3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Redéfinissez ce syndrome pour mieux le combattre sans culpabilité.
Tu te lèves le matin, et déjà une voix intérieure te chuchote que tu vas être démasqué. Que tes collègues, ton chef, tes clients vont enfin réaliser que tu n’es pas à la hauteur. Que tout ce que tu as accompli jusqu’ici n’est qu’une série de coups de chance, un malentendu. Tu regardes ton bureau, les mails de remerciement, les projets bouclés, et pourtant, cette sensation d’être un imposteur te colle à la peau comme une ombre.
Je vois ça très souvent dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes brillants, compétents, parfois même reconnus dans leur domaine, mais qui vivent dans la peur constante d’être « découverts ». Ils me disent : « Thierry, j’ai l’impression de porter un masque. » Et je leur réponds : « Ce n’est pas un masque que tu portes, c’est une histoire que tu te racontes depuis trop longtemps. »
Le syndrome de l’imposteur, on en parle partout. Dans les magazines, les réseaux sociaux, les formations en entreprise. On le présente souvent comme une pathologie à soigner, un trouble à éradiquer. Mais si je te disais que le problème n’est pas ce syndrome en lui-même, mais la manière dont tu l’interprètes ? Et si cette sensation d’illégitimité n’était pas une maladie, mais un signal – une boussole intérieure qui indique quelque chose d’autre ?
Dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi le syndrome de l’imposteur est mal compris, comment il fonctionne vraiment, et surtout, comment tu peux le désamorcer sans te culpabiliser. On va le redéfinir, le déconstruire ensemble, et je te donnerai des pistes concrètes pour reprendre le pouvoir sur cette voix qui te sabote.
Commençons par une définition claire. Le syndrome de l’imposteur, ce n’est pas un diagnostic médical. Ce n’est pas dans le DSM (le manuel des troubles mentaux). C’est un concept popularisé dans les années 1970 par les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes, qui l’ont observé chez des femmes brillantes en milieu professionnel. Il désigne un sentiment persistant de ne pas mériter ses réussites, couplé à la peur d’être démasqué comme un imposteur.
Mais attention : ce n’est pas une maladie. C’est un pattern psychologique, une habitude de pensée. Tu n’as pas un « trouble de l’imposteur » comme on a un trouble bipolaire. Tu as une manière de te raconter ton histoire qui te fait souffrir. Et la bonne nouvelle, c’est que les histoires, ça se réécrit.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je suis un imposteur, point. » Mais quand on creuse, on découvre que ce sentiment est contextuel. Par exemple, Paul, un cadre commercial de 42 ans, se sentait imposteur à chaque réunion avec des clients importants. Pourtant, il gérait son équipe avec brio et ses résultats étaient excellents. Le sentiment d’imposture n’était pas une vérité absolue, mais une réaction à des situations spécifiques – celles où il se sentait jugé, exposé.
Ce qui est fascinant, c’est que ce syndrome touche tout le monde, y compris les plus performants. Des études montrent que jusqu’à 70% des personnes en ont fait l’expérience au moins une fois dans leur vie. Même des célébrités comme Maya Angelou ou Albert Einstein en parlaient. Einstein disait : « La peur d’être démasqué comme un imposteur m’a poursuivi toute ma vie. » Si le génie de la relativité se sentait comme ça, tu vois bien que ce n’est pas une question de compétence réelle.
Le syndrome de l’imposteur n’est donc pas une maladie. C’est un mécanisme de protection qui a mal tourné. Une partie de toi, probablement une version plus jeune, a appris à douter d’elle-même pour éviter le risque d’humiliation. Et aujourd’hui, cette partie continue à tirer la sonnette d’alarme, même quand il n’y a pas de danger.
« Le syndrome de l’imposteur n’est pas la preuve que tu es incompétent. C’est la preuve que tu as un système de défense hyperactif, qui a appris à se protéger en doutant de toi. »
Pour comprendre ce syndrome, il faut regarder du côté de ton cerveau. Pas besoin d’être neurobiologiste pour saisir le mécanisme. Imagine ton cerveau comme une machine à prédire. Il est programmé pour anticiper les dangers, pour te protéger. Quand tu es dans une situation nouvelle ou stressante – une promotion, une prise de parole en public, un nouveau projet – ton cerveau détecte une incertitude. Et l’incertitude, pour lui, c’est un potentiel danger.
Alors, que fait-il ? Il active ce qu’on appelle le « système d’alerte ». Tu connais cette sensation : le cœur qui s’accélère, les pensées qui s’emballent, cette petite voix qui dit : « Tu vas te planter. » Cette voix, c’est une partie de toi qui essaie de te protéger en te préparant au pire. Mais le problème, c’est qu’elle utilise une stratégie toxique : elle te fait douter de toi pour t’éviter la déception.
