3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Apprenez à désamorcer l’impact des paroles blessantes sur vous.
Vous avez peut-être déjà vécu cette scène. Une conversation banale, un collègue qui lâche une remarque sur votre travail, un proche qui commente votre façon de faire. Rien de méchant en apparence. Pourtant, quelques heures plus tard, cette phrase tourne encore dans votre tête. Vous la retournez, la décortiquez, la grossissez. Le sommeil peine à venir. Le lendemain, vous vous sentez vidé, moins sûr de vous. Comme si une simple parole avait le pouvoir de fissurer quelque chose à l’intérieur.
Je vois régulièrement des personnes qui viennent me voir avec cette même plainte : « Pourquoi est-ce que je prends tout tellement à cœur ? » « Pourquoi les critiques me détruisent alors que d’autres semblent les ignorer ? » La réponse n’est pas dans un manque de caractère ou une sensibilité excessive. Elle se trouve dans un mécanisme que notre cerveau a mis en place pour nous protéger, mais qui, chez certaines personnes, devient un piège.
Commençons par une réalité simple : une critique n’est qu’un son, une vibration dans l’air, ou une suite de lettres sur un écran. Ce qui la rend blessante, ce n’est pas son contenu objectif. C’est l’histoire que vous vous racontez à son sujet. Et cette histoire, vous pouvez apprendre à la réécrire.
« Ce n’est pas l’événement qui trouble l’homme, mais le jugement qu’il porte sur l’événement. » — Épictète
Cette citation stoïcienne, vieille de près de 2000 ans, trouve un écho puissant dans les neurosciences contemporaines. Votre cerveau ne réagit pas à la critique elle-même, mais à la signification que vous lui attribuez. Et cette signification est souvent automatique, façonnée par des années d’apprentissages émotionnels. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de reprogrammer cette réaction. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils que j’utilise quotidiennement pour aider mes clients à sortir de ce cercle vicieux.
Pourquoi les critiques activent-elles votre système d’alarme intérieur ?
Pour comprendre pourquoi une critique vous détruit, il faut d’abord regarder ce qui se passe dans votre cerveau. Imaginez que vous êtes dans une forêt préhistorique. Vous entendez un bruit dans les buissons. Votre cerveau, pour vous protéger, va immédiatement supposer que c’est un prédateur. Il active votre système d’alerte : accélération du cœur, tension musculaire, libération de cortisol. C’est ce qu’on appelle le biais de négativité. Notre cerveau est câblé pour prioriser les menaces potentielles plutôt que les opportunités.
Aujourd’hui, les prédateurs ne sont plus des tigres à dents de sabre, mais des paroles. Une critique active la même zone cérébrale qu’une douleur physique : le cortex cingulaire antérieur. Votre corps se prépare à une attaque, même si l’attaque est une remarque sur votre présentation PowerPoint. Ce mécanisme est amplifié chez les personnes qui ont un fort besoin d’appartenance ou une estime de soi conditionnelle.
Prenons l’exemple de Jérôme, un commercial que j’ai accompagné l’année dernière. Lors d’une réunion, son manager lui dit : « Tu aurais pu mieux préparer tes chiffres. » Rien d’agressif. Mais Jérôme a passé le reste de la semaine à ressasser. Pourquoi ? Parce que cette phrase a touché une partie de lui qui croit profondément : « Si je ne suis pas parfait, je ne suis pas digne d’être apprécié. » La critique n’est pas restée une information sur son travail. Elle est devenue une confirmation de son insuffisance.
Ce qui rend la critique destructrice, ce n’est donc pas son contenu, mais la partie de vous qu’elle vient percuter. Une partie qui porte une croyance ancienne, souvent héritée de l’enfance. Peut-être vous a-t-on appris que l’amour se mérite, que l’erreur est une faute, ou que le regard des autres définit votre valeur. Ces croyances sont comme des blessures non cicatrisées. Une critique vient y poser le doigt. La douleur que vous ressentez n’est pas celle du doigt, mais celle de la plaie.
Comment l’hypnose ericksonienne désamorce le piège de la critique ?
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec un spectacle de scène ou un état de sommeil. C’est un outil de communication avec votre inconscient. L’idée est simple : votre réaction automatique à une critique est un programme. Un programme qui s’est installé à votre insu, souvent pour vous protéger. Par exemple, un enfant qui se fait rabrouer peut développer une hypervigilance pour anticiper les critiques. Ce programme était utile à l’époque. Aujourd’hui, il vous épuise.
L’hypnose ericksonienne, développée par Milton Erickson, utilise le langage indirect et les métaphores pour contourner les résistances conscientes. Je ne vous dirai pas : « Arrêtez de prendre les critiques personnellement. » Cela ne marche pas, car votre conscient veut bien, mais votre inconscient continue de protéger la vieille blessure. À la place, je vais créer un espace où votre inconscient peut réévaluer la situation.
