3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Les causes cachées explorées par l'hypnose ericksonienne.
Vous êtes debout devant une salle. C’est votre tour. Les regards se posent sur vous. Votre gorge se serre, vos mains deviennent moites, votre esprit se vide. Vous avez l’impression que tout le monde va remarquer la moindre de vos hésitations, la moindre de vos erreurs. Ce n’est pas la première fois. Et vous vous demandez : pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? Pourquoi cette peur d’être jugé, alors que rationnellement, vous savez que personne ne va littéralement mourir si vous bafouillez ?
Je vais vous dire une chose que peu de gens osent formuler : cette peur n’est pas un défaut de caractère. Ce n’est pas un manque de confiance que vous devriez corriger à coups d’affirmations positives martelées devant un miroir. C’est un signal. Un mécanisme de protection qui s’est activé dans votre système nerveux, bien avant que vous ne puissiez en avoir conscience. Et pour le comprendre vraiment, il faut descendre là où la peur prend racine : dans votre histoire, dans votre corps, dans les parties de vous-même que vous avez appris à cacher.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et je travaille chaque jour avec des adultes qui vivent cette angoisse. Que ce soit en séance d’hypnose ericksonienne, en IFS (Internal Family Systems) ou en préparation mentale sportive, je vois revenir les mêmes schémas. Des coureurs qui n’osent pas s’inscrire à une course par peur du regard des autres. Des managers qui préparent leurs réunions pendant des heures pour être irréprochables. Des footballeurs qui se paralysent au moment de tirer un penalty. Et derrière chaque cas, il y a une histoire. Une partie d’eux-mêmes qui a appris, un jour, qu’il était dangereux d’être vu.
Alors aujourd’hui, on va explorer ensemble les causes cachées de cette peur. Pas pour la faire disparaître par magie, mais pour la comprendre assez profondément pour qu’elle perde son emprise.
Commençons par une idée qui va peut-être vous surprendre : la peur d’être jugé est l’une des réactions les plus intelligentes que votre cerveau ait jamais produites. Sérieusement. À un moment de votre vie, elle vous a protégé. Peut-être que vous avez été humilié devant une classe, critiqué durement par un parent, ou mis à l’écart par un groupe d’amis. Votre système nerveux a alors enregistré : « être visible = danger ». Et il a fait son travail : il a créé une alarme pour vous éviter de revivre cette douleur.
Le problème, c’est que cette alarme ne se désactive pas quand le danger disparaît. Elle reste connectée, prête à sonner au moindre signal. Vous entrez dans une salle de réunion, vous voyez cinq paires d’yeux braqués sur vous, et votre amygdale – cette petite structure dans votre cerveau qui gère la peur – interprète cette situation comme un risque de mort sociale. Elle active le même circuit que si vous étiez face à un prédateur. Votre cœur s’emballe, votre diaphragme se bloque, votre cortex préfrontal – celui qui vous permet de penser clairement – se met en veille.
Je vois souvent des personnes qui se disent : « Je sais que c’est irrationnel, mais je ne peux pas m’en empêcher. » Et c’est exactement ça. Ce n’est pas une question de volonté. Votre peur n’est pas stupide, elle est juste devenue inadaptée. Elle a été programmée pour un contexte qui n’existe plus, ou qui n’est plus aussi menaçant. C’est un peu comme un détecteur de fumée qui se déclenche à chaque fois que vous faites griller du pain. Il fait son boulot, mais il est trop sensible.
La bonne nouvelle, c’est qu’on peut recalibrer ce détecteur. On peut apprendre à votre système nerveux que les regards ne sont pas tous des juges. Que la visibilité n’est pas toujours synonyme de danger. Mais pour ça, il faut aller voir ce qui s’est passé à l’origine. Et souvent, ce n’est pas un grand traumatisme spectaculaire. C’est une accumulation de petits moments.
« La peur du jugement n’est pas la peur de l’autre. C’est la peur de la partie de nous-même que l’autre pourrait révéler. »
Vous avez peut-être remarqué que votre peur n’est pas constante. Certains contextes vous terrorisent, d’autres vous laissent parfaitement serein. Vous pouvez parler en petit comité sans problème, mais trembler devant un public. Ou l’inverse. Vous pouvez être à l’aise dans une réunion professionnelle, mais paniquer lors d’un dîner familial. Ce n’est pas un hasard.
Chaque situation active une partie spécifique de vous. En IFS, on appelle ça des « parties ». Ce sont des sous-personnalités qui se sont formées pour vous protéger. Par exemple, il y a peut-être une partie de vous qui a appris très tôt qu’il fallait être parfait pour être accepté. Cette partie prend le contrôle dès que vous êtes dans un contexte où vous risquez d’être évalué. Elle vous prépare, vous répète votre texte, vérifie votre apparence. Elle vous pousse à être irréprochable. Mais elle vous épuise.
