HypnoseEmotions Et Stress

5 idées reçues sur l’hypnose pour gérer la colère

Démêlez le vrai du faux sur cette approche méconnue.

TSThierry Sudan
24 avril 202612 min de lecture

« Je me suis encore emporté pour rien. » Voilà ce que m’a dit Paul, la quarantaine, cadre commercial, lors de notre premier rendez-vous. Il enchaînait les accès de colère au travail et à la maison, et sa femme commençait à lui demander de consulter. Il avait entendu parler de l’hypnose pour gérer la colère, mais il était sceptique : « On va me faire perdre le contrôle ? On va effacer ma colère ? On va me transformer en robot zen ? » Autant de questions que j’entends presque chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. La colère, cette émotion souvent mal aimée, peut pourtant devenir un allié précieux quand on apprend à la comprendre et à l’accueillir. Mais l’hypnose, souvent perçue comme un spectacle ou une baguette magique, traîne son lot d’idées reçues. Alors, avant de fermer la porte à une approche qui pourrait vous libérer, prenons le temps de déconstruire cinq croyances qui empêchent beaucoup de personnes de franchir le pas.


Idée reçue n°1 : « L’hypnose va supprimer ma colère, je vais devenir insensible »

C’est sans doute la peur la plus fréquente. On imagine que l’hypnose va « effacer » la colère comme on efface une tache, vous laissant vide, passif, incapable de réagir face à une injustice.

La réalité : l’hypnose ne supprime pas, elle régule.

La colère n’est pas une anomalie. C’est une émotion humaine fondamentale, un signal d’alarme qui vous dit : « Une limite a été franchie, quelque chose ne va pas, protège-toi ou agis. » Sans elle, vous seriez incapable de vous défendre, de poser des limites, ou même de ressentir l’énergie nécessaire pour changer une situation injuste. Vouloir la supprimer, c’est comme vouloir supprimer la douleur physique : c’est dangereux. Si vous ne sentez plus votre main brûler, vous vous brûlez gravement sans réagir.

Ce que fait l’hypnose ericksonienne, c’est vous aider à déprogrammer les réponses automatiques inadaptées. Votre cerveau a enregistré des schémas : quand quelqu’un vous interrompt, quand votre conjoint laisse traîner ses chaussures, quand un collègue vous manque de respect, votre système limbique (l’amygdale, le centre de l’alerte) active une réponse de combat. En quelques microsecondes, vous êtes en colère avant même d’avoir pensé. C’est un réflexe conditionné.

Avec l’hypnose, on travaille sur ce conditionnement. On ne vous enlève pas la capacité à ressentir la colère. On vous donne un choix : celle de pouvoir l’observer, la reconnaître, et décider de la manière dont vous voulez y répondre. Un patient, Marc, m’a dit un jour : « Avant, ma colère était comme un taureau qui défonçait la porte. Maintenant, c’est comme un chien de garde qui aboie pour me prévenir. Je l’entends, je le remercie, et je choisis si je veux ouvrir la porte ou pas. »

L’hypnose vous rend plus sensible, pas moins. Vous apprenez à capter les premiers signaux corporels (mâchoire serrée, poings crispés, chaleur dans la poitrine) et à les accueillir comme des informations, non comme des ordres. Vous restez vous-même, mais avec un volant de conduite au lieu d’être passager.

« L’hypnose ne vous transforme pas en robot sans émotion. Elle vous donne les clés pour conduire votre colère au lieu d’être conduit par elle. »


Idée reçue n°2 : « L’hypnose, c’est un spectacle, je vais perdre le contrôle et faire n’importe quoi »

Je vois cette crainte dans les yeux de mes patients quand je commence à parler de l’état hypnotique. On a tous en tête les shows télévisés où des gens se mettent à chanter comme une poule ou à courir comme un cheval sur ordre de l’hypnotiseur. Forcément, ça fait peur.

La réalité : l’hypnose thérapeutique est un état de conscience modifié, pas un abandon de volonté.

D’abord, il faut distinguer l’hypnose de spectacle (qui utilise des sujets très réceptifs et des suggestions spectaculaires pour divertir) de l’hypnose thérapeutique (qui est un outil d’accompagnement personnalisé). Dans mon cabinet, personne ne se mettra à danser sur la table si je ne le lui demande pas. Et même si je le demandais, vous pourriez refuser.

L’état hypnotique, c’est un état naturel que vous vivez tous les jours sans le savoir. Quand vous êtes absorbé par un bon film, quand vous conduisez sur une autoroute et que vous « oubliez » les derniers kilomètres, quand vous lisez un roman et que vous ne voyez plus le temps passer. Dans ces moments, votre attention est focalisée, votre esprit critique est en veille, mais vous restez totalement conscient de ce qui se passe. Vous pouvez décider d’arrêter à tout moment.