Prenons une séance typique. Je vous invite à vous installer confortablement. Je vous guide dans une relaxation progressive, en utilisant des images qui vous parlent. Peut-être celle d’un ruisseau qui emporte les feuilles mortes. Pendant cet état de conscience modifié, votre critique intérieure — celle qui amplifie les paroles blessantes — est moins active. Votre esprit devient plus réceptif à de nouvelles perspectives.
Je peux alors introduire une métaphore. Celle d’un bouclier transparent. Un bouclier qui n’empêche pas les critiques d’arriver, mais qui les filtre. Les paroles blessantes glissent dessus, comme l’eau sur les plumes d’un canard. Les critiques utiles, elles, traversent le bouclier sous forme d’informations, sans le venin émotionnel. Votre inconscient, en état hypnotique, peut commencer à intégrer cette image. Il ne s’agit pas de nier la critique, mais de lui enlever son pouvoir de vous définir.
Un client, Marc, que j’ai suivi pour une préparation mentale sportive, utilisait cette technique. À chaque fois qu’un coéquipier lui faisait une remarque sur son jeu, il visualisait cette critique écrite sur une vitre. Il pouvait la lire, la comprendre, mais elle ne l’atteignait pas. Au fil des séances, son cerveau a automatiquement créé ce filtre. Aujourd’hui, il reçoit un feedback et peut dire : « D’accord, je vois ce que tu veux dire », sans que son estime de soi ne vacille.
L’IFS : accueillir la partie qui souffre pour la libérer
L’IFS, ou Internal Family Systems, est une approche que j’utilise souvent en complément de l’hypnose. Elle part d’une idée révolutionnaire : vous n’êtes pas un seul bloc. Vous êtes constitué de différentes « parties » qui ont chacune des rôles, des émotions, des croyances. Il y a une partie de vous qui veut réussir, une autre qui veut se cacher, une autre qui critique. Et surtout, il y a une partie blessée, celle qui a encaissé les paroles dures.
Quand une critique vous détruit, c’est souvent cette partie blessée qui est activée. Elle est comme un enfant qui s’est fait gronder et qui cherche désespérément à être rassuré. Mais au lieu de l’écouter, on active généralement d’autres parties : une partie qui juge : « Tu es trop sensible », une partie qui se justifie : « Il n’a pas compris », ou une partie qui fuit : « Je ne vais plus jamais prendre la parole en réunion. » Ces réactions sont compréhensibles, mais elles ne guérissent pas la blessure. Elles l’enfoncent.
L’IFS propose une autre voie. Au lieu de lutter contre la partie blessée, on l’accueille. On prend un moment, seul ou accompagné, pour se tourner vers cette partie qui souffre. On lui demande : « Qu’est-ce que tu ressens ? » « De quoi as-tu peur ? » « Qu’est-ce que tu as besoin que je sache ? » Et on écoute sans juger.
J’ai travaillé avec Élise, une enseignante qui se sentait anéantie par les remarques de certains parents. En séance, nous avons identifié une partie d’elle qui se sentait « nulle » dès qu’on remettait en question son travail. Cette partie était une enfant de 7 ans, celle qui avait été comparée à sa sœur par une institutrice. En accueillant cette partie avec douceur, en lui disant : « Je te vois, tu as eu très peur, mais aujourd’hui tu n’es plus seule », quelque chose a changé. Élise a commencé à se détacher de la critique. Elle pouvait entendre le parent, sans que son enfant intérieur ne prenne le contrôle.
Le but de l’IFS n’est pas de faire taire la partie blessée, mais de lui redonner sa place. Une fois qu’elle se sent entendue, elle n’a plus besoin de crier. Elle peut se reposer. Et vous, vous pouvez répondre à une critique avec clarté, sans être submergé.
L’Intelligence Relationnelle : transformer la critique en information utile
L’Intelligence Relationnelle est une compétence que je développe avec les sportifs et les managers. Elle repose sur une distinction fondamentale : entre une critique qui vous détruit et une critique qui vous fait grandir, il y a votre capacité à faire la différence entre le fait et l’interprétation.
Quand quelqu’un vous dit : « Tu es toujours en retard », c’est une généralisation. Votre cerveau peut l’interpréter comme : « Je suis un incapable, je ne respecte pas les autres. » Pourtant, objectivement, la personne exprime peut-être un agacement, ou un besoin non satisfait. L’Intelligence Relationnelle vous apprend à décoder le message sous la critique.
