3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Identifiez la cause cachée de votre manque d’estime de vous.
Vous avez peut-être déjà vécu cette scène. Vous êtes dans une réunion, vous avez une idée pertinente, mais au moment d’ouvrir la bouche, votre gorge se serre. Votre cœur s’emballe. Vous vous dites : « Je vais dire une bêtise », « On va me juger », « Je ne suis pas légitime ». Alors vous vous taisez. Plus tard, dans la voiture, vous ruminez : « Pourquoi je n’ai pas parlé ? J’avais pourtant raison. » Ce sentiment d’impuissance, ce décalage entre ce que vous savez être capable de faire et ce que vous faites réellement, c’est l’empreinte d’un blocage. Un blocage qui, jour après jour, érode votre confiance en vous, sans que vous sachiez vraiment d’où il vient ni comment le défaire.
Je reçois régulièrement des adultes – des cadres, des chefs d’entreprise, des sportifs, des parents – qui me disent la même chose : « Je sais que je vaux mieux que ça, mais je n’arrive pas à y croire. » Votre confiance en vous n’est pas un trait de caractère fixe. C’est une construction dynamique, influencée par des expériences passées, des croyances inconscientes et des mécanismes de protection que votre esprit a mis en place, souvent pour de bonnes raisons. Le problème, c’est que ces mécanismes, qui vous ont peut-être protégé d’une critique ou d’un rejet il y a des années, sont aujourd’hui devenus des prisons. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle offrent des clés concrètes pour identifier ces blocages et les libérer. Pas en « forçant » votre confiance à apparaître, mais en allant dialoguer avec la partie de vous qui bloque.
Avant de chercher des solutions, il est essentiel de comprendre ce qui se joue. Imaginez un instant que votre confiance ne soit pas un interrupteur ON/OFF, mais plutôt un système de navigation intérieure. Quand vous êtes dans une situation qui vous met en danger (socialement, professionnellement, affectivement), votre cerveau active un programme de survie. Ce programme a été codé par vos expériences passées. Si, enfant, vous avez été ridiculisé après avoir pris la parole en classe, votre cerveau a associé « prise de parole = danger = humiliation ». Pour vous protéger, il a créé un « bloqueur » : une voix intérieure qui vous dit « Tais-toi », une tension dans le ventre, une boule dans la gorge.
Ce mécanisme est involontaire. Il ne dépend pas de votre volonté. Vous pouvez vous répéter cent fois « Je suis compétent, je dois parler », mais si votre système nerveux a enregistré une menace, il va prendre le dessus. C’est pourquoi les injonctions du type « Aie confiance en toi ! » sont souvent inefficaces, voire contre-productives. Elles ajoutent une couche de culpabilité : non seulement vous n’osez pas, mais en plus vous vous en voulez de ne pas oser.
Prenons un exemple anonymisé. J’ai accompagné un commercial, appelons-le Marc. Marc était excellent techniquement, mais il perdait tous ses moyens lors des appels de prospection. Il transpirait, bafouillait, et finissait par bâcler ses présentations. En séance, nous avons exploré une scène de son enfance : à 8 ans, il avait été humilié par son père devant des invités parce qu’il avait mal récité un poème. Son père avait dit : « Tu es nul, tu ne sais même pas parler en public. » Cette phrase, Marc l’avait intériorisée comme une vérité absolue. Aujourd’hui, chaque appel de prospection réactivait inconsciemment cette scène. Son blocage n’était pas un manque de compétence, c’était une protection contre la honte anticipée.
Le blocage n’est jamais un défaut : c’est une stratégie de protection que votre esprit a mise en place pour vous éviter une souffrance que vous avez déjà vécue.
Comprendre cela change tout. Cela signifie que la partie de vous qui bloque n’est pas votre ennemie. Elle essaie de vous aider, même si sa méthode est devenue inadaptée. Cette distinction est cruciale pour aborder le travail sur la confiance avec douceur, et non avec violence.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise au quotidien, est particulièrement adaptée pour travailler sur ces blocages parce qu’elle ne cherche pas à « combattre » votre esprit critique. Au contraire, elle l’invite à faire une pause, à se mettre en retrait. Milton Erickson, le fondateur de cette approche, avait compris que notre esprit conscient (celui qui analyse, juge, contrôle) est souvent un obstacle au changement. Il résiste, il doute, il veut des preuves. En hypnose, on ne lui demande pas de croire, on lui demande simplement d’écouter.
Concrètement, je ne vais pas vous dire : « Vous allez avoir confiance en vous maintenant. » Je vais plutôt utiliser des métaphores, des suggestions indirectes, des histoires. Par exemple, je pourrais vous raconter l’histoire d’un jardinier qui découvre une racine qui étouffe son arbre préféré. Il ne tire pas brutalement sur la racine, car il risquerait de déchirer l’écorce. Il creuse doucement autour, il observe, il comprend d’où elle vient. Puis, il la coupe au bon endroit, et l’arbre respire. Votre inconscient, lui, comprend immédiatement le message. Il sait que votre blocage est cette racine. Il sait comment la couper, sans violence.
