3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Témoignage fictif d’un salarié qui a retrouvé sa voix.
Tu poses la tasse de café sur ton bureau. Autour de toi, les collègues discutent des vacances. Toi, tu penses à cette conversation que tu repousses depuis six mois. Celle avec ton N+1. Pour lui parler de ton salaire. Pour lui dire que tu mérites une augmentation. Pour lui expliquer que ton travail a changé, que tu prends plus de responsabilités, que le marché a évolué.
Tu as préparé des arguments. Tu les as répétés sous la douche. Tu les as écrits sur un post-it que tu as froissé et jeté trois fois.
Mais chaque fois que tu croises ton manager dans le couloir, ta gorge se serre. Chaque fois que tu ouvres la bouche pour aborder le sujet, un truc invisible te bloque. Tu te dis que tu vas attendre le bon moment. Le prochain entretien annuel. Que ce n’est pas le bon jour. Que tu vas d’abord finir ce dossier. Que tu demanderas la semaine prochaine.
Ça fait six mois que la semaine prochaine arrive tous les lundis.
Je travaille avec des personnes comme toi depuis 2014, à Saintes. Des adultes compétents, parfois brillants, qui butent sur un truc simple en apparence : demander. Pas mendier. Pas exiger. Juste demander ce qu’ils estiment mériter. Et qui se retrouvent coincés par une peur qu’ils ne comprennent pas toujours.
Aujourd’hui, je vais te raconter l’histoire de quelqu’un qui a vécu ça. Un homme que j’appellerai Loïc. Son histoire est fictive, mais elle ressemble à des dizaines de situations réelles que j’ai accompagnées. Et je vais te montrer comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle ont changé sa donne – et pourraient changer la tienne.
Loïc est arrivé dans mon cabinet un mardi de novembre. Il avait 34 ans, un poste de chef de projet dans une boîte de services informatiques. Bon boulot, bonnes évaluations, bonnes relations. Mais sur sa fiche de paie, rien ne bougeait depuis 3 ans.
Il avait tenté une fois, l’année précédente. Il avait préparé un discours, l’avait livré d’une traite, sans regarder son patron. Le manager avait dit « Je comprends, je vais voir ce que je peux faire. » Il n’avait rien fait. Loïc n’avait pas relancé.
« Je me suis senti ridicule », m’a-t-il dit. « Comme un gamin qui demande une récompense. »
Cette phrase m’a mis la puce à l’oreille. Le problème de Loïc n’était pas un problème de chiffres ou de marché. C’était un problème de position intérieure. Quand il se voyait demander, il se voyait petit. Pas comme un professionnel qui négocie, mais comme quelqu’un qui dérange.
En hypnose ericksonienne, on appelle ça un blocage : une réponse automatique, inconsciente, qui s’active dans certaines situations. Cette réponse a été construite quelque part dans ton histoire. Elle avait peut-être une fonction protectrice à l’époque. Mais aujourd’hui, elle te dessert.
Pour Loïc, la première séance a consisté à explorer cette sensation. Sans chercher à la supprimer tout de suite. Juste à l’observer. Je lui ai proposé un petit exercice de pleine conscience : se remémorer la dernière fois qu’il avait voulu demander, et noter où ça réagissait dans son corps.
« La gorge », a-t-il dit. « J’ai la gorge serrée. Et un poids là. » Il montrait le plexus.
C’est un classique. La gorge, c’est l’expression, la voix. Le plexus, c’est le centre émotionnel. Le corps savait déjà ce que la conscience refusait de voir : cette situation n’était pas neutre pour lui. Elle activait un vieux système d’alarme.
Ce que tu ressens quand tu veux demander n’est pas un défaut de caractère. C’est la réaction d’une partie de toi qui a appris à se protéger.
La deuxième séance avec Loïc a été plus surprenante pour lui. Je lui ai proposé d’explorer ce « blocage » avec l’IFS – un modèle qui considère que notre psychisme est composé de différentes parties, comme une famille intérieure.
« Ferme les yeux », lui ai-je dit. « Et reviens à cette sensation dans la gorge et le plexus. Tu n’as pas besoin de la faire disparaître. Demande-lui simplement : qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si j’ose demander ? »
Loïc est resté silencieux une trentaine de secondes. Puis il a murmuré : « Elle dit : si tu demandes, ils vont te dire non. Et tu vas te sentir humilié. »
« Et si tu te sens humilié, qu’est-ce qui se passe ensuite ? »
« Je vais démissionner. Ou je vais rester et détester mon boulot. »
« Et si tu démissionnes ou restes en détester, qu’est-ce qui se passe ? »
« Je vais galérer. Financièrement. Et ma famille va être en danger. »
On était arrivés au cœur du réacteur. Sous la peur de demander une augmentation, il y avait une partie protectrice terrifiée à l’idée de mettre la famille en insécurité. Cette partie avait pris le contrôle chaque fois que Loïc s’approchait du sujet. Elle lui envoyait des signaux physiques (gorge serrée, poids au plexus) et des pensées (« ce n’est pas le moment », « tu vas te planter »).
