HypnoseConfiance Et Identite

Témoignage : « J'ai retrouvé confiance en moi après 5 séances d'hypnose »

L'histoire vraie d'une personne qui a vaincu son manque d'estime de soi.

TSThierry Sudan
24 avril 202613 min de lecture

La première fois que Julie (c’est un prénom d’emprunt) a poussé la porte de mon cabinet, elle avait le regard qui fuyait le mien. Pas par impolitesse. Par habitude. Elle est restée debout deux secondes de trop, comme si elle hésitait à s’asseoir, comme si elle n’était pas sûre d’avoir le droit d’être là. Je vois ça souvent. Les gens qui manquent de confiance en eux n’entrent pas dans une pièce : ils s’y glissent.

Julie avait 34 ans, un poste à responsabilités qu’elle occupait depuis trois ans, et une vie sociale qu’elle qualifiait elle-même de « minimale ». Elle venait me voir parce qu’elle en avait « marre de douter de tout ». Pas des grandes décisions existentielles, non. Des petites choses : répondre à un mail un peu ferme, dire non à un collègue, proposer un restaurant à des amis. Chaque micro-interaction était précédée d’un monologue intérieur épuisant : « Et si je dis une connerie ? », « Et s’ils pensent que je suis nulle ? », « Et si… ? »

Je lui ai demandé ce qu’elle attendait de l’hypnose. Elle a répondu : « J’aimerais juste arrêter de me sentir illégitime. » C’est une phrase que j’entends presque mot pour mot plusieurs fois par mois. Ce sentiment d’être une imposture, de ne pas mériter sa place, de devoir sans cesse prouver sa valeur pour ne pas être démasqué. Et ce qui est frappant, c’est que Julie était loin d’être une personne sans qualités. Elle était compétente, appréciée, intelligente. Mais ça, elle ne le voyait pas. Elle voyait uniquement ses failles, et elle les amplifiait.

On a fait cinq séances. Cinq. Pas quinze. Pas un suivi d’un an. Et je ne dis pas ça pour vendre du rêve ou promettre des résultats magiques en un claquement de doigts. Je le dis parce que c’est vrai pour elle, et que ça peut l’être pour d’autres, à condition de comprendre ce qui s’est vraiment joué dans ces séances. Parce que l’hypnose n’a pas « réparé » Julie. Elle a fait quelque chose de plus subtil, et de plus puissant : elle a débloqué ce qui était déjà là, mais inaccessible.

Dans cet article, je vais vous raconter ce qui s’est passé pour Julie, sans filtre ni promesse exagérée. Je vais vous expliquer pourquoi son manque de confiance s’était installé, comment l’hypnose ericksonienne a permis de lever les freins, et surtout, ce que vous pouvez faire dès maintenant, sans attendre une première séance, pour commencer à inverser la dynamique.

Pourquoi le manque de confiance ne vient jamais de nulle part

Avant d’entrer dans le vif des séances, il faut qu’on parle de ce qui se cache sous le symptôme. Parce que la confiance en soi, ce n’est pas une case à cocher ou un interrupteur qu’on actionne. C’est le résultat d’une accumulation d’expériences, de croyances et de messages intériorisés.

Pour Julie, l’origine était claire : une éducation où l’amour était conditionnel. Ses parents n’étaient pas maltraitants, loin de là. Mais ils étaient exigeants, et la reconnaissance ne venait que lorsqu’elle atteignait un objectif. Pas de note ? Pas de félicitations. Pas de place dans l’équipe ? Pas de valorisation. Elle a grandi avec l’idée que sa valeur dépendait de sa performance. Et comme la performance est toujours relative, elle n’était jamais assez. Le message s’est gravé : « Je ne suis aimable que si je réussis. » Et comme réussir est subjectif, elle s’est condamnée à une quête perpétuelle de validation extérieure.

Ce schéma s’est renforcé à l’âge adulte. Au travail, elle en faisait toujours plus que nécessaire, pour être sûre de ne pas être critiquée. Dans ses relations, elle s’effaçait pour ne pas déplaire. Et plus elle s’effaçait, moins elle se sentait exister. C’est un cercle vicieux classique : plus on doute, plus on compense, plus on s’épuise, plus on doute.

L’hypnose n’efface pas ce vécu. Elle ne fait pas comme si tout allait bien. Elle permet de remettre de l’ordre dans la façon dont ce vécu est stocké et activé. Parce que le problème de Julie, ce n’était pas son histoire. C’était la réaction automatique, involontaire, qu’elle avait développée face à cette histoire. Son cerveau avait appris à anticiper le danger social (rejet, jugement, humiliation) et à déclencher une réponse de fuite ou de paralysie. Le problème, c’est que ce système d’alarme était devenu trop sensible. Il sonnait pour tout, même pour une invitation à un café entre collègues.

Ce que Julie a découvert en séance, c’est que son manque de confiance n’était pas un défaut de fabrication. C’était une stratégie de protection qui avait survécu à son utilité.

C’est une nuance essentielle. Quand on comprend que son doute n’est pas une preuve d’incompétence, mais le symptôme d’un mécanisme ancien, on arrête de se juger. Et c’est souvent le premier vrai pas vers un changement durable.

