3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Le récit d'une renaissance après des années de blocage.
Il y a quelques mois, un homme est entré dans mon cabinet. La quarantaine, le regard fuyant, les épaules légèrement tombantes. Il s’est assis, a sorti un carnet de sa poche, l’a reposé, puis l’a repris. Ce petit manège a duré quelques secondes avant qu’il ne lâche, d’une voix à peine audible : « Je n’ose plus rien commencer. Même choisir une bouteille d’eau au supermarché me prend vingt minutes. Alors alors, lancer un projet professionnel, c’est devenu impossible. »
Je l’ai écouté. Il s’appelle Julien (j’ai changé son prénom, comme je le fais toujours). Et son histoire, je l’ai entendue des dizaines de fois, sous des formes différentes. Des gens coincés dans une boucle : ils veulent, mais un truc les retient. Une main invisible sur l’épaule qui dit « non, pas maintenant », « et si ça foire ? », « tu n’es pas assez prêt ». Ce n’est pas de la flemme, ni un manque de motivation. C’est un blocage.
Dans cet article, je vais te raconter comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle ont permis à Julien de redevenir acteur de sa vie. Pas un miracle, pas une baguette magique. Un chemin. Et si tu te reconnais dans cette impossibilité à démarrer quoi que ce soit, peut-être que ce récit t’offrira une piste à explorer.
« Le plus dur n’est pas de faire. Le plus dur, c’est d’oser faire. Et l’oser, ça se travaille. »
Julien n’avait pas toujours été comme ça. Il y a dix ans, il montait une boîte de conseil en marketing digital. Ça marchait bien. Puis un client important l’a traîné en justice pour une clause abusive (il avait raison, mais il n’avait pas pris d’avocat). Il a perdu le procès, perdu des clients, perdu confiance. Il a fermé la boîte. Et depuis, chaque fois qu’une idée germait – un nouveau site, une formation, même un projet de rénovation chez lui –, il la laissait pourrir.
Je lui ai demandé ce qui se passait dans sa tête à ce moment-là. Il m’a répondu : « C’est comme si un petit juge s’installait dans ma tête. Il me dit : “Tu vas te planter, tu n’as pas les compétences, souviens-toi de la dernière fois.” » Ce petit juge, c’est ce que j’appelle une partie de lui. En IFS, on dirait que c’est une partie protectrice, qui a pris le pouvoir pour l’empêcher de revivre une souffrance. Sauf qu’elle a confondu « éviter le danger » avec « éviter la vie ».
Le problème, c’est que ce mécanisme s’auto-alimente. Plus tu ne commences pas, plus tu te prouves que tu ne peux pas commencer. Plus tu restes immobile, plus l’immobilité devient une habitude. Le cerveau aime les routines, même les routines qui font mal. La peur de l’échec devient une prophétie autoréalisatrice. Tu n’oses pas parce que tu as peur, et tu as peur parce que tu n’oses pas.
Mais il y a une différence entre ne pas pouvoir et ne pas oser. Julien pouvait lancer des projets. Il avait les compétences, l’expérience, les contacts. Ce qui manquait, c’était l’autorisation intérieure de se tromper. Et ça, ce n’est pas une compétence technique. C’est une question de relation à soi.
Quand Julien est venu me voir, il était sceptique. « L’hypnose, c’est pour arrêter de fumer, non ? » m’a-t-il demandé. Je lui ai souri. « C’est aussi pour arrêter de douter. »
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, ne consiste pas à endormir les gens ou à leur faire faire des choses contre leur gré. C’est un état de conscience modifié, hypervigilant, où le mental critique ralentit et où l’inconscient devient plus réceptif aux suggestions. Milton Erickson, son fondateur, disait que chaque personne a déjà en elle les ressources nécessaires pour guérir. L’hypnose ne fait que les révéler.
La première séance avec Julien, je ne lui ai pas parlé de ses blocages. Je lui ai demandé de se souvenir d’un moment où il s’était senti capable. Il a fermé les yeux, un peu gêné. Puis il a dit : « Quand j’ai appris à faire du vélo. J’avais six ans. Mon père lâchait la selle et je pédalais tout seul. J’avais peur, mais j’étais fier. »
Je l’ai invité à revivre cette scène en détail : le soleil sur sa nuque, le bruit des graviers sous les roues, la voix de son père qui criait « Tiens bon ! ». Puis, par des suggestions indirectes, j’ai associé cette sensation de fierté et de réussite à son projet actuel. « Et si ce même élan, tu pouvais le retrouver aujourd’hui, pour ce que tu veux commencer ? »
L’hypnose a fait son office. Julien a senti une détente dans sa poitrine. Il m’a dit plus tard : « C’était con, mais j’ai eu envie de sourire. Comme si une petite lumière s’allumait. » Ce n’était pas la fin de son blocage, mais c’était le début d’une brèche.
