HypnoseConfiance Et Identite

Les 3 piliers de la confiance en soi selon l’hypnose ericksonienne

Une approche structurée pour reconstruire votre assurance durablement.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

Vous venez de rater une échéance importante au travail. Pas à cause d’un manque de compétences — vous les avez, et vous le savez. Mais parce qu’au moment de finaliser le dossier, une voix intérieure vous a soufflé : « Et si ce n’était pas assez bien ? » Vous avez relu trois fois, changé une virgule, puis tout remis en question. Le temps a filé. Le dossier est parti en retard, et maintenant vous êtes là, assis à votre bureau, à ressasser.

Cette scène, je la vois plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Des adultes compétents, reconnus par leurs pairs, mais qui vivent la confiance en soi comme un mirage : toujours juste hors de portée. Ils ont essayé les affirmations positives, la visualisation, les listes de réussites. Ça marche un moment, puis ça retombe. Parce que le problème n’est pas dans ce qu’ils savent d’eux-mêmes — c’est dans ce qu’ils sentent, profondément, quand ils sont mis sous pression. Et ce qu’ils sentent n’est pas une faiblesse. C’est une partie d’eux, souvent très jeune, qui s’est construite pour les protéger.

Aujourd’hui, je veux vous proposer une autre voie. Une approche structurée, issue de l’hypnose ericksonienne, qui ne demande pas de « devenir quelqu’un d’autre » mais d’apprendre à habiter pleinement ce que vous êtes déjà. Nous allons parler de trois piliers qui, ensemble, reconstruisent la confiance de l’intérieur. Pas en surface, pas temporairement. En profondeur.

Pilier n°1 : La confiance n’est pas une absence de doute — c’est une relation à votre doute

La première chose que je dis à une personne qui arrive avec une plainte de manque de confiance, c’est : « Êtes-vous prêt à garder une partie de votre doute ? » La réaction est souvent un silence surpris. Parce que tout le monde veut éliminer le doute. On imagine la confiance comme un état sans faille, un océan calme où rien ne vient troubler la surface.

Mais ce n’est pas comme ça que fonctionne un être humain. Le doute est un signal. Il est né quelque part, pour une raison. Peut-être vous a-t-il protégé de l’humiliation quand vous étiez enfant, quand montrer trop d’assurance était puni. Peut-être vous a-t-il évité de prendre des risques inconsidérés à une époque où vous n’aviez pas les ressources pour encaisser un échec. Ce doute n’est pas votre ennemi. Il est une partie de vous qui a une fonction de survie. Le problème, c’est qu’elle est restée allumée en permanence, même quand vous n’en avez plus besoin.

En hypnose ericksonienne, on ne combat pas cette partie. On l’écoute. On la remercie. Et on lui propose un nouveau rôle.

« Le doute n’est pas l’opposé de la confiance. Il en est le gardien, parfois mal réglé. L’objectif n’est pas de le faire taire, mais de lui apprendre à ne parler que quand c’est vraiment utile. »

Prenons l’exemple de Julien, 38 ans, manager dans une collectivité. Il venait me voir parce qu’il n’arrivait pas à prendre la parole en réunion sans que son cœur ne s’emballe. Pourtant, en entretien individuel, il était clair, structuré, pertinent. Le problème n’était pas ses idées. C’était l’activation automatique d’une partie de lui qui, adolescent, avait été ridiculisé par un professeur devant toute la classe. Cette partie était restée bloquée dans ce moment. À chaque réunion, elle revivait la scène et disait : « Attention, danger, tais-toi ou tu vas souffrir. »

Nous n’avons pas cherché à effacer ce souvenir. Nous avons, en état d’hypnose, permis à cette partie de reconnaître que Julien, aujourd’hui, n’est plus cet adolescent. Qu’il a des ressources, une expérience, une légitimité. La partie a accepté de prendre sa retraite de vigile. Elle est restée présente, mais en veille. Quand Julien sent une légère montée d’anxiété avant une prise de parole, il sait que c’est elle qui se réveille un peu. Il lui dit intérieurement : « Merci de veiller, mais je gère. » Et il parle.

Ce premier pilier, c’est la différenciation. Apprendre à distinguer « je doute » de « je ne suis pas capable ». Le doute peut coexister avec l’action. Vous pouvez avoir un papillon dans le ventre et présenter votre projet. Vous pouvez avoir une voix qui chuchote « et si ça rate ? » et envoyer le dossier. La confiance, ce n’est pas l’absence de cette voix. C’est la capacité à ne pas lui obéir.

Ce que vous pouvez faire maintenant : La prochaine fois que le doute surgit, ne le repoussez pas. Posez-lui une question simple, à voix haute ou par écrit : « Qu’est-ce que tu essaies de me protéger ? » Notez la première réponse qui vient. Souvent, elle révèle une peur ancienne. Et ça, c’est déjà un premier pas vers une relation apaisée.

