir. Et surtout, ils portent ce poids immense : la peur de déplaire.
Aujourd’hui, je veux vous parler d’une approche qui peut transformer cette relation avec vous-même. Elle combine deux outils puissants : l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems). Derrière ces noms techniques se cache une idée simple mais révolutionnaire : la partie de vous qui a peur de déplaire n’est pas votre ennemie. Elle est un protecteur qui mérite votre attention.
Imaginez Claire, 34 ans, cadre dans une entreprise de services. Lors de notre première séance, elle me décrit sa vie comme « une performance permanente ». Elle arrive au bureau la première, part la dernière, accepte toutes les missions qu’on lui confie, même celles qui ne relèvent pas de ses fonctions. Elle dit « oui » à ses collègues pour les remplacer au pied levé, « oui » à son conjoint pour organiser les weekends, « oui » à ses amis pour des sorties qu’elle n’a pas envie de faire. Résultat : elle est épuisée, irritable, et développe des douleurs chroniques au niveau du dos.
Quand je lui demande ce qui se passerait si elle disait « non », elle répond instinctivement : « Je serais rejetée. On découvrirait que je ne suis pas à la hauteur. »
Cette peur n’est pas un caprice. Elle est profondément enracinée dans notre biologie. Pendant des millénaires, être exclu d’un groupe tribal signifiait la mort. Notre cerveau archaïque n’a pas fait la différence entre un rejet social moderne et une expulsion de la tribu. Pour lui, déplaire = danger de mort. Alors il active des mécanismes de survie : la soumission, l’anticipation des besoins des autres, l’effacement de soi.
Mais il y a plus. Cette peur est souvent construite sur une histoire bien plus ancienne. Peut-être avez-vous grandi dans un environnement où l’amour était conditionnel. Où il fallait être « sage », « performant », « serviable » pour recevoir de l’attention. Où les conflits étaient punis par le silence ou la colère. Votre cerveau d’enfant a appris une équation simple : « Pour être en sécurité, je dois plaire. »
Aujourd’hui, cette équation tourne en boucle dans votre tête. Elle vous empêche de poser vos limites. Elle vous vole votre énergie. Elle vous fait vivre une vie qui n’est pas vraiment la vôtre.
« Le besoin de plaire n’est pas un défaut de caractère. C’est une stratégie de survie que votre système a mise en place pour vous protéger. Le problème, c’est qu’elle a survécu à son utilité. »
L’Internal Family Systems (IFS), développé par Richard Schwartz, repose sur une idée qui change tout : votre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de multiples « parties », comme une famille intérieure. Chacune a ses croyances, ses émotions, ses stratégies. Et au centre de cette famille se trouve un Self – votre essence profonde, calme, confiante, curieuse, connectée.
Quand vous avez peur de déplaire, ce n’est pas « vous » dans votre totalité. C’est une partie spécifique qui prend le contrôle. En IFS, on appelle cette partie un « protecteur ». Son job : éviter la douleur. Elle a probablement été créée très tôt dans votre vie, après une expérience de rejet, de critique ou d’abandon.
Prenons l’exemple de Marc, 42 ans, commercial. Il vient me voir parce qu’il n’arrive pas à refuser des rendez-vous clients qui le mènent à des heures de route, même quand ils sont peu rentables. « Je ne peux pas dire non, ils vont penser que je ne suis pas professionnel », me confie-t-il.
En séance, je l’invite à se tourner vers cette partie qui le pousse à accepter. Pas pour la combattre, mais pour la comprendre. « Qu’est-ce que tu ressens quand tu penses à refuser un client ? » « Une boule dans le ventre. Une pression dans la poitrine. Une voix qui dit ‘tu vas le regretter’. »
Cette partie, Marc la découvre comme un enfant terrorisé à l’idée d’être puni. En IFS, on dit qu’elle est « en fusion » – elle est tellement activée qu’elle prend le contrôle de tout le système. Le travail n’est pas de la faire taire, mais de la « défusionner » : reconnaître qu’elle n’est qu’une partie, pas toute la personne.
Petit à petit, Marc apprend à dialoguer avec elle. Il découvre qu’elle s’est formée à l’âge de 8 ans, quand son père rentrait furieux du travail et que le silence valait mieux que tout commentaire. Cette partie a appris qu’être invisible et complaisant était la seule façon de survivre. Aujourd’hui, elle continue son travail de protection, même si le contexte a radicalement changé.
