3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin concret pour rebondir avec l’aide de l’hypnose.
Tu viens de rater quelque chose d’important. Peut-être une compétition sportive, un examen, une présentation professionnelle, ou même une relation qui comptait. Et depuis, tu ressens cette boule au ventre, cette voix intérieure qui te dit « tu n’y arriveras jamais », « tu n’es pas à la hauteur ». La confiance s’est envolée.
Je reçois régulièrement des personnes dans cette situation. Des sportifs qui ont perdu une finale, des cadres qui ont échoué une négociation clé, des entrepreneurs dont le projet n’a pas décollé. Tous partagent la même sensation : l’échec n’est pas seulement un événement extérieur, c’est une empreinte intérieure. Elle modifie la façon dont tu te perçois, dont tu anticipes l’avenir, dont tu réagis aux situations.
La bonne nouvelle, c’est que cette empreinte n’est pas définitive. Tu peux la remodeler. Et l’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’intelligence relationnelle, offre un protocole concret pour y parvenir. J’ai construit une méthode en 5 étapes que j’utilise avec mes patients et sportifs. Elle ne promet pas de faire disparaître l’échec – il fait partie de ton histoire – mais elle te permet de le traverser différemment et de retrouver une confiance solide, ancrée dans ce que tu es vraiment.
Dans cet article, je vais te guider pas à pas. Pas de théorie abstraite. Des exemples réels, des mécanismes expliqués simplement, et surtout des actions que tu peux mettre en œuvre dès maintenant.
Avant de plonger dans le protocole, il faut comprendre ce qui se passe en toi quand tu vis un échec. Ce n’est pas juste une déception. C’est une réaction en cascade.
Première couche : la blessure identitaire.
L’échec n’est pas vécu comme un simple résultat. Il est interprété comme un verdict sur qui tu es. « J’ai perdu » devient « je suis un perdant ». « J’ai raté cet examen » devient « je suis nul(le) ». Ce glissement est naturel : ton cerveau cherche du sens. Mais il confond événement et identité.
Deuxième couche : la peur de revivre la même chose.
Ton système nerveux enregistre l’échec comme une menace. La prochaine fois que tu te retrouves dans une situation similaire, ton corps se prépare à l’attaque. Tu ressens de l’anxiété, des tensions, des pensées parasites. Ce n’est pas un manque de volonté, c’est un réflexe de survie. Ton cerveau veut te protéger en t’empêchant de retenter ta chance.
Troisième couche : la fragmentation intérieure.
Sous l’effet de l’échec, différentes parties de toi entrent en conflit. Une partie veut tout arrêter pour éviter la souffrance. Une autre te critique sans pitié. Une autre encore voudrait essayer à nouveau mais se sent paralysée. C’est ce que l’IFS appelle le système interne. Ces parties ne sont pas des ennemis. Elles essaient de t’aider, mais leurs stratégies sont devenues contre-productives.
Le protocole que je vais te présenter agit sur ces trois couches. Il ne s’agit pas de « positiver à tout prix » ou de te forcer à croire que tout va bien. Il s’agit d’accueillir ce qui est là, de le comprendre, et de le transformer.
« L’échec n’est pas l’opposé du succès, il en fait partie. Mais pour qu’il devienne un tremplin, il faut d’abord lui donner une place dans ton histoire, pas le laisser envahir tout le territoire. »
Quand je reçois un nouveau patient après un échec, la première chose que je remarque, c’est la lutte intérieure. La personne veut à tout prix se débarrasser de la honte, de la colère, de la tristesse. Elle se dit : « Il faut que je passe à autre chose », « Je dois arrêter d’y penser ». C’est une réaction compréhensible, mais elle est contre-productive. Plus tu résistes à une émotion, plus elle s’installe.
Le piège de la suppression.
Imagine que tu es dans une piscine et que tu pousses un ballon sous l’eau. Plus tu appuies fort, plus il remonte avec énergie dès que tu relâches la pression. C’est exactement ce qui se passe avec les émotions liées à l’échec. Les ignorer, les minimiser, ou les juger ne fait que les amplifier à long terme.
La voie de l’accueil.
La première étape du protocole consiste à créer un espace intérieur pour ce que tu ressens. Pas pour t’y complaire, mais pour le reconnaître. En hypnose ericksonienne, on utilise souvent l’image d’un nuage qui passe dans le ciel. Tu observes le nuage, tu notes sa forme, sa couleur, mais tu ne t’identifies pas à lui. Tu es le ciel, pas le nuage.
Concrètement, voici ce que tu peux faire :
Ce n’est pas magique. L’émotion ne disparaît pas instantanément. Mais quelque chose change. La tension diminue. Tu passes d’un état de lutte à un état d’observation. Tu n’es plus l’émotion, tu es celui ou celle qui la ressent. Cette distinction est fondamentale.
Exemple concret : Un coureur que j’accompagne avait vécu un abandon en course. Il ressentait une énorme honte. À chaque tentative de reprise, son corps se bloquait. Nous avons passé une séance entière à simplement accueillir cette honte. Il a décrit une boule grise et froide dans son ventre. Il lui a dit bonjour. Au bout de quelques minutes, la boule a changé : elle est devenue plus petite, plus tiède. Il a pu sourire. Ce n’était pas réglé, mais la porte s’était ouverte.
Pourquoi cette étape est cruciale : Elle désamorce la lutte intérieure. Tant que tu combats ton expérience, tu es en guerre avec toi-même. L’accueil est le premier pas vers la paix. Et c’est de cette paix que pourra émerger une nouvelle confiance.