« L’hypnose ne supprime pas le problème. Elle te montre que tu as une autre clé dans ta poche. »
Une fois la brèche ouverte, il fallait aller voir qui habitait dans la maison intérieure de Julien. L’IFS (Internal Family Systems), développé par Richard Schwartz, repose sur une idée simple : notre psyché est composée de multiples « parties », comme une famille intérieure. Certaines sont protectrices (elles nous évitent la douleur), d’autres sont exilées (elles portent des blessures anciennes). Il y a aussi un Self – une partie centrale, calme, curieuse, confiante – qui peut harmoniser le tout.
Julien avait une partie très active qu’on a appelée le Gardien. C’était celle qui disait : « Ne commence pas. Tu vas te brûler. » En IFS, on n’essaie pas de la faire taire. On l’écoute. Je lui ai demandé, en hypnose légère, de dialoguer avec cette partie.
« Qu’est-ce que tu fais pour Julien, Gardien ? » « Je le protège. Il a déjà trop souffert. S’il ne commence rien, il ne peut pas échouer. » « Et toi, qu’est-ce que tu ressens quand tu fais ça ? » « Je suis fatigué. Très fatigué. Mais c’est mon boulot. »
Cette révélation a été un tournant. Julien a réalisé que son blocage n’était pas un ennemi. C’était un gardien épuisé, qui avait pris son rôle trop au sérieux. En le remerciant, en lui disant « Je comprends que tu veuilles me protéger, mais maintenant je suis adulte, je peux gérer l’échec », la partie a lâché prise. Pas complètement, mais suffisamment pour que Julien puisse respirer.
Ensuite, on a rencontré le Perfectionniste. Lui, il exigeait que tout soit parfait avant de commencer. « Il faut un business plan de 50 pages, une validation externe, une garantie de succès. » Julien a ri en disant : « En fait, je n’ai jamais rien commencé parce que rien n’était jamais assez prêt. » On a travaillé avec cette partie pour qu’elle accepte l’idée de « suffisamment bon » plutôt que « parfait ». Un petit pas, puis un autre.
L’IFS, c’est un peu comme faire le ménage dans sa tête. On ne jette pas tout. On trie, on range, on remercie les vieux meubles qui nous ont protégés. Et on fait de la place pour du neuf.
Julien avait un problème avec l’échec. Pour lui, échouer signifiait « je suis nul ». C’est ce qu’on appelle une identité fixe. En Intelligence Relationnelle, on distingue les faits des interprétations. Un échec, c’est juste un résultat non attendu. Rien de plus. Mais Julien en faisait une condamnation de sa valeur personnelle.
Je lui ai proposé un exercice simple : chaque fois qu’il avait une pensée du type « je vais me planter », il devait se demander : « Est-ce que c’est un fait ou une peur ? » Puis reformuler : « Je n’ai pas encore réussi cette étape, mais je peux essayer autrement. »
Ça paraît banal, mais c’est puissant. Parce que ça déplace le regard de l’identité (« je suis nul ») vers le comportement (« j’ai échoué sur cette action »). Et un comportement, ça se change. Une identité, c’est plus dur.
On a aussi travaillé sur son rapport aux autres. Julien avait peur du regard des autres. « Si j’échoue, les gens vont penser que je suis un loser. » Je lui ai demandé : « Est-ce que tu penses que les autres passent leur temps à t’observer en attendant que tu tombes ? » Il a souri. « Non, ils sont trop occupés à penser à eux-mêmes. »
L’Intelligence Relationnelle, c’est apprendre à se désidentifier des jugements imaginaires. C’est réaliser que la plupart des critiques qu’on anticipe viennent de notre propre voix intérieure, pas des autres. Et que même si les autres jugent, ce n’est pas une raison pour renoncer à ce qui compte pour soi.
