HypnoseConfiance Et Identite

Témoignage : J'ai arrêté de me sentir imposteur grâce à l'hypnose

Récit fictif d'une personne qui a retrouvé confiance en elle en 5 séances.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

Je ne sais pas par où commencer. Pendant des années, cette phrase a résumé ma vie professionnelle, et même une bonne partie de ma vie personnelle.

Je m'appelle Julien, j'ai 38 ans, et je suis chef de projet dans une entreprise de services du numérique. Officiellement, j'encadre une équipe de douze personnes, je gère des budgets à six chiffres et je présente nos résultats devant le comité de direction. Officieusement, je passais mes journées à attendre qu'on me découvre.

Qu'on découvre que je ne méritais pas mon poste. Que je n'avais aucune légitimité. Que tout ce que j'avais construit n'était qu'une façade, une illusion soigneusement entretenue.

Ce sentiment, on lui donne un nom aujourd'hui : le syndrome de l'imposteur. Moi, je l'appelais juste ma vie.

Je me souviens encore du matin où j'ai failli appeler mon chef pour lui dire que je démissionnais. C'était un lundi, comme souvent. La veille, j'avais passé la soirée à ressasser une réunion qui s'était mal passée. Pas catastrophique, non. Juste un commentaire un peu sec d'un directeur, une hésitation de ma part sur un chiffre. Rien d'extraordinaire. Mais dans ma tête, c'était la preuve irréfutable que je n'étais pas à ma place.

Je suis arrivé au bureau avec la boule au ventre. J'ai ouvert ma boîte mail : trente-sept messages. La plupart étaient des demandes d'information, des relances, des questions sur des projets que je suivais. Rien d'urgent. Mais ma lecture à moi était différente. Chaque message devenait une accusation. « Tu ne sais pas », « tu aurais dû », « tu n'as pas pensé à... »

À 10 heures, j'étais dans les toilettes, le front contre la porte du cabinet, à essayer de respirer calmement. Je me disais : « Tu ne peux pas continuer comme ça. »

Le paradoxe, c'est que tout le monde me voyait comme quelqu'un de compétent. Mon chef me félicitait régulièrement. Mon équipe me respectait. J'avais des résultats objectifs, des projets livrés dans les temps, des clients satisfaits. Mais rien de tout cela ne pénétrait ma cuirasse de doutes.

Chaque compliment glissait sur moi comme l'eau sur les plumes d'un canard. Je l'entendais, je le remerciais poliment, et dans ma tête, je le démontais immédiatement : « Il dit ça parce qu'il est gentil », « elle n'a pas vu tout ce que j'ai raté », « de toute façon, la prochaine fois, je vais me planter et tout le monde verra qui je suis vraiment ».

Cette voix intérieure, elle était devenue mon quotidien. Elle commentait chacun de mes gestes, anticipait tous mes échecs, ridiculisait mes succès. Elle était épuisante, mais elle était familière. Une partie de moi pensait même qu'elle me protégeait : si je n'attendais rien de bon, je ne pouvais pas être déçu. Si je minimisais mes réussites, personne ne pouvait me les enlever.

C'est ma femme qui a fini par me pousser à consulter. Pas avec des grands discours, non. Un soir, elle m'a regardé, et elle m'a dit simplement : « Julien, tu n'es pas heureux. Et ce n'est pas une question de travail. C'est une question de regard que tu portes sur toi-même. »

Elle avait raison. Je n'étais pas heureux. J'étais fonctionnel, performant, mais pas heureux.

C'est comme ça que j'ai poussé la porte du cabinet de Thierry, un après-midi de novembre. Je ne savais pas exactement ce que j'attendais. Une baguette magique ? Une révélation ? Un déclic qui ferait disparaître ce sentiment d'illégitimité une bonne fois pour toutes ?

Ce que j'ai trouvé, c'était tout autre chose. Et c'était bien plus puissant.