Une fois que tu as accueilli l’émotion, tu peux passer à l’étape suivante : déconstruire le lien toxique entre ce qui est arrivé et qui tu es. C’est le travail le plus important pour retrouver une confiance durable.
Le langage qui emprisonne.
Écoute-toi parler après un échec. Quels mots utilises-tu ? « Je suis nul(le) », « Je n’y arriverai jamais », « Je ne mérite pas de réussir », « Je suis un(e) incapable ». Ce langage est un piège. Il transforme un résultat ponctuel en une caractéristique permanente de ta personne.
En IFS, on dirait que c’est une partie de toi qui a pris le contrôle. Une partie critique qui cherche à te protéger en te punissant. Mais cette partie confond l’acte et l’être.
L’exercice de la dissociation.
Je propose souvent un exercice simple mais puissant. Prends une feuille et trace une ligne verticale au milieu. À gauche, écris tout ce que tu as fait ou n’as pas fait qui a conduit à l’échec. Sois factuel. Par exemple : « Je n’ai pas suffisamment révisé le chapitre 3 », « J’ai mal géré mon temps lors de la course », « J’ai mal évalué les besoins du client ».
À droite, écris ce que tu es en tant que personne. Des qualités, des valeurs, des compétences qui te définissent indépendamment de cet échec. Par exemple : « Je suis persévérant », « Je suis curieux », « Je suis attentif aux autres », « J’ai de l’humour », « Je suis loyal ».
Regarde les deux colonnes. La colonne de gauche décrit des actions, des choix, des circonstances. La colonne de droite décrit qui tu es. Elles ne sont pas équivalentes. Un échec ne définit pas ton identité.
Le recadrage en hypnose.
En hypnose ericksonienne, on utilise des métaphores pour ancrer cette distinction. Par exemple, je peux te guider vers une visualisation où ton échec est une pierre que tu portes dans ton sac. Cette pierre est lourde, elle te fatigue. Mais elle n’est pas toi. Tu peux la poser, l’examiner, voir ce qu’elle t’apprend. Puis tu choisis de la garder ou de la laisser sur le bord du chemin.
Un autre patient, un commercial, avait perdu un contrat majeur. Il se disait : « Je suis un mauvais négociateur. » Nous avons exploré ses succès passés. Il avait décroché d’autres contrats, parfois plus complexes. L’échec actuel était lié à un contexte spécifique : un client difficile, une conjoncture tendue. En séparant l’événement de son identité, il a pu dire : « J’ai raté cette négociation, mais je reste un bon négociateur. »
Ce que cette étape change : Elle libère de la honte. La honte est l’émotion qui dit « je suis mauvais ». En distinguant l’événement de l’identité, tu passes de la honte à la responsabilité. Tu peux regarder ce qui s’est passé avec lucidité, sans t’effondrer. Tu es prêt à apprendre.
Maintenant que tu as accueilli l’émotion et distingué l’événement de toi-même, il est temps de rencontrer les voix intérieures qui te paralysent. Ces voix ne sont pas des ennemies. Ce sont des parties de toi qui essaient de t’aider, mais avec des méthodes parfois brutales.
Identifier les parties.
Après un échec, plusieurs parties peuvent se manifester :
Le dialogue en IFS.
En séance, je guide la personne à entrer en contact avec une partie spécifique. Voici comment tu peux le faire seul(e) :
Exemple : Un footballeur que j’accompagnais avait une partie critique très forte. Chaque fois qu’il ratait une passe, la voix disait : « Tu es nul, tu ne mérites pas de jouer. » En dialoguant, nous avons découvert que cette partie était apparue à l’adolescence, après une humiliation en match. Elle avait pris le pouvoir pour le pousser à être parfait et éviter de revivre cette honte. Une fois comprise, elle a pu se détendre. Le joueur a pu lui dire : « Merci de m’avoir protégé si longtemps, mais je peux gérer les choses autrement maintenant. »
« Les parties les plus bruyantes sont souvent celles qui ont le plus souffert. Les écouter avec compassion, c’est les désarmer. »
Une fois que les parties protectrices sont entendues et apaisées, tu peux accéder à ce que tu as de plus fort en toi. La confiance ne se reconstruit pas à partir de rien. Elle s’appuie sur des expériences réelles, même petites, de succès et de compétence.
L’ancrage des ressources en hypnose.
L’hypnose ericksonienne est particulièrement efficace pour réactiver les ressources. Le principe est simple : tu vas retrouver un moment de ta vie où tu étais confiant(e), compétent(e), en pleine possession de tes moyens. Tu vas revivre cette expérience avec tous tes sens.
L’exercice de la ligne de vie des succès :
Pourquoi ça marche : Ton cerveau ne fait pas la différence entre une expérience vécue et une expérience intensément imaginée. En revivant ces moments, tu réactives les circuits neuronaux associés à la confiance. Tu prouves à ton système nerveux que tu as déjà réussi, que tu es capable.
Le piège à éviter : Ne tombe pas dans la comparaison. « Oui, mais ce succès était plus facile que cet échec. » Ce n’est pas le sujet. Il ne s’agit pas de comparer, mais de nourrir une partie de toi qui a soif de preuves tangibles de ta valeur. Chaque succès, aussi modeste soit-il, est une brique dans la reconstruction.
La dernière étape est tournée vers l’avenir. Tu as accueilli le passé, distingué l’événement de toi-même, dialogué avec tes parties, réactivé tes ressources. Maintenant, il est temps de construire un chemin à venir où la confiance est présente.
La visualisation corrective.
En hypnose, on appelle cela la « scène future ». Tu vas imaginer une situation similaire à celle où tu as échoué, mais en intégrant tout ce que tu as appris et toutes les ressources que tu as réactivées.
Le protocole :
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.