Voici un exercice concret que je propose souvent. La prochaine fois que vous recevez une critique qui vous touche, posez-vous trois questions :
Ce simple déplacement de regard change tout. Vous passez d’une position de victime (« On m’attaque ») à une position d’observateur (« Je comprends ce qui se joue »). Cela ne rend pas la critique agréable, mais elle cesse d’être une arme dirigée contre votre identité.
Je me souviens de Karim, un footballeur amateur. Pendant un match, son entraîneur lui crie : « Tu ne cours pas assez, t’es mou ! » Karim aurait pu ruminer, se sentir humilié. Au lieu de ça, il a appliqué ce décodage : « Fait objectif : j’ai ralenti après la 70e minute. Émotion de l’entraîneur : il est frustré, on perd. Mon besoin : je veux qu’on me parle de ma technique, pas de mon caractère. » Il a répondu calmement : « Je vais monter mon intensité, mais j’ai besoin que tu me dises ce que tu attends précisément. » La tension est retombée.
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à poser des limites. Dire : « Je comprends ton point de vue, mais la façon dont tu me le dis me blesse. Peux-tu reformuler ? » Ce n’est pas une attaque, c’est une invitation à une communication plus respectueuse. Et si la personne continue d’être toxique, vous avez alors une information claire : ce n’est pas vous le problème.
Ce que ces approches ne font pas (et pourquoi c’est important)
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne vont pas vous rendre insensible aux critiques. Ce n’est pas le but. La sensibilité n’est pas une faiblesse, c’est une qualité. Le problème, c’est quand cette sensibilité vous empêche de fonctionner, de dormir, de prendre des décisions. Le but n’est pas de devenir une machine, mais de reprendre le contrôle.
Ces approches ne vont pas non plus faire disparaître les personnes toxiques de votre vie. Vous continuerez à croiser des gens maladroits, frustrés, ou carrément méchants. Ce qui change, c’est votre relation à leurs paroles. Vous n’êtes plus une éponge qui absorbe tout. Vous devenez un filtre.
Elles ne vous donneront pas une confiance en vous instantanée. Le travail est progressif. Certains jours, vous serez encore touché. Et c’est OK. L’important est de reconnaître : « Je suis touché, mais je ne suis pas détruit. Je peux revenir à mon centre. »
Un dernier point crucial : ces outils ne vous demandent pas de tout pardonner ou de tout accepter. Si une critique est abusive, vous avez le droit de vous défendre, de partir, ou de couper la relation. La force que vous gagnez n’est pas pour endurer, mais pour choisir.
Comment commencer dès maintenant à désamorcer l’impact des critiques ?
Je vous propose un petit rituel que vous pouvez tester dès ce soir. Il s’inspire de l’hypnose et de l’IFS. Il ne demande que 5 minutes.
Installez-vous dans un endroit calme. Fermez les yeux. Respirez profondément trois fois. Imaginez une scène récente où une critique vous a blessé. Ne cherchez pas à l’analyser. Observez simplement la sensation dans votre corps. Où est-elle ? Dans la poitrine ? Le ventre ? La gorge ?
Maintenant, placez votre main sur cet endroit. En silence, dites-vous : « Je te vois, cette partie de moi qui souffre. Tu n’es pas seule. Je suis là. » Restez avec cette sensation, sans vouloir la changer. Respirez vers elle.
Ensuite, demandez-vous : « Qu’est-ce que cette partie a besoin que je sache ? » Laissez venir une réponse, même floue. Peut-être un mot, une image, une couleur. Accueillez-la.
Enfin, imaginez que vous pouvez placer cette critique sur une feuille de papier devant vous. Elle est là, mais elle n’est pas vous. Vous pouvez la regarder, la lire, puis la poser. Répétez intérieurement : « Cette parole n’est pas ma vérité. Elle est une information, pas une identité. »
Ouvrez les yeux. Ce n’est qu’un début. Mais chaque fois que vous faites cet exercice, vous créez un nouvel espace entre la critique et votre réaction. Et dans cet espace, il y a votre liberté.
Conclusion
Les critiques ne vous détruisent pas parce que vous êtes faible. Elles vous touchent parce qu’elles rencontrent des parties de vous qui ont appris, un jour, à douter de votre valeur. Ce n’est pas une fatalité. L’hypnose ericksonienne peut vous aider à reprogrammer ces automatismes, l’IFS à guérir les blessures sous-jacentes, et l’Intelligence Relationnelle à naviguer les échanges avec plus de clarté.
Vous n’êtes pas seul dans ce chemin. Si ces lignes résonnent en vous, si vous en avez assez de ressasser des paroles qui ne vous appartiennent pas, je vous invite à prendre contact. Nous pouvons travailler ensemble, en face à face à Saintes ou en visio, pour que les critiques cessent d’être des flèches et deviennent ce qu’elles devraient toujours être : de simples informations sur le monde, pas sur votre valeur.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
thierrysudan.com
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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