Il y a une autre partie, plus jeune, qui porte la mémoire d’un moment où vous avez été jugé. Peut-être une remarque d’un enseignant, une moquerie d’un camarade, ou même une phrase d’un parent qui disait : « Tu es trop sensible, arrête de pleurer. » Cette partie s’est figée dans le temps. Elle attend encore que quelqu’un reconnaisse sa douleur. Mais comme personne ne le fait, elle continue à envoyer des signaux d’alarme.
Et puis il y a la partie qui essaie de gérer tout ça. Celle qui vous pousse à éviter les situations, à vous cacher, à minimiser vos compétences. Elle fait de son mieux pour vous protéger, mais elle vous maintient dans une cage.
Ce qui est fascinant, c’est que ces parties ne sont pas « mauvaises ». Elles ont toutes une intention positive. Le problème, c’est qu’elles travaillent en silo, sans coordination. Et quand elles entrent en conflit – une partie veut parler, une autre veut fuir, une troisième veut se préparer – vous vous retrouvez paralysé.
En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à supprimer ces parties. On cherche à les comprendre, à leur donner un nouveau rôle. On les remercie pour leur service, et on leur montre que la situation a changé. C’est un peu comme si vous disiez à votre détecteur de fumée : « Merci de m’avoir protégé des incendies. Maintenant, je fais griller du pain. Tu peux baisser un peu ta sensibilité. »
Je vais vous raconter l’histoire d’un coureur que j’ai accompagné. Appelons-le Julien. Julien avait 35 ans, il courait depuis des années, mais il n’arrivait pas à s’inscrire à une course. Pas une seule. Il s’entraînait seul, sur des chemins déserts. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a dit : « J’ai peur qu’on me regarde courir. Peur qu’on voie que je ne suis pas à la hauteur. »
En explorant son histoire, on est remonté à l’adolescence. Julien était en surpoids à 14 ans. Un jour, en cours d’EPS, le professeur l’a obligé à courir le 100 mètres devant toute la classe. Il a fini dernier. Les autres ont ri. Certains ont imité sa façon de courir. Ce moment a duré quelques secondes, mais il s’est gravé dans son système nerveux. Depuis, chaque fois qu’il enfile ses baskets, une partie de lui revoit cette scène. Et elle lui dit : « Attention, si tu cours devant les autres, ils vont se moquer. »
Votre histoire à vous n’est peut-être pas aussi claire. Peut-être que c’est une accumulation de micro-jugements. Un parent qui comparait vos notes à celles de votre frère. Un chef qui ne retenait que vos erreurs. Un partenaire qui critiquait votre façon de vous habiller. Ces petites blessures s’additionnent et finissent par créer une croyance centrale : « Je ne suis pas acceptable tel que je suis. »
Cette croyance est souvent inconsciente. Vous ne vous dites pas le matin : « Je suis inacceptable. » Mais quand vous devez prendre la parole en public, cette croyance s’active. Elle colore tout. Vous interprétez un visage neutre comme un jugement négatif. Vous lisez de la critique là où il n’y a que de l’attention. Vous inventez des scénarios de rejet.
L’hypnose ericksonienne permet d’accéder à ces souvenirs et à ces croyances sans avoir à les revivre douloureusement. On utilise des métaphores, des images, des sensations. On crée un espace sécurisé où votre inconscient peut revisiter ces moments avec un nouveau regard. Avec la maturité et les ressources d’aujourd’hui. Pas avec les yeux de l’enfant ou de l’adolescent que vous étiez.
Je me souviens d’une patiente qui avait peur de parler en réunion. En séance, elle a eu l’image d’elle-même à 8 ans, à table, où son père lui disait : « Taisez-vous, les enfants ne parlent pas à table. » Elle avait intégré que sa voix n’avait pas de valeur dans un groupe. En hypnose, on a pu « parler » à cette petite fille, lui dire que maintenant, elle avait le droit de s’exprimer. Et progressivement, la peur a diminué.
Vous avez probablement déjà entendu des conseils du type : « Pour avoir confiance, tenez-vous droit, regardez les gens dans les yeux, parlez fort. » Ces conseils ne sont pas faux, mais ils passent à côté de l’essentiel. Votre peur d’être jugé n’est pas d’abord dans votre posture. Elle est dans votre système nerveux.
Quand vous anticipez une situation de jugement, votre corps se prépare au combat ou à la fuite. Votre respiration devient courte et haute, dans la poitrine. Vos épaules remontent. Votre ventre se contracte. Vos pupilles se dilatent. Ce sont des réactions involontaires, archaïques. Elles sont pilotées par votre système nerveux autonome, celui qui ne vous demande pas votre avis.
Le problème, c’est que ce signal corporel renforce votre peur. Votre cerveau reçoit l’information : « Mon cœur bat vite, ma respiration est saccadée, donc je dois être en danger. » C’est ce qu’on appelle la théorie de l’émotion de James-Lange : vous ne tremblez pas parce que vous avez peur, vous avez peur parce que vous tremblez. La boucle est bouclée.