Séance 1 : Planter le décor et désamorcer la peur de l’hypnose

La première séance avec Julie a duré une heure et demie. Je ne fais presque jamais d’hypnose formelle lors d’un premier rendez-vous, surtout quand la personne arrive avec un niveau de stress élevé. Pourquoi ? Parce que l’hypnose, ça ne se commande pas. Ça se propose. Et si la personne est en hypervigilance, elle ne pourra pas lâcher prise.

J’ai donc passé les trente premières minutes à parler. À poser des questions, à reformuler, à normaliser. Julie avait peur de « perdre le contrôle ». C’est la crainte numéro un des gens qui viennent pour la confiance en soi. Ironique, non ? Ceux qui ont l’impression de ne rien contrôler dans leur vie ont peur de perdre le peu qu’il leur reste. Je lui ai expliqué que l’hypnose ericksonienne, ce n’est pas un endormissement ni une soumission à la volonté du thérapeute. C’est un état de conscience modifié, hyper-éveillé, où on est plus présent à soi-même, pas moins. On n’obéit pas à des ordres. On explore.

Je lui ai proposé un petit exercice pour lui montrer : je lui ai demandé de fermer les yeux et de se souvenir précisément du trajet qu’elle avait fait pour venir. La couleur des voitures garées, le bruit du vent, l’odeur de la pluie. En quelques secondes, sa respiration a ralenti. Ses épaules sont descendues. Elle était déjà en état d’hypnose légère, sans même s’en rendre compte. Je lui ai dit : « Voilà. C’est ça. Vous venez de le faire. » Elle a ouvert les yeux, surprise. « C’est tout ? » Oui, c’est tout. Et c’est énorme.

La première séance a surtout servi à installer une relation de confiance et à poser un cadre. On a identifié ensemble les situations précises où son manque de confiance se manifestait. Pas des généralités (« je suis nulle »), mais des scènes concrètes : la réunion du lundi matin, le moment où elle doit prendre la parole, la sensation de chaleur dans la poitrine, la gorge serrée, les mots qui se coincent. On a cartographié son expérience. Et à la fin de la séance, je lui ai donné un petit enregistrement audio de 7 minutes, une induction douce pour qu’elle puisse s’entraîner chez elle, sans pression.

Séance 2 : La rencontre avec la partie qui doute

La deuxième séance, Julie est arrivée avec un sourire timide mais un peu plus présent. Elle avait écouté l’audio trois fois. La première, elle s’était endormie. La deuxième, elle avait pleuré sans savoir pourquoi. La troisième, elle avait senti une détente musculaire qu’elle n’avait pas connue depuis des semaines. Je lui ai dit que tout ça était normal. L’hypnose, ça remue parfois des choses qu’on avait enfouies, non pas parce qu’elles sont dangereuses, mais parce qu’elles étaient simplement trop lourdes à porter seules.

Cette séance, j’ai utilisé une approche qui me tient particulièrement à cœur et que j’intègre souvent à mon travail : l’IFS, ou Internal Family Systems. En gros, l’idée c’est qu’on n’est pas un bloc monolithique. On est composé de plusieurs « parties » en nous, parfois en conflit. Il y a une partie qui veut avancer, une partie qui protège, une partie qui critique, une partie qui a peur. Et souvent, la partie qui nous fait douter, celle qui nous dit « tu n’y arriveras pas », n’est pas une ennemie. C’est une protectrice qui a pris un rôle trop lourd.

J’ai guidé Julie en hypnose pour qu’elle entre en contact avec cette voix intérieure qui lui répétait « tu n’es pas assez bien ». Je lui ai demandé de lui donner une forme, une couleur, un âge. Elle a vu une petite fille d’environ 8 ans, assise seule sur un banc, les jambes qui pendent. Elle avait les épaules rentrées, exactement comme Julie quand elle était arrivée la première fois. Cette petite fille ne disait rien. Elle attendait. Elle attendait qu’on la rassure.

Julie a pleuré. Pas de tristesse violente, plutôt une reconnaissance. Elle a compris que cette partie d’elle n’était pas une faiblesse à éliminer, mais une enfant qui avait besoin d’être entendue. On a passé du temps à dialoguer avec elle, à lui dire qu’elle pouvait lâcher son poste de gardienne, que Julie adulte était là, qu’elle pouvait assurer. C’est un moment clé : quand on arrête de lutter contre la partie qui doute, elle cesse de s’agripper. Elle se détend.

Séance 3 : La réunion du lundi matin

La troisième séance, on a travaillé sur une situation précise : la réunion du lundi matin. C’était le moment de la semaine où Julie était la plus en souffrance. Elle passait le dimanche soir à ruminer, à préparer mentalement ce qu’elle allait dire, à anticiper les objections. Le lundi matin, elle arrivait 20 minutes en avance, choisissait une place discrète, et passait la première demi-heure à espérer qu’on ne l’interroge pas. Quand elle devait parler, sa voix devenait plus aiguë, ses phrases plus longues, moins claires. Elle avait l’impression que tout le monde voyait qu’elle était « en train de faire semblant ».

