3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le coût caché de cette quête d'excellence sur votre énergie.
Vous êtes-vous déjà retrouvé à relire trois fois un mail professionnel avant de l’envoyer, puis à le rouvrir pour vérifier une virgule ? À passer trente minutes à choisir le mot juste dans un compte rendu que personne ne lira en détail ? À rentrer chez vous vidé, non pas parce que vous avez travaillé douze heures, mais parce que vous avez passé ces douze heures à tout contrôler, tout peaufiner, tout rendre parfait ?
Je reçois régulièrement dans mon cabinet de Saintes des hommes et des femmes qui viennent pour une raison précise : la fatigue. Pas une fatigue ordinaire, celle qui disparaît après une bonne nuit ou un week-end tranquille. Une fatigue qui s’installe, qui devient un fond sonore permanent, un poids dans les épaules, une lourdeur dans la poitrine. Et systématiquement, quand on creuse un peu, on trouve la même chose sous la surface : un perfectionnisme qui les use bien plus que le travail lui-même.
Le travail, objectivement, n’est pas toujours la cause de l’épuisement. Ce qui épuise, c’est cette voix intérieure qui vous juge, qui compare, qui exige. C’est ce bruit mental permanent : “Ce n’est pas assez bien. Tu aurais dû faire mieux. Les autres y arrivent, pourquoi pas toi ?”
Alors aujourd’hui, je veux vous parler de ce coût caché. De ce que le perfectionnisme vous vole réellement, et de comment commencer à alléger cette charge que vous portez seul depuis trop longtemps.
Quand on parle de perfectionnisme, on imagine souvent quelqu’un qui a des standards élevés, qui vise l’excellence. Et c’est vrai, en apparence. Mais il y a une différence fondamentale entre l’excellence et le perfectionnisme. L’excellence, c’est vouloir faire de son mieux, progresser, apprendre. Le perfectionnisme, c’est exiger de soi un résultat impossible : zéro défaut, zéro erreur, zéro critique.
Et cette exigence a un prix direct sur votre énergie. Pourquoi ? Parce que votre cerveau fonctionne en mode vigilance constante. Vous n’êtes pas en train de travailler, vous êtes en train de surveiller votre travail. Chaque action est doublée d’une boucle de contrôle : “Est-ce que c’est bon ? Est-ce que j’ai oublié quelque chose ? Est-ce que ça va passer ?”
Cette boucle, c’est comme un moteur qui tourne au ralenti en permanence. Même quand vous ne faites rien, il continue. Vous êtes dans les transports ? Vous repensez à ce que vous avez dit en réunion. Vous êtes sous la douche ? Vous revoyez ce détail qui cloche dans un dossier. Vous essayez de dormir ? Votre esprit tourne en rond sur ce que vous auriez dû faire différemment.
Je pense à un patient, appelons-le Marc. Marc est cadre dans une entreprise de services. Il est venu me voir pour des insomnies et une fatigue chronique. Il m’a dit : “Le problème, Thierry, c’est que j’ai trop de travail. Je n’arrive pas à décrocher.” On a commencé à explorer ensemble ce qui se passait concrètement dans ses journées. Et ce qu’on a découvert, c’est que Marc ne travaillait pas plus que ses collègues. Il travaillait différemment. Là où un collègue envoyait une proposition en une heure, Marc y passait trois heures, parce qu’il la relisait six fois, changeait la mise en page, vérifiait chaque chiffre, ajoutait des commentaires, puis recommençait.
Le soir, il n’était pas fatigué par le contenu de son travail, mais par cette tension intérieure qui ne le lâchait pas. Cette voix qui disait : “Si tu envoies ça comme ça, on va penser que tu es incompétent.”
Le perfectionnisme, c’est un vol d’énergie. Il vous vole votre temps, votre attention, votre repos. Et plus vous cherchez à contrôler, plus vous vous épuisez, parce que le contrôle parfait est impossible. Vous luttez contre la nature même des choses : l’incertitude, l’imperfection, l’imprévu.
“Le perfectionnisme n’est pas la quête de l’excellence. C’est la peur de ne pas être assez bien, déguisée en ambition.”
Un des mécanismes les plus sournois du perfectionnisme, c’est la comparaison sociale. Vous regardez vos collègues, vos amis, les gens qui réussissent, et vous vous dites : “Eux, ils y arrivent. Ils sont sereins. Ils ne stressent pas. Ils livrent des choses parfaites du premier coup.”
Mais c’est un mirage. Ce que vous voyez, c’est la vitrine. Pas l’envers du décor. Pas les nuits blanches, les doutes, les erreurs qu’ils ont cachées ou rattrapées. Vous comparez votre film en version longue, avec toutes les scènes de doute, de raté, de fatigue, avec leur bande-annonce soigneusement montée.
Ce mécanisme est amplifié par les réseaux sociaux, bien sûr, mais il existe aussi dans la vie réelle. Vous voyez un collègue calme en réunion, et vous imaginez qu’il n’a jamais peur de prendre la parole. Vous ne voyez pas les heures de préparation, le stress qu’il a géré, ou le fait qu’il a peut-être simplement appris à faire semblant.
