3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre ce besoin et le remplacer par une affirmation saine.
« Désolé… » Ce mot, vous le prononcez machinalement, parfois sans même vous en rendre compte. Vous bousculez quelqu’un dans la rue ? « Désolé. » Vous posez une question simple à un collègue ? « Désolé de vous déranger. » Vous exprimez un besoin légitime, comme prendre un jour de congé ? « Désolé, je sais que c’est embêtant, mais… » Et si personne n’est en cause, vous vous excusez d’exister, d’occuper de l’espace, de respirer un peu trop fort.
J’ai reçu Paul il y a quelques mois. La quarantaine, cadre commercial, il réussissait professionnellement, mais il me disait : « Thierry, je passe ma vie à me faire tout petit. Quand je dis “désolé”, ce n’est pas pour une erreur, c’est pour tout. Pour parler, pour être vu, pour avoir une opinion. » Paul vivait dans une tension permanente, comme s’il devait constamment demander la permission d’être là. Et ce réflexe, ce tic verbal, n’était pas un simple défaut de langage. C’était le symptôme visible d’un mécanisme bien plus profond, un besoin d’approbation qui lui pompait son énergie.
Ce besoin de s’excuser en permanence n’est pas une fatalité. Il ne vient pas d’un « trop de politesse » ou d’une « gentillesse excessive ». Il vient d’une peur : celle de déplaire, de déranger, d’être rejeté. Et cette peur s’ancre dans des schémas que l’hypnose, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle peuvent dénouer. Pas pour faire de vous quelqu’un d’arrogant, mais pour vous permettre d’exister sans vous excuser d’être vous.
Alors, comment passer de « désolé d’être là » à « je suis là, et c’est ok » ? On va décortiquer ça ensemble, avec des exemples concrets.
La première chose à comprendre, c’est que vous ne vous excusez pas vraiment pour ce que vous avez fait. Vous vous excusez d’avoir un impact. Vous avez peur que votre simple présence dérange, que vos besoins soient un fardeau, que vos émotions soient trop fortes.
Je travaille souvent avec des sportifs de haut niveau. L’un d’eux, un footballeur, me disait : « Avant chaque match, je m’excuse auprès de mes coéquipiers si je fais une mauvaise passe. Je m’excuse même d’avance. » Il ne s’excusait pas de rater, il s’excusait d’être une source potentielle de déception pour les autres. Son cerveau avait appris que pour être accepté, il devait être parfait, et que toute imperfection justifiait une demande de pardon.
Ce réflexe vient souvent de l’enfance. Si vous avez grandi dans un environnement où l’on vous faisait sentir que vos besoins étaient secondaires, que vos émotions étaient « trop » ou que votre présence était une charge, vous avez intégré que pour être aimé, il fallait se faire tout petit. Vous avez développé une part de vous qui cherche à protéger la relation en s’effaçant.
On peut appeler cette partie « le gardien de la paix » ou « l’effaceur ». Son boulot, c’est d’éviter le conflit à tout prix. Et pour ça, il utilise l’excuse comme un bouclier. « Si je m’excuse avant de parler, la personne ne pourra pas me reprocher de parler. » Le problème, c’est que ce bouclier vous empêche d’exister pleinement.
Quand vous dites « désolé » pour un rien, vous envoyez un message à votre cerveau et à votre entourage : « Je ne suis pas légitime. » Et ce message, répété des milliers de fois, finit par sculpter votre identité. Vous devenez cette personne qui s’excuse, et vous attirez des relations qui confirment ce rôle : des gens qui prennent beaucoup de place, qui vous interrompent, qui ne vous considèrent pas.
L’hypnose, dans ce cadre, ne va pas vous « enlever » ce réflexe par magie. Elle va d’abord vous permettre de reconnaître cette partie sans la juger. De comprendre qu’elle a été utile à un moment de votre vie. Peut-être qu’enfant, s’excuser vous évitait une punition ou un rejet. Aujourd’hui, cette stratégie est devenue une prison.
« S’excuser tout le temps, ce n’est pas de la politesse. C’est une tentative désespérée de contrôler le regard des autres sur vous. »
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’est pas un spectacle. Ce n’est pas non plus un ordre que je vous donne. C’est un dialogue avec votre inconscient, cette partie de vous qui gère vos automatismes, vos habitudes, vos réactions émotionnelles.
Quand vous dites « désolé » machinalement, ce n’est pas une décision consciente. C’est un programme qui s’exécute en 0,2 seconde. Vous avez un déclencheur (ex : prendre la parole dans une réunion) et une réponse automatique (ex : « Désolé de vous interrompre »). L’hypnose va vous aider à repérer ce déclencheur et à installer une nouvelle réponse, plus alignée avec qui vous êtes aujourd’hui.