« Vous n'allez pas effacer mes doutes ? »

Je me souviens de ma première question, presque provocante : « Vous allez m'hypnotiser pour me faire croire que je suis compétent ? »

Thierry a souri. Il m'a répondu quelque chose que je n'ai pas oublié : « L'hypnose, ce n'est pas pour vous faire croire quelque chose. C'est pour vous permettre de voir ce qui est déjà là, mais que vous refusez de regarder. »

Je n'ai pas compris sur le moment. Pas vraiment.

La première séance a été étrange. Je m'attendais à un spectacle, à un pendule, à une voix monotone. J'ai eu droit à une conversation normale, presque banale. Thierry m'a posé des questions sur mon parcours, sur ce moment précis où je me sentais imposteur. Pas des questions psychologiques abstraites : des questions concrètes, ancrées dans le corps.

« Quand vous vous sentez imposteur, où est-ce que ça se passe dans votre corps ? »

J'ai cherché. C'était dans la poitrine, une espèce de serrement. Et dans la gorge, comme si quelque chose m'empêchait de parler.

« Et si vous donniez une forme à cette sensation ? Une couleur, une texture, une taille ? »

J'ai fermé les yeux. C'était gris, froid, avec des contours flous. Une masse informe qui pesait sur mon sternum.

« Et si vous pouviez lui parler, que lui diriez-vous ? »

Là, j'ai ouvert les yeux. « Lui parler ? C'est une sensation, pas une personne. »

Thierry a hoché la tête. « Pourtant, elle vous parle bien, non ? Elle vous dit des choses. Que vous n'êtes pas à votre place. Que vous allez vous faire démasquer. »

C'était vrai. Cette voix intérieure, je l'écoutais depuis des années. Je ne m'étais jamais demandé si je pouvais lui répondre.

Cette première séance m'a laissé perplexe. Je n'avais pas eu de révélation fracassante. Je n'avais pas pleuré, pas vécu de catharsis. J'étais juste reparti avec une question qui trottait dans ma tête : « Et si je pouvais parler à cette partie de moi qui doute ? »

« Ce que j'ai découvert, c'est que mon imposteur n'était pas un ennemi à abattre. C'était une partie de moi qui avait appris à me protéger, mais qui le faisait de la seule manière qu'elle connaissait : en minimisant tout. »

Pourquoi je passais ma vie à me dévaloriser (et ce que j'ai découvert)

La deuxième séance a été plus profonde. Thierry m'a fait remonter dans le temps. Pas pour me faire revivre des traumatismes, non. Juste pour observer.

« À quel moment, pour la première fois, vous vous êtes senti imposteur ? »

J'ai cherché. J'ai pensé à mon premier emploi, à mon premier jour comme chef de projet. Mais non, c'était avant. Beaucoup avant.

C'était en CM2. J'avais eu 19/20 à une dictée. La meilleure note de la classe. Ma mère m'avait félicité, et j'avais ressenti une espèce de malaise. Je m'étais dit : « C'est un coup de chance. La prochaine fois, je vais tout rater. »

À 10 ans, j'avais déjà installé ce mécanisme. Chaque réussite devenait une anomalie, chaque échec une confirmation de mon incompétence fondamentale.

Sous hypnose, j'ai pu revoir cette scène sans la revivre douloureusement. Je l'ai observée comme si j'étais dans la salle de classe, assis à côté de mon moi de 10 ans. Et j'ai vu quelque chose que je n'avais jamais vu avant : ce n'était pas de la modestie. C'était de la peur.

La peur qu'on attende quelque chose de moi. La peur de décevoir. La peur qu'on me voie, vraiment, et qu'on découvre que je n'étais pas à la hauteur.

Cette peur, elle avait été utile à l'époque. Elle m'avait poussé à travailler plus, à être plus exigeant, à ne jamais me reposer sur mes lauriers. Mais à 38 ans, elle était devenue un boulet.

