3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Des outils discrets pour rester professionnel sous pression.
Tu poses ton café sur le bureau. À peine assis, tu ouvres ta messagerie. Et là, le même prénom revient. Encore un mail qui dépasse les bornes. « Suite à votre retard… », « Je vous rappelle que… », « Il serait souhaitable que… » — des formulations polies peut-être, mais le sous-texte te vrille l’estomac. Tu sens la chaleur monter dans ta poitrine, tes mâchoires se serrer, et cette petite voix intérieure qui hurle : « Mais il se prend pour qui ? »
Tu es adulte, compétent, professionnel. Pourtant, à cet instant précis, tu as envie de claquer la porte, d’envoyer une réponse cinglante, ou au moins de déchirer quelque chose. Tu avales ta salive, tu comptes jusqu’à dix, tu fais semblant de rien. Mais à l’intérieur, ça bout.
Si tu te reconnais, tu n’es pas seul. Et ce n’est pas un défaut de caractère. C’est un mécanisme. Et les mécanismes, ça se comprend, ça s’apprivoise, et ça se transforme.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et j’accompagne des adultes comme toi à retrouver du calme dans des situations qui, hier encore, les mettaient en feu. Dans cet article, je vais te montrer comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle peuvent t’aider à garder ton sang-froid au travail — avec des outils discrets que personne ne remarquera.
On ne va pas parler de « contrôle » ou de « répression ». On va parler de comprendre ce qui s’active en toi, et de lui donner une autre voie.
Avant de chercher des solutions, il faut regarder le problème en face. La colère au travail n’est pas une simple « mauvaise humeur ». C’est un signal d’alarme puissant, et souvent légitime. Mais dans un contexte professionnel, exprimer cette colère peut te coûter cher : une réputation, une promotion, ou même ton poste.
Prenons un exemple. J’ai reçu il y a quelques mois un homme d’une quarantaine d’années, cadre dans une entreprise de services. Appelons-le Julien. Julien était réputé compétent, mais aussi « nerveux ». Ses collègues disaient de lui : « Il s’emporte vite. » Un jour, lors d’une réunion, un commercial a remis en cause son travail devant toute l’équipe. Julien a senti la moutarde lui monter au nez. Il a répondu d’un ton sec, puis s’est tu, les poings serrés sous la table. Il a passé le reste de la journée à ruminer, incapable de se concentrer, avec une boule au ventre.
Ce que Julien vivait, c’est un conflit entre deux besoins fondamentaux : le besoin de se défendre (sa dignité, son travail) et le besoin de rester professionnel (ne pas exploser, ne pas perdre la face). Ce conflit génère une tension énorme, parce que ton cerveau interprète la situation comme une menace. Et quand le cerveau perçoit une menace, il active le système de survie : combat, fuite ou immobilité.
La colère est une réponse de combat. Elle est utile face à un danger physique immédiat. Mais face à un mail désagréable ou une remarque injuste, elle est inadaptée. Pourtant, elle est automatique. Pourquoi ? Parce que ton cerveau n’a pas évolué assez vite pour faire la différence entre un tigre à dents de sabre et un chef de projet passif-agressif.
Le problème, c’est que plus tu réprimes cette colère, plus elle s’accumule. Et plus elle s’accumule, plus elle risque d’exploser au mauvais moment. Ou de se retourner contre toi sous forme d’anxiété, de fatigue chronique, ou de cynisme.
Alors, comment faire ? La première étape, c’est de sortir de la culpabilité. Tu n’es pas « trop sensible » ou « mal élevé ». Tu réagis normalement à une situation que ton système nerveux perçoit comme dangereuse. La bonne nouvelle, c’est que tu peux rééduquer ce système.
« La colère n’est pas l’ennemie. Elle est un messager qui frappe à ta porte. Le problème, c’est que tu ne sais pas encore lire son message. »
L’hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre Milton Erickson, est une approche douce et indirecte. Contrairement aux idées reçues, elle ne te fait pas perdre le contrôle. Au contraire, elle t’apprend à utiliser ton propre esprit pour créer des états de calme, même sous pression.
Concrètement, comment ça marche dans une situation de colère au travail ? Imaginons que tu sois en pleine réunion, et que quelqu’un te dise quelque chose qui te fait monter la tension. Ton cœur s’accélère, ta respiration devient courte, tes épaules remontent. C’est le moment où d’habitude tu perds pied.
Avec l’hypnose, tu peux apprendre à installer un « ancrage ». Un ancrage, c’est un signal — un geste, une respiration, un mot — que tu associes à un état de calme profond. Tu le construis en séance, en état modifié de conscience, quand ton esprit est réceptif. Ensuite, en situation réelle, tu actionnes cet ancrage discrètement. Personne ne le voit. Mais ton système nerveux, lui, se souvient.