En séance, vous êtes toujours aux commandes. Vous pouvez ouvrir les yeux, parler, bouger. L’hypnose ericksonienne utilise des suggestions indirectes, des métaphores, des histoires. On ne vous dit pas « Vous allez oublier votre colère ». On vous propose des images, des sensations, des perspectives nouvelles. Votre cerveau les accepte si elles résonnent avec vous. Sinon, il les rejette. Je ne peux pas vous faire faire quelque chose contre votre gré, pas plus que je ne peux vous faire croire que vous êtes une orange si vous savez que vous êtes un humain.

Un patient, Antoine, craignait de « devenir un zombie » et de ne plus se souvenir de la séance. Je lui ai proposé de garder un doigt levé pendant tout l’exercice, pour qu’il ait un point d’ancrage dans le réel. Il a pu expérimenter l’état hypnotique tout en sachant qu’il contrôlait son corps. À la fin, il m’a dit : « C’était étrange, mais je me sentais plus lucide que jamais. » Voilà le paradoxe de l’hypnose : on lâche prise pour mieux se reconnecter à soi-même.


Idée reçue n°3 : « Pour que ça marche, il faut être crédule ou avoir un mental faible »

Ah, celle-là, elle est tenace. On croit souvent que l’hypnose est réservée aux personnes « sensibles », aux « faibles d’esprit », ou à ceux qui « croient » dur comme fer. En réalité, c’est tout l’inverse.

La réalité : l’hypnose fonctionne mieux avec les personnes intelligentes, créatives et autonomes.

L’hypnose ericksonienne n’est pas une obéissance passive. C’est un processus actif. Pour entrer en état hypnotique, vous devez être capable de focaliser votre attention, de suivre des instructions (parfois paradoxales), et de laisser votre imagination travailler. Plus vous êtes capable de penser par vous-même, plus vous avez de ressources intérieures, plus la séance sera riche.

Milton Erickson, le père de cette approche, disait que chaque personne a en elle les ressources nécessaires pour résoudre ses problèmes. L’hypnose sert simplement à les débloquer. Cela demande de la confiance, oui, mais pas de la crédulité. La confiance, c’est accepter de faire l’expérience et de voir ce qui se passe. La crédulité, c’est croire sans preuve. Vous n’avez pas besoin de croire que l’hypnose va marcher. Vous avez juste besoin d’être curieux.

J’ai reçu en consultation des ingénieurs, des chefs d’entreprise, des sportifs de haut niveau. Des gens qui ont l’habitude de contrôler leur environnement et leur mental. Et souvent, ce sont les plus réfractaires qui font les meilleurs sujets, parce qu’ils posent des questions, ils testent les limites, ils veulent comprendre. L’hypnose leur offre un espace pour lâcher prise sans perdre leur autonomie. Un coureur de fond, très rationnel, m’a dit un jour : « Je ne croyais pas une seconde que ça allait marcher. Mais pendant la séance, j’ai eu une image de moi courant avec une légèreté que je n’avais jamais ressentie. Le lendemain, j’ai battu mon record sur 10 km. Je ne peux pas expliquer pourquoi, mais ça a fonctionné. »

L’hypnose ne demande pas de foi aveugle. Elle demande une ouverture, une disponibilité, et une volonté de laisser faire. Votre mental n’est pas votre ennemi. Il est votre allié, à condition de lui donner un cadre sécurisé pour se détendre.


Idée reçue n°4 : « La colère est un problème de caractère, pas un problème à soigner par l’hypnose »

C’est une croyance sociale très ancrée : « Il est colérique, c’est son tempérament », « Elle a un sale caractère, c’est comme ça ». On réduit la colère à un trait de personnalité inchangeable, comme la couleur des yeux. On se dit qu’on est « fait comme ça » et qu’on n’y peut rien.

La réalité : la colère est souvent un symptôme, pas une identité. Et l’hypnose permet d’en explorer les racines.

Quand un patient arrive avec une colère explosive, je ne cherche pas à « calmer le caractère ». Je cherche à comprendre ce que cette colère protège. Derrière une colère, il y a presque toujours une autre émotion : de la peur, de la tristesse, de la honte, de l’impuissance. La colère est une armure, un bouclier, une stratégie de survie apprise. Un enfant qui a vécu dans un environnement imprévisible ou injuste a appris à se mettre en colère pour se protéger. Un adulte qui a été humilié peut utiliser la colère pour reprendre le contrôle. Ce n’est pas un défaut de caractère, c’est une adaptation.

