HypnoseConfiance Et Identite

Pourquoi certaines personnes ont une estime de soi solide (et pas vous)

Les schémas inconscients à déprogrammer par l'hypnose pour changer durablement.

TSThierry Sudan
24 avril 202614 min de lecture

Vous les croisez partout. Ce collègue qui prend la parole en réunion sans trembler, même quand son idée est bancale. Cette amie qui ose dire non à un dîner sans se justifier pendant dix minutes. Cet inconnu dans la file d'attente qui soutient votre regard avec une tranquillité qui vous déstabilise. Sur le moment, vous vous dites : « Eux, ils ont de la chance. Ils sont nés comme ça. »

Moi aussi, j'ai longtemps pensé ça. Pendant des années, j'ai cru que l'estime de soi était un trait de caractère, un peu comme la couleur des yeux ou la taille des pieds. On en hérite, ou pas. Et si on n'en a pas assez, on fait avec. On compense. On se force. On lit des livres de développement personnel qui promettent des méthodes miracles, et on retombe trois semaines plus tard.

Puis j'ai commencé à travailler avec des personnes comme vous. Des adultes intelligents, compétents, souvent brillants dans leur domaine, mais qui portaient en eux une voix intérieure qui leur répétait en boucle : « Tu n'es pas assez. Tu vas te faire griller. Tu n'as pas le droit de prendre cette place. »

Et j'ai découvert quelque chose qui a tout changé pour eux, et pour moi : l'estime de soi solide n'est pas un don. C'est un programme. Un programme qui s'est installé dans votre inconscient à force de répétitions, d'expériences, de messages reçus dans l'enfance. Et ce qui a été programmé peut être déprogrammé.

Pourquoi certains l'ont et d'autres pas : ce que la psychologie a vraiment découvert

Commençons par une bonne nouvelle : personne ne naît avec une estime de soi « solide » ou « fragile ». Les bébés ne se réveillent pas le matin en se demandant s'ils valent quelque chose. Ils existent, simplement. Ils pleurent quand ils ont faim, sourient quand ils sont contents, sans aucune couche de jugement sur leur propre valeur.

L'estime de soi est une construction. Et pour comprendre pourquoi certains adultes semblent marcher dans la vie avec une armure invisible quand d'autres avancent en mode survie, il faut regarder du côté de ce que les chercheurs appellent les schémas précoces inadaptés.

Imaginez votre cerveau comme un jardin. Dans l'enfance, il est une terre extrêmement fertile. Chaque expérience, chaque mot entendu, chaque regard posé sur vous plante une graine. Si on vous dit régulièrement « tais-toi, tu dis n'importe quoi », une graine s'installe : « ce que je pense n'a pas de valeur ». Si on vous ignore quand vous réussissez quelque chose, une autre graine pousse : « mes efforts ne comptent pas ». Si on vous compare constamment à votre frère ou sœur, une troisième graine germe : « je suis en compétition permanente et je perds ».

Ces graines deviennent des schémas. Des boucles automatiques qui tournent en arrière-plan, 24 heures sur 24, sans que vous en ayez conscience. Et c'est là que le bât blesse.

La personne qui a une estime de soi solide n'a pas eu une vie parfaite. Elle a simplement eu, à un moment clé, des expériences qui ont planté des graines différentes : « tu as le droit d'exister », « ton avis compte », « l'échec n'est pas une fin ». Ou alors, elle a eu la chance de croiser quelqu'un (un parent, un prof, un coach) qui a désamorcé les schémas négatifs avant qu'ils ne s'enracinent trop profondément.

Vous, en revanche, vous avez peut-être grandi avec des graines toxiques. Et aujourd'hui, vous récoltez ce qui a été semé. Pas par fatalité. Par mécanique.

