3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les blocages inconscients qui vous empêchent d’agir.
Vous avez déjà préparé mentalement une conversation difficile. Vous avez répété vos phrases, imaginé le ton juste, anticipé les objections. Pourtant, quand le moment est venu, votre gorge s’est serrée. Les mots sont restés coincés. Ou pire, vous avez dit « oui » alors que tout votre être criait « non ». Vous repartez en vous maudissant, en vous promettant que la prochaine fois, ce sera différent. Sauf que la prochaine fois, c’est pareil. Et vous finissez par vous demander : « Qu’est-ce qui cloche chez moi ? »
Je reçois des hommes et des femmes comme vous depuis des années à mon cabinet de Saintes. Des gens brillants, compétents, qui savent parfaitement ce qu’il faudrait dire ou faire, mais qui se retrouvent paralysés au moment d’agir. Ce décalage entre ce que vous savez et ce que vous faites n’est pas un défaut de caractère. Ce n’est pas de la timidité ou un manque de courage. C’est un mécanisme inconscient qui vous protège — maladroitement, certes — de quelque chose que votre système nerveux perçoit comme une menace.
Le problème n’est pas que vous ne sachiez pas vous affirmer. Le problème est qu’une partie de vous, une partie ancienne et souvent très jeune, croit que s’affirmer est dangereux. Et tant que cette croyance inconsciente reste intacte, aucun discours sur la confiance en soi, aucune technique de communication ne pourra faire la différence.
La plupart des gens croient que le blocage à l’affirmation de soi est une simple question de peur du conflit ou de manque d’estime. C’est plus complexe que ça. J’ai accompagné un commercial chevronné, appelons-le Marc, qui négociait des contrats à plusieurs centaines de milliers d’euros sans sourciller. Mais dès qu’il s’agissait de demander une augmentation à son propre patron, il devenait muet. Ce n’était pas la peur de parler en public ou le manque de compétences relationnelles. C’était un conflit interne entre deux parties de lui : celle qui savait sa valeur et celle qui, depuis l’enfance, avait appris qu’il était « moins bien » que son père autoritaire.
Ce qui vous empêche d’agir, c’est rarement une seule peur. C’est un système de protection qui s’est construit au fil des années, parfois des décennies. Ce système peut prendre plusieurs formes :
Votre inconscient fait un calcul très rapide : « Si je m’affirme, je risque de perdre quelque chose d’essentiel — la sécurité, l’amour, l’appartenance. » Et comme la survie relationnelle est une priorité absolue pour le cerveau archaïque, il bloque l’action. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes simplement programmé pour éviter un danger perçu.
« Votre difficulté à dire non n’est pas un manque de caractère. C’est un système d’alarme qui a été réglé trop sensible, et qui se déclenche pour des situations qui ne mettent plus votre survie en jeu. »
C’est une frustration que j’entends souvent : « Je comprends tout ça, Thierry. Je sais que ma peur est irrationnelle. Je sais que mon patron n’est pas mon père. Mais ça ne change rien. » Vous avez raison. La compréhension intellectuelle ne suffit pas. Et ce n’est pas un défaut de votre part.
Le problème, c’est que le blocage à l’affirmation de soi ne se situe pas dans votre cortex préfrontal — la partie rationnelle de votre cerveau. Il se situe dans votre système limbique, dans votre corps, dans des mémoires implicites qui n’ont pas de mots. Quand vous êtes dans une situation où vous devez vous affirmer, votre amygdale — cette petite structure en forme d’amande au cœur du cerveau émotionnel — peut détecter une similitude avec une situation ancienne et déclencher une réponse de stress en une fraction de seconde. C’est plus rapide que votre pensée consciente.
C’est pour ça que les livres de développement personnel, les formations en communication non-violente, les mantras « je suis capable » ont des limites. Ils s’adressent à votre mental, alors que le problème est dans votre corps et dans votre histoire. Vous pouvez avoir toutes les techniques du monde, si votre système nerveux est en mode « danger », vous ne pourrez pas les appliquer.
L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) que j’utilise dans mon cabinet contournent ce problème. Elles ne cherchent pas à convaincre votre mental, mais à dialoguer avec les parties de vous qui bloquent l’affirmation. L’hypnose permet d’accéder à l’inconscient dans un état de conscience modifié où la résistance logique s’abaisse. L’IFS, elle, considère que chaque comportement qui vous gêne est porté par une « partie » de vous qui a une intention positive — souvent la protection. Au lieu de combattre cette partie, on l’écoute, on la remercie, et on négocie avec elle un nouveau rôle.
