3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Découvrez comment l'IFS combiné à l'hypnose libère vos parts blessées.
Vous avez probablement déjà ressenti cette petite voix intérieure qui vous souffle que vous n’êtes pas à la hauteur. Que vos succès sont le fruit du hasard, que vos compétences sont surfaites, et qu’un jour ou l’autre, tout le monde va découvrir que vous êtes un imposteur. Cette voix, elle peut être tenace, surtout dans les moments importants : avant une réunion, après une promotion, ou même en lisant les félicitations d’un collègue. Vous vous dites peut-être que c’est juste de la modestie, ou que ça vous pousse à travailler davantage. Mais si je vous disais que cette voix n’est pas vraiment vous ? Qu’elle est le symptôme d’une partie blessée de votre psyché, une partie qui tente de vous protéger à sa manière, mais qui finit par vous entraver ?
Je reçois régulièrement des adultes comme vous, installés dans leur vie professionnelle et personnelle, qui viennent me voir avec cette sensation tenace d’être un imposteur. Ils sont souvent compétents, reconnus, mais ils portent un poids invisible. L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems, ou Système Familial Intérieur) forment une alliance puissante pour apaiser ce syndrome de l’imposteur. L’hypnose permet d’accéder à l’inconscient en douceur, là où ces parts blessées se cachent, tandis que l’IFS offre un cadre pour dialoguer avec elles, les comprendre et les libérer. Ensemble, elles ne se contentent pas de faire taire la voix de l’imposteur ; elles transforment la relation que vous entretenez avec elle.
Le syndrome de l’imposteur n’est pas un diagnostic médical, mais un ensemble de croyances et d’émotions. Vous pouvez être un cadre dirigeant, un artisan talentueux, ou un parent dévoué : la mécanique est souvent la même. Vous attribuez vos réussites à des facteurs externes (la chance, le timing, l’aide des autres) et vous minimisez vos compétences. L’échec, en revanche, vous le vivez comme la preuve de votre incompétence fondamentale. C’est un cycle épuisant : vous travaillez deux fois plus pour compenser, mais la reconnaissance que vous recevez ne fait qu’accroître votre peur d’être démasqué.
Prenons l’exemple de Julien, un chef de projet que j’ai suivi. Il gérait des équipes de dix personnes, ses bilans étaient excellents, mais chaque nouvelle mission le plongeait dans l’angoisse. « Ils vont voir que je ne sais pas vraiment faire », répétait-il. Il passait ses soirées à vérifier des détails, à anticiper des scénarios catastrophe. Cette hypervigilance, c’était sa stratégie pour contrôler le risque d’être « découvert ». Mais plus il réussissait, plus la pression montait. Pourquoi ? Parce que le syndrome de l’imposteur n’est pas une question de compétences réelles. C’est une question de croyances profondes, souvent ancrées dans l’enfance ou dans des expériences marquantes.
Imaginez que, petit, vous ayez été félicité uniquement pour vos résultats, jamais pour vos efforts. Ou que vous ayez grandi dans un environnement où l’erreur était sévèrement punie. Votre psyché, pour survivre, a développé des parties protectrices : une partie qui vous pousse à la perfection, une autre qui vous fait douter de vous, une autre encore qui vous isole pour éviter le regard des autres. Ces parties ne sont pas « mauvaises » ; elles ont été créées avec une intention positive : vous protéger de la honte, du rejet, de l’humiliation. Mais avec le temps, leur stratégie devient obsolète et vous enferme dans le syndrome de l’imposteur.
« Le syndrome de l’imposteur n’est pas un défaut de caractère. C’est le cri d’une part blessée de vous-même qui essaie de vous protéger, mais qui utilise une méthode qui ne fonctionne plus. »
L’IFS, développé par Richard Schwartz, repose sur une idée simple mais révolutionnaire : votre esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de multiples « parts » ou sous-personnalités, chacune avec ses propres émotions, croyances et rôles. Vous avez une part qui veut réussir, une part qui procrastine, une part qui critique, une part qui a peur. Et au centre de tout cela, il y a votre « Self » – votre essence fondamentale, calme, curieuse, confiante, compatissante, courageuse et connectée.