« L'estime de soi n'est pas ce que vous pensez de vous. C'est ce que votre inconscient a appris à répéter, à force d'entendre les mêmes refrains. »

Le piège des « solutions rapides » : pourquoi vos efforts échouent depuis des années

Je reçois régulièrement des personnes qui ont déjà tout essayé. Elles ont fait des thérapies cognitives, lu des livres, suivi des stages de développement personnel, téléchargé des applis de méditation. Elles connaissent par cœur les mantras : « sois bienveillant avec toi-même », « arrête de te comparer », « accepte tes imperfections ».

Pourtant, rien ne change vraiment. Ou alors, ça tient quelques semaines, et la chute est d'autant plus brutale.

Pourquoi ?

Parce que toutes ces approches s'adressent à votre cerveau conscient. Celui qui raisonne, qui analyse, qui peut décider de penser différemment. Le problème, c'est que 95% de votre fonctionnement mental est géré par l'inconscient. C'est lui qui pilote vos réactions émotionnelles, vos automatismes, vos jugements instantanés.

Vous pouvez vous répéter cent fois par jour « je suis compétent ». Si votre inconscient a enregistré à 7 ans que vous étiez « nul en maths » parce qu'un instituteur impatient vous l'a dit, votre corps ne vous croira pas. Vous sentirez un nœud dans le ventre, une tension dans les épaules, une petite voix qui chuchote : « oui, mais tu sais bien que c'est faux ».

C'est ce que j'appelle le décalage entre l'étage et la cave. L'étage, c'est votre conscient : il veut changer, il sait ce qu'il faudrait faire, il a des objectifs. La cave, c'est votre inconscient : il est programmé pour vous protéger en reproduisant les schémas anciens, même s'ils vous font souffrir. Et la cave gagne presque toujours, parce qu'elle est plus rapide, plus puissante, et totalement silencieuse.

Alors oui, les mantras, les affirmations positives, les listes de gratitude, tout ça peut avoir un effet temporaire. Mais tant que vous n'allez pas déprogrammer ce qui est écrit dans la cave, vous passerez votre vie à repeindre les murs d'une maison dont les fondations sont fissurées.

L'hypnose : le seul outil qui parle directement à votre inconscient

C'est ici que l'hypnose ericksonienne entre en jeu. Et je pèse mes mots quand je dis que c'est, à ce jour, l'outil le plus efficace que j'ai trouvé pour travailler l'estime de soi en profondeur.

Pourquoi ? Parce que l'hypnose ne passe pas par le filtre du conscient. Elle ne vous demande pas de vous raisonner, de vous convaincre, de lutter contre vos pensées. Elle va directement dialoguer avec la partie de vous qui a enregistré les programmes anciens.

Concrètement, comment ça se passe ?

Quand vous êtes en état d'hypnose (et je vous rassure, c'est un état tout à fait naturel, que vous vivez déjà plusieurs fois par jour sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur une route familière et que vous « déconnectez »), votre conscient se met en veille. Votre inconscient, lui, devient plus réceptif. C'est comme si on baissait le volume du bruit de fond pour pouvoir parler calmement à la personne qui est au sous-sol.

À ce moment-là, je peux proposer à votre inconscient de réécrire certains scripts. Pas en effaçant ce qui s'est passé, bien sûr. Mais en changeant le sens que votre cerveau donne à ces expériences.

Prenons un exemple. Vous avez peut-être vécu une humiliation publique à l'école, quand vous aviez 8 ou 9 ans. Votre inconscient a enregistré : « être vu = danger = humiliation ». Depuis, chaque fois que vous devez prendre la parole en public, votre corps réactive ce schéma : cœur qui s'emballe, voix qui tremble, envie de disparaître.

En hypnose, on ne va pas vous dire « ce n'était pas grave ». On va plutôt permettre à votre inconscient de remettre cette expérience à sa juste place : un événement du passé, qui n'a plus de pouvoir sur le présent. On va lui montrer que vous avez grandi, que vous avez des ressources aujourd'hui que vous n'aviez pas à 8 ans. On va associer la prise de parole à des sensations de sécurité, de force, de légitimité.

Et ça marche. Pas par magie. Par mécanique neurologique. Votre cerveau est capable de neuroplasticité : il peut créer de nouveaux chemins, affaiblir les anciens, à condition qu'on lui en donne l'occasion de manière répétée et cohérente.