Quand un patient me dit « Je sais que je devrais dire non, mais je n’y arrive pas », je ne lui donne pas un script. Je l’invite à fermer les yeux, à respirer, et à porter son attention à l’intérieur. « Où est-ce que tu sens ce blocage dans ton corps ? Est-ce qu’il a une forme, une couleur, une texture ? Qu’est-ce qu’il essaie de te dire ? » Et c’est là que le travail commence vraiment.
Dans ma pratique, je retrouve trois schémas inconscients qui reviennent constamment chez les personnes qui peinent à s’affirmer. Les reconnaître peut déjà vous éclairer sur ce qui se joue en vous.
1. L’enfant qui a appris à se taire pour être aimé
C’est le schéma le plus courant. Vous avez grandi dans un environnement où exprimer un besoin, une opinion, une émotion forte était mal vu, puni, ou ignoré. Peut-être qu’un parent était très fragile et que vous avez appris à marcher sur des œufs. Peut-être qu’on vous répétait « les enfants ne parlent pas à table », « ne fais pas d’histoires », « sois gentil ». Votre système a fait une association : affirmation = risque de perte d’amour. Pour être accepté, vous avez appris à vous effacer. Aujourd’hui, même en sécurité, votre inconscient active ce vieux programme.
2. La part qui porte la honte ou l’humiliation
Certaines personnes ont vécu une expérience où s’affirmer a été suivi d’une humiliation publique. Se faire ridiculiser devant la classe pour avoir posé une question. Se faire rabrouer par un chef pour avoir proposé une idée. Se faire rejeter par un premier amour après avoir déclaré ses sentiments. Ces événements laissent une marque. Votre inconscient a enregistré : « S’affirmer = danger d’humiliation. » Et il fait tout pour vous éviter de revivre ça. Le problème, c’est que la protection est devenue trop large : toute situation où vous pourriez vous exposer déclenche l’alarme.
3. La loyauté invisible à un parent ou à un système familial
C’est un schéma plus subtil. Parfois, ne pas s’affirmer, c’est une façon inconsciente de rester fidèle à un parent qui ne le pouvait pas. Si votre mère s’est sacrifiée toute sa vie sans jamais dire non, une partie de vous peut croire que vous n’avez pas le droit de faire autrement — ce serait une trahison. Ou si votre père était autoritaire et que vous vous êtes promis, enfant, de ne jamais devenir comme lui, vous pouvez avoir développé une peur de toute forme d’affirmation, confondue avec de l’agressivité. Vous restez « gentil » pour ne pas ressembler à ce que vous détestez.
Ces racines ne sont pas des fatalités. Elles sont des programmes. Et un programme peut être réécrit.
« Ce que vous appelez ‘manque d’affirmation’ est souvent une loyauté invisible envers un système familial qui vous a appris que votre place était de vous taire. »
Vous vous demandez peut-être concrètement comment ça se passe. Je vais vous donner un aperçu de ce à quoi peut ressembler une séance, à travers l’histoire d’une patiente que j’appellerai Sophie.
Sophie, 38 ans, cadre dans une collectivité territoriale, venait me voir parce qu’elle n’arrivait pas à poser des limites avec son supérieur. Il lui confiait toujours plus de dossiers, elle disait oui, et elle finissait épuisée, en larmes le soir. Elle savait qu’elle devait dire non. Elle avait même préparé un mail. Elle ne l’a jamais envoyé.
En séance, nous avons exploré ce qui se passait en elle au moment où elle s’apprêtait à dire non. Je lui ai demandé de fermer les yeux et de revenir à une situation récente. « Qu’est-ce que tu ressens dans ton corps ? » — « Une boule dans la gorge, une pression dans la poitrine. » — « Si cette sensation avait un âge, quel âge aurait-elle ? » — « 7 ans. » — « Qu’est-ce qu’elle te dit, cette partie de 7 ans ? » — « Elle dit : ‘Ne dis rien, sinon il va se fâcher, et tu vas être toute seule.’ »
Sophie a alors eu une réminiscence. À 7 ans, son père, colérique, s’emportait régulièrement. Elle avait appris à se faire toute petite pour ne pas déclencher sa colère. Cette stratégie lui avait sauvé la vie émotionnelle à l’époque. Mais aujourd’hui, cette partie de 7 ans continuait à piloter ses relations professionnelles, sans que Sophie en ait conscience.
