3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Préparation mentale pour performer sans pression.
Tu arrives sur la piste ou sur le terrain, et soudain, ce n’est plus ton corps qui commande. Tes jambes deviennent lourdes, ta respiration s’accélère, et cette voix dans ta tête se met à scander : « Et si je me ridiculisais ? ». Tu regardes les gradins, ou simplement les quelques personnes présentes autour de la ligne de départ ou du bord du terrain, et tu sens une pression qui t’écrase. Tu n’es pas seul·e : beaucoup de sportifs, même expérimentés, vivent cette peur du public. Elle peut transformer un entraînement parfait en une compétition ratée. Mais il existe des outils pour la désamorcer, et l’hypnose ericksonienne en fait partie. Dans cet article, je vais t’expliquer comment cette approche, combinée à une préparation mentale adaptée, peut t’aider à performer sans te laisser paralyser par le regard des autres.
La peur du public, ce n’est pas juste « être un peu nerveux » avant une compétition. C’est une réaction physiologique et psychologique puissante. Imaginons un coureur que j’accompagne, appelons-le Marc. Marc est un marathonien aguerri, capable de boucler 42 km en 3h15 sur des parcours déserts. Mais dès qu’il participe à une course avec des spectateurs nombreux — un semi-marathon urbain, par exemple —, ses performances chutent. Il me raconte : « Je vois les gens, et je sens mon cœur qui s’emballe. Je commence à douter de ma foulée, de ma respiration. Je me dis que tout le monde me regarde et attend que je craque. » Ce que vit Marc, c’est un dérèglement de notre système d’alerte.
D’un point de vue évolutif, être regardé par un groupe activait des mécanismes de survie : être jugé pouvait signifier être exclu, et l’exclusion, dans nos sociétés ancestrales, menaçait la survie. Aujourd’hui, ce circuit est toujours là, mais il s’active dans un contexte sportif. Le cerveau interprète le public comme une menace potentielle. Résultat : le corps libère du cortisol et de l’adrénaline, la fréquence cardiaque monte, la respiration devient superficielle, et la concentration se fragmente. Tu n’es plus dans l’action, mais dans l’observation anxieuse de toi-même. C’est ce qu’on appelle la « sur-analyse » : tu commences à penser à chaque geste, ce qui inhibe les automatismes que tu as construits à l’entraînement.
Cette peur n’est pas une faiblesse. C’est un signal que ton système nerveux est en hypervigilance. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut réapprendre à ton cerveau à interpréter le public non plus comme une menace, mais comme une source d’énergie ou un simple décor. C’est là que l’hypnose et la préparation mentale entrent en jeu.
« Ce n’est pas le public qui te paralyse, c’est le sens que ton cerveau lui donne. Change le sens, et tu changes la réaction. »
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise dans mes accompagnements, est une approche douce et non directive. Contrairement à l’hypnose de spectacle, il ne s’agit pas de perdre le contrôle, mais au contraire de le retrouver en accédant à des ressources inconscientes que tu possèdes déjà. Pour un sportif, l’objectif est de modifier la réponse automatique face au public.
Prenons l’exemple de Julie, une footballeuse que j’ai suivie. Julie jouait en club depuis des années, mais dès qu’elle disputait un match avec un public nombreux — même des parents et amis —, elle perdait ses moyens. Elle me disait : « Je vois les visages, et je me mets à trembler. Je n’arrive plus à faire une passe simple. » Lors de nos séances, nous avons travaillé sur la dissociation : apprendre à son esprit à se détacher du regard extérieur.
Voici comment ça se passe concrètement. En état d’hypnose léger — un état de relaxation profonde où tu restes conscient·e et maître·sse de toi-même —, je guide Julie à revivre un moment où elle se sentait totalement confiante et compétente, par exemple un entraînement réussi sans spectateurs. Nous ancrons cette sensation dans son corps : la posture, la respiration, la légèreté des jambes. Ensuite, nous imaginons progressivement le public, mais en modifiant la perception. Par exemple, je lui propose de visualiser les spectateurs comme des arbres dans une forêt, ou comme des silhouettes floues sans visage, ou encore comme une vague d’énergie positive qui la porte. L’hypnose permet de créer ces nouvelles associations neuronales.