En hypnose, on a revisité cette scène. Pas pour la revivre douloureusement, mais pour la rejouer autrement. Je lui ai proposé de se projeter dans la réunion, mais cette fois en observateur, comme si elle regardait un film. Elle a vu Julie assise, tendue. Puis je lui ai demandé de modifier un détail : la couleur de la lumière, la température de la pièce, la position de son corps. Ensuite, je lui ai demandé d’ajouter une ressource. Elle a choisi un souvenir : un moment où elle s’était sentie forte, calme, compétente. Un jour où elle avait aidé une amie à résoudre un problème complexe. On a ancré cette sensation, ce sentiment de « je sais quoi faire », et on l’a intégrée à la scène de la réunion.

À la fin de la séance, je lui ai demandé d’imaginer qu’elle entrait dans la salle de réunion avec cette ressource. Elle a souri. « C’est bizarre, j’ai moins peur. » Ce n’est pas bizarre. C’est le principe de la restructuration cognitive, mais en passant par le corps et l’imaginaire, qui sont plus puissants que la simple volonté. On ne se dit pas « je dois être confiante ». On expérimente la confiance dans un état où le cerveau ne fait plus la différence entre le réel et l’imaginaire.

Séance 4 : Le test en conditions réelles

Entre la troisième et la quatrième séance, il s’est passé quelque chose d’important. Julie a vécu sa réunion du lundi matin. Pas parfaitement, mais différemment. Elle a parlé deux fois. Une fois pour donner un avis, une fois pour poser une question. Elle a senti sa gorge se serrer au début, mais elle a respiré, et la sensation est passée. Personne ne l’a regardée bizarrement. Personne n’a roulé des yeux. Elle n’a pas été démasquée. Elle a juste été une collègue qui s’exprime.

Elle m’a raconté ça avec une sorte d’étonnement, comme si elle avait réussi un tour de magie. Mais ce n’était pas de la magie. C’était le résultat d’un travail de préparation mentale, exactement comme celui que je fais avec des sportifs avant une compétition. Julie avait répété mentalement, en hypnose, la scène qu’elle redoutait. Elle avait désamorcé l’alarme. Et le jour J, son cerveau n’a pas activé la peur de la même manière.

Cette séance, on a consolidé. On a travaillé sur le sentiment d’illégitimité, qui était plus profond. Je lui ai proposé un exercice d’hypnose où elle devait visualiser son propre « comité intérieur » : les voix qui la jugeaient, qui la comparaient, qui lui disaient qu’elle n’avait pas le droit d’être là. Et on a invité une nouvelle voix : celle d’un mentor bienveillant. Elle a choisi une ancienne professeure qui avait cru en elle. On a laissé cette voix prendre plus de place.

À ce stade, Julie m’a dit une phrase que je n’oublierai pas : « Je commence à croire que je peux avoir confiance, même si je ne suis pas parfaite. » C’est exactement ça. La confiance n’est pas l’absence de doute. C’est la capacité à agir malgré le doute.

Séance 5 : L’intégration et la suite

La cinquième séance, on ne l’a pas consacrée à un nouveau problème. On a fait le point. Julie allait mieux, mais elle n’était pas « guérie ». Parce qu’on ne guérit pas d’un manque de confiance comme d’une grippe. On apprend à vivre avec, à l’apprivoiser, à ne plus lui donner le volant.

Elle m’a dit qu’elle s’était inscrite à un cours de théâtre d’improvisation. Quelque chose d’impensable trois mois plus tôt. Elle avait encore des appréhensions, mais elle les accueillait sans se laisser paralyser. Elle avait compris que la peur n’était pas une interdiction, juste une information.

On a fait une séance d’hypnose orientée vers l’avenir. Je lui ai demandé de se projeter dans six mois, et de se voir vivre sa vie avec cette nouvelle confiance. Pas une confiance absolue, arrogante. Juste une confiance tranquille, celle qui permet de se tromper, de dire une bêtise, de rire de soi, et de continuer. Elle a vu une femme qui osait donner son avis en réunion, qui disait non à un collègue sans culpabiliser, qui proposait un restaurant sans craindre que ce soit nul. Rien d’extraordinaire. Juste la vie normale d’une personne qui s’autorise à être imparfaite.

Avant de partir, je lui ai donné un conseil qu’elle a noté sur son téléphone : « Chaque jour, trouve une micro-occasion de sortir de ta zone de confort. Un mot à un inconnu, un avis exprimé, un compliment reçu sans le minimiser. » Ce sont les petits cailloux qui construisent le chemin.

Ce que l’hypnose a vraiment changé chez Julie

Alors, concrètement, qu’est-ce qui a changé ? Est-ce que Julie est devenue une superwoman qui prend la parole en public sans trembler ? Non. Elle tremble encore un peu parfois. Mais la différence, c’est qu’elle ne se définit plus par son tremblement. Avant, elle était « la personne qui manque de confiance ». Maintenant, elle est « une personne qui, parfois, doute, mais qui agit quand même ».

Le vrai changement, il est dans la relation qu’elle entretient avec elle-même. Avant, elle était son propre juge le plus sévère. Maintenant, elle est

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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