L’IFS ne cherche pas à éliminer cette partie. Il cherche à la libérer de son rôle. Quand Marc commence à la rassurer – « Je suis un adulte maintenant, je peux gérer les conséquences d’un non » – la pression dans sa poitrine diminue. Il retrouve une capacité de choix.
L’hypnose ericksonienne, nommée d’après Milton Erickson, est un outil remarquable pour travailler avec ces parties. Contrairement à l’hypnose de spectacle, il ne s’agit pas de perdre le contrôle, mais d’entrer dans un état de conscience modifiée où le critique intérieur s’apaise et où les ressources inconscientes deviennent accessibles.
Pourquoi l’hypnose est-elle si efficace avec la peur de déplaire ? Parce que cette peur n’est pas rationnelle. Vous savez intellectuellement que dire « non » à un collègue ne va pas vous tuer. Mais votre système nerveux ne le sait pas. Il réagit comme si un tigre à dents de sabre était devant vous. L’hypnose permet de contourner le cortex préfrontal (le cerveau qui raisonne) pour parler directement au système limbique (le cerveau émotionnel) et au tronc cérébral (le cerveau de survie).
Prenons Sophie, 29 ans, enseignante. Elle vient me consulter parce qu’elle n’arrive pas à gérer les parents d’élèves intrusifs. « Ils m’envoient des messages le soir, le weekend. Je réponds toujours, même si je sais que c’est malsain. J’ai peur qu’ils se plaignent à la direction. »
En séance d’hypnose, je ne lui dis pas « vous devez poser des limites ». Je crée un espace sécurisé où son inconscient peut trouver ses propres solutions. Je parle à cette partie qui la pousse à répondre : « Et tu sais, quelque part en toi, il y a une partie qui connaît déjà la réponse, une partie qui sait comment être à la fois respectueuse et ferme… Tu n’as pas besoin de savoir comment maintenant. Ton inconscient peut commencer à explorer… à chercher… à trouver le bon équilibre… »
Pendant l’état hypnotique, Sophie vit une expérience corporelle. Elle sent une chaleur dans son ventre. Une image lui vient : celle d’une porte qu’elle peut fermer. Pas une porte claquée, mais une porte douce, qui se ferme avec calme. Cette image devient une ressource qu’elle peut convoquer dans sa vie quotidienne.
L’hypnose ericksonienne est particulièrement douce parce qu’elle respecte le rythme de la personne. Elle ne force pas le changement. Elle crée les conditions pour que le système nerveux se réorganise naturellement.
Si je combine ces deux approches, ce n’est pas par hasard. L’IFS offre une cartographie précise de ce qui se joue à l’intérieur. Il permet d’identifier les parties, de comprendre leur histoire, de dialoguer avec elles. Mais parfois, le dialogue seul ne suffit pas. Les parties les plus anciennes, les plus verrouillées, ont besoin d’un accès direct au système nerveux. C’est là que l’hypnose intervient.
Concrètement, voici comment se déroule souvent une séance :
Accueil et exploration : Nous parlons de la situation qui vous pose problème. J’écoute les mots que vous utilisez, les émotions qui émergent. Je vous aide à identifier la partie qui est active – souvent une voix critique, une tension dans le corps, une impulsion à faire plaisir.
Dialogue IFS : Je vous invite à vous tourner vers cette partie avec curiosité. « Qu’est-ce qu’elle veut pour toi ? Qu’est-ce qu’elle craint qu’il arrive si elle ne faisait pas son travail ? » Ce dialogue libère déjà beaucoup de pression, parce que vous cessez de lutter contre cette partie. Vous commencez à l’écouter.
Induction hypnotique : Quand la partie est suffisamment comprise et apaisée, je propose une transe hypnotique. L’objectif est de créer un état de sécurité profonde où le système nerveux peut se réguler. Je peux utiliser des métaphores, des suggestions indirectes, des ancrages corporels.
Intégration et ressources : Dans cet état, je peux suggérer à votre inconscient de trouver de nouvelles façons de répondre aux situations qui déclenchaient la peur de déplaire. Pas des ordres, mais des invitations. « Et peut-être que quelque chose en toi sait déjà comment dire non avec douceur et fermeté… »
Retour et consolidation : Après la transe, nous prenons le temps de verbaliser ce qui s’est passé. Souvent, les personnes rapportent des sensations de légèreté, des images apaisantes, ou une nouvelle clarté sur leur situation.