Je vais vous donner un exemple avec Camille, une coureuse que j’accompagne en préparation mentale. Elle participait à des ultra-trails, mais elle avait un pattern : dès qu’elle doublait quelqu’un sur un sentier étroit, elle s’excusait. « Désolée, désolée, désolée… » Elle se sentait coupable de dépasser, comme si elle volait la place de l’autre. En hypnose, on a travaillé sur l’image du sentier. On a transformé son « désolée » en un simple « merci » ou un signe de tête. On a ancré une nouvelle sensation : celle de pouvoir occuper sa place sans nuire à l’autre. Aujourd’hui, elle dit : « Je passe, merci. » C’est tout. Mais ce changement lui a libéré une énergie mentale énorme.
Comment ça se passe concrètement ? En séance, on va d’abord identifier le contexte où ce réflexe est le plus fort. Ce n’est pas pareil pour tout le monde. Pour certains, c’est au travail. Pour d’autres, en couple. Pour d’autres encore, dans n’importe quelle interaction sociale.
Ensuite, on va induire un état de conscience modifié (une transe légère). Vous êtes éveillé, détendu, concentré. Dans cet état, votre critique intérieur se calme, et votre inconscient devient plus réceptif aux suggestions. On va alors déconstruire le lien entre la situation et l’excuse. On va faire comprendre à votre cerveau que vous pouvez exister sans vous excuser.
Une technique que j’utilise souvent, c’est la métaphore du bouton pause. Imaginez que vous avez un bouton pause entre la sensation de peur (de déranger) et la réponse verbale (« désolé »). En hypnose, on va apprendre à votre inconscient à appuyer sur ce bouton. Pas pour supprimer la peur, mais pour lui donner le temps de choisir une autre action. Au début, c’est un effort. Puis ça devient naturel.
L’hypnose ne va pas non plus vous rendre insensible. Vous allez peut-être encore ressentir un petit pincement au creux du ventre quand vous allez oser ne pas vous excuser. C’est normal. C’est l’habitude qui résiste. Mais avec la pratique, ce pincement s’efface.
L’IFS (Internal Family Systems), c’est un modèle que j’associe souvent à l’hypnose. Il part d’une idée simple : nous ne sommes pas un bloc monolithique. Nous sommes composés de multiples parties, parfois contradictoires. Une partie de vous veut s’affirmer, une autre veut s’excuser. Et au centre, il y a votre Self : votre essence calme, confiante, curieuse.
La partie qui vous pousse à vous excuser, je l’appelle souvent le protecteur. Son job, c’est de vous éviter la douleur du rejet. Il a peut-être été créé quand vous aviez 6 ou 7 ans, après une remarque d’un parent ou d’un enseignant. « Tu es trop bruyant », « Tu prends trop de place », « Arrête de te faire remarquer ». Votre petite psyché a alors décidé que pour être en sécurité, il fallait se faire discret. Et l’excuse est devenue son outil principal.
Avec l’IFS, on ne cherche pas à se débarrasser de cette partie. On cherche à dialoguer avec elle. Je demande à mes clients : « Si tu pouvais parler à cette partie qui te fait dire “désolé”, qu’est-ce que tu lui dirais ? » Et surtout : « Qu’est-ce qu’elle a peur qu’il se passe si tu arrêtes de t’excuser ? »
Les réponses sont souvent éclairantes. « J’ai peur qu’on me trouve prétentieux. » « J’ai peur de perdre mes amis. » « J’ai peur qu’on se fâche contre moi. » Cette partie est une sentinelle, mais elle est restée figée dans le passé. Elle ne sait pas que vous avez grandi, que vous êtes capable de gérer un conflit, que vous pouvez être aimé sans vous effacer.
En séance, on peut utiliser l’hypnose pour apaiser cette partie. On l’invite à se détendre, à prendre un peu de recul. On lui montre qu’elle peut avoir un nouveau rôle : au lieu de vous protéger en vous effaçant, elle peut vous protéger en vous rappelant de respirer, ou en vous aidant à choisir vos mots avec soin. On ne la licencie pas, on la recycle.
Un exemple récent. Un client, appelons-le Marc, s’excusait dès qu’il avait une opinion différente de son chef. En IFS, on a identifié une partie de lui qui avait 12 ans, et qui avait été humilié par un professeur pour avoir donné une réponse « impertinente ». Cette partie avait peur que la même chose se reproduise. On l’a remerciée d’avoir protégé Marc pendant toutes ces années, puis on lui a proposé de prendre sa retraite. Aujourd’hui, Marc dit : « Je peux être en désaccord sans être désolé. Je dis : “Je vois les choses différemment.” Et je ne tremble plus. »
Vous avez compris le mécanisme, vous avez dialogué avec la partie qui vous pousse à vous excuser. Maintenant, il faut remplacer le réflexe par quelque chose de concret. C’est là que l’Intelligence Relationnelle entre en jeu. C’est un ensemble d’outils pratiques pour interagir avec les autres sans perdre votre centre.