Cette comparaison constante alimente le perfectionnisme. Elle vous renvoie l’image que vous n’êtes jamais à la hauteur. Et pour compenser, vous en faites toujours plus. Vous sur-préparez, vous sur-contrôlez, vous sur-corrigez. C’est un cercle vicieux : plus vous vous comparez, plus vous vous sentez insuffisant, plus vous travaillez dur pour atteindre un idéal qui n’existe pas, plus vous vous épuisez.
Prenons un autre exemple, celui de Claire. Claire est une coureuse amateur que j’accompagne en préparation mentale. Elle est venue me voir parce qu’elle n’arrivait plus à prendre de plaisir à courir. Chaque sortie était devenue une performance à évaluer. Elle regardait ses temps, les comparait à ceux de son groupe d’entraînement, et se jugeait sévèrement si elle n’était pas dans le top 3. Elle passait ses courses à se dire : “Je suis trop lente. Je n’aurais jamais dû m’inscrire. Les autres sont tellement meilleurs.”
Résultat ? Elle ne courait plus pour le plaisir, mais pour éviter la honte. Et elle rentrait systématiquement épuisée, non pas par l’effort physique, mais par ce dialogue intérieur incessant. Le perfectionnisme avait transformé une activité qu’elle aimait en source de stress.
Le piège de la comparaison, c’est qu’il vous fait croire que vous êtes seul à lutter. Que les autres ont trouvé la formule magique. Mais la vérité, c’est que la plupart des gens qui semblent parfaits sont simplement meilleurs pour cacher leurs imperfections. Et certains d’entre eux, justement, ont appris à lâcher prise sur la perfection pour préserver leur énergie.
Le perfectionnisme n’est pas monolithique. Il prend des formes différentes selon les personnes, et selon les moments. J’ai identifié, au fil de mes accompagnements, trois visages principaux qui reviennent souvent. Les reconnaître, c’est déjà commencer à les désamorcer.
Le premier visage, c’est le perfectionniste de la performance. Celui qui se fixe des objectifs toujours plus hauts, et qui n’est jamais satisfait. Il termine un projet, et au lieu de célébrer, il regarde déjà ce qu’il aurait pu améliorer. Sa voix intérieure dit : “C’était bien, mais ce n’était pas assez. La prochaine fois, il faudra faire mieux.” Ce visage est celui de l’insatisfaction permanente. Rien n’est jamais assez bien. Le succès n’est pas une source de réconfort, mais un simple passage vers l’exigence suivante. Ce perfectionniste s’épuise parce qu’il court sans cesse après une ligne d’arrivée qui recule à chaque fois qu’il s’en approche.
Le deuxième visage, c’est le perfectionniste de l’image. Celui qui a besoin de paraître parfait aux yeux des autres. Il ne supporte pas l’idée qu’on puisse le voir en situation d’échec, de doute ou de vulnérabilité. Alors il contrôle tout : ce qu’il dit, comment il s’habille, ce qu’il publie, la façon dont il se tient en réunion. Il passe une énergie considérable à gérer les apparences. Derrière cette façade, il y a souvent une peur profonde du rejet ou du jugement. Mais maintenir ce masque coûte cher. À la fin de la journée, ce perfectionniste est vidé, non pas parce qu’il a travaillé dur, mais parce qu’il a joué un rôle toute la journée.
Le troisième visage, c’est le perfectionniste de la préparation. Celui qui a besoin que tout soit parfait avant d’agir. Il ne peut pas envoyer un mail sans l’avoir relu cinq fois. Il ne peut pas prendre une décision sans avoir exploré toutes les options. Il ne peut pas commencer un projet tant que tout n’est pas parfaitement planifié. Ce visage est celui de la procrastination déguisée. Sous prétexte de bien faire, ce perfectionniste repousse l’action. Et plus il attend, plus l’enjeu devient grand dans sa tête, plus il a peur de se tromper, plus il se paralyse. Résultat : il passe des heures à préparer, et finalement, il agit peu. Et il est épuisé par toute cette réflexion qui n’aboutit pas.
Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces visages ? Peut-être dans plusieurs ? Ce qui est important à comprendre, c’est que ces visages ne sont pas des défauts. Ce sont des stratégies que vous avez mises en place, souvent très tôt, pour vous protéger. Pour être aimé, pour être accepté, pour éviter les critiques. Mais ces stratégies, qui ont pu vous servir à un moment, sont devenues des prisons. Elles vous épuisent, parce qu’elles vous demandent un effort constant pour maintenir une illusion de contrôle.
C’est la peur la plus fréquente que j’entends dans mon cabinet : “Si j’arrête d’exiger la perfection, je vais devenir négligent. Je vais faire n’importe quoi. Mon travail va se dégrader.”
Je comprends cette peur. Elle est légitime. Mais elle repose sur une confusion entre deux choses très différentes : le standard et l’exigence intérieure.