Pilier n°2 : L’ancrage corporel — votre corps sait ce que votre mental a oublié

Le deuxième pilier est souvent négligé, parce qu’on croit que la confiance est une affaire de pensées. On se dit : « Si je pense positif, je vais me sentir confiant. » Mais le cerveau ne fonctionne pas comme un interrupteur qu’on actionne avec des mots. Il fonctionne comme un système de mémoire multi-capteurs. Les émotions ne sont pas stockées dans des phrases. Elles sont stockées dans des sensations corporelles, des postures, des rythmes respiratoires.

Quand vous doutez, votre corps fait quelque chose de très précis. Les épaules remontent, la respiration devient courte, le regard se fixe ou fuit, la mâchoire se serre. Ce n’est pas un hasard. C’est un pattern appris. Et ce qui a été appris peut être réappris.

En hypnose ericksonienne, on utilise ce qu’on appelle l’ancrage. C’est une technique qui permet de relier un état intérieur (calme, confiance, clarté) à un signal corporel volontaire (un geste, une pression, une respiration). L’idée n’est pas de « forcer » le calme, mais de créer une association que le cerveau peut retrouver rapidement.

Prenons l’exemple de Sophie, 45 ans, infirmière libérale. Elle était compétente, appréciée de ses patients, mais chaque appel pour une urgence la mettait dans un état de panique intérieure qui la vidait. Elle se sentait « en pilotage automatique », mais un pilotage tendu, épuisant. En séance, je lui ai demandé de se remémorer un moment précis où elle s’était sentie pleinement compétente et calme — pas dans sa vie professionnelle, mais dans un contexte où elle était en pleine possession de ses moyens. Elle a choisi un instant de jardinage, un matin de printemps, où elle taillait un rosier sans penser à rien, juste présente.

Nous avons travaillé en état d’hypnose pour amplifier cette sensation. La chaleur du soleil, le poids du sécateur dans la main, l’odeur de la terre, la respiration lente. Puis, au sommet de cette sensation, je lui ai demandé de joindre le pouce et l’index de sa main gauche, en inspirant profondément. Nous avons répété plusieurs fois. L’ancrage était posé.

Ensuite, nous avons testé : elle a imaginé une situation d’urgence professionnelle. La panique montait. Puis elle a fait son geste — pouce-index, inspiration. En quelques secondes, son visage s’est détendu. Le corps avait retrouvé l’état de ressource. Ce n’était pas magique. C’était une re-programmation sensorielle.

« Votre corps n’est pas un véhicule passif de vos pensées. Il est un levier direct vers des états intérieurs que vous croyez inaccessibles. L’ancrage, c’est la clé de ce levier. »

Ce deuxième pilier est essentiel parce qu’il contourne la partie du cerveau qui rationalise, qui analyse, qui doute. Il parle directement au système nerveux. Et le système nerveux, lui, ne connaît pas le langage. Il connaît le rythme, la pression, la température. Quand vous ancrez un état de confiance dans un geste, vous donnez à votre corps un mode d’emploi pour retrouver cet état, même quand votre mental s’emballe.

Ce que vous pouvez faire maintenant : Identifiez un moment récent où vous vous êtes senti compétent et calme. Fermez les yeux, revivez-le pleinement : sensations, sons, luminosité. Quand la sensation est forte, faites un geste simple (pouce et index, ou main sur le cœur). Répétez trois fois de suite. Puis, dans les jours qui viennent, faites ce geste avant une situation qui vous stresse. Observez ce qui change.

Pilier n°3 : La réintégration des parties — vous n’êtes pas un bloc, vous êtes une équipe

Le troisième pilier est probablement le plus puissant, et aussi le plus méconnu. Il repose sur une idée simple : vous n’êtes pas une seule personne. Vous êtes une somme de parties, parfois en conflit. Une partie de vous veut réussir, une autre veut rester en sécurité. Une partie veut s’affirmer, une autre veut être aimée. Une partie est adulte et rationnelle, une autre a huit ans et craint d’être abandonnée.

Le problème, c’est qu’on vit souvent ces parties comme des défauts. On se dit : « Je suis contradictoire », « Je manque de cohérence », « Je ne sais pas ce que je veux ». En réalité, c’est normal. Le psychisme humain est multiple. Ce qui fait souffrance, ce n’est pas la multiplicité — c’est le conflit non résolu entre les parties.