Thierry m'a expliqué quelque chose qui a tout changé dans ma compréhension du syndrome de l'imposteur. Il m'a dit : « Votre imposteur, ce n'est pas une erreur de votre cerveau. C'est une stratégie de protection qui a fonctionné pendant des années. Le problème, c'est qu'elle n'est plus adaptée à votre vie d'aujourd'hui. »

Cette reformulation a été un premier déclic. Je n'étais pas « malade » ou « cassé ». J'avais juste un mode de fonctionnement qui avait dépassé sa date de péremption.

Trois mécanismes qui nourrissaient mon imposteur (et comment les déjouer)

Au fil des séances, j'ai identifié trois mécanismes précis qui alimentaient mon sentiment d'illégitimité. Les nommer, c'était déjà commencer à les désamorcer.

Le premier : la comparaison toxique. Je passais ma vie à me comparer aux autres, et je choisissais toujours les mauvais référents. Mon collègue qui parlait trois langues. Mon ami qui avait monté sa boîte à 30 ans. Le directeur qui semblait toujours avoir réponse à tout. Je ne me comparais jamais à quelqu'un qui débutait, qui apprenait, qui doutait aussi. Je me comparais à des versions idéalisées des autres, en prenant leur meilleur chez l'un, le meilleur chez l'autre, pour me mesurer à ce monstre de perfection qui n'existait nulle part.

Le deuxième : l'attribution inverse. Quand je réussissais, c'était la chance, le hasard, l'aide des autres. Quand j'échouais, c'était ma faute, mon incompétence, mon manque de préparation. J'avais un double standard systématique. Le succès était externe et temporaire. L'échec était interne et définitif.

Le troisième : la prophétie auto-réalisatrice. J'étais tellement convaincu que j'allais me planter que je me mettais dans des états de stress qui, effectivement, me faisaient perdre mes moyens. Puis je me disais : « Tu vois, j'avais raison. » Je ne voyais pas que c'était ma peur qui créait l'échec, pas mon incompétence.

Thierry m'a appris à repérer ces mécanismes en temps réel. Pas à les supprimer, mais à les voir. Et à leur répondre différemment.

« Quand vous sentez la comparaison arriver, demandez-vous : est-ce que je me compare à une personne réelle ou à une image ? »

« Quand vous minimisez une réussite, demandez-vous : est-ce que je dirais la même chose à un collègue qui vient de faire la même chose ? »

« Quand vous anticipez un échec, demandez-vous : est-ce une prédiction ou une peur ? »

Ces questions toutes simples ont commencé à créer un espace entre le stimulus et ma réaction automatique. Un espace de choix.

« Le syndrome de l'imposteur ne se combat pas en se répétant 'je suis compétent'. Il se déconstruit en voyant les mécanismes qui le nourrissent, et en choisissant, progressivement, d'autres façons de répondre. »

Ce que l'hypnose a réellement changé dans mon quotidien

Je ne vais pas vous vendre un conte de fées. Après cinq séances, je ne suis pas devenu un hyper-confiant qui ne doute jamais. Je doute encore. Mais la différence, c'est que je ne me confonds plus avec mes doutes.

Aujourd'hui, quand la voix de l'imposteur se manifeste, je l'entends. Je la reconnais. Et je peux lui répondre. Pas pour la faire taire, mais pour dialoguer avec elle.

Concrètement, ça donne quoi dans ma vie ?

Les réunions du lundi matin, par exemple. Avant, j'arrivais avec une boule au ventre, je parlais vite, je minimisais mes résultats, j'attendais qu'on me contredise. Maintenant, je prends une respiration avant de commencer. Je me rappelle que je suis là parce que j'ai des choses à dire. Que mon équipe a besoin que je sois solide, pas parfait.