Ce n’est pas magique : cela demande de la répétition, comme un entraînement physique. Mais après quelques séances, Julie a constaté que son cerveau commençait à associer le public à une sensation de calme et de contrôle, plutôt qu’à de l’anxiété. L’hypnose ne fait pas disparaître la peur du jour au lendemain, mais elle construit des chemins alternatifs dans ton cerveau, que tu peux emprunter de plus en plus facilement.
La peur du public n’est pas seulement une affaire individuelle : elle est profondément relationnelle. Nous avons peur d’être jugés, rejetés, ou de décevoir. C’est là que l’Intelligence Relationnelle, un cadre que j’utilise régulièrement, apporte un éclairage précieux. Développée par des psychologues et des coachs, cette approche nous aide à comprendre comment nos interactions avec les autres sont influencées par nos croyances et nos besoins non satisfaits.
Un des concepts clés est celui des « places relationnelles ». Quand tu es sur un terrain ou sur une piste, tu peux être dans une place de « victime » (le public te fait du mal), de « sauveur » (tu dois prouver ta valeur pour être accepté), ou de « persécuteur » (tu te juges durement toi-même). Ces places sont des schémas inconscients qui alimentent la peur. Par exemple, un sportif qui se dit « je dois absolument être parfait pour que les gens m’apprécient » est dans une place de sauveur : il cherche à gagner l’amour ou la reconnaissance des autres par la performance. Mais cette quête est épuisante et génère une pression énorme.
L’Intelligence Relationnelle t’apprend à repérer ces schémas et à les dépasser. Concrètement, cela signifie reconnaître que le public n’est pas là pour te juger, mais pour vivre un moment. Ou que tu n’as pas besoin d’être parfait pour être accepté. Dans mon cabinet, je travaille avec les sportifs sur des exercices de recentrage : avant une compétition, tu peux te poser la question : « Qu’est-ce que je ressens vraiment en voyant ces gens ? » et « De quoi ai-je besoin dans cette situation ? » (sécurité, reconnaissance, ou simplement être présent à mon corps ?). Cette introspection permet de désamorcer la peur à sa racine.
« Le public n’attend pas ta perfection. Il attend de voir ton humanité, ton effort, ta présence. »
L’hypnose et l’Intelligence Relationnelle sont des fondations, mais la préparation mentale apporte des outils concrets à utiliser juste avant et pendant la compétition. Voici quelques techniques que je transmets aux coureurs et footballeurs que j’accompagne.
La respiration rythmée : Quand la peur monte, ta respiration devient rapide et haute (thoracique). Cela envoie un signal d’alerte à ton cerveau. Pour casser ce cercle, entraîne-toi à une respiration en 4-7-8 : inspire par le nez pendant 4 secondes, bloque l’air 7 secondes, expire par la bouche pendant 8 secondes. Fais cela 3 à 5 fois. Cela active le système parasympathique (le frein de ton système nerveux). Tu peux le faire discrètement juste avant le départ ou sur le bord du terrain.
L’ancrage visuel : Choisis un point fixe dans ton environnement (un arbre, un poteau, un nuage) et concentre-toi dessus pendant quelques secondes. Cela ramène ton attention sur l’extérieur plutôt que sur les pensées intérieures anxieuses. Tu peux aussi te fixer sur un point de ton propre corps (tes mains, tes pieds) pour te recentrer.
Le mantra personnel : Trouve une phrase courte qui résonne pour toi, comme « Je suis ici pour jouer », « Mon corps sait quoi faire », ou « Le public est un décor ». Répète-la mentalement avant et pendant l’effort. Cela empêche les pensées parasites de s’installer.
La visualisation positive : La veille ou le matin de la compétition, ferme les yeux et imagine-toi performant avec le public présent. Visualise les détails : les bruits, les odeurs, les sensations dans ton corps. Mais surtout, imagine-toi calme et concentré, comme si le public n’était qu’un bruit de fond. Cette répétition mentale prépare ton cerveau à vivre la situation réelle avec moins de surprise.
Ces techniques ne remplacent pas un travail en profondeur, mais elles sont des bouées de sauvetage le jour J. Je conseille toujours à mes sportifs de les intégrer dans leur routine d’avant-match, comme un rituel.