En hypnose ericksonienne, on appelle ça une « partie protectrice ». C’est une facette de ta personnalité qui a été formée dans le passé, souvent pendant l’enfance ou l’adolescence, pour t’aider à survivre émotionnellement. Par exemple, si tu as grandi dans un environnement où l’on attendait beaucoup de toi, où l’échec était mal vu, cette partie a appris à être hypercritique pour t’éviter la honte. Aujourd’hui, elle continue son travail, même si tu n’es plus dans ce contexte.
Je travaille beaucoup avec l’IFS (Internal Family Systems), une approche qui considère que notre psyché est composée de multiples « parties » avec des rôles différents. Le syndrome de l’imposteur, c’est souvent une partie « gestionnaire » qui essaie de contrôler ton image et de te maintenir dans une zone de confort. Elle te dit : « Si tu doutes de toi, tu ne prendras pas de risques, et donc tu ne risques pas d’échouer. » Sauf que cette stratégie te coûte cher : elle te vole ta confiance, ta joie, ta capacité à grandir.
Cette partie n’est pas ton ennemie. Elle essaie de t’aider, mais avec des moyens inadaptés. Le travail, ce n’est pas de la combattre, mais de la comprendre, de la remercier pour sa vigilance, et de lui montrer que tu peux gérer les situations autrement.
Pauline Clance et Suzanne Imes ont identifié plusieurs profils types de l’imposteur. Je les vois régulièrement dans mon cabinet, et les reconnaître, c’est déjà un premier pas pour les désamorcer. Voici les cinq principaux visages, avec un exemple concret pour chacun.
Tu te fixes des standards extrêmement élevés, et la moindre imperfection te fait sentir comme un échec. Tu passes des heures à retravailler un dossier, une présentation, un email. Et même quand tout est parfait, tu trouves un détail à critiquer. Résultat : tu n’es jamais satisfait.
Exemple : Sophie, 34 ans, graphiste. Elle passe trois jours sur une maquette que ses collègues bouclent en une journée. Le client est ravi, mais elle, elle ne voit que les micro-défauts. Elle se dit : « Ils ont juste eu de la chance de ne pas voir mes erreurs. »
Tu penses que pour être légitime, tu dois en faire toujours plus que les autres. Tu travailles tard, tu prends des missions supplémentaires, tu réponds aux mails le week-end. Tu te dis : « Si je ralentis, tout le monde verra que je ne suis pas à la hauteur. »
Exemple : Marc, 40 ans, manager. Il est le premier arrivé, le dernier parti. Il ne délègue jamais, de peur qu’on trouve son travail insuffisant. Résultat : il est épuisé, mais il ne peut pas s’arrêter.
Tu crois que tout doit venir facilement. Si tu dois faire des efforts pour apprendre quelque chose, tu interprètes cela comme la preuve que tu n’es pas fait pour ça. Tu compares ton début de courbe d’apprentissage avec le sommet des autres.
Exemple : Léa, 28 ans, développeuse. Elle a changé trois fois de poste en deux ans. Dès qu’elle rencontre une difficulté technique, elle se dit : « Je ne suis pas assez intelligente pour ça. » Elle quitte avant que les autres ne s’en rendent compte.
Tu penses que tu dois tout savoir tout seul. Demander de l’aide, c’est un aveu d’incompétence. Tu passes des heures à chercher des informations, à te former en cachette, pour ne pas montrer que tu ne maîtrises pas un sujet.
Exemple : Thomas, 45 ans, consultant. Il refuse de poser des questions en réunion, même quand il ne comprend pas. Il passe ses soirées à lire des livres pour combler ses lacunes, mais il se sent toujours en retard.
Tu attribues tes réussites à des facteurs extérieurs : la chance, le timing, l’aide des autres. Tu ne t’appropries jamais tes succès. En revanche, tu assumes pleinement tes échecs, qui deviennent la preuve de ton incompétence.
Exemple : Julie, 38 ans, cheffe de projet. Elle a mené un projet complexe avec succès, mais elle dit : « C’est grâce à mon équipe, j’ai juste eu de la chance. » Un petit retard dans un autre projet, et elle se dit : « Je savais que je n’étais pas à la hauteur. »
Tu reconnais un de ces profils ? Peut-être plusieurs ? Ce n’est pas un diagnostic, c’est une invitation à observer comment ton syndrome de l’imposteur se manifeste concrètement dans ta vie.
Beaucoup de personnes essaient de lutter contre le syndrome de l’imposteur en se raisonnant. Elles se disent : « Arrête, tu es compétent, regarde tes résultats. » Mais ça ne marche pas, parce que le syndrome de l’imposteur n’est pas rationnel. Il est ancré dans des mécanismes émotionnels et des croyances profondes.
