3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comment les athlètes gèrent ce syndrome avec la préparation mentale hypnotique.
Tu viens de boucler un entraînement difficile. Sur le papier, tes chronos s’améliorent. Ton coach te félicite. Pourtant, une voix intérieure te chuchote : « Ce n’était qu’un bon jour. La prochaine fois, ils verront que tu n’es pas à ta place. »
Si tu te reconnais dans cette scène, tu n’es pas seul. J’accompagne depuis des années des coureurs et des footballeurs qui, malgré des résultats objectivement solides, vivent avec cette sensation tenace d’être un imposteur. Ils craignent à tout moment d’être « démasqués ». Ce sentiment, on l’appelle le syndrome de l’imposteur chez les sportifs. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne touche pas que les débutants. Il frappe aussi les athlètes confirmés, ceux qui enchaînent les podiums ou les titularisations.
L’hypnose ericksonienne, combinée à l’IFS (Internal Family Systems) et à l’Intelligence Relationnelle, offre une voie concrète pour sortir de cette spirale. Non pas en niant le doute, mais en apprenant à l’apprivoiser. Dans cet article, je vais te montrer comment cette approche fonctionne, à travers des mécanismes simples et des exemples issus de mon cabinet à Saintes.
Le syndrome de l’imposteur, c’est cette conviction intime que tes succès sont le fruit de la chance, d’un concours de circonstances, ou d’un effort excessif qui ne pourra pas durer. Tu attribues tes performances à des facteurs externes plutôt qu’à tes compétences réelles. Et tu vis dans la peur constante que les autres découvrent « la vérité » : que tu es moins bon qu’ils ne le pensent.
Dans le sport, ce syndrome prend une couleur particulière. Le sport de haut niveau est un environnement où la performance est mesurée, comparée, jugée. Chaque course, chaque match, chaque séance est une occasion de prouver ta valeur. Mais aussi, potentiellement, de la perdre. Cette pression peut activer des parties de toi qui cherchent à te protéger en minimisant tes réussites. « Si je ne m’attache pas trop à cette victoire, je serai moins déçu en cas d’échec. »
Prenons l’exemple de Julien, un coureur de demi-fond que j’ai suivi l’an dernier. Il venait de battre son record personnel sur 10 km. Tout le monde le félicitait. Pourtant, lors de notre première séance, il m’a dit : « Je n’ai pas mérité ce chrono. Le parcours était roulant, il faisait frais, et il y avait un lièvre. Sans ça, je serais resté à 3 minutes de plus. » Julien voyait son exploit comme une anomalie, non comme le fruit de mois d’entraînement.
Ce mécanisme est fréquent. Il repose souvent sur une croyance héritée de l’enfance ou de l’adolescence : « Pour être aimé, je dois être parfait » ou « Si je montre mes faiblesses, je serai rejeté ». Dans le sport, ces croyances se renforcent, car l’environnement valorise la performance et la maîtrise de soi. Résultat : tu te sens constamment en décalage entre ce que tu accomplis et ce que tu penses mériter.
« Le syndrome de l’imposteur ne vient pas d’un manque de compétences, mais d’un conflit intérieur entre ce que tu sais faire et ce que tu t’autorises à reconnaître. »
L’hypnose ericksonienne, c’est un outil doux et puissant pour accéder à ton inconscient, là où se nichent ces croyances limitantes. Contrairement à l’hypnose de spectacle, il ne s’agit pas de perdre le contrôle, mais de gagner en flexibilité. En état hypnotique, ton esprit critique s’apaise, et tu deviens plus réceptif à de nouvelles perspectives.
Concrètement, quand tu es en plein syndrome de l’imposteur, une partie de toi (appelons-la « la sentinelle ») est en hypervigilance. Elle scrute chaque signe d’échec potentiel pour te protéger de la honte ou du rejet. Cette sentinelle est souvent épuisante, mais elle a une bonne intention : t’éviter de souffrir. L’hypnose ericksonienne permet de dialoguer avec elle, sans la combattre.
