3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Apprenez à désarmer cette voix intérieure qui vous rabaisse sans cesse.
Vous la reconnaissez ? Cette petite voix qui vous glisse : « Tu n’aurais pas dû dire ça », « T’es vraiment nul(le) sur ce coup-là », « Les autres, ils y arrivent, eux ». Parfois c’est un murmure, parfois un véritable coup de poing dans le ventre. Elle commente tout ce que vous faites, juge, compare, et trouve toujours quelque chose à redire. Vous avez l’impression d’avoir un colocataire toxique dans la tête, quelqu’un qui ne lâche jamais le morceau.
Si vous lisez ces lignes, c’est probablement que ce critique intérieur vous épuise. Qu’il vous vole votre énergie, votre confiance, et parfois même votre envie d’essayer des choses nouvelles. Vous n’êtes pas seul(e). Des dizaines de personnes que je reçois à Saintes me décrivent exactement la même chose : cette voix qui les empêche d’avancer, qui les paralyse avant un entretien, qui les réveille la nuit en ressassant une conversation vieille de trois ans.
Alors, est-ce qu’on peut vraiment faire taire ce critique ? Avec l’hypnose ericksonienne et l’IFS (le « travail sur les parties »), oui. Et je vais vous montrer comment, pas à pas. Pas de promesse magique : vous n’allez pas devenir quelqu’un de parfait du jour au lendemain. Mais vous allez pouvoir reprendre le contrôle, et peut-être même transformer ce tyran intérieur en allié.
Avant de chercher à faire taire votre critique intérieur, il faut comprendre d’où il sort. Parce que non, vous n’êtes pas « né(e) comme ça ». Cette voix s’est construite, souvent très tôt, comme un mécanisme de protection.
Imaginez un enfant. Disons que vous avez 6 ou 7 ans. Vous rapportez un dessin de l’école, tout fier. Un adulte vous dit : « C’est bien, mais tu aurais pu mieux faire, non ? » Ou alors vous renversez un verre à table, et on vous lance : « Fais attention, tu es vraiment maladroit(e) ! » Rien de méchant en apparence. Mais ces petites phrases, répétées, créent une empreinte. Votre cerveau d’enfant enregistre : « Pour être aimé(e), pour être en sécurité, je dois être parfait(e), ne pas décevoir, ne pas faire d’erreur. »
Avec le temps, cette logique s’intériorise. Vous n’avez plus besoin que quelqu’un d’extérieur vous critique : vous le faites vous-même, avant les autres. C’est ce qu’on appelle le « critique intérieur ». En psychologie, on le rattache parfois au concept de « super-ego » ou de « voix parentale intériorisée ». Mais en IFS — l’approche que j’utilise régulièrement — on appelle ça une « partie protectrice ». Une partie de vous qui a été créée pour vous éviter de souffrir.
Le critique intérieur n’est pas votre ennemi. C’est une partie de vous qui a appris, à un moment de votre vie, qu’en étant sévère, elle vous protégeait du rejet ou de l’échec.
Le problème, c’est que cette protection est devenue un tyran. Elle ne s’arrête jamais. Elle ne fait pas la différence entre une situation où un peu d’autocritique est utile (pour apprendre, pour s’améliorer) et un quotidien où elle vous mine. Résultat : vous êtes en hypervigilance permanente. Vous anticipez l’échec, vous vous préparez à la critique, et vous finissez par ne plus oser rien tenter.
Je vois ça souvent chez les sportifs que j’accompagne en préparation mentale. Un coureur qui se dit : « Je suis trop lent, je n’arriverai jamais à mon objectif » va inconsciemment freiner son effort. Son critique intérieur l’a déjà fait perdre avant même le départ. Chez les adultes en souffrance que je reçois à Saintes, c’est pareil : cette voix les empêche de postuler à un emploi, de s’affirmer en couple, ou simplement de profiter d’un moment de repos sans culpabiliser.
J’entends souvent : « J’ai essayé de me répéter que je suis capable, que je vaux quelque chose… ça ne marche pas. » Et vous avez raison. Les affirmations positives, les mantras, les « je suis fort(e), je suis beau/belle » devant le miroir… ça peut donner un coup de boost temporaire, mais ça ne désarme pas le critique.
Pourquoi ? Parce que votre critique intérieur n’est pas une simple croyance superficielle. C’est une partie de vous profondément ancrée, souvent liée à des souvenirs, des émotions, et même des sensations physiques. Lui dire le contraire en surface, c’est comme essayer d’éteindre un incendie avec un vaporisateur d’eau : ça ne touche pas le foyer.
L’hypnose ericksonienne, elle, agit différemment. Elle ne cherche pas à combattre la voix critique, mais à la contourner. Milton Erickson, le père de cette approche, disait que l’inconscient est comme un jardin : on ne peut pas forcer une plante à pousser en tirant sur ses feuilles. On prépare le terrain, on apporte les nutriments, et on laisse le changement se faire naturellement.