L’IFS, ou « Système Familial Intérieur », est un modèle que j’utilise souvent en complément de l’hypnose. Il considère que notre esprit est composé de différentes « parties » (des sous-personnalités) qui ont chacune leurs croyances et leurs émotions. La peur du public n’est pas un ennemi à éliminer, mais une partie de toi qui essaie de te protéger.
Prenons l’exemple de Pierre, un coureur de fond. Lors d’une séance, il m’a dit : « Quand je vois les spectateurs, j’ai une voix qui me dit : “Tu vas craquer, tout le monde va voir que tu n’es pas à la hauteur.” » En IFS, nous avons exploré cette voix. Nous avons découvert qu’il s’agissait d’une partie « protectrice » qui avait émergé après une humiliation vécue à l’adolescence, lors d’une course où il était tombé devant tout le monde. Cette partie croyait que si elle ne le faisait pas douter, il pourrait revivre la même honte. En accueillant cette partie avec compassion, sans la juger, Pierre a pu comprendre son rôle. Puis, nous avons dialogué avec elle : « Je te remercie de vouloir me protéger, mais aujourd’hui, je suis plus fort. Je n’ai plus besoin de cette peur. »
L’IFS ne supprime pas la peur, mais il la transforme. En reconnaissant que cette peur est une partie de toi qui a une bonne intention (te protéger), tu peux la remercier et lui demander de se mettre en retrait. Cela libère une énergie énorme pour la performance. Pour un sportif, c’est un changement de paradigme : au lieu de lutter contre la peur, tu l’écoutes, tu la comprends, et tu choisis de ne pas la laisser diriger.
« La peur n’est pas ton ennemie. C’est une partie de toi qui a oublié qu’aujourd’hui, tu es capable de bien plus. »
La peur du public ne se vainc pas en un jour, mais avec une approche régulière, elle peut devenir un simple murmure. Voici comment structurer ta progression sur plusieurs semaines ou mois.
Semaine 1-2 : Observation et respiration. Commence par noter dans un carnet les moments où la peur apparaît. Quelles sont les pensées ? Les sensations physiques ? Entraîne-toi à la respiration 4-7-8 deux fois par jour, sans attendre la compétition. Cela crée un automatisme.
Semaine 3-4 : Visualisation et ancrage. Ajoute 5 minutes de visualisation positive chaque jour. Imagine-toi dans un contexte de compétition avec du public, mais en restant calme. Associe cette visualisation à un geste d’ancrage (par exemple, toucher ton poignet ou serrer le poing). Ce geste deviendra un déclencheur de calme.
Semaine 5-6 : Hypnose ou auto-hypnose. Si tu travailles avec un praticien, c’est le moment d’explorer l’hypnose. Sinon, tu peux apprendre l’auto-hypnose : installe-toi confortablement, fixe un point, respire profondément, et laisse ton esprit vagabonder vers un souvenir de confiance. Répète cela 10 minutes par jour.
Semaine 7-8 : Mise en situation progressive. Expose-toi à des situations avec un public réduit : un entraînement ouvert, une petite compétition locale. Utilise tes outils. Observe comment tu réagis, sans jugement. Chaque exposition est une victoire, même si la peur est encore là.
Cette routine n’est pas rigide. Adapte-la à ton rythme. L’essentiel est la régularité, pas l’intensité.
La peur du public est une épreuve que beaucoup de sportifs connaissent, mais elle n’est pas une fatalité. En travaillant sur les mécanismes inconscients avec l’hypnose, en comprenant tes schémas relationnels, et en utilisant des outils concrets de préparation mentale, tu peux transformer ce qui te paralysait en une simple vague que tu surfe avec aisance. Tu n’as pas à être parfait·e. Tu as juste à être présent·e à toi-même, à ton corps, à ton souffle.
Si tu te reconnais dans ces lignes, si tu sens que cette peur te freine dans ta pratique sportive ou même dans d’autres domaines de ta vie, sache que tu n’as pas à traverser cela seul·e. Je reçois à Saintes, en présentiel, et aussi en visio pour ceux qui sont plus loin. On peut prendre le temps d’explorer ensemble ce qui se joue pour toi, sans pression, à ton rythme. Tu peux me contacter par téléphone ou via mon site pour qu’on échange. Un premier pas, même petit, peut ouvrir la porte à un rapport bien plus libre à la performance et au regard des autres.
Thierry Sudan, praticien à Saintes — Pour ceux qui veulent performer sans se perdre.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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