Je me souviens de Sophie, une footballeuse qui jouait en régionale. Elle était titulaire depuis trois saisons, mais avant chaque match, elle était envahie par des pensées : « Je vais rater une passe décisive. Les supporters vont voir que je ne mérite pas ma place. » En séance, nous avons utilisé une induction basée sur sa respiration, puis je l’ai invitée à visualiser sa sentinelle comme un petit gardien de but à l’intérieur d’elle. Au lieu de le chasser, elle lui a demandé ce qu’il craignait vraiment. La réponse a été surprenante : « Si tu échoues, tu seras exclue du groupe, et tu te retrouveras seule. »
Cette peur de l’exclusion était ancienne, liée à des expériences scolaires. Une fois identifiée, nous avons pu, sous hypnose, proposer à cette sentinelle un nouveau rôle : celui de veiller à sa sécurité non plus en anticipant l’échec, mais en renforçant sa connexion avec ses coéquipières. Sophie a alors ressenti un apaisement profond. Les semaines suivantes, elle m’a dit : « Je n’ai plus cette boule au ventre avant les matchs. Je sais que si je rate une passe, ce n’est pas la fin du monde. »
L’hypnose ericksonienne ne supprime pas le doute. Elle t’apprend à le mettre à distance, à le considérer comme une information, non comme une vérité absolue. Tu deviens capable de dire : « Je sens de l’anxiété, mais je peux quand même jouer mon match. »
L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle qui complète magnifiquement l’hypnose. Il part d’une idée simple : notre psyché est composée de plusieurs « parties », chacune avec sa propre personnalité, ses émotions et ses croyances. Certaines parties sont protectrices (comme la sentinelle), d’autres sont blessées (comme l’enfant intérieur qui a été humilié). Et au centre, il y a un « Soi » calme, confiant et connecté.
Dans le syndrome de l’imposteur, plusieurs parties sont souvent en jeu. Il y a celle qui te pousse à travailler toujours plus pour prouver ta valeur (le « bourreau de travail »). Il y a celle qui compare tes performances à celles des autres (le « juge intérieur »). Et il y a celle qui minimise tes réussites (le « minimiseur »). Ces parties ne sont pas tes ennemies. Elles essaient de te protéger, mais leurs stratégies sont devenues obsolètes.
Prenons l’exemple de Marc, un coureur de trail qui accumulait les podiums en ultra-distance. Pourtant, après chaque victoire, il ressentait un vide. Il me disait : « Je me dis que les autres n’étaient pas en forme ce jour-là. La prochaine fois, ils seront là, et je perdrai. » En séance, nous avons invité la partie « minimiseur » à s’exprimer. Sous hypnose légère, Marc a ressenti une pression dans la poitrine. Je lui ai demandé : « Si cette pression pouvait parler, que dirait-elle ? » La réponse est venue : « Si tu reconnais que tu es bon, tu vas te reposer. Et si tu te reposes, tu vas régresser. »
Cette partie croyait que la reconnaissance de ses compétences mènerait à la paresse, donc à l’échec. Une croyance paradoxale, mais logique pour elle. En IFS, on ne discute pas avec la partie, on l’écoute avec compassion. Puis on lui demande : « Que crains-tu si tu lâches un peu la pression ? » Souvent, la réponse révèle une peur plus ancienne, parfois liée à un parent exigeant ou à un coach qui n’a jamais été satisfait.
Une fois cette peur entendue, la partie peut se détendre. Marc a alors pu expérimenter une nouvelle façon de se voir : non plus comme un imposteur qui doit sans cesse prouver, mais comme un athlète compétent qui a le droit de célébrer ses réussites. Il m’a raconté qu’après sa prochaine course, il a accepté le compliment d’un concurrent sans le minimiser. Pour lui, c’était une révolution.
L’IFS t’offre une carte pour explorer ces parties sans jugement. Et quand tu combines cela à l’hypnose, l’exploration devient plus profonde, car ton mental critique s’efface et tu peux dialoguer directement avec ces parties.
Le syndrome de l’imposteur n’affecte pas seulement ta relation à toi-même. Il impacte aussi ta façon d’interagir avec les autres : coéquipiers, coach, public. Tu peux avoir tendance à te comparer, à chercher une validation externe, ou à éviter les situations où tu pourrais être « exposé ». L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à naviguer dans ces interactions avec authenticité et confiance.
Dans le sport, cela se traduit concrètement. Par exemple, un footballeur qui doute de lui va souvent se cacher sur le terrain, éviter de demander le ballon dans les moments clés, ou sur-analyser chaque critique de son entraîneur. Il interprète un regard ou une remarque anodine comme une confirmation de son imposture. L’Intelligence Relationnelle lui apprend à distinguer les faits de ses interprétations.
Je pense à Léa, une coureuse de fond qui participait à des compétitions régionales. Elle était très solitaire, refusait de s’entraîner en groupe de peur qu’on voie ses faiblesses. En séance, nous avons travaillé sur sa capacité à recevoir du soutien. Je lui ai proposé un exercice simple : lors de sa prochaine sortie longue, elle devait, à un moment, ralentir délibérément et laisser un autre coureur la dépasser, puis observer sa réaction intérieure. L’idée n’était pas de perdre, mais d’expérimenter la vulnérabilité en sécurité.