Un standard, c’est un niveau de qualité que vous souhaitez atteindre. C’est sain, c’est motivant, c’est ce qui vous permet de progresser. L’exigence intérieure perfectionniste, c’est une voix qui vous dit que vous devez atteindre ce niveau, que vous n’avez pas le droit à l’erreur, et que votre valeur en dépend.
Lâcher prise sur la perfection, ce n’est pas baisser vos standards. C’est changer votre relation à l’erreur, à l’imperfection, à l’inachevé. C’est apprendre à faire de votre mieux dans le temps et les ressources disponibles, et à accepter que parfois, “assez bien” est bien suffisant.
Je me souviens d’un patient, footballeur amateur, que j’accompagnais en préparation mentale. Il était obsédé par la perfection technique. Il s’entraînait seul des heures après les séances, à répéter inlassablement les mêmes gestes. Mais en match, il était tendu, crispé, et il faisait souvent des erreurs. Pourquoi ? Parce que son cerveau était saturé par la peur de mal faire. Il n’était pas dans le flow, il était dans le contrôle.
On a travaillé sur une chose simple : accepter que le geste parfait n’existe pas, et que l’erreur fait partie du jeu. On a remplacé l’objectif “faire un geste parfait” par “être présent et réactif”. Résultat ? Il a commencé à jouer plus librement. Ses performances se sont améliorées, non pas parce qu’il était plus technique, mais parce qu’il dépensait moins d’énergie à se juger.
Lâcher prise, ce n’est pas laisser tomber. C’est arrêter de lutter contre la réalité. La réalité, c’est que vous allez faire des erreurs. Que vous allez décevoir certaines personnes. Que tout ne sera pas parfait. Et c’est OK. Ce qui compte, ce n’est pas d’éviter l’imperfection, c’est d’apprendre à la traverser sans vous détruire.
Vous vous demandez peut-être comment on peut concrètement sortir de ce piège. Parce que ce n’est pas juste une question de volonté. Si c’était si simple, vous l’auriez déjà fait. Le perfectionnisme est souvent ancré profondément, dans des schémas que vous avez construits depuis l’enfance, dans des croyances que vous avez intégrées sans même vous en rendre compte.
C’est là que des approches comme l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) peuvent être précieuses. Je ne dis pas que ce sont des baguettes magiques. Mais elles offrent des outils pour aller dialoguer avec cette partie de vous qui exige la perfection, plutôt que de la combattre.
Avec l’hypnose, on peut travailler sur le niveau inconscient, là où les habitudes et les automatismes sont enracinés. On peut, par exemple, aider votre cerveau à associer le lâcher-prise à un sentiment de sécurité, plutôt qu’à un danger. On peut reprogrammer les réactions automatiques de stress et de vigilance. L’hypnose ne va pas effacer votre exigence, mais elle peut l’apaiser, la rendre moins tyrannique.
Avec l’IFS, on va plus loin dans la compréhension. On considère que votre personnalité est composée de plusieurs “parties”. Il y a une partie perfectionniste en vous. Et cette partie, elle n’est pas votre ennemie. Elle a une intention positive. Peut-être qu’elle essaie de vous protéger de l’échec, de la honte, du rejet. Peut-être qu’elle a pris ce rôle à un moment de votre vie où vous en aviez besoin, pour être aimé ou pour survivre émotionnellement.
Le travail, avec l’IFS, c’est d’entrer en contact avec cette partie, de comprendre ce qu’elle craint, et de la rassurer. De lui montrer que vous êtes capable de gérer l’imperfection, que vous n’avez plus besoin qu’elle fasse le guet 24 heures sur 24. Quand cette partie se sent entendue et comprise, elle peut lâcher prise. Elle peut prendre un rôle moins écrasant.
Je pense à une patiente, Sophie, qui était perfectionniste dans son travail de graphiste. Elle passait des heures sur des détails que personne ne voyait. Avec l’IFS, on a découvert une partie d’elle qui avait été très critiquée étant enfant, et qui avait décidé que pour être acceptée, elle devait être irréprochable. Cette partie avait pris le contrôle de sa vie professionnelle. En dialoguant avec elle, Sophie a pu la remercier pour son travail, mais lui dire qu’elle pouvait désormais se détendre un peu. Les séances d’hypnose ont ensuite aidé à ancrer ce nouveau sentiment de liberté.
Ces approches ne vous rendront pas “parfait” pour lâcher prise. Elles vous donneront simplement les clés pour choisir, consciemment, quand vous voulez donner le meilleur de vous-même, et quand vous pouvez vous autoriser à être simplement humain.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer à changer. Il y a des petites choses que vous pouvez mettre en place dès aujourd’hui. Ce ne sont pas des solutions miracles, mais des pas concrets vers plus de liberté intérieure.
Première chose : identifiez un domaine de votre vie où le perfectionnisme est le plus présent. Est-ce au travail ? Dans vos relations ? Dans votre apparence physique ? Dans votre organisation ? Choisissez un seul domaine, le plus pesant.
Deuxième chose : fixez-vous une règle des 80%. Pour une tâche spécifique dans ce domaine, autorisez-vous à faire “80% de
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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