Le premier outil, c’est la distinction entre s’excuser et exprimer un besoin. Quand vous dites « Désolé de vous déranger », vous vous placez en position basse. Vous dites implicitement : « Mon besoin est moins important que votre tranquillité. » L’alternative, c’est de formuler votre besoin directement, sans excuse. Par exemple : « J’ai une question sur le dossier X, vous avez deux minutes ? » C’est clair, c’est respectueux, et ce n’est pas une excuse.
Le deuxième outil, c’est le langage du « je » . Au lieu de « Désolé, je vais être en retard », dites « Je suis en retard, je préviens ». Au lieu de « Désolé, je ne suis pas d’accord », dites « Je ne suis pas d’accord sur ce point ». Vous voyez la différence ? Le « je » vous recentre. Vous assumez votre position sans vous excuser d’exister.
Le troisième outil, c’est la gestion de la culpabilité. Souvent, on s’excuse parce qu’on se sent coupable par avance. On imagine que l’autre va être fâché, déçu, ou contrarié. L’Intelligence Relationnelle vous apprend à ne pas prendre la responsabilité des émotions des autres. Vous n’êtes pas responsable de la réaction de votre chef, de votre conjoint ou de votre ami. Vous êtes responsable de votre intention et de la manière dont vous communiquez. Si vous êtes clair et respectueux, c’est suffisant.
Je donne souvent cet exercice à mes clients : le défi des 24 heures sans « désolé ». Pas pour les fautes graves, évidemment. Mais pour les micro-excuses du quotidien. Pendant une journée, vous notez chaque fois que vous allez dire « désolé », et vous cherchez une alternative. Vous bousculez quelqu’un ? « Pardon » (c’est différent, c’est pour une action). Vous demandez un service ? « Merci d’avance ». Vous voulez prendre la parole ? « Je peux ajouter quelque chose ? » Sans « désolé ».
Au début, c’est inconfortable. Votre corps va vous envoyer des signaux : chaleur, gorge serrée, envie de fuir. C’est normal. C’est votre ancienne partie qui proteste. Mais plus vous pratiquez, plus votre cerveau intègre que vous survivez sans vous excuser. Et mieux encore : les autres ne vous rejettent pas. Au contraire, ils vous respectent davantage.
« Arrêter de s’excuser, ce n’est pas devenir impoli. C’est arrêter de se mettre en dessous des autres sans raison. »
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose, ce n’est pas une baguette magique. Il y a des idées reçues qu’il est bon de déconstruire.
L’hypnose ne va pas effacer votre histoire. Si vous avez appris à vous excuser pendant 30 ans, ce réflexe est profondément ancré. L’hypnose va vous aider à créer de nouveaux chemins neuronaux, mais cela demande de la répétition et de la volonté. Une séance ne suffit pas toujours. Parfois, il en faut trois, cinq, ou plus. Chaque personne est différente.
L’hypnose ne va pas faire de vous quelqu’un d’arrogant. Certains clients me disent : « J’ai peur qu’en arrêtant de m’excuser, je devienne insupportable. » C’est une peur légitime, souvent portée par la même partie protectrice. Mais en réalité, affirmer vos besoins et occuper votre place n’a rien à voir avec l’arrogance. L’arrogance, c’est nier la place de l’autre. L’affirmation, c’est reconnaître votre place à côté de l’autre. L’hypnose vous aide à trouver cet équilibre.
L’hypnose ne va pas vous rendre indifférent aux autres. Vous allez peut-être même devenir plus empathique, parce que vous ne serez plus dans la peur. Vous pourrez écouter vraiment, sans être dans le calcul de « est-ce que je dérange ? ». Vous pourrez offrir une présence plus authentique.
Enfin, l’hypnose ne fait pas tout le travail à votre place. Je suis là pour vous guider, pour ouvrir des portes, pour planter des graines. Mais c’est vous qui arrosez. C’est vous qui, dans votre quotidien, choisissez de dire « je veux » plutôt que « désolé de demander ». C’est vous qui tenez bon face à l’inconfort.
Avant de conclure, je veux vous donner quelque chose de concret à faire, tout de suite, sans attendre une séance.
L’exercice du miroir.
Ce soir, ou demain matin, placez-vous devant un miroir. Regardez-vous dans les yeux. Et dites à voix haute : « Je suis là. Je n’ai pas à m’excuser d’être là. »
Répétez-le trois fois. La première fois, vous allez probablement rire ou vous sentir idiot. La deuxième fois, vous allez peut-être ressentir une boule dans la gorge. La troisième fois, observez ce qui se passe dans votre corps. Peut-être une légère relaxation, peut-être une envie de pleurer, peut-être rien.
Cet exercice, fait régulièrement, commence à ancrer une nouvelle croyance. Votre cerveau entend cette affirmation. Avec le temps, il commence à l’intégrer.
Ensuite, dans la journée, chaque fois que vous attrapez un «
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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