« L'hypnose ne vous enlève rien. Elle vous rend ce qui vous appartient : la capacité de choisir qui vous voulez être, au lieu de répéter qui on vous a appris à être. »

Ce que l'IFS et l'Intelligence Relationnelle changent dans votre rapport à vous-même

L'hypnose seule peut faire des merveilles. Mais j'ai découvert qu'en la combinant avec deux autres approches, les résultats deviennent plus profonds et surtout plus durables.

La première, c'est l'IFS (Internal Family Systems). Derrière ce nom un peu technique se cache une idée simple : vous n'êtes pas une seule personne à l'intérieur de vous. Vous êtes une famille intérieure. Il y a en vous des parties qui ont des rôles, des peurs, des stratégies de survie.

Par exemple, il y a probablement en vous une partie que j'appelle le « critique intérieur ». Celle qui vous dit que vous n'êtes pas à la hauteur, que vous allez échouer, que les autres sont meilleurs. Vous avez peut-être passé des années à essayer de la faire taire, de la combattre, de la raisonner.

En IFS, on fait le contraire. On accueille cette partie. On lui demande ce qu'elle essaie de protéger. Et on découvre souvent qu'elle est apparue pour vous éviter des souffrances plus grandes. Peut-être que ce critique intérieur a été votre allié dans l'enfance : en vous poussant à être parfait, il vous évitait les reproches de vos parents. Aujourd'hui, il continue son travail, mais il ne se rend pas compte qu'il est devenu toxique.

Quand vous comprenez ça, quelque chose se détend. Vous n'êtes plus en guerre contre vous-même. Vous devenez le leader de votre système intérieur, capable de calmer les parties qui souffrent, de rassurer celles qui ont peur, de redonner la parole à celles qui ont été réduites au silence.

La deuxième approche, c'est l'Intelligence Relationnelle. Parce que l'estime de soi ne se construit pas dans le vide. Elle se construit dans le regard des autres, dans les interactions, dans la manière dont vous vous positionnez dans une relation.

Beaucoup de personnes que je reçois ont une estime de soi fragile parce qu'elles n'ont jamais appris à poser leurs limites. Elles disent oui quand elles veulent dire non. Elles s'excusent d'exister. Elles portent la responsabilité des émotions des autres.

L'Intelligence Relationnelle vous apprend à repérer ces schémas dans l'instant. À sentir quand vous êtes en train de vous oublier pour faire plaisir. À oser dire ce qui est vrai pour vous, sans agressivité et sans peur du rejet.

Quand vous combinez ces trois approches - hypnose pour déprogrammer en profondeur, IFS pour pacifier votre monde intérieur, Intelligence Relationnelle pour incarner ces changements dans vos relations - vous ne faites pas que « booster » votre estime de soi. Vous la reconstruisez sur des bases saines, à partir de zéro.

Les résistances qui vous empêchent de changer (et comment les dépasser)

À ce stade de l'article, vous êtes peut-être en train de vous dire : « OK, ça a l'air bien, mais je sens que je ne suis pas prêt. » Ou : « J'ai déjà essayé des trucs, ça n'a pas marché. » Ou encore : « Je ne suis pas sûr que ça marche pour moi. »

Ces pensées, je les entends toutes les semaines. Et devinez quoi ? Ce sont précisément les résistances que votre inconscient met en place pour vous maintenir dans votre zone de confort. Même si cette zone est inconfortable, elle est connue. Et pour votre cerveau primaire, le connu est toujours plus sûr que l'inconnu.

Voici les trois résistances les plus fréquentes, et ce qu'elles cachent vraiment :

1. « Je n'ai pas le temps / l'argent / l'énergie »

Souvent, cette résistance est une façon élégante de dire : « Je n'ai pas le droit de prendre soin de moi. » Votre estime de soi est tellement basse que vous ne vous autorisez pas à investir sur vous-même. Vous trouvez toujours quelqu'un ou quelque chose de plus prioritaire. C'est un cercle vicieux : plus vous vous négligez, plus votre inconscient enregistre que vous ne valez pas qu'on s'occupe de vous.