« Le regard des autres est un miroir déformant. Il ne reflète que nos propres peurs. »
Après quatre séances (deux d’hypnose, une d’IFS, une d’Intelligence Relationnelle), Julien est arrivé un matin avec un sourire. « J’ai fait un truc. » Il avait ouvert un compte sur une plateforme de freelancing. Pas pour trouver des clients, juste pour créer un profil. « Ça a pris vingt minutes. Mais je l’ai fait. »
Pour toi, ça peut sembler anodin. Pour Julien, c’était un tremblement de terre intérieur. Son Gardien avait crié, son Perfectionniste avait râlé (« ton profil est nul »), mais il avait tenu bon. Il avait utilisé la technique que je lui avais donnée : « Je peux faire un profil imparfait. Ce n’est pas la mort. »
Ensuite, il a fait un deuxième pas : il a postulé à une mission. Pas la mission de ses rêves, une petite mission de rédaction web. Il n’a pas été pris. Et là, surprise : il n’a pas sombré. Il s’est dit : « OK, c’est un refus. Je peux postuler ailleurs. » C’était la première fois depuis des années qu’il encaissait un échec sans s’effondrer.
Le déclic, ce n’est pas le grand saut. C’est le premier pas. Et ce premier pas, Julien ne l’a pas fait parce qu’il était guéri. Il l’a fait parce qu’il avait appris à tolérer l’inconfort. L’hypnose lui avait donné un espace de calme intérieur. L’IFS lui avait permis de désamorcer la pression de ses parties protectrices. L’Intelligence Relationnelle lui avait offert une nouvelle grille de lecture pour l’échec.
Aujourd’hui, Julien ne court pas encore le marathon. Mais il marche. Il a lancé un blog (avec trois articles, pas cinquante), il a repris contact avec d’anciens clients, et il envisage de créer une micro-entreprise. Pas avec un business plan de 50 pages. Avec un carnet et un stylo, et l’idée que « commencer, c’est déjà gagner ».
Il serait malhonnête de ma part de te vendre un tableau idyllique. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne te donneront pas une motivation en poudre. Elles ne feront pas disparaître tes peurs en un claquement de doigts.
Ces approches demandent un engagement. Tu ne viens pas une fois et tu repars guéri. Tu viens, tu travailles, tu expérimentes, tu échoues parfois, et tu recommences. C’est un entraînement, pas une opération chirurgicale.
Mais ce qu’elles font – et c’est immense –, c’est qu’elles te redonnent le choix. Avant, Julien était en pilotage automatique : peur → blocage → inaction. Maintenant, il a une pause entre le stimulus et la réponse. Et dans cette pause, il peut décider. Il peut dire : « J’ai peur, mais je commence quand même. »
« La liberté, ce n’est pas de ne pas avoir peur. C’est d’agir malgré la peur. »
Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est sans doute que quelque chose dans ce récit t’a parlé. Peut-être que toi aussi, tu as une partie qui te retient de commencer. Un projet qui traîne dans un tiroir, une idée que tu n’oses pas lancer, un pas que tu n’arrives pas à franchir.
Je ne vais pas te dire de « lâcher prise » ou de « croire en toi ». Ces conseils sont souvent vides. Je vais te proposer une chose concrète, que tu peux faire maintenant, sans attendre :
Prends un carnet et écris une phrase qui commence par : « Si je n’avais pas peur, je… »
Ne réfléchis pas. Écris ce qui vient. Même si c’est « je ferais le tour du monde » ou « je demanderais une augmentation » ou « je rangerais mon garage ». Cette phrase, c’est ton désir brut, sans le filtre du Gardien ou du Perfectionniste.
Ensuite, choisis une micro-action, tellement petite qu’elle te paraît ridicule. Par exemple : « Je vais ouvrir un document Word et écrire le titre. » Ou « Je vais chercher le numéro de téléphone de cette personne. » Ou « Je vais m’asseoir cinq minutes sur ma chaise de bureau sans rien faire. » Fais-le dans les 24 heures. Pas besoin que ce soit parfait. Pas besoin que ce soit réussi. Il faut juste que ce soit commencé.
Et si tu sens que le blocage est trop fort, trop ancien, trop ancré, sache que tu n’es pas seul à le vivre. Des gens comme Julien viennent me voir, et ils repartent avec un peu plus de légèreté. Pas parce que je suis spécial, mais parce qu’ils ont osé demander de l’aide.
Je ne promets pas que tout ira mieux demain. Mais je te promets que si tu commences par un petit pas, tu auras déjà gagné quelque chose : l’expérience de commencer. Et ça, personne ne pourra te l’enlever.
Si tu veux en parler, je suis là. Un appel, un mail, une séance. Pas de pression. Juste une main tendue. Parce que, comme le disait Julien après notre dernière séance : « Le plus dur, c’est d’oser appeler. Mais une fois que tu l’as fait, tu te demandes pourquoi tu as attendu si longtemps. »
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17)
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À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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