Prenons un exemple concret. Une de mes patientes, Sophie, responsable RH dans une collectivité, avait tendance à s’emporter lors des entretiens tendus avec des agents. En séance, nous avons créé un ancrage basé sur une sensation de chaleur dans ses mains. À chaque fois qu’elle sentait la colère monter, elle plaçait ses mains à plat sur ses cuisses et se concentrait sur cette chaleur. En quelques secondes, son rythme cardiaque ralentissait, et elle retrouvait une capacité à répondre calmement.
Ce n’est pas magique. C’est de la neurophysiologie. L’hypnose ericksonienne permet de court-circuiter la réponse de stress en activant le système parasympathique (le frein) avant que le système sympathique (l’accélérateur) n’ait pris le contrôle.
Mais attention : l’hypnose ne fait pas disparaître la colère. Elle te donne un outil pour ne pas agir sous son emprise. Et ça, c’est une différence fondamentale. Tu ressens toujours la contrariété, l’injustice, l’énervement. Mais tu n’es plus esclave de ces sensations. Tu choisis comment réagir.
Et si tu veux aller plus loin que la simple gestion de crise, il faut comprendre d’où vient cette colère. C’est là qu’intervient l’IFS.
L’IFS, ou Internal Family Systems, est un modèle développé par Richard Schwartz. Son idée principale est que notre esprit est composé de multiples « parties », chacune avec son propre rôle, ses émotions et ses croyances. La colère, par exemple, n’est pas « toi » dans ton ensemble. C’est une partie de toi qui s’active pour te protéger.
Quand tu es en réunion et que tu sens cette bouffée de rage monter, une partie de toi — appelons-la la partie « Protectrice » — prend le contrôle. Son job ? Te défendre contre une menace perçue. Peut-être qu’elle a peur qu’on te manque de respect, qu’on remette en cause ta compétence, ou qu’on te fasse du tort. Elle utilise la colère comme une arme.
Le problème, c’est que cette partie agit souvent à l’excès. Elle ne connaît qu’une seule réponse : l’attaque. Et elle ignore les conséquences à long terme.
Avec l’IFS, on ne cherche pas à faire taire cette partie. On l’écoute. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains vraiment ? Qu’est-ce qui se passerait si tu ne t’activais pas ? » Et souvent, la réponse est surprenante.
Je me souviens d’un patient, Marc, ingénieur dans une PME. Il était constamment en conflit avec son supérieur. En séance, nous avons dialogué avec sa partie colérique. Cette partie nous a révélé qu’elle avait peur que Marc soit considéré comme faible, comme il l’avait été enfant face à un père autoritaire. La colère au travail n’était pas une réaction à son chef actuel. C’était un écho d’une vieille blessure.
Quand Marc a compris cela, quelque chose a changé. Il n’a pas cessé d’être en colère du jour au lendemain. Mais il a cessé de s’identifier à cette colère. Il pouvait dire : « Je remarque qu’une partie de moi est en colère », au lieu de « Je suis en colère ». Cette simple nuance a créé un espace de choix.
L’IFS ne remplace pas l’hypnose. Il la complète. L’hypnose t’aide à gérer la réaction à chaud. L’IFS t’aide à comprendre la racine du problème. Ensemble, ils forment une boîte à outils puissante.
Gérer sa colère, c’est bien. Mais dans un environnement professionnel, tu n’es pas tout seul. Les conflits sont souvent à deux, trois, ou plus. C’est là qu’intervient l’Intelligence Relationnelle.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à naviguer dans les relations humaines avec conscience et habileté. Elle repose sur plusieurs piliers : l’écoute active, la communication non-violente, la gestion des émotions, et la capacité à poser des limites claires.
Quand tu es en colère, tu as tendance à vouloir avoir raison. Tu prépares ta contre-attaque, tu cherches les failles dans l’argument de l’autre. C’est normal. Mais c’est inefficace. L’Intelligence Relationnelle te propose une autre voie : écouter vraiment, reformuler, et exprimer ton ressenti sans accuser.
Prenons un cas typique. Un collègue te dit : « Tu as encore oublié de me transmettre le rapport. C’est la troisième fois. » La réponse classique, sous le coup de la colère, serait : « Non, c’est toi qui ne l’as pas réclamé correctement ! » Ou pire : « Tu cherches encore à me faire porter le chapeau. »
Avec l’Intelligence Relationnelle, tu peux répondre : « Je comprends que ce soit frustrant pour toi. Je vais vérifier tout de suite où en est ce rapport. En attendant, est-ce qu’on peut clarifier ensemble la procédure pour éviter que ça se reproduise ? »
Cette réponse fait plusieurs choses :
Mais pour arriver à répondre ainsi, il faut d’abord avoir géré ta propre colère. C’est le cycle vertueux : l’hypnose et l’IFS t’apaisent, l’Intelligence Relationnelle te donne les mots.
