3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Une méthode douce pour redéfinir vos standards intérieurs.
Tu les vois arriver tous les jours dans ton fil d’actualité. Ces posts Instagram parfaits. Ces vies sans bavure. Ces carrières sans accroc. Ces corps sans défaut. Et toi, tu scrolles, tu compares, tu te sens minuscule. Pas assez organisé, pas assez performant, pas assez calme, pas assez aimable. Pas assez. Tout le temps pas assez.
Je reçois des adultes comme toi depuis 2014 dans mon cabinet à Saintes. Des gens intelligents, sensibles, qui ont déjà tout essayé pour arrêter de se juger. La méditation. Les livres de développement personnel. Les listes d’affirmations positives devant le miroir. Ça marche trois jours, puis le critique intérieur revient, plus fort qu’avant. Parce que tu ne peux pas chasser un juge en lui disant simplement d’être gentil. Le juge a été programmé pour une mission précise : te protéger en t’empêchant d’échouer. Et pour lui, la seule façon d’éviter l’échec, c’est la perfection.
Alors on va faire autre chose. On va utiliser l’hypnose ericksonienne pour reprogrammer – oui, le mot est fort mais il est juste – les circuits qui te maintiennent dans cette quête épuisante de la perfection. Pas pour te débarrasser de tes exigences, mais pour les redéfinir de l’intérieur. Pour que tu puisses enfin oser être imparfait sans que ton cerveau active l’alarme incendie.
Tu vas voir, c’est plus simple que ce que tu imagines. Et ça commence par une vérité inconfortable.
Quand tu rates un objectif, quand tu fais une erreur, quand tu dis un truc un peu maladroit en soirée, qu’est-ce qui se passe dans ta tête ? Un jugement immédiat. Une voix qui dit « t’es nul », « t’aurais dû te taire », « tu aurais pu faire mieux ». Cette voix n’est pas un défaut de caractère. C’est un programme de survie.
Ton cerveau, dans sa partie la plus archaïque, le système limbique, confond encore imperfection sociale et danger vital. Il y a cent mille ans, être rejeté par ta tribu signifiait la mort. Pas de nourriture partagée, pas de protection contre les prédateurs. Donc ton cerveau a développé un détecteur ultra-sensible : le moindre écart par rapport à la norme du groupe déclenchait une alarme. Aujourd’hui, tu n’as plus de lion à fuir, mais ton cerveau continue d’analyser chaque mot, chaque geste, chaque like, comme si ta vie en dépendait.
C’est ce qu’on appelle le biais de perfectionnisme adaptatif. Ton mental croit sincèrement que si tu es parfait, tu seras aimé, accepté, en sécurité. Et comme tu es un être humain social depuis la naissance, tu as intégré cette équation très tôt. Peut-être dans une famille où on te valorisait surtout quand tu réussissais. Peut-être dans un milieu scolaire où seules les notes comptaient. Peut-être dans un premier amour où on t’a fait comprendre que tu devais mériter l’affection.
Le problème, c’est que cette équation est fausse. La perfection n’existe pas. Et la poursuivre, c’est comme courir après un horizon qui recule à chaque pas. Tu t’épuises, tu te déçois, tu te détestes un peu plus à chaque fois que tu « échoues » à être parfait.
L’hypnose ne va pas effacer ce programme. Elle va le renégocier. Comme on mettrait à jour un logiciel obsolète sur un ordinateur. Le programme de base – être accepté – reste. Mais la méthode pour y arriver change.
« La perfection n’est pas une destination. C’est un piège que ton cerveau a construit pour te garder dans une zone de vigilance permanente. L’hypnose t’aide à déconstruire le piège sans détruire le gardien. »
Quand je reçois quelqu’un qui souffre de perfectionnisme, je vois toujours trois mécanismes qui tournent en boucle. Les identifier, c’est déjà commencer à les désamorcer.
Premier pilier : l’auto-exigence tyrannique. Tu as des standards que tu n’appliquerais à personne d’autre. Tu pardonnes à ton collègue son retard, mais pas le tien. Tu trouves ton amie magnifique avec ses kilos en trop, mais toi, tu te flagelles pour le même poids. Cette asymétrie est un signal clair : il y a un biais cognitif puissant, le biais de négativité sélective. Tu filtres uniquement ce qui ne va pas, et tu ignores tout ce qui fonctionne.