Le problème, c’est que lorsque vous êtes dans le syndrome de l’imposteur, ce sont vos parts protectrices qui prennent le contrôle. Elles sont en surchauffe. L’IFS ne cherche pas à les éliminer, mais à les comprendre. On distingue souvent trois rôles principaux :
Dans le syndrome de l’imposteur, vous avez souvent un exilé qui porte la croyance : « Je ne suis pas assez bien » ou « Je suis un fraudeur ». Et tout le système de parts s’organise pour que personne ne découvre ce « secret honteux ». L’IFS va permettre de rencontrer cet exilé, non pas pour le réparer de l’extérieur, mais pour être présent avec lui, dans la compassion du Self.
L’hypnose ericksonienne, nommée d’après Milton Erickson, est une approche douce et permissive. Contrairement à l’hypnose de spectacle, elle ne vise pas à prendre le contrôle de votre esprit. Elle vous invite à entrer dans un état de conscience modifié, un état de relaxation profonde où votre esprit critique s’apaise et où votre inconscient devient plus accessible. C’est comme si vous ouvriez une porte dérobée dans votre maison intérieure, une porte que vous n’empruntez pas habituellement.
Pourquoi est-ce utile avec l’IFS ? Parce que vos parts protectrices (managers et pompiers) sont souvent très vigilantes. Elles ont peur que si vous entrez en contact avec l’exilé blessé, vous soyez submergé. L’hypnose permet de les rassurer. En état d’hypnose, votre conscient lâche un peu les rênes. Vous êtes plus réceptif aux suggestions, mais surtout, vous êtes plus connecté à votre Self – cette partie calme et centrée de vous-même.
Voici comment je procède souvent : après avoir identifié avec vous une part qui semble active (par exemple, la part qui vous dit « tu n’y arriveras jamais »), je vous guide dans une induction hypnotique. Je vous invite à imaginer un lieu sûr, un espace intérieur où vous pouvez observer cette part. L’hypnose facilite la « dissociation thérapeutique » : vous n’êtes pas dans la part, vous êtes avec elle. Vous pouvez la regarder, lui poser des questions, ressentir ce qu’elle ressent, mais depuis une position plus large.
Prenons le cas de Sophie, une commerciale qui avait du mal à défendre ses tarifs devant des clients importants. Elle sentait une boule au ventre, une voix qui lui disait : « Tu vas les perdre, tu n’es pas crédible. » En hypnose, nous avons invité cette part à se manifester. Elle est apparue comme une petite fille assise dans un coin, les genoux contre la poitrine. Cette petite fille avait été humiliée à l’école primaire parce qu’elle avait donné une mauvaise réponse devant toute la classe. La part manager de Sophie, pour la protéger, avait décidé qu’il fallait être irréprochable, ne jamais montrer de faille. Mais cette stratégie la paralysait.
L’hypnose a permis à Sophie, depuis son Self, de s’approcher de cette petite fille, de la prendre dans ses bras, de lui dire qu’elle était en sécurité maintenant. Et ce faisant, la part manager a pu se détendre. Sophie a commencé à négocier ses contrats avec plus d’aisance, non pas en devenant agressive, mais en étant simplement présente, sans la peur d’être démasquée.
« L’hypnose ne vous endort pas. Elle éveille votre conscience à ce qui se joue en vous, avec une telle douceur que vos parts protectrices acceptent de baisser la garde. »
Comment se déroule concrètement une séance qui combine hypnose et IFS pour le syndrome de l’imposteur ? Il n’y a pas de recette unique, mais voici les grandes étapes que je propose à mes clients, que vous soyez sportif de haut niveau, dirigeant ou artisan.
Étape 1 : L’accueil et l’identification de la part active Nous commençons toujours par parler. Vous me décrivez une situation récente où l’imposteur s’est manifesté. Je vous aide à nommer la sensation physique (la gorge serrée, le ventre noué) et l’émotion (peur, honte, anxiété). Puis je vous propose de donner une forme à cette part : un personnage, une couleur, un son. « Si cette voix qui vous dit que vous n’êtes pas légitime était une forme, à quoi ressemblerait-elle ? » Ce n’est pas un exercice abstrait. C’est le début de la relation avec votre part.