Un outil simple que je donne souvent à mes patients est la technique du « STOP » :
C’est un outil discret. Personne ne le remarque. Mais il change tout.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne feront pas disparaître la colère. Elles ne transformeront pas ton boss en personne agréable. Elles ne résoudront pas les injustices structurelles de ton entreprise.
Ce qu’elles font, c’est te donner du pouvoir là où tu en as : sur toi-même.
Elles ne te rendront pas non plus « impassible » ou « robotique ». Au contraire, elles te reconnectent à tes émotions, mais en te redonnant le choix. Tu ressentiras toujours de la contrariété, de l’injustice, de la frustration. Mais tu ne seras plus submergé.
Certaines personnes me disent : « Mais si je ne m’énerve plus, je vais me faire marcher dessus. » C’est une crainte légitime. Et c’est faux. La colère n’est pas la seule façon de poser des limites. On peut dire non calmement. On peut exprimer un désaccord fermement sans hausser la voix. On peut défendre ses intérêts sans agressivité.
En fait, quand tu es calme, tu es plus crédible. Tu es plus écouté. Tu es plus efficace.
« La force ne réside pas dans l’explosion, mais dans la capacité à rester debout sans trembler. »
Tu te demandes peut-être comment passer de la théorie à la pratique. Voici quelques pistes concrètes.
Commence par un petit rituel matinal. Avant d’ouvrir ta boîte mail, prends trente secondes. Pose tes mains sur ton bureau. Ferme les yeux. Inspire profondément en imaginant que tu inspires du calme. Expire en imaginant que tu expires la tension. Fais-le trois fois. Ça semble banal, mais ça conditionne ton système nerveux pour la journée.
Identifie tes déclencheurs. Quelles situations te mettent le plus en colère ? Un type de mail ? Une personne en particulier ? Un moment de la journée ? Note-les dans un carnet. La simple prise de conscience réduit leur pouvoir.
Utilise la technique du « temps gagné ». Quand tu sens la colère monter, ne réponds pas immédiatement. Dis : « Je prends note, je reviens vers toi dans l’heure. » Ou : « Laisse-moi vérifier mes informations et je te réponds. » Ce petit délai te permet de respirer, d’ancrer ton calme, et de choisir ta réponse.
Pratique l’auto-compassion. Quand tu es en colère, ne te juge pas. Dis-toi : « C’est normal d’être contrarié. Une partie de moi essaie de me protéger. » Ce simple changement de discours intérieur désamorce la spirale.
Si tu sens que le problème est récurrent et profond, envisage un accompagnement. Quelques séances d’hypnose peuvent t’aider à installer des ancrages solides. Un travail en IFS peut libérer des schémas anciens. Et un coaching en Intelligence Relationnelle peut t’offrir des outils sur mesure.
Je ne dis pas ça pour te vendre quelque chose. Je dis ça parce que je vois tous les jours des personnes qui souffrent en silence, qui pensent que c’est « leur caractère » et qu’elles ne peuvent rien y changer. Et c’est faux. Le changement est possible. Il demande juste un peu de curiosité et de courage.
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici une action simple, à faire dans les prochaines minutes.
Prends ton téléphone ou un carnet. Note une situation récente où tu as perdu ton sang-froid au travail. Décris-la en trois phrases : ce qui s’est passé, ce que tu as ressenti dans ton corps, et ce que tu as fait. Puis, écris ce que tu aurais aimé faire différemment.
Cet exercice n’a pas pour but de te culpabiliser. Il a pour but de créer une distance entre toi et l’événement. De passer du statut de « victime de ma colère » à celui d’observateur. C’est le premier pas.
Ensuite, si tu sens que le sujet est important pour toi, tu peux explorer une séance d’hypnose. Pas besoin d’être en crise. Une séance peut être préventive, pour installer des ressources avant que la tempête n’arrive.
Garder son sang-froid au travail, ce n’est pas devenir un mur impassible. C’est apprendre à accueillir ce qui monte en toi, à le comprendre, et à choisir comment répondre. C’est un chemin, pas une destination. Certains jours seront plus faciles que d’autres. Et c’est ok.
Ce que je te propose, c’est de ne pas rester seul avec ça. Si tu te reconnais dans ces lign
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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