Quand tu essaies de le combattre par la logique, tu entres dans un conflit intérieur. Une partie de toi dit : « Je suis nul », et une autre partie répond : « Non, regarde les preuves. » Ce dialogue interne crée de la tension, de l’épuisement, et souvent, la voix de l’imposteur gagne, parce qu’elle est plus ancienne, plus familière. C’est comme essayer d’éteindre un feu en soufflant dessus : tu donnes juste plus d’oxygène à la flamme.
L’approche que j’utilise, avec l’hypnose ericksonienne et l’IFS, est différente. Au lieu de combattre cette partie imposteur, on l’accueille. On l’écoute. On lui demande : « Qu’est-ce que tu essaies de faire pour moi ? Quelle est ton intention positive ? » Et souvent, on découvre que cette partie protège quelque chose de précieux : ton besoin de sécurité, ton désir d’appartenance, ta peur du rejet.
En hypnose, on peut entrer en contact avec cette partie de manière douce, sans jugement. On peut lui offrir une nouvelle perspective, lui montrer que tu as grandi, que tu as des ressources aujourd’hui que tu n’avais pas à l’époque où elle s’est formée. Petit à petit, elle accepte de lâcher prise, de prendre un nouveau rôle.
L’objectif n’est pas de faire taire la voix de l’imposteur, mais de la transformer. De passer d’une voix qui critique à une voix qui guide. De passer d’une partie qui doute à une partie qui alerte avec sagesse. C’est un travail de réconciliation intérieure, pas de guerre.
Je vais être honnête avec toi : l’hypnose et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vont pas faire disparaître ton syndrome de l’imposteur en une séance. Mais elles offrent des outils puissants pour changer la relation que tu entretiens avec cette partie de toi.
En hypnose, on travaille avec l’inconscient, cette partie de toi qui gère tes automatismes, tes croyances profondes, tes schémas. L’idée n’est pas de te programmer, mais de créer un espace de sécurité où ton inconscient peut explorer de nouvelles solutions. On utilise des métaphores, des suggestions indirectes, des histoires qui parlent à ton cerveau sans passer par la résistance du mental critique.
Par exemple, je pourrais te raconter l’histoire d’un jardinier qui arrose trop ses plantes de peur qu’elles ne meurent, jusqu’au jour où il comprend que l’excès d’eau les noie. Cette métaphore, ton inconscient va l’assimiler et l’appliquer à ta situation, sans que tu aies à lutter contre ta partie imposteur.
L’IFS, c’est une approche qui te permet de dialoguer avec tes différentes parties. Tu apprends à reconnaître la partie imposteur, à la remercier pour son intention protectrice, puis à lui demander de prendre un peu de recul pour laisser émerger ton « Soi » – cette partie de toi qui est calme, confiante, connectée.
Concrètement, ça peut ressembler à ça : tu t’installes confortablement, tu fermes les yeux, et tu portes ton attention sur la sensation de l’imposteur dans ton corps (peut-être une tension dans la poitrine, une boule dans la gorge). Tu lui parles mentalement : « Je te vois, je sais que tu essaies de me protéger. Merci. Maintenant, peux-tu me laisser un peu d’espace ? » Et tu observes ce qui se passe.
« Ce n’est pas la partie imposteur qui est le problème, c’est la relation que tu entretiens avec elle. Quand tu arrêtes de la combattre et que tu l’écoutes, elle peut se transformer. »
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer à changer ta relation avec ton syndrome de l’imposteur. Voici un exercice simple que tu peux faire chez toi, sur ton canapé, avant de dormir.
Identifie la situation déclencheuse : Prends un moment récent où tu t’es senti imposteur. Par exemple, une réunion où tu n’as pas osé parler, ou un compliment que tu as rejeté. Note-la sur un carnet.
Localise la sensation dans ton corps : Ferme les yeux et rappelle-toi cette situation. Où la sens-tu dans ton corps ? Dans la poitrine ? Le ventre ? La gorge ? Décris-la sans jugement : « C’est une boule chaude dans mon ventre », « C’est une tension dans ma mâchoire. »
Donne-lui une voix : Imagine que cette sensation a une voix. Que dit-elle exactement ? Écoute-la sans l’interrompre. Peut-être qu’elle dit : « Tu n’es pas assez bon », « Ils vont voir que tu ne sais pas faire. » Note la phrase exacte.
Remercie-la : Dis-lui mentalement : « Merci d’essayer de me protéger. Je sais que tu veux m’éviter la honte ou l’échec. » Ne la juge pas, ne la combat pas. Juste remercie.
Propose une nouvelle option : Demande-lui : « Accepterais-tu de prendre un peu de recul ? Je peux gérer cette situation maintenant. Je suis plus grand et plus fort que quand tu as appris à me protéger. » Observe si elle accepte de se détendre un peu.
Cet exercice ne va pas tout résoudre du jour au lendemain, mais il va commencer à créer un espace entre toi et ta partie imposteur. Et c’est dans cet espace que la liberté commence.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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