En hypnose ericksonienne, on travaille beaucoup avec le corps. Pas pour le « contrôler », mais pour l’écouter. On apprend à repérer les premiers signes de l’activation nerveuse. Parfois, c’est une tension dans la mâchoire. Parfois, c’est une sensation de froid dans les mains. Parfois, c’est une envie soudaine de rire ou de tousser. Ces signes sont des messagers. Ils vous disent qu’une partie de vous s’est activée.
Une fois que vous les reconnaissez, vous pouvez faire quelque chose de très simple : respirer. Mais pas n’importe comment. Une respiration lente, avec une expiration plus longue que l’inspiration, envoie un signal à votre nerf vague. Ce nerf est comme un frein pour votre système nerveux. Il dit : « On peut ralentir. On n’est pas en danger immédiat. »
Je propose souvent à mes patients un petit exercice : avant une situation qui active leur peur, ils posent une main sur leur ventre et l’autre sur leur cœur. Ils prennent trois respirations en imaginant que l’air entre par le ventre et sort par le cœur. Ça paraît simple, mais ça ancre le corps dans le présent. Ça empêche la partie apeurée de vous emporter dans un scénario catastrophe.
« La peur du jugement habite le corps bien avant d’habiter les pensées. C’est pourquoi la guérison passe par les sensations, pas seulement par les mots. »
Je vais être honnête avec vous : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre histoire. Elle ne va pas transformer votre personnalité du jour au lendemain. Mais elle peut faire quelque chose de plus profond : elle peut modifier la relation que vous entretenez avec votre peur.
En hypnose ericksonienne, on ne cherche pas à « enlever » la peur. On cherche à lui donner une nouvelle place. On utilise l’état de conscience modifié – cet entre-deux où votre esprit critique se met en retrait – pour accéder à des ressources que vous avez déjà, mais que vous n’utilisez pas. Ces ressources peuvent être un souvenir de calme, une image de force, une sensation de confiance. On les associe à la situation qui vous active.
Par exemple, un footballeur que j’accompagnais avait peur de rater ses penaltys. En hypnose, on a identifié un moment dans sa vie où il s’était senti totalement confiant, en contrôle, sans peur du résultat. C’était un souvenir de plage, enfant, quand il lançait un frisbee sans réfléchir. On a ancré cette sensation dans son corps. Puis, en séance, on a « superposé » cette sensation au moment du penalty. Son cerveau a appris à associer le tir au but non pas à la peur, mais à la confiance. Ça n’a pas fonctionné du premier coup. Il a fallu plusieurs séances. Mais progressivement, le penalty est devenu un jeu, pas un jugement.
L’IFS, que j’utilise souvent en complément, permet d’aller encore plus loin. On identifie la partie qui a peur. On entre en dialogue avec elle. On lui demande : « Qu’est-ce qui te fait si peur ? Qu’est-ce qui se passerait si tu lâchais un peu ? » Et souvent, cette partie révèle une peur plus profonde : « Si je suis jugé, je vais être rejeté. Si je suis rejeté, je vais être seul. Si je suis seul, je vais mourir. » C’est une peur existentielle, déguisée en peur sociale.
Quand vous accueillez cette partie, quand vous la remerciez d’avoir essayé de vous protéger, elle se détend. Elle n’a plus besoin d’être en alerte permanente. Vous pouvez alors accéder à votre Self – cette partie de vous qui est calme, curieuse, confiante. Et c’est depuis cet espace que vous pouvez aborder le regard des autres différemment.
Je ne dis pas que vous allez devenir un orateur né du jour au lendemain. Mais vous allez peut-être arrêter de passer trois heures à préparer une présentation de dix minutes. Vous allez peut-être accepter de dire « je ne sais pas » sans vous sentir nul. Vous allez peut-être sourire à quelqu’un qui vous regarde, au lieu de détourner les yeux.
Je ne veux pas que vous partiez de cet article sans rien emporter de concret. Alors voici un exercice que vous pouvez faire aujourd’hui, chez vous, en moins de cinq minutes. Il s’inspire de l’hypnose ericksonienne et de l’IFS. Il est conçu pour créer une petite brèche dans le mécanisme de la peur.
Installez-vous confortablement, dans un endroit où vous ne serez pas dérangé. Fermez les yeux. Prenez trois respirations lentes. Laissez votre ventre se gonfler comme un ballon à l’inspiration, et se dégonfler doucement à l’expiration.
Maintenant, pensez à une situation où vous avez peur d’être jugé. Pas besoin de la visualiser en détail. Juste l’idée. Remarquez ce qui se passe dans votre corps. Une tension ? Une chaleur ? Une sensation de vide ? Accueillez cette sensation sans essayer de la changer. Dites-vous intérieurement : « Je remarque que j’ai pe
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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