Les entretiens individuels avec mon chef. Avant, j'encaissais les compliments sans les entendre. Maintenant, je les accueille. Je prends le temps de les laisser pénétrer. Je me dis : « Peut-être qu'il a raison. Peut-être que je fais du bon boulot. »

Les erreurs. Avant, une erreur déclenchait une spirale de dévalorisation qui pouvait durer des jours. Maintenant, je la regarde comme une information. « Qu'est-ce que j'apprends de ça ? Qu'est-ce que je peux ajuster ? » C'est tout. Ce n'est plus la preuve de mon incompétence fondamentale. C'est juste un point d'ajustement.

Le plus grand changement, c'est peut-être dans ma relation aux autres. Avant, j'étais en permanence sur la défensive. Je percevais chaque remarque comme une attaque, chaque question comme un test. Maintenant, je suis plus ouvert. Je peux dire « je ne sais pas » sans que ça devienne une confession d'échec. Je peux demander de l'aide sans avoir l'impression d'avouer une faiblesse.

Ironie du sort : depuis que je doute moins de ma légitimité, je suis devenu un meilleur manager. Mon équipe me le dit. Je suis plus présent, plus à l'écoute, moins dans le contrôle. Parce que je n'ai plus besoin de prouver constamment que je mérite ma place.

Et si votre imposteur n'était pas un problème à régler, mais une partie de vous à accueillir ?

C'est la chose la plus contre-intuitive que j'ai apprise, et pourtant la plus libératrice.

Pendant des années, j'ai essayé de chasser mon imposteur. De le combattre. De le nier. Je me répétais des affirmations positives, je listais mes réussites, je tentais de me convaincre que j'étais compétent. Et ça ne marchait jamais, parce qu'au fond, je restais en guerre contre une partie de moi-même.

L'hypnose m'a appris une autre voie : accueillir cette partie, l'écouter, comprendre ce qu'elle essayait de faire pour moi.

Quand j'ai vraiment écouté mon imposteur, j'ai découvert qu'il n'était pas mon ennemi. Il était un gardien qui avait pris son rôle trop au sérieux. Il me protégeait du rejet, de la honte, de la déception. Il avait été utile à un moment où j'avais besoin de me méfier des attentes des autres. Mais il continuait à appliquer une stratégie d'un autre temps.

En séance, Thierry m'a invité à dialoguer avec cette partie. Pas pour la faire taire, mais pour la remercier et lui demander de prendre un peu de recul. De me laisser essayer une autre façon de fonctionner.

C'était étrange, presque absurde sur le moment. Parler à une partie de moi-même comme si c'était une personne. Mais ça a fonctionné.

J'ai senti une détente dans ma poitrine, comme si quelque chose acceptait enfin de lâcher prise. Pas de disparaître, juste de se détendre un peu.

« La guérison du syndrome de l'imposteur ne passe pas par l'élimination du doute, mais par la transformation de notre relation à lui. On passe d'une lutte épuisante à un dialogue apaisé. »

Ce que j'aurais aimé savoir avant de commencer

Si je devais donner un conseil à quelqu'un qui se reconnaît dans ce que je viens de décrire, ce serait celui-ci : ne cherchez pas à arrêter de douter. Cherchez à comprendre ce que vos doutes disent de vous.

Le syndrome de l'imposteur n'est pas un défaut de personnalité. C'est souvent le signe d'une grande exigence envers soi-même. D'une capacité à voir ce qui pourrait être amélioré. D'une humilité qui, bien dosée, est une force.

Le problème, ce n'est pas le doute. C'est quand le doute devient la seule voix que vous écoutez. Quand il prend toute la place et vous empêche de voir la réalité de ce que vous êtes et de ce que vous faites.

L'hypnose ne m'a pas transformé en une personne différente. Elle m'a aidé à retrouver l'accès à des ressources que j'avais déjà, mais que je ne voyais plus. La capacité à relativiser. La possibilité d'accueillir un compliment. Le droit de faire des erreurs sans m'effondrer.

Aujourd'hui, quand je me présente devant mon comité de direction, je ressens encore un peu de stress. C'est normal, c'est humain. Mais je ne me sens plus imposteur. Je me sens légitime. Parce

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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