Concrètement, en séance, on va créer un état de conscience modifié — cet état que vous connaissez sans le savoir : quand vous êtes absorbé(e) par un film, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet. Dans cet état, votre mental critique ralentit. La partie « juge » de votre cerveau lâche un peu prise. Et on peut alors dialoguer autrement avec cette voix.
L’IFS (Internal Family Systems) va encore plus loin. Au lieu de considérer votre critique comme un problème à éliminer, on va l’écouter. Oui, vous avez bien lu. On va lui demander ce qu’il veut, ce qu’il craint, ce qu’il essaie de protéger. Et souvent, la réponse est surprenante. Il ne veut pas votre malheur. Il veut votre sécurité. Simplement, il a une méthode tellement rigide qu’elle vous étouffe.
Prenons un exemple. Je reçois un jour un homme d’une quarantaine d’années, cadre commercial. Son critique intérieur est impitoyable : « Tu es nul, tu n’aurais pas dû signer ce client, tu aurais pu mieux négocier, les autres te jugent. » Il a tout essayé : coaching, livres de développement personnel, méditation. Rien n’y fait. En hypnose, on va rencontrer cette partie critique. On découvre qu’elle est apparue à l’adolescence, après un échec scolaire cuisant. À l’époque, son père lui avait dit : « Si tu ne te secoues pas, tu finiras à rien. » La partie critique s’est formée pour le « secouer », pour qu’il ne revive jamais cette honte. Problème : aujourd’hui, à 40 ans, il est déjà très performant. Mais cette partie continue de fonctionner comme s’il avait 15 ans.
En reconnaissant son rôle et en le remerciant pour sa protection (oui, ça peut sembler étrange), on peut ensuite lui demander de prendre un peu de recul. De laisser la place à d’autres parties de lui : la confiance, la bienveillance, la liberté. Et ça marche. Pas en un claquement de doigts, mais progressivement, séance après séance.
C’est une nuance importante. Je ne vais pas vous promettre que vous n’entendrez plus jamais cette voix. Ce serait illusoire et même contre-productif. Le critique intérieur, quand il est modéré, peut être utile. Il vous aide à vous remettre en question, à ajuster votre comportement, à progresser. Le problème, c’est quand il devient le seul micro dans la pièce.
L’hypnose ericksonienne va permettre de « baisser le volume ». Littéralement. En séance, je guide parfois les personnes à imaginer un bouton de volume pour cette voix. On commence à 10 (le critique qui hurle), on descend à 7, puis à 5. On peut même lui donner une tonalité différente : une voix grave et sévère qui devient soudain une voix de dessin animé, ou un personnage exagéré. Quand vous entendez votre critique dire « Tu es nul(le) » avec la voix de Mickey, il perd beaucoup de son pouvoir.
Mais au-delà du volume, on va aussi changer le contenu. Parce que le critique ne dit pas n’importe quoi. Il répète souvent des phrases qu’on a entendues, des scénarios qu’on a imaginés. En hypnose, on peut « réécrire » ces scénarios. On peut remplacer une phrase comme « Je ne suis pas à la hauteur » par « Je fais de mon mieux avec ce que j’ai aujourd’hui ». Et surtout, on va ancrer cette nouvelle phrase dans le corps, dans la sensation.
Car c’est là que l’hypnose est puissante : elle ne travaille pas seulement avec les mots, mais avec les sensations. Vous pouvez savoir intellectuellement que vous êtes compétent(e). Mais si votre corps se crispe, si votre ventre se serre, si votre respiration devient courte, votre cerveau n’y croit pas. L’hypnose permet de détendre ces tensions, de créer un état de calme intérieur où le critique n’a plus de prise.
Quand le corps se détend, le critique se tait. Pas parce qu’on l’a vaincu, mais parce qu’il n’a plus de raison de crier : la menace perçue a disparu.
Un exemple concret : une femme que j’accompagne pour un problème de confiance au travail. Son critique lui répète sans cesse : « Tu vas te planter en réunion, tout le monde va voir que tu ne maîtrises pas ton sujet. » En hypnose, on va l’amener à visualiser la réunion, mais en modifiant les éléments. On ajoute une lumière chaude, on change la couleur des murs, on imagine ses collègues avec des oreilles de lapin. Son corps, d’abord tendu, se détend. Elle sourit. Et dans cet état, elle peut prononcer sa phrase sans que le critique ne l’interrompe. Ensuite, on ancre cette sensation de légèreté dans un geste (par exemple, toucher son poignet). Dehors, quand le critique revient, elle peut utiliser ce geste pour retrouver l’état de calme. Pas à chaque fois, mais de plus en plus souvent.
L’IFS, que j’intègre souvent dans mes séances d’hypnose, apporte une clé de compréhension fascinante : votre critique intérieur n’est pas une entité unique. C’est une « partie » de vous. Et comme toute partie, elle a une intention positive. Oui, même celle qui vous dit que vous êtes nul(le).