Ce qui est fascinant, c’est que le travail continue après la séance. L’inconscient a enregistré les nouvelles possibilités. Dans les jours qui suivent, vous pourriez vous surprendre à réagir différemment – un « non » qui sort plus facilement, une pause avant de répondre, une sensation de calme là où il y avait de l’anxiété.
« Le changement ne vient pas de la lutte contre la partie qui a peur. Il vient de la relation que vous établissez avec elle. Quand elle se sent écoutée, elle peut lâcher son rôle de protecteur. »
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vont pas effacer votre histoire. La partie qui a peur de déplaire ne va pas disparaître comme par enchantement. Mais elle va changer de place. De pilote automatique, elle devient conseillère. De tyran intérieur, elle devient une alliée potentielle.
Ce que cette approche peut faire :
Ce qu’elle ne peut pas faire :
J’ai accompagné des personnes qui, après quelques séances, ont pu refuser une mission impossible au travail sans nuire à leur carrière. D’autres qui ont osé dire à leur partenaire qu’elles avaient besoin de temps pour elles. D’autres encore qui ont simplement arrêté de s’excuser pour tout.
Mais j’ai aussi vu des personnes pour qui ce travail a réveillé des douleurs plus profondes. Des souvenirs d’enfance. Des schémas familiaux complexes. Dans ces cas, l’hypnose et l’IFS deviennent un point de départ, pas une destination. Elles ouvrent la porte à un travail plus long, parfois avec un thérapeute spécialisé dans les traumatismes.
Avant même de prendre rendez-vous, il y a quelque chose que vous pouvez faire aujourd’hui. C’est simple, mais c’est le premier pas vers un changement durable.
Exercice : La pause du « non » intérieur
Pendant les prochaines 24 heures, chaque fois que quelqu’un vous demande quelque chose – un service, une faveur, une présence – ne répondez pas immédiatement. Prenez une seconde. Respirez. Puis, dans votre tête, dites-vous : « J’ai le droit de dire non. Je peux prendre le temps de décider. »
Vous n’êtes pas obligé de dire non. L’objectif n’est pas de devenir systématiquement réfractaire. L’objectif est de sortir du pilote automatique. C’est de créer un espace entre le stimulus (la demande) et votre réponse.
Vous pouvez même verbaliser ce temps : « Laisse-moi réfléchir une minute », ou « Je te reviens là-dessus ». Cette simple phrase est révolutionnaire pour une personne qui a peur de déplaire. Elle dit : mes besoins comptent autant que les tiens.
Observez ce qui se passe. Peut-être une tension dans le ventre. Peut-être une pensée du type « il va m’en vouloir ». Peut-être une sensation de liberté. Notez-le sans jugement. Vous venez de rencontrer une partie de vous.
Je termine souvent mes séances par une image. Celle d’une personne qui marche dans la rue. Elle ne se retourne pas pour vérifier si tout le monde l’approuve. Elle ne ralentit pas pour s’excuser d’exister. Elle ne porte pas le poids des attentes des autres sur ses épaules. Elle est simplement elle-même – imparfaite, parfois maladroite, mais libre.
Cette personne, c’est vous, potentiellement. Pas une version idéale et inaccessible, mais la version de vous qui a appris à faire de la place pour toutes vos parties, y compris celle qui a peur de déplaire. Une version qui dit « oui » quand elle le veut vraiment, et « non » quand c’est juste pour elle.
Si cet article résonne en vous, si vous reconnaissez cette fatigue d’avoir trop donné, cette peur qui vous empêche d’être pleinement vous-même, je vous invite à franchir un pas. Pas un grand pas. Juste un petit. Un appel. Un message. Un rendez-vous pour explorer, sans pression, ce qui se joue à l’intérieur.
Je suis Thierry Sudan, installé à Saintes depuis 2014. Je reçois des adultes comme vous, des personnes qui ont décidé que la peur de déplaire ne serait plus le centre de leur vie. Je ne promets pas de miracles. Je promets une écoute, des outils, et un accompagnement respectueux de votre rythme.
La partie de vous qui a peur de déplaire a besoin d’être entendue, pas combattue. Et peut-être qu’aujourd’hui est le bon moment pour commencer à l’écouter.
Prenez soin de vous,
Thierry Sudan
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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