Deuxième pilier : la peur du regard des autres. Tu passes des heures à imaginer ce que les gens pensent de toi. Tu anticipes leurs jugements. Tu rejoues des conversations en boucle. C’est ce qu’on appelle la théorie de l’esprit hyperactive : ton cerveau attribue aux autres des pensées négatives à ton sujet, souvent sans aucun fondement réel. Tu deviens télépathe, mais uniquement pour capter les mauvaises ondes.
Troisième pilier : l’incapacité à intégrer l’échec. Pour toi, une erreur n’est pas une information, c’est une preuve. La preuve que tu es fondamentalement insuffisant. Tu n’as pas la capacité de digérer l’échec comme une donnée d’apprentissage. Parce que dans ton système intérieur, échouer = être rejeté. Et être rejeté = danger.
L’hypnose ericksonienne va travailler sur ces trois piliers simultanément, de manière indirecte. Pas en te disant « sois moins exigeant », mais en créant les conditions pour que ton inconscient trouve lui-même une nouvelle voie.
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec un spectacle de scène. Pas de montre qui balance, pas de « vous avez sommeil ». C’est un état de conscience modifié, naturel, que tu vis déjà plusieurs fois par jour : quand tu es absorbé par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir du trajet, quand tu es dans la rêverie sous la douche.
Dans cet état, ton cerveau critique – la partie rationnelle qui analyse, juge, compare – se met en veille. Et ton inconscient – la partie qui gère ta respiration, ta digestion, mais aussi tes automatismes émotionnels – devient plus accessible. C’est comme si on ouvrait une fenêtre dans le mur de tes défenses.
Quand tu es en état d’hypnose, je ne te dis pas « tu dois être imparfait ». Ce serait une injonction aussi violente que « tu dois être parfait ». Non. On va plutôt :
Identifier le moment précis où le juge intérieur s’active. Pas dans l’abstrait. Dans une situation concrète. Par exemple : quand tu prépares une réunion et que tu vérifies tes slides pour la dixième fois.
Associer à cette situation une ressource que tu possèdes déjà. Tu as forcément des moments dans ta vie où tu es détendu, confiant, où tu acceptes les imperfections. Peut-être quand tu fais du sport, quand tu cuisines, quand tu joues avec ton enfant. On va prendre cette ressource-là et la connecter à la situation problématique.
Créer un nouveau réflexe. En hypnose, on appelle ça un ancrage. Un geste, un mot, une sensation qui, à l’avenir, déclenchera automatiquement une réponse plus apaisée. Par exemple : toucher ton pouce et ton index ensemble quand tu sens la pression monter, et ton corps se rappellera l’état de calme qu’on a installé ensemble en séance.
Ce qui est magique – mais c’est juste de la neuroplasticité – c’est que ton cerveau n’a pas besoin de comprendre consciemment le changement pour l’appliquer. Tu vas simplement constater un jour que tu as relu ton mail une seule fois au lieu de six. Que tu as accepté une invitation sans te demander si tu méritais d’y aller. Que tu as laissé une faute d’orthographe dans un message sans que le monde s’effondre.
« L’hypnose ne te rend pas parfaitement imparfait. Elle te rend simplement capable de vivre avec tes imperfections sans que cela devienne une histoire. »
L’hypnose seule peut faire beaucoup. Mais parfois, les exigences intérieures sont tellement ancrées qu’elles ressemblent à des voix autonomes. C’est là que j’utilise l’IFS – Internal Family Systems (Systèmes Familiaux Intérieurs).
L’IFS part d’une idée simple : ton esprit n’est pas une entité unique. Il est composé de parties – des sous-personnalités avec leurs propres croyances, émotions et rôles. Tu as une partie qui veut être parfaite. Une partie qui a peur du jugement. Une partie qui se flagelle quand tu échoues. Et au centre, il y a un Soi – une essence calme, curieuse, compatissante – qui peut dialoguer avec ces parties.
Quand je travaille avec un perfectionniste, on commence souvent par rencontrer la partie exigeante. Celle qui te pousse à en faire toujours plus. Au début, tu la détestes. Tu veux qu’elle disparaisse. Mais quand on l’écoute vraiment, on découvre qu’elle porte une énorme responsabilité. Elle s’est activée à un moment de ta vie où tu avais besoin de protection – peut-être après une humiliation, un échec cuisant, un rejet. Elle a pris le contrôle pour que cela ne se reproduise plus. Elle travaille 24h/24, sans relâche, pour te garder en sécurité. Et elle est épuisée.
L’IFS ne consiste pas à chasser cette partie. Il s’agit de la remercier, de lui montrer que tu es adulte maintenant, que tu as d’autres ressources, qu’elle peut lâcher un peu la garde. Quand cette partie se sent entendue et reconnue, elle se détend naturellement. La pression baisse. Les standards deviennent plus humains.