Elle a découvert que la sensation de « se faire dépasser » réveillait une honte ancienne, liée à des moqueries subies à l’école. En identifiant cette réaction, elle a pu, sous hypnose, recadrer cette expérience : se faire dépasser n’est pas une preuve d’infériorité, mais une occasion de réguler son effort. Peu à peu, elle a accepté de s’entraîner avec un club. Elle m’a dit : « J’ai compris que les autres ne me jugent pas autant que je le crains. Et quand ils me donnent un conseil, ce n’est pas une critique, c’est une aide. »
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à communiquer tes besoins. Beaucoup d’athlètes imposteurs n’osent pas dire à leur coach qu’ils doutent, de peur de paraître faibles. Pourtant, exprimer cette vulnérabilité peut renforcer la relation et alléger le poids intérieur. En séance, on travaille des phrases simples : « J’ai besoin d’un feedback précis sur ce point » ou « Je ressens de l’anxiété avant ce match, peux-tu m’aider à me recentrer ? » Petit à petit, tu réapprends à faire confiance aux autres, et à toi-même.
« L’Intelligence Relationnelle ne consiste pas à ne jamais douter, mais à pouvoir dire ‘je doute’ sans que cela devienne une identité. »
Tu n’as pas besoin d’être en séance pour commencer à désamorcer le syndrome de l’imposteur. Voici un exercice que tu peux faire seul, avant un entraînement ou une compétition. Il combine les principes de l’hypnose et de l’IFS.
Installe-toi confortablement, assis ou debout, les pieds ancrés au sol. Ferme les yeux si tu le peux. Prends trois respirations profondes, en inspirant par le nez et en expirant par la bouche, plus longuement.
Porte ton attention sur la sensation de l’imposteur dans ton corps. Où est-elle ? Dans la poitrine, le ventre, la gorge ? Ne cherche pas à la changer. Observe-la comme si tu regardais un nuage passer.
Donne-lui une forme ou une couleur. Est-ce une boule grise, une tension, une vibration ? Accueille-la sans jugement. Dis-lui intérieurement : « Je te vois, je te reconnais. »
Demande-lui ce qu’elle veut te protéger. La réponse peut être une image, un mot, une sensation. Peut-être qu’elle veut t’éviter la honte, ou te pousser à te préparer davantage. Remercie-la pour cette intention.
Propose-lui un nouveau rôle. Par exemple : « Et si, au lieu de me rappeler que je ne suis pas à ma place, tu me rappelais que j’ai déjà réussi par le passé ? » Visualise cette nouvelle alliance.
Ouvre les yeux doucement. Remarque comment tu te sens. Peut-être que la sensation a changé, ou qu’elle est encore là, mais moins oppressante. C’est normal. L’objectif n’est pas de la faire disparaître, mais de l’apprivoiser.
Cet exercice, fait régulièrement, reprogramme ton cerveau à réagir différemment face au doute. Tu passes d’une réaction de lutte ou de fuite à une réponse plus flexible et apaisée. Certains de mes sportifs le font avant chaque échauffement. Ils me disent que cela les aide à entrer dans leur match ou leur course avec plus de clarté.
Soyons honnêtes : le syndrome de l’imposteur ne disparaît jamais complètement. Il peut s’atténuer, se faire plus discret, mais il refera surface dans des moments de transition : après une blessure, un changement de catégorie, une défaite inattendue, ou même une victoire importante. C’est normal. Ce n’est pas un échec de ta préparation mentale, c’est un signal que ton système de protection se réactive.
L’important n’est pas de l’éradiquer, mais de développer une relation différente avec lui. Comme un vieux compagnon de route un peu envahissant, tu apprends à lui dire : « Je t’entends, mais je ne te laisse pas prendre le volant. » L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle te donnent des outils pour cela. Tu deviens capable de reconnaître la voix de l’imposteur sans y croire automatiquement.
Je pense à Antoine, un footballeur que j’ai suivi sur deux saisons. Après une première année où il avait énormément progressé, il a connu une période de blessure. À son retour, l’imposteur est revenu en force : « Tu as perdu ton niveau, tu ne mérites plus ta place. » Mais cette fois, Antoine avait des ressources. Il a utilisé les techniques apprises : il a nommé cette voix, il a dialogué avec elle en hypnose, et il a partagé son doute avec son entraîneur. Résultat : il a mis deux mois à retrouver son meilleur niveau, mais sans la spirale d’anxiété qui l’aurait ralenti avant.
Le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité. C’est un signal. Un signal que tu tiens à ce que tu fais, que tu as des standards élevés, et que tu es humain. Les athlètes qui réussissent durablement ne sont pas ceux qui n’ont jamais de doute, mais ceux qui savent danser avec lui.
Si tu te reconnais dans ces lignes, sache que tu n’es pas seul. Beaucoup de sportifs, du coureur du dimanche au footballeur de haut niveau, traversent cette expérience. Elle ne remet pas en cause ton talent ni ton travail. Elle révèle simplement une partie de toi qui a besoin d’être rassurée.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des solutions magiques. Ce sont des chemins pour rencontrer cette partie, l’écouter, et lui offrir une place
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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