En IFS, on appelle ça un manager ou un protecteur. Son job est noble : éviter la catastrophe. Mais son mode opératoire est devenu inadapté. Loïc n’est plus un enfant. Il est un adulte compétent, avec un vrai dossier à défendre. Pourtant, la partie protectrice continue de réagir comme s’il avait 8 ans et qu’il risquait la punition suprême.
Le travail n’a pas été de combattre cette partie. L’hypnose ericksonienne, comme l’IFS, ne combat pas les parties. Elle les écoute, les remercie, puis négocie un nouveau rôle. On a demandé à la partie protectrice : « Accepterais-tu de faire un pas de côté, juste pour un essai, pour voir ce que Loïc adulte peut faire ? »
Elle a accepté, à condition qu’on garde un œil sur elle.
La troisième séance a été celle du changement. Celle où l’hypnose ericksonienne a vraiment fait son travail.
Je ne vais pas te raconter la séance en détail – l’hypnose, c’est avant tout une expérience personnelle. Mais je peux te donner l’idée générale.
J’ai proposé à Loïc de s’installer confortablement, de fermer les yeux, de suivre ma voix. Je l’ai invité à imaginer un lieu de ressource – un endroit où il se sentait confiant, stable, légitime. Il a choisi son jardin, un dimanche matin, après une bonne nuit, avant que les enfants ne se réveillent. Un moment où il se sentait lui-même, sans pression, sans devoir prouver.
À partir de là, on a construit une ancrage : un geste simple (poser sa main droite sur son cœur) associé à cette sensation de légitimité tranquille. Puis on a projeté mentalement la scène de la demande d’augmentation, mais cette fois en gardant cette sensation dans le corps.
« Tu es dans le bureau de ton manager, dis-je. Et tu sens ta main sur ton cœur. Tu sens cette légitimité. Tu n’es pas en train de supplier. Tu es en train de présenter un fait. Tu es en train de nommer une réalité. »
On a refait la scène trois fois. La première, Loïc sentait encore des tensions. La deuxième, ça allait mieux. La troisième, il a souri.
« C’est étrange », a-t-il dit en rouvrant les yeux. « Je me suis vu lui parler en le regardant dans les yeux. Et j’étais calme. »
Ce que l’hypnose a fait, ce n’est pas « magique ». C’est un réapprentissage. Le cerveau ne fait pas toujours la différence entre une expérience réelle et une expérience mentale vivide. En répétant la scène en état modifié de conscience, Loïc a installé un nouveau circuit neuronal. Un circuit où demander n’active plus la peur, mais une confiance posée.
Bien sûr, ça ne suffit pas. L’hypnose ne remplace pas la préparation concrète. Mais elle change le terrain. Elle permet d’aborder la situation depuis un autre endroit en soi.
Une fois que Loïc a retrouvé une position intérieure stable, on a pu travailler le comment. Parce que demander une augmentation, ce n’est pas juste « oser ». C’est aussi une compétence relationnelle.
J’ai proposé à Loïc un travail d’intelligence relationnelle sur trois axes :
1. Clarifier ta demande. Loïc avait une idée floue de ce qu’il voulait. « Une augmentation », c’est vague. Combien ? Pourquoi ? En lien avec quoi ? On a passé une séance à construire son dossier : missions supplémentaires, impact mesurable, benchmark du marché. Pas pour avoir un « argument massue », mais pour que lui-même sache exactement ce qu’il demandait et pourquoi c’était justifié. La clarté intérieure réduit l’anxiété.
2. Changer la conversation. Loïc imaginait la demande comme un affrontement : lui contre son manager. En intelligence relationnelle, on parle plutôt de co-négociation. Le manager n’est pas un ennemi. C’est quelqu’un qui a aussi des contraintes, un budget, une hiérarchie. L’objectif n’est pas de « gagner », mais de trouver une solution qui tienne compte des deux réalités. Parfois, l’augmentation n’est pas possible maintenant, mais un autre levier existe : formation, jours, responsabilité.
3. Gérer la réponse, quelle qu’elle soit. Le plus gros frein de Loïc était la peur du « non ». On a travaillé ce scénario. « Si ton manager dit non, quelle est la prochaine phrase que tu peux dire sans t’effondrer ? » On a trouvé : « Je comprends. Qu’est-ce qui serait nécessaire pour que ce soit possible dans les six prochains mois ? » Cette simple phrase change tout. Elle montre que tu n’es pas en train de quémander, mais de négocier une trajectoire.