L’état hypnotique n’est pas un état de sommeil ni de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, très proche de la rêverie, de la concentration intense que vous pouvez ressentir en regardant un film captivant ou en conduisant sur une route familière. Dans cet état, votre critique interne s’apaise. Vous devenez plus réceptif aux nouvelles perspectives. Vous pouvez revisiter une vieille croyance (comme « Je ne suis pas légitime ») et, sans la combattre, lui offrir un récit alternatif, plus adapté à votre vie d’adulte.
Une patiente, Sophie, avait un blocage massif sur sa légitimité professionnelle. Pourtant, elle dirigeait une équipe de quinze personnes avec succès. Chaque compliment la mettait mal à l’aise. En hypnose, nous avons voyagé jusqu’à une scène où, adolescente, sa mère lui avait dit : « Ne t’emballe pas, l’humilité est une vertu. » Sophie avait traduit cela par : « Il ne faut pas que je croie en moi, sinon je deviendrai arrogante. » En séance, nous avons doucement déconstruit cette équation. Nous avons utilisé une métaphore de la « juste confiance », comme celle d’un arbre qui s’enracine profondément pour pouvoir s’élever sans peur du vent. Sophie a pu, progressivement, autoriser une nouvelle sensation de confiance, sans culpabilité.
L’hypnose ne fait pas de miracle au sens magique. Elle crée les conditions pour que votre inconscient trouve lui-même la solution. Votre rôle, en tant que patient, est simplement d’accepter d’être guidé, sans chercher à contrôler le résultat. C’est un lâcher-prise actif.
L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle qui complète merveilleusement l’hypnose. Il part du principe que notre psyché est composée de plusieurs « parties », comme une famille intérieure. Chaque partie a une intention positive, même si son comportement semble problématique. Quand vous ressentez un manque de confiance, ce n’est pas « vous » dans votre globalité qui manquez de confiance. C’est une partie spécifique de vous qui prend le contrôle, souvent pour vous protéger.
Par exemple, il y a peut-être une partie que j’appelle « le critique intérieur ». Celle qui vous dit : « Tu n’es pas assez bon », « Tu vas échouer », « Regarde ce que les autres vont penser ». Si vous écoutez cette partie, vous pourriez penser qu’elle est méchante ou destructrice. Mais si vous creusez un peu, vous découvrirez qu’elle essaie de vous motiver, de vous éviter l’échec, ou de vous protéger du rejet. Elle utilise la peur comme carburant, mais son intention première est de vous garder en sécurité.
L’IFS propose une méthode simple mais puissante : au lieu de lutter contre cette partie, vous apprenez à dialoguer avec elle. Vous lui demandez : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? De quoi as-tu peur ? Que se passerait-il si je me permettais d’être confiant ? » Et vous écoutez la réponse, sans jugement. Ce dialogue peut se faire en pleine conscience, ou en état d’hypnose légère pour faciliter l’accès aux sensations corporelles et aux émotions.
Prenons l’exemple de Julien, un footballeur amateur de bon niveau. Il ratait systématiquement les penaltys décisifs. En séance, nous avons identifié une partie qu’il a appelée « le sauveur ». Cette partie lui disait : « Si tu marques, tu vas être le héros, mais si tu rates, tu seras le zéro. Alors pour éviter la douleur de la déception, rate avant même d’avoir essayé. » C’était une protection contre la honte. En dialoguant avec cette partie, Julien a compris qu’elle avait émergé après un match où son père l’avait sévèrement critiqué. Il a pu remercier cette partie pour sa vigilance, puis lui demander de prendre un peu de recul, de lui faire confiance. Le travail n’a pas été de « supprimer » le sauveur, mais de le rassurer pour qu’il lâche prise.
Votre partie qui doute n’est pas un défaut à éliminer, c’est un gardien fatigué à qui il faut montrer que le danger est passé.
L’IFS permet aussi de découvrir des parties « exilées », souvent des blessures d’enfance (humiliation, rejet, abandon) que le blocage essaie de maintenir à distance. Tant que ces exilés ne sont pas entendus et soulagés, le blocage reste actif. L’hypnose facilite l’accès à ces parties exilées, car elle contourne les défenses du système. Ensemble, hypnose et IFS forment un tandem redoutable pour libérer les racines inconscientes du manque de confiance.
Un blocage ne se résout pas uniquement par la compréhension intellectuelle ou le dialogue intérieur. Il doit aussi se traduire dans votre corps et dans vos interactions avec les autres. C’est là qu’intervient l’Intelligence Relationnelle, un ensemble d’outils que j’intègre dans mes accompagnements pour ancrer les changements dans le réel. Je ne parle pas de techniques de communication superficielles, mais de la capacité à être en relation avec vous-même et avec l’autre de manière authentique, sans perdre votre centre.