Avec l’hypnose, nous avons permis à cette partie de se sentir entendue, reconnue, rassurée. Nous n’avons pas cherché à la faire taire. Nous l’avons remerciée d’avoir protégé Sophie pendant toutes ces années. Puis nous lui avons montré que Sophie était maintenant une adulte, compétente, capable de gérer une réaction de colère. Nous avons négocié un nouveau rôle pour cette partie : elle pouvait rester vigilante, mais elle n’avait plus besoin de prendre le contrôle.
Sophie a pu, quelques semaines plus tard, dire non à son supérieur. Pas parfaitement — elle a tremblé, son cœur battait fort — mais elle l’a fait. Et elle a survécu. Le ciel ne lui est pas tombé sur la tête. La partie de 7 ans a commencé à apprendre qu’elle pouvait faire confiance à l’adulte Sophie.
Ce processus, c’est ce que l’IFS appelle « le déchargement » : une partie protectrice accepte de laisser la place à une réponse plus adaptée au présent. L’hypnose crée l’espace de sécurité nécessaire pour que ce dialogue interne puisse avoir lieu sans que le mental rationnel ne vienne tout saboter.
Peut-être lisez-vous cet article en reconnaissant certains de ces mécanismes. Peut-être que ça résonne, mais que vous n’êtes pas sûr d’être prêt à franchir le pas. Je comprends. Changer demande de l’énergie, et une partie de vous peut avoir peur de ce qui se passerait si vous vous affirmiez vraiment.
Voici quelques signes qui indiquent que vous êtes prêt à travailler sur ce blocage :
Si vous cochez plusieurs de ces points, sachez que vous n’êtes pas seul. Et que ce n’est pas une fatalité. Le changement est possible, mais il passe par un travail qui ne se limite pas à la surface.
Avant même de prendre contact avec un praticien, vous pouvez commencer à poser des petites pierres. Voici trois choses que vous pouvez tester dans les prochains jours.
1. Identifiez une situation à bas risque
Ne commencez pas par dire non à votre patron ou à votre conjoint si c’est trop chargé. Choisissez une situation où l’enjeu est faible. Refuser un démarchage téléphonique. Dire à un collègue que vous ne pouvez pas l’aider tout de suite. Ne pas répondre à un message tout de suite. L’objectif n’est pas le résultat, mais l’expérience de survivre à un « non ».
2. Notez ce que vous ressentez dans le corps
Après avoir osé un petit « non », ne vous focalisez pas sur ce que l’autre a dit ou fait. Portez votre attention sur votre corps. Qu’est-ce qui s’est passé ? Votre respiration a-t-elle changé ? Avez-vous senti une tension ? Une chaleur ? Une boule ? Le simple fait de nommer la sensation corporelle commence à la désamorcer, car vous sortez de la réaction automatique.
3. Dialoguez avec la partie qui protège
Asseyez-vous calmement, fermez les yeux, et posez-vous cette question : « Quelle partie de moi ne veut pas que je m’affirme ? Qu’est-ce qu’elle craint ? » Ne cherchez pas à la raisonner. Écoutez-la. Remerciez-la. Dites-lui : « Je comprends que tu essaies de me protéger. Je suis là. » Ce n’est pas miraculeux, mais c’est le début d’une relation différente avec vous-même.
Ces gestes ne remplacent pas un accompagnement, mais ils vous sortent de la passivité. Vous n’êtes plus victime de votre blocage. Vous commencez à l’observer.
J’aimerais vous laisser avec une idée qui me semble essentielle. Vous affirmer, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. Ce n’est pas apprendre à être agressif ou à dominer. C’est simplement cesser de vous trahir pour que les autres se sentent bien.
C’est permettre à la personne que vous êtes vraiment — avec ses besoins, ses limites, ses envies — de prendre un peu plus de place dans vos relations. Et ça, ça ne se fait pas en un jour. Ça se fait pas à pas, avec des rechutes, avec des moments où vous retournerez à vos vieux réflexes. Ce n’est pas grave. L’important, c’est la direction.
Je ne promets pas que vous ne tremblerez plus jamais. Je ne promets pas que tout le monde autour de vous accueillera votre affirmation avec joie. Certaines relations ne survivront peut-être pas à votre changement — et c’est une information précieuse sur leur nature.
Ce que je promets, c’est qu’il est possible de sortir de cette prison intérieure. Possible d’avoir une conversation difficile sans que votre corps vous trahisse. Possible de dire non en restant en lien avec l’autre. Possible de poser une limite sans vous sentir coupable.
Si ce que vous venez de lire résonne en vous, si vous reconnaissez ce poids que vous portez depuis des années, peut-être que le moment est venu de prendre un rendez-vous. Pas pour devenir parfait. Juste pour commencer à vous réconcilier avec cette partie de
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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