3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Faire de votre rage une alliée plutôt qu’un ennemi.
Tu la sens monter, cette vague chaude dans la poitrine. Ta mâchoire se serre, tes poings se ferment, et avant même d’avoir réfléchi, tu as déjà crié sur ton collègue, claqué la porte, ou envoyé un message que tu regrettes. Puis vient la culpabilité, ce sentiment familier qui te murmure que tu es “trop réactif”, “trop sensible”, “pas maître de toi-même”. Tu passes alors des heures à ressasser, à te promettre que la prochaine fois tu resteras calme, que tu compteras jusqu’à dix, que tu respireras. Mais la prochaine fois, ça recommence.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et depuis 2014 j’accompagne des adultes qui vivent exactement ce cycle. Des cadres qui explosent en réunion, des parents qui crient sur leurs enfants et s’en veulent après, des sportifs qui perdent leurs moyens quand un adversaire les provoque. Tous me disent la même chose : “Je voudrais ne plus ressentir cette colère.” Mais en réalité, ce n’est pas la colère qu’il faut supprimer. C’est la manière dont tu la vis et dont elle te contrôle qu’il faut transformer.
Car la colère n’est pas une erreur de ton cerveau ni un défaut de caractère. C’est un signal. Un signal puissant, parfois même une alliée. Le problème, ce n’est pas qu’elle existe : c’est que tu ne sais pas encore l’écouter. Et dans cet article, je vais te montrer comment faire de ta rage une boussole plutôt qu’un ouragan, en utilisant des outils concrets d’hypnose ericksonienne, d’IFS (Internal Family Systems) et d’Intelligence Relationnelle.
Quand tu vis une situation injuste, qu’on te manque de respect ou qu’on franchit une limite que tu n’as pas posée, ton corps réagit. Le cœur accélère, les muscles se tendent, le souffle devient court. Cette réaction est archaïque : elle vient de ton cerveau reptilien, celui qui, il y a des milliers d’années, te préparait à te battre pour survivre. Aujourd’hui, tu n’es plus face à un prédateur, mais face à un patron qui t’ignore, un conjoint qui ne t’écoute pas, ou un automobiliste qui te coupe la route. Pourtant, le mécanisme est le même.
Ce que tu ignores peut-être, c’est que cette colère n’est pas toi tout entier. En IFS, on appelle ça une “partie”. Une partie de toi, souvent jeune, blessée ou fatiguée, qui prend le contrôle pour te protéger. Imagine-la comme un gardien un peu brutal, qui défonce la porte parce qu’il croit que quelqu’un menace la maison. Son intention est bonne : te protéger. Mais sa méthode est disproportionnée.
Prenons un exemple concret. J’ai reçu un jour un homme, appelons-le Christophe, cadre commercial d’une quarantaine d’années. Il venait me voir parce qu’il avait failli perdre son emploi après avoir insulté son supérieur lors d’une réunion. “Je ne comprends pas, me disait-il. En temps normal, je suis posé, réfléchi. Mais là, en une seconde, j’ai pété un plomb.” En explorant avec lui cette colère, nous avons découvert qu’elle protégeait une partie adolescente de lui, celle qui avait été humiliée par un professeur autoritaire. Cette partie n’avait pas pu répondre à l’époque, et aujourd’hui, elle saisissait la moindre occasion pour dire “ça suffit”.
Quand tu comprends que ta colère est une partie protectrice, tu arrêtes de la combattre. Tu arrêtes de te dire “je suis nul, je suis colérique”. Tu commences à te dire “une partie de moi est en colère, et elle a une bonne raison”. Ce simple changement de perspective est le premier pas pour ne plus subir.
“La colère n’est pas un excès à réprimer, mais un messager à accueillir. Quand tu l’écoutes vraiment, elle cesse de hurler.”
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec les spectacles où on fait dormir les gens. C’est un état de conscience modifié, naturel, celui que tu vis quand tu es absorbé par un film ou perdu dans tes pensées en voiture. Dans cet état, ton esprit critique s’apaise, et tu deviens plus réceptif à des suggestions qui viennent de toi-même.
Concrètement, avec l’hypnose, on ne va pas “effacer” ta colère. On va plutôt apprendre à ton système nerveux à repérer les signaux précoces. Avant l’explosion, il y a toujours des signes : une tension dans les épaules, une respiration qui devient superficielle, une pensée qui tourne en boucle (“il n’a pas le droit”, “c’est trop injuste”). La plupart du temps, tu ne les vois pas, parce que tu es trop pris dans l’histoire que tu te racontes sur la situation.