Prenons le cas de Marc, 52 ans, artisan. Il venait pour une perte de confiance qui le paralysait dans son développement commercial. Il savait qu’il devait prospecter, mais il ne le faisait pas. Chaque fois qu’il décrochait le téléphone, une main invisible le retenait. En travaillant avec l’approche IFS (Internal Family Systems), que j’utilise souvent en complément de l’hypnose, nous avons identifié deux parties actives.

La première, que Marc a appelée « le Battant », voulait développer l’entreprise, prendre des risques, gagner plus. C’était une partie motivée, pleine d’énergie. Mais dès qu’elle s’approchait du téléphone, une autre partie surgissait : « le Protecteur ». Celle-ci disait : « Ne fais pas ça. Souviens-toi de ton père, qui s’est ruiné en voulant trop en faire. Souviens-toi de la honte. Reste petit, c’est plus sûr. »

Ces deux parties étaient en guerre. À chaque tentative d’action, le Protecteur gagnait, parce que sa peur était plus ancienne et plus viscérale. Marc ne manquait pas de confiance. Il était tiraillé entre deux loyautés contradictoires.

En hypnose, nous avons invité ces deux parties à dialoguer. Pas pour que l’une écrase l’autre, mais pour qu’elles reconnaissent leur intention commune : protéger Marc et lui permettre de vivre bien. Le Battant a compris que le Protecteur avait une sagesse. Le Protecteur a compris que le Battant n’était pas un danger. Ensemble, ils ont trouvé un accord : le Battant prospecterait, mais le Protecteur aurait un droit de veto sur les décisions trop risquées — pas sur l’action elle-même.

« La confiance authentique ne naît pas de l’unification forcée de vos parties, mais de leur réconciliation. Quand vos parts intérieures cessent de se battre, l’énergie bloquée devient disponible pour agir. »

Ce troisième pilier est fondamental parce qu’il change la question. Au lieu de « Comment faire taire ma peur ? », on se demande : « Qu’est-ce que ma peur essaie de me dire ? Quelle partie d’elle-même protège-t-elle ? » Et à partir de là, on peut négocier. On peut intégrer. On peut devenir le leader de sa propre équipe intérieure, plutôt que le champ de bataille.

Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez une situation où vous vous sentez bloqué. Identifiez deux parties en vous : celle qui veut agir, et celle qui freine. Donnez-leur un nom (ex : « l’Enthousiaste » et « le Prudent »). Écrivez ce que chacune dit. Puis demandez-leur, à toutes les deux : « Qu’est-ce que vous voulez pour moi, au fond ? » La réponse est souvent la même : vouloir votre bien. À partir de là, cherchez un compromis qui respecte les deux.

Ces trois piliers ne sont pas une méthode en trois étapes — ils sont un état d’esprit

Ce que je voudrais que vous reteniez, c’est que la confiance en soi n’est pas un trait de caractère qu’on a ou qu’on n’a pas. C’est une compétence relationnelle — relation à votre doute, relation à votre corps, relation à vos parties intérieures. Et comme toute compétence, elle se cultive. Elle s’apprend. Elle se stabilise.

L’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre histoire. Elle ne va pas faire disparaître vos peurs. Mais elle peut vous aider à entrer en relation avec elles différemment. À leur faire une place, sans leur donner le volant. À reconnaître que vous êtes plus grand que la somme de vos doutes.

Dans mon cabinet, je vois des personnes qui, après quelques séances, ne disent plus « Je manque de confiance ». Elles disent : « Parfois, une partie de moi doute, mais je sais quoi faire avec. » Et ça, c’est un changement profond. Parce que la phrase a changé de sujet. Ce n’est plus « je suis quelqu’un qui… », c’est « j’ai une partie qui… ». La distance créée par ce simple mot — partie — suffit souvent à débloquer des années de lutte intérieure.

Si vous vous reconnaissez dans ce que j’ai décrit, si vous sentez que vous avez essayé beaucoup de choses sans résultat durable, sachez que ce n’est pas votre faute. Vous n’êtes pas cassé. Vous avez juste besoin d’une approche qui respecte la complexité de qui vous êtes. Et cette approche existe.

Je ne propose pas de solution miracle. Je propose un cadre, un espace, et des outils qui ont fait leurs preuves pour des centaines de personnes avant vous. Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, vous pouvez me contacter pour un premier échange. Ce n’est pas un engagement. C’est juste une porte que vous poussez, pour voir ce qu’il y a derrière.

Et si vous n’êtes pas prêt à franchir cette porte aujourd’hui, commencez par une chose simple : la prochaine fois que le doute vous traverse, arrêtez-vous une seconde. Respirez. Et dites-vous, à voix basse : « Ce n’est pas toute la vérité sur moi. C’est juste une partie. Et je peux choisir comment lui répondre. »

C’est déjà un premier pas. Et parfois, un premier pas suffit à changer la direction de tout un chemin.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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