L’hypnose permet d’aller voir derrière le rideau. En état modifié de conscience, on peut revisiter des souvenirs, des situations, des croyances limitantes, sans être submergé par l’émotion. On peut identifier le moment où ce schéma s’est installé. On peut, par exemple, travailler avec l’IFS (Internal Family Systems) – une approche que j’utilise souvent – pour dialoguer avec cette « partie en colère » : que cherche-t-elle à protéger ? De quoi a-t-elle peur ? Qu’a-t-elle besoin ?

Prenons Sophie, une enseignante de 38 ans, qui explosait régulièrement en classe. Elle se disait « colérique de nature ». En séance, on a découvert que sa colère était une réponse à une peur intense de perdre le contrôle de sa classe, peur héritée d’une enfance où elle se sentait impuissante face à un père autoritaire. Une fois cette peur reconnue et accueillie, la colère n’avait plus besoin d’être aussi explosive. Sophie a appris à poser ses limites calmement.

L’hypnose ne change pas votre caractère. Elle vous libère des schémas qui vous enferment. Vous restez vous-même, mais avec plus de souplesse, plus de choix. Votre colère peut devenir une force, pas une faiblesse.


Idée reçue n°5 : « L’hypnose, c’est rapide et magique : une séance suffit »

C’est l’espoir de beaucoup : « Je viens une fois, vous me mettez sous hypnose, et je ressors calmé pour la vie. » Si seulement c’était aussi simple. Mais la réalité est plus nuancée.

La réalité : l’hypnose est un outil puissant, mais pas une baguette magique. Le changement demande un processus.

Je vois des patients qui arrivent avec des années de colère accumulée, des habitudes de réaction bien ancrées, des blessures émotionnelles profondes. Une séance d’hypnose peut apporter un soulagement immédiat, une prise de conscience, une détente. Mais un schéma durable ne se déconstruit pas en une heure. C’est comme un jardin : on peut arracher une mauvaise herbe en une seconde, mais si la racine est profonde, elle repoussera. Il faut travailler la terre, semer de nouvelles graines, arroser, patienter.

En général, pour un travail sur la colère, je propose un accompagnement sur 3 à 6 séances, parfois plus si des traumatismes plus lourds sont en jeu. La première séance sert à comprendre votre histoire, vos déclencheurs, vos objectifs. On fait une première induction hypnotique légère pour vous familiariser avec l’état. Ensuite, on travaille sur les schémas spécifiques : désensibilisation des déclencheurs, création de nouvelles réponses, renforcement des ressources intérieures. Entre les séances, je donne parfois des exercices simples : un auto-enregistrement audio, une technique de respiration, un journal des émotions.

L’hypnose est un accélérateur de changement, pas un substitut à l’engagement. Vous êtes acteur de votre transformation. Je ne fais pas le travail à votre place. Je vous prête ma lampe torche pour éclairer le chemin, mais c’est vous qui marchez.

Un patient, Julien, est venu en pensant qu’une séance suffirait. Il était très déçu quand je lui ai proposé un suivi. Mais après la troisième séance, il m’a dit : « Je comprends maintenant. Ce n’est pas l’hypnose qui a fait le travail. C’est moi qui ai fait le travail, mais l’hypnose m’a donné les outils pour le faire sans m’arracher les cheveux. » Voilà la vérité : l’hypnose est un levier, pas un miracle.

« L’hypnose n’efface pas les problèmes. Elle vous offre un espace sécurisé pour les regarder en face, avec des ressources que vous ne saviez pas avoir. »


Comment faire le premier pas ?

Vous avez peut-être reconnu certaines de ces idées reçues en vous. C’est normal. La colère est une émotion complexe, et notre société nous a appris à la craindre ou à la réprimer. L’hypnose, elle, propose une autre voie : l’accueillir, la comprendre, et la transformer.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, si vous sentez que votre colère vous coûte des relations, de l’énergie, ou du bien-être, vous pouvez commencer par une chose simple : observez votre colère sans la juger pendant les prochains jours. Quand la moutarde vous monte au nez, arrêtez-vous une seconde. Où sentez-vous cette tension dans votre corps ? Quelle pensée traverse votre esprit ? Que voulez-vous vraiment, au fond ? Cette simple attention est déjà un premier pas vers un autre rapport à votre émotion.

Et si vous voulez aller plus loin, je suis là. Mon cabinet à Saintes est un espace discret et bienveillant, où l’on peut explorer ces questions sans pression. On peut commencer par un premier échange, gratuit et sans engagement, par téléphone ou lors d’une rencontre. On parle de ce qui vous amène, de vos attentes, de vos doutes. Et on voit ensemble si l’hypnose, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle peuvent vous aider à retrouver une relation plus apaisée avec vous-même et avec les autres.

Vous n’êtes pas seul. Votre colère n’est pas une fatalité. Elle est un message. Et parfois, il suffit de quelqu’un pour vous aider à le déchiffrer.

Prenez soin de vous,
Thierry Sudan

À propos de l'auteur

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Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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