En séance, je vais t’aider à créer un “ancrage”. C’est un geste, un mot, une image, que tu pourras utiliser sur le moment pour calmer le système. Par exemple, une de mes patientes, Sophie, enseignante, explosait régulièrement en classe devant des élèves provocateurs. Nous avons construit ensemble un ancrage : chaque fois qu’elle sentait la moutarde lui monter au nez, elle devait toucher discrètement le lobe de son oreille gauche et se rappeler une image de plage calme que nous avions installée en hypnose. Ce geste, invisible pour les autres, lui redonnait trois secondes de répit. Trois secondes suffisent pour choisir une réponse plutôt que de réagir.
L’hypnose ne va pas te rendre passif. Elle va te donner un espace intérieur, un sas de décompression. Et dans cet espace, tu pourras décider : est-ce que je veux exprimer ma colère, et si oui, comment ? Ou est-ce que je préfère la laisser passer comme une vague ?
Si l’hypnose t’aide à gérer le moment de l’explosion, l’IFS (Internal Family Systems) va plus loin. Elle t’invite à rencontrer la partie en colère, à dialoguer avec elle, à comprendre son histoire. C’est un travail de fond, celui qui empêche la colère de revenir sans cesse.
L’idée de base de l’IFS est simple : ton esprit est composé de multiples “parties”, comme une famille intérieure. Tu as une partie critique, une partie perfectionniste, une partie enfant joyeuse, et oui, une partie colérique. Chacune a un rôle, une intention positive. La partie colérique, par exemple, veut te protéger de l’humiliation, de l’injustice, de la vulnérabilité.
Quand tu es en colère, c’est souvent parce qu’une autre partie, plus jeune ou plus sensible, a été blessée. La colère arrive en renfort, comme un grand frère qui défend son petit frère. Malheureusement, ce grand frère est parfois maladroit et casse tout.
Prenons l’exemple de Laura, que j’ai suivie pendant six mois. Laura était une mère de famille de trente-cinq ans, qui se décrivait comme “une cocotte-minute”. Elle criait sur ses enfants pour des broutilles : un verre renversé, un cartable oublié. Après chaque crise, elle pleurait de honte. En travaillant avec l’IFS, nous avons découvert que sa colère protégeait une petite fille de huit ans, celle qui avait grandi avec un père imprévisible et qui devait toujours être parfaite pour ne pas se faire gronder. Quand ses enfants faisaient du bruit ou du désordre, cette petite fille intérieure paniquait : “Attention, le danger arrive !” La colère de Laura n’était pas dirigée contre ses enfants. Elle était la tentative désespérée de faire taire le chaos qui réveillait une vieille peur.
Le travail avec l’IFS consiste à accueillir cette petite fille, à la rassurer, à lui montrer qu’aujourd’hui, elle est une adulte capable de gérer les choses. Quand cette partie blessée est apaisée, la partie colérique n’a plus besoin de prendre le contrôle. Elle peut se mettre en retrait, ou même devenir une alliée pour poser des limites claires et fermes, sans violence.
“Quand tu accueilles la partie en colère avec curiosité, tu découvres qu’elle n’est pas un monstre, mais un protecteur fatigué qui a besoin qu’on lui dise : ‘Merci, je prends le relais’.”
Tu peux apprendre à ne pas exploser. Tu peux même apaiser la partie colérique. Mais il reste une question cruciale : comment exprimer ce que tu ressens sans blesser l’autre, sans rompre la relation, sans te faire passer pour un tyran ou un paillasson ? C’est là qu’intervient l’Intelligence Relationnelle.
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de communiquer en restant connecté à toi-même et à l’autre. Elle repose sur quelques principes simples, mais exigeants.
D’abord, la distinction entre fait et interprétation. Quand tu es en colère, tu racontes souvent une histoire : “Il m’a manqué de respect”, “Elle se fout de moi”. Ces histoires alimentent ta rage. L’Intelligence Relationnelle t’invite à revenir au fait brut : “Tu as haussé la voix”, “Tu as annulé notre rendez-vous sans prévenir”. Le fait, tu peux le décrire. L’interprétation, c’est ta construction mentale. En la nommant, tu reprends du pouvoir.
Ensuite, l’expression du ressenti sans accusation. Au lieu de dire “Tu es nul, tu n’écoutes jamais”, tu peux dire “Quand tu arrives en retard, je me sens mis de côté, et ça me met en colère”. La différence est énorme. Dans le premier cas, l’autre se défend ou se justifie. Dans le second, il peut entendre ta souffrance sans se sentir attaqué.
Enfin, la demande claire. La colère est souvent un signal qu’un besoin n’est pas satisfait : besoin de respect, de reconnaissance, de sécurité. Une fois que tu as identifié ce besoin, tu peux formuler une demande précise. “J’ai besoin que tu me préviennes si tu changes d’horaire. Peux-tu le faire à l’avenir ?”