En IFS, on distingue plusieurs types de parties protectrices. Le critique peut être un « manager » : il anticipe, il planifie, il vous pousse à être parfait pour éviter les problèmes. Il peut aussi être un « pompier » : il surgit en cas de crise pour éteindre le feu émotionnel, parfois avec des comportements extrêmes (vous rabaisser encore plus pour vous « préparer au pire »).
Mais derrière ce manager ou ce pompier, il y a souvent une partie plus vulnérable. Une partie qui a été blessée. Par exemple, un enfant intérieur qui a vécu un rejet, une humiliation, un sentiment d’abandon. Le critique s’est construit pour protéger cet enfant. Pour qu’il ne soit plus jamais exposé à cette souffrance.
Si vous ne voyez que le critique, vous luttez contre un gardien. Si vous voyez l’enfant derrière, vous pouvez commencer à guérir. Et c’est là que l’hypnose est précieuse : elle permet d’accéder à cet état de conscience où vous pouvez dialoguer avec ces parties, sans être submergé(e) par elles.
Je me souviens d’un footballeur amateur que j’ai suivi. Son critique était violent : « Tu es un imposteur, tu n’as pas le niveau, tu vas faire perdre l’équipe. » En séance, on a rencontré cette partie critique. Elle s’est présentée comme un entraîneur sévère, en survêtement, les bras croisés. On lui a demandé ce qu’elle voulait. Elle a répondu : « Qu’il ne souffre pas. Qu’il ne soit pas ridiculisé comme à 12 ans, quand il a raté un penalty décisif et que tout le stade s’est moqué de lui. » Cette partie protégeait encore cet enfant de 12 ans. Une fois reconnue et remerciée, elle a accepté de prendre un rôle plus mesuré : celui d’un entraîneur bienveillant, qui corrige sans détruire.
Vous voulez un avant-goût de ce qu’on fait en séance ? Voici un petit exercice que vous pouvez essayer chez vous. Il ne remplace pas un accompagnement personnalisé, mais il vous donnera une idée de la façon dont on peut commencer à désarmer le critique.
Installez-vous confortablement, dans un endroit calme. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes. Laissez votre ventre se détendre à l’expiration.
Imaginez maintenant que votre critique intérieur est une personne, ou une forme, assise en face de vous. Observez-la. Quelle tête a-t-elle ? Quelle voix ? Quelle posture ? Ne cherchez pas à la chasser. Juste, observez.
Puis, mentalement, dites-lui : « Je te vois. Je sais que tu es là pour me protéger. Merci. » Vous pouvez ressentir de la résistance, c’est normal. Continuez à respirer.
Maintenant, demandez-lui : « De quoi as-tu peur ? Qu’est-ce qui se passerait si je n’écoutais plus ta voix ? » Écoutez la réponse, sans jugement. Peut-être que la peur est celle de l’échec, du rejet, de l’abandon. Accueillez cette peur.
Enfin, imaginez que vous pouvez créer un espace de sécurité autour de vous. Un cercle de lumière, ou une bulle. Dans cet espace, le critique peut se reposer. Il n’a plus besoin de veiller. Vous pouvez lui dire : « Repose-toi. Je gère maintenant. »
Rouvrez les yeux doucement. Notez ce que vous avez ressenti. Surprise ? Soulagement ? Gêne ? Tout est OK.
Cet exercice, c’est une porte d’entrée. Il montre que vous n’êtes pas votre critique. Vous êtes celui/celle qui l’observe. Et quand vous observez, vous reprenez le pouvoir.
Je veux être clair : l’hypnose ericksonienne et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vont pas effacer votre passé. Elles ne vont pas faire disparaître votre critique intérieur en une séance. Et si vous attendez une transformation instantanée, vous risquez d’être déçu(e).
Ce qu’elles font, c’est vous donner des outils. Elles modifient votre relation à cette voix. Au lieu de la subir, vous apprenez à l’écouter, à la comprendre, et à lui fixer des limites. C’est un processus. Certaines personnes ressentent un soulagement dès la première séance. D’autres ont besoin de plusieurs rendez-vous pour que le changement s’ancre. Et c’est normal.
Ce que l’hypnose ne fait pas non plus, c’est vous rendre « parfait(e) » ou immunisé(e) contre les critiques extérieures. Vous continuerez à recevoir des feedbacks, à vivre des échecs, à douter parfois. La différence, c’est que vous ne serez plus anéanti(e) par ces événements. Vous pourrez les traverser avec plus de légèreté, en sachant que votre valeur ne dépend pas d’une performance ou d’un jugement.
Je reçois parfois des personnes qui me disent : « Je veux que mon critique disparaisse complètement. » Je leur réponds : « Et si on commençait par en faire un allié plutôt qu’un ennemi ? » Parce qu’un critique qui devient un coach intérieur, c’est incroyablement puissant. Il vous pousse à vous dépasser, mais sans vous écraser.
Votre critique intérieur vous a pourri la vie pendant des années, peut-être des décennies. Il vous a volé des opportun
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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