Étape 2 : L’induction hypnotique et la rencontre Je vous guide dans un état d’hypnose, souvent par une relaxation progressive ou une focalisation sur votre respiration. Une fois que vous êtes dans cet état de calme, je vous invite à retourner dans votre espace intérieur et à retrouver cette part. L’hypnose facilite le contact direct, sans filtre. Vous pouvez lui parler. « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? », « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si tu arrêtes de me protéger ? » Les réponses peuvent être des mots, des images, des sensations.
Étape 3 : La découverte de l’exilé et la décharge émotionnelle Souvent, la part protectrice (manager ou pompier) révèle qu’elle protège un exilé. Par exemple, la part qui vous pousse à en faire toujours plus cache un exilé qui porte la honte d’avoir été jugé insuffisant. En hypnose, vous pouvez approcher cet exilé avec la compassion de votre Self. Vous n’essayez pas de le changer. Vous êtes simplement présent. Vous pouvez lui offrir ce dont il a manqué à l’époque : de la reconnaissance, de la sécurité, de l’amour. Cette étape est souvent émouvante, mais elle est libératrice.
Étape 4 : La redéfinition du rôle de la part protectrice Une fois l’exilé apaisé, la part protectrice n’a plus besoin de jouer son ancien rôle. Vous pouvez lui proposer une nouvelle mission, plus alignée avec votre vie d’adulte. Par exemple, la part qui vous poussait à la perfection peut devenir une alliée pour vous aider à vous préparer sereinement, sans angoisse. C’est une négociation respectueuse.
Étape 5 : L’intégration et l’ancrage Je vous ramène doucement à l’état de conscience ordinaire. Nous prenons le temps de verbaliser ce qui s’est passé. Je vous propose un ancrage : un mot, un geste, une respiration qui vous permettra de retrouver cet état de Self dans la vie quotidienne. « Quand vous sentirez la pression monter, vous pourrez poser votre main sur votre cœur et vous souvenir de cette rencontre. »
Je veux être clair avec vous : cette double approche n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas supprimer instantanément le syndrome de l’imposteur. Et c’est normal. Ces parts protectrices ne se sont pas construites en une journée. Elles vous ont accompagné pendant des années, parfois des décennies. Leur confiance se gagne progressivement.
L’hypnose et l’IFS ne sont pas non plus une thérapie qui va « enlever » vos émotions désagréables. Vous ressentirez encore de la peur ou du doute dans certaines situations, surtout au début. Mais la différence, c’est que vous ne serez plus identifié à ces émotions. Vous saurez que ce n’est pas vous qui avez peur, c’est une part de vous. Et vous pourrez l’accueillir avec bienveillance plutôt que de la combattre ou de vous y soumettre.
Cette approche ne vous transforme pas non plus en une personne « parfaite » ou « hyper-confiance ». Au contraire, elle vous invite à accepter votre vulnérabilité. C’est un chemin d’intégration, pas de perfection. Vous découvrirez que la confiance authentique n’est pas l’absence de doute, mais la capacité à agir malgré le doute, parce que vous êtes connecté à votre Self.
J’ai accompagné un footballeur professionnel qui était paralysé avant chaque penalty. Il avait une part qui lui disait : « Tu vas rater, tout le monde va voir que tu n’es pas à la hauteur. » Après plusieurs séances, il n’a pas cessé d’avoir peur. Mais il a appris à dire à cette part : « Je t’entends, merci de vouloir me protéger. Maintenant, laisse-moi tirer. » Et il tirait. Parfois il marquait, parfois non. Mais il n’était plus habité par la honte. Il était libre.
Vous n’avez pas besoin d’être en séance pour commencer à travailler avec vos parts. Voici un petit exercice que vous pouvez faire chez vous, en 5 minutes, quand vous sentez l’imposteur pointer le bout de son nez.
Cet exercice ne résout pas tout, mais il crée un espace. Il vous sort de la fusion avec l’imposteur. Vous passez d’« Je suis un imposteur » à « Une part de moi se sent comme un imposteur ». Cette nuance est immense. Elle est le début de la liberté.
Le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité. Il n’est pas une identité, mais le résultat d’une
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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