J’ai travaillé avec un footballeur amateur, Paul, qui avait des accès de rage sur le terrain. Il insultait l’arbitre, se battait avec ses adversaires, et finissait souvent sur le banc des pénalisés. En travaillant l’Intelligence Relationnelle, il a appris à repérer le moment où son corps se tendait, à respirer, et à dire à son coéquipier : “Je suis en train de monter en pression, occupe-toi du marquage deux minutes, je me calme.” Cette phrase, simple, lui a permis de rester sur le terrain et de jouer mieux, sans exploser. Ses coéquipiers ont même commencé à le respecter davantage.
Si tu veux vraiment ne plus subir ta colère, il faut accepter de descendre d’un cran. La colère est une émotion secondaire. Derrière elle, il y a presque toujours une émotion primaire : la peur, la tristesse, la honte, l’impuissance. La colère est l’armure que tu mets pour ne pas ressentir ces émotions plus vulnérables.
Un exemple courant : tu es en colère parce que ton conjoint rentre tard sans prévenir. La colère dit “Il se fout de moi, il est égoïste”. Mais si tu creuses, tu trouves peut-être une peur : “J’ai peur qu’il ait un accident, peur qu’il ne m’aime plus, peur d’être abandonné”. Ou une tristesse : “Je me sens seul, je me sens secondaire”. La colère protège cette fragilité.
Quand tu apprends à ressentir cette émotion primaire, la colère se dissout souvent d’elle-même. Tu n’as plus besoin de crier pour être entendu. Tu peux dire, avec des larmes dans la voix : “J’ai eu peur. J’ai besoin que tu me rassures.” C’est infiniment plus puissant, et ça crée de la connexion au lieu de la rupture.
C’est aussi pour cela que le travail sur la colère est si important dans le sport de haut niveau. Les coureurs et footballeurs que j’accompagne apprennent que leur rage sur le terrain cache souvent une peur de l’échec, ou une pression intériorisée. En accueillant cette peur, ils retrouvent leur fluidité. Leur performance s’améliore, parce qu’ils ne gaspillent plus d’énergie à lutter contre eux-mêmes.
Je ne veux pas te laisser avec des concepts sans outils. Voici trois étapes concrètes, que tu peux commencer à mettre en place dès aujourd’hui, pour écouter ta colère sans la subir.
Étape 1 : Le scan corporel d’urgence Quand tu sens la colère monter, ne parle pas, n’agis pas. Pendant dix secondes, ferme les yeux (ou baisse le regard), et scanne ton corps. Où est la tension ? Mâchoire ? Épaules ? Poings ? Poitrine ? Mets une main sur cette zone. Juste poser la main change la connexion cerveau-corps. Inspire profondément en imaginant que tu envoies le souffle dans cette tension. Expire lentement. Tu ne cherches pas à faire disparaître la colère, juste à l’accueillir physiquement. Cela crée un espace entre le stimulus et ta réponse.
Étape 2 : Le dialogue silencieux Quand tu es seul, ou dans un moment calme, prends un carnet. Écris une lettre à ta colère. “Chère colère, qu’essaies-tu de me dire ? De quoi veux-tu me protéger ?” Écris la première réponse qui vient, sans jugement. Puis écris la réponse de ta colère. C’est un exercice d’IFS simple, qui te permet de découvrir l’intention positive derrière l’émotion. Tu seras souvent surpris de ce qui émerge.
Étape 3 : La communication en trois temps Quand tu dois exprimer ta colère à quelqu’un, utilise cette structure :
Exemple : “Quand tu es arrivé en retard sans prévenir, je me suis senti mis de côté et j’ai eu peur que notre projet dérape. J’aurais besoin qu’on se mette d’accord sur un moyen de communiquer quand un imprévu arrive.”
Cette phrase n’est pas parfaite, elle demande de l’entraînement. Mais elle change tout. Elle fait de toi quelqu’un qui exprime sa colère avec dignité, au lieu de la subir ou de la refouler.
Je ne vais pas te promettre que tu ne seras plus jamais en colère. Ce serait faux, et même indésirable. La colère est une énergie vitale. Elle te pousse à dire non quand c’est nécessaire, à poser des limites, à te battre pour ce qui est juste. Le but n’est pas de la supprimer, mais de l’apprivoiser.
Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est probablement que ce sujet te touche de près. Peut-être que tu en as assez de ces explosions qui te font honte, ou au contraire, de cette colère rentrée qui te ronge de l’intérieur. Peut-être que tu as déjà essayé des méthodes, des livres, des applications de méditation, sans résultat durable.
Ce que je te propose, c’est une approche qui prend le temps d’écouter. Pas de recette miracle, mais un accompagnement sur mesure, où l’on va rencontrer les parties de toi qui ont besoin d’être entendues
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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