La peur du non est souvent pire que le non lui-même. Parce que le non est une information. La peur, elle, te prive de l’information.
Je vais te raconter la fin de l’histoire de Loïc. Pas parce qu’elle est parfaite – j’essaie d’être honnête sur ce que ces approches font et ne font pas.
Loïc a demandé un rendez-vous à son manager. Il a préparé ses points, son ancrage corporel. Il est entré dans le bureau, il a posé sa main sur son cœur comme on l’avait travaillé. Il a présenté les faits.
Son manager a écouté. Puis il a dit : « Je suis d’accord sur le fond. Mais le budget de cette année est déjà bouclé. Je ne peux pas avant avril. »
L’ancien Loïc aurait encaissé, dit « oui oui, je comprends », et serait reparti avec un poids dans le ventre. Le nouveau Loïc a dit : « Je comprends les contraintes budgétaires. En attendant avril, est-ce qu’on peut acter une augmentation de périmètre ou une prime sur objectif, pour reconnaître ce que j’apporte déjà ? »
Le manager a réfléchi, a dit « je vais voir ce que je peux faire côté RH ». Mais cette fois, Loïc a relancé deux semaines plus tard. Il a obtenu une prime exceptionnelle et une promesse écrite de révision en avril. Pas parfait, mais réel.
« Je ne me suis pas senti humilié », m’a-t-il dit lors de notre dernière séance. « Je me suis senti professionnel. Et même si le résultat n’est pas tout à fait ce que je voulais, je sais que je peux remettre le sujet sur la table. Avant, je n’aurais jamais osé. »
C’est ça, le vrai changement : non pas obtenir ce qu’on veut à tous les coups, mais pouvoir demander, pouvoir négocier, pouvoir exister dans la relation sans se dissoudre.
Si tu te reconnais dans ce que je viens de décrire – cette difficulté à demander, cette boule dans la gorge, cette tendance à reporter – je te propose trois choses que tu peux faire dès aujourd’hui, sans attendre un rendez-vous chez un praticien.
1. Identifie la partie qui te protège. Pose-toi la question : « Quelle est la pire chose qui pourrait arriver si je demande ? » Pas la réponse rationnelle (« il va dire non »). La réponse émotionnelle, celle qui fait peur au fond. « Il va me mépriser. » « Je vais passer pour un prétentieux. » « Ma sécurité va s’effondrer. » Note-la. C’est ta partie protectrice. Remercie-la d’avoir essayé de te protéger. Puis dis-lui : « Je suis adulte maintenant. Je peux gérer une réponse négative. »
2. Installe un ancrage de confiance. Trouve un moment où tu te sens légitime, calme, posé – même une minute. Mets ta main sur ton cœur. Respire. Associe le geste à la sensation. Répète-le plusieurs fois par jour. Puis, avant ta demande, refais le geste. Ça ne fera pas tout, mais ça changera le signal que ton corps envoie à ton cerveau.
3. Prépare une seule phrase pour le non. La peur du non est paralysante parce que tu n’as pas de scénario de sortie. Écris une phrase qui te permet de rester en relation sans t’effondrer. Par exemple : « Merci de ta franchise. Qu’est-ce qui serait nécessaire pour que ce soit envisageable dans les prochains mois ? » Ou : « Je comprends. Je reviendrai vers toi dans trois mois avec des éléments supplémentaires. » Le simple fait d’avoir cette phrase en poche réduit l’angoisse.
Parfois, ces petits gestes ne suffisent pas. Parce que la peur est ancrée profondément, dans des histoires anciennes, des croyances installées depuis l’enfance. Et ce n’est pas grave. Ce n’est pas une faiblesse. C’est juste une couche de protection qui a besoin d’être accompagnée avec douceur et méthode.
C’est là que l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’intelligence relationnelle prennent tout leur sens. Pas pour te transformer en négociateur agressif. Mais pour que tu retrouves ta voix, dans toute sa justesse, sans que le silence ne te coûte plus que ce que tu n’oses pas demander.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes. Je reçois des adultes comme toi, qui veulent arrêter de reporter leur vie à plus tard. Si tu sens que cet article te parle, si tu as reconnu des morceaux de ton quotidien dans l’histoire de Loïc, tu peux prendre contact. On trouvera un moment pour en parler, sans engagement, juste pour voir si une collaboration est possible.
Tu n’es pas seul à vivre ça. Et tu n’es pas obligé de rester coincé.
Thierry Sudan – Accompagnement par l’hypnose, l’IFS et l’intelligence relationnelle – Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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