Un exemple anonymisé : un homme que j’ai accompagné, cadre commercial, se mettait une pression énorme sur chaque appel. Il devait être irréprochable, ne rien oublier, convaincre tout le monde. En IFS, on a rencontré la partie qui exigeait cette perfection. C’était une jeune partie, née à 14 ans, quand son père lui avait dit « si tu n’es pas le meilleur, tu n’es rien ». Cette partie avait 14 ans et portait encore cette phrase. En dialoguant avec elle, en lui montrant que l’homme de 42 ans avait d’autres compétences, elle a accepté de prendre sa retraite. Ses résultats commerciaux n’ont pas baissé. Mais son niveau d’anxiété, oui.
Je vais te parler de Sophie (prénom modifié). Sophie est venue me voir parce qu’elle ne supportait plus de pleurer tous les soirs en rentrant du travail. Elle était responsable RH dans une collectivité, et elle passait ses journées à gérer des conflits avec une exigence de neutralité totale. Elle devait être parfaite : pas une émotion, pas un faux pas, pas un mot de travers. Elle se réveillait la nuit en repensant à des phrases qu’elle avait prononcées.
En hypnose, on a travaillé sur l’ancrage d’un état de « suffisance ». On a identifié un moment dans sa vie où elle s’était sentie complètement OK avec elle-même – c’était pendant des vacances en montagne, seule, à regarder un coucher de soleil. On a associé cette sensation à un geste : poser sa main sur son cœur. Puis on a installé ce geste comme déclencheur pour les moments de stress au travail.
Au bout de trois séances, Sophie a commencé à remarquer des changements. Elle pouvait dire « je ne sais pas » en réunion sans paniquer. Elle pouvait recevoir une critique sans la transformer en condamnation personnelle. Elle a même ri un jour après avoir fait une erreur de chiffres dans un tableau. Pas un rire forcé. Un vrai rire libérateur.
Un autre exemple : Julien, coureur amateur, préparait un marathon. Il était obsédé par ses temps, ses allures, ses splits. Chaque entraînement était un examen. Chaque contre-performance le plongeait dans une semaine de déprime. On a travaillé avec l’IFS sur la partie « coach tyrannique » qui le poussait. On a découvert que cette partie avait pris le relais d’un ancien entraîneur de football qui l’avait humilié adolescent. En libérant cette partie de son rôle, Julien a pu courir son marathon en 3h45 – pas son meilleur temps – mais en souriant à l’arrivée. Il m’a dit : « J’ai passé les 10 derniers kilomètres à chanter dans ma tête. Je n’avais jamais fait ça. »
Ces transformations ne sont pas magiques. Elles sont le résultat d’un travail sur les automatismes inconscients. Le cerveau apprend une nouvelle voie, comme un chemin qui se trace dans l’herbe à force d’être emprunté. Au début, c’est un sentier discret. Puis il devient une route. Puis une autoroute.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas :
Ce qu’elle fait, concrètement, c’est créer une fenêtre de changement. Elle abaisse la garde de ton mental critique pour permettre à ton inconscient d’intégrer de nouvelles possibilités. C’est un outil puissant, mais c’est un outil. Le travail, c’est toi qui le fais, entre les séances, dans ta vie quotidienne.
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici quelque chose que tu peux faire maintenant, seul, chez toi.
Assieds-toi confortablement. Ferme les yeux. Prends trois respirations profondes.
Pense à une situation récente où tu t’es senti insuffisant. Un moment où tu t’es dit « j’aurais dû faire mieux ». Ne cherche pas à changer ce souvenir. Reste juste avec lui.
Maintenant, déplace doucement ton attention vers une partie de ton corps qui se sent neutre ou agréable. Peut-être tes mains posées sur tes cuisses. Peut-être la plante de tes pieds. Peut-être le dos de ta tête. Reste là une minute.
Puis, sans forcer, imagine que la situation insuffisante est vue par quelqu’un qui t’aime inconditionnellement. Un ami proche, un parent bienveillant, un animal de compagnie. Comment cette personne verrait-elle la situation ? Que dirait-elle ?
Ouvre les yeux. Note sur un papier ce que tu as ressenti. Ce n’est pas un exercice pour « guérir » du jour au lendemain. C’est un entraînement pour que ton cerveau commence à associer l’imperfection à une présence douce plutôt qu’à un jugement sévère.
Répète cet exercice une fois par jour pendant une semaine. Tu vas voir, quelque chose bouge. Subtilement. Mais ça bouge.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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