2. « J'ai peur de ce que je vais découvrir »

Cette peur est légitime. L'hypnose peut faire remonter des souvenirs, des émotions, des parties de vous que vous avez enfouies depuis longtemps. Mais ce n'est pas un défouloir incontrôlé. Mon rôle est de vous accompagner à votre rythme, en sécurisant chaque étape. Vous ne découvrez jamais plus que ce que vous êtes prêt à accueillir.

3. « Et si ça ne marche pas ? »

C'est la peur de l'échec, qui est souvent au cœur de l'estime de soi fragile. Vous avez tellement l'habitude de ne pas y arriver que vous préférez ne pas essayer, pour éviter la déception. Mais réfléchissez : si vous continuez comme aujourd'hui, où serez-vous dans un an, dans cinq ans ? Le risque de ne rien faire est bien plus grand que le risque d'essayer.

Ces résistances ne sont pas des ennemies. Ce sont des signaux. Elles vous indiquent exactement là où le travail doit se faire.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant (avant même de me contacter)

Je suis honnête avec vous : je ne vais pas vous promettre que trois séances d'hypnose vont transformer votre vie du jour au lendemain. Ce n'est pas un conte de fées. C'est un travail. Mais c'est un travail qui porte ses fruits, si vous êtes prêt à vous y engager.

En attendant, vous pouvez commencer à poser des fondations. Voici trois choses concrètes que vous pouvez faire dès aujourd'hui, seules ou avec un professionnel :

1. Identifiez votre « scène originelle »

Prenez un carnet. Remontez dans vos souvenirs et trouvez la première fois où vous vous êtes senti « moins que les autres ». Peut-être une remarque d'un parent, une humiliation à l'école, une exclusion. Notez-la. Pas pour la ressasser, mais pour prendre conscience que ce n'est qu'un événement, parmi d'autres. Il n'a pas défini qui vous êtes. Il a simplement influencé un programme que vous pouvez réécrire.

2. Observez votre critique intérieur sans le combattre

Pendant les trois prochains jours, chaque fois que vous entendez cette voix qui vous rabaisse, arrêtez-vous une seconde. Ne la combattez pas. Dites-lui simplement : « Je t'entends. Je sais que tu essaies de me protéger. Mais aujourd'hui, je choisis de ne pas t'écouter. » C'est un petit geste, mais il crée un espace entre vous et vos pensées automatiques.

3. Expérimentez un « petit non »

L'estime de soi se renforce dans l'action. Trouvez une situation à faible risque où vous pouvez dire non. Refusez un café que vous ne voulez pas. Dites à un collègue que vous ne pouvez pas l'aider aujourd'hui. Ou tout simplement, ne répondez pas immédiatement à une sollicitation. Prenez le temps de sentir ce que vous voulez vraiment. Ce n'est pas grave si c'est inconfortable au début. L'inconfort est le signe que vous êtes en train de changer.

L'estime de soi solide n'est pas un luxe réservé à quelques privilégiés. C'est une compétence. Elle s'apprend, se reconstruit, se renforce. Et vous avez déjà fait le premier pas en lisant cet article jusqu'au bout, en reconnaissant que vous méritez mieux que ce que vous vous accordez aujourd'hui.

Si vous sentez que vous avez besoin d'un cadre pour aller plus loin, pour déprogrammer ce qui vous freine vraiment, je suis là. Pas pour vous vendre une solution miracle, mais pour vous accompagner là où vous êtes, avec ce que vous êtes, vers ce que vous voulez devenir.

Vous pouvez réserver un premier échange, sans engagement, juste pour qu'on parle de vous. Pas de votre problème, pas de votre diagnostic. De vous. De ce qui compte pour vous. De ce que vous voulez vraiment, au fond.

Prenez soin de cette petite voix qui a envie de changer. Elle a raison de parler.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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