L’une des composantes clés est la régulation du système nerveux. Quand votre blocage survient, votre corps se met en mode survie : respiration courte, épaules levées, mâchoire serrée. Votre confiance est littéralement « verrouillée » dans votre physiologie. L’Intelligence Relationnelle vous apprend à reconnaître ces signaux précoces et à les apaiser. Par exemple, une simple technique de respiration (inspirer en gonflant le ventre, expirer longuement) peut envoyer un signal de sécurité à votre cerveau. En hypnose, nous pouvons associer ce geste à un déclencheur (un mot, une image) pour qu’il devienne automatique dans les situations stressantes.
Un autre outil puissant est la différenciation : la capacité à rester connecté à vous-même tout en étant en lien avec l’autre. Souvent, le manque de confiance vient du fait que vous vous définissez par le regard des autres. Vous cherchez leur approbation, vous craignez leur jugement. L’Intelligence Relationnelle vous aide à construire une « base intérieure » solide, à partir de laquelle vous pouvez interagir sans vous perdre. Cela passe par des exercices concrets : dire « non » avec bienveillance, exprimer un besoin sans s’excuser, recevoir un compliment sans le minimiser.
J’ai travaillé avec une cheffe de projet, Léa, qui avait une peur panique des réunions avec des supérieurs hiérarchiques. Elle se sentait transparente, inaudible. Nous avons utilisé l’hypnose pour identifier la partie d’elle qui se recroquevillait (une petite fille qui avait appris à ne pas déranger son père absorbé par son travail). Puis, avec l’Intelligence Relationnelle, nous avons pratiqué des « jeux de rôles » en séance : elle apprenait à occuper l’espace, à poser sa voix, à soutenir un regard. Progressivement, elle a intégré une nouvelle posture corporelle : non pas en rigidité, mais en ancrage. Lors de sa prochaine réunion, elle a senti la vieille peur monter, mais elle avait désormais une ressource pour l’accueillir sans se laisser submerger. Elle a parlé, calmement, et a été entendue.
L’Intelligence Relationnelle ne remplace pas l’hypnose ou l’IFS. Elle les concrétise. Elle transforme une libération intérieure en un changement observable dans vos relations. C’est le pont entre ce que vous découvrez en séance et ce que vous vivez dans votre quotidien.
Il est important que je sois honnête avec vous. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vont pas effacer d’un coup toutes vos insécurités, ni faire de vous une personne « parfaitement confiante » 24 heures sur 24. La confiance n’est pas un état permanent, c’est une compétence qui s’entretient, qui fluctue. Certains jours, elle sera plus facile d’accès ; d’autres jours, des circonstances (fatigue, stress, événement déclencheur) la rendront plus difficile à incarner.
Ces approches ne vous donneront pas non plus une recette toute faite. Elles vous offrent un cadre, des outils, un accompagnement, mais le travail est le vôtre. Vous devrez accepter de vous asseoir avec vos parties inconfortables, de ressentir des émotions que vous avez peut-être évitées pendant des années. Cela demande du courage, mais aussi de la douceur envers vous-même.
Elles ne vont pas non plus changer les autres. Si vous travaillez dans un environnement toxique où l’on vous rabaisse systématiquement, votre confiance pourra s’en trouver renforcée, mais vous aurez peut-être aussi à prendre des décisions difficiles (quitter un poste, poser des limites claires). La libération intérieure ne dispense pas d’agir sur les conditions extérieures.
Enfin, ces approches ne remplacent pas un suivi médical ou psychiatrique en cas de dépression sévère, de troubles anxieux généralisés ou de traumatismes complexes non stabilisés. Dans ces cas, elles peuvent être un complément précieux, mais toujours dans le cadre d’une prise en charge globale. Mon rôle est de vous orienter si nécessaire.
Ce qu’elles font en revanche, c’est vous redonner les clés. Elles vous apprennent à écouter votre système intérieur, à distinguer une peur réelle d’une peur héritée, à choisir comment vous voulez vous présenter au monde. Elles vous aident à passer du mode « réaction » (je subis mon blocage) au mode « réponse » (je choisis comment agir). Et cela change profondément le rapport à soi.
Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez dans ces mécanismes, vous n’êtes pas seul. Beaucoup de personnes vivent avec ce décalage entre leur valeur réelle et la perception qu’elles en ont. La bonne nouvelle, c’est que ce décalage n’est pas une fatalité. Il est le résultat de conditionnements que vous pouvez désapprendre.
Voici une proposition concrète pour commencer, dès maintenant, sans attendre une séance. Prenez un carnet et un stylo. Posez-vous la question suivante : « Dans quelle situation précise est-ce que je ressens le plus fortement ce manque de confiance ? » Soyez spécifique : pas « au travail », mais « quand je dois présenter mon projet en comité de direction le mercredi matin ». Ensuite, fermez les yeux et laissez monter l’émotion associée
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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