3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin doux vers la paix intérieure.
Tu viens de perdre ta mère. Ou ton père. Peut-être que c’était il y a six mois, peut-être deux ans. Et pourtant, ce matin encore, en ouvrant les yeux, tu as eu cette sensation brutale, comme un coup dans le ventre : “C’est réel. Il ou elle n’est plus là.” Tu croyais avoir avancé, avoir “accepté”, et puis un parfum, une chanson, une simple photo qui traîne sur ton téléphone, et tout s’effondre. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est ton histoire qui vit encore en toi, et qui cherche une manière de se poser.
Tu n’es pas seul à te sentir ainsi. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois régulièrement des adultes, la trentaine ou la cinquantaine, qui viennent avec cette même phrase en bandoulière : “Je n’arrive pas à tourner la page” ou “Je crois que je n’ai pas fait mon deuil.” Derrière ces mots, il y a souvent une culpabilité silencieuse, une tristesse qui ne trouve pas de repos, ou pire, une colère envers soi-même de ne pas “aller mieux plus vite”. On nous a appris que le deuil était une succession d’étapes — déni, colère, marchandage, tristesse, acceptation — comme si c’était un escalier mécanique à gravir dans l’ordre. Mais la réalité est bien plus chaotique. Et parfois, l’acceptation dont on nous parle ressemble à une injonction : “Accepte et avance.”
Mais comment acceptes-tu vraiment que quelqu’un qui a construit une partie de toi ne soit plus là ? Comment ton cerveau, cette machine à anticiper les dangers et à maintenir des liens d’attachement, peut-il intégrer une absence définitive ? C’est là que l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle entrent en jeu. Pas pour effacer la douleur — je ne te promets pas ça — mais pour l’accueillir, la transformer et enfin lui donner une place qui ne te paralyse plus.
Dans cet article, je vais te montrer comment ces approches, que j’utilise quotidiennement, peuvent aider à accepter la mort d’un parent. Pas par des recettes miracles, mais en allant chercher ce qui, dans ton monde intérieur, résiste encore à lâcher prise. Tu vas comprendre pourquoi ton cerveau bloque, comment les mécanismes de protection se mettent en place, et surtout, tu vas repartir avec quelque chose de concret à faire pour toi, dès maintenant.
Avant de parler d’hypnose, il faut comprendre ce qui se joue dans ta tête. Imagine ton cerveau comme un système d’exploitation très performant, mais programmé pour une seule mission : survivre et maintenir les liens d’attachement. Depuis que tu es né, ton cerveau a appris à reconnaître la voix, l’odeur, la présence de tes parents comme une source de sécurité absolue. C’est un programme enfoui dans les couches les plus profondes de ton système nerveux, bien avant la pensée consciente.
Quand un parent meurt, ton cerveau reçoit une information contradictoire. La partie logique, ton cortex préfrontal, te dit : “Il ou elle n’est plus là, c’est un fait.” Mais la partie émotionnelle et instinctive, ton système limbique et ton nerf vague, continue d’envoyer des signaux d’alerte : “Où est-il/elle ? Je ne le/la trouve pas. C’est dangereux.” Tu te retrouves alors dans un état de désorientation perpétuelle. C’est pourquoi tu peux pleurer soudainement en voyant une voiture identique à la sienne, ou ressentir une angoisse diffuse sans raison apparente. Ce n’est pas un caprice, c’est ton système nerveux qui cherche une présence disparue.
L’erreur que l’on commet souvent, c’est de croire qu’accepter, c’est oublier ou ne plus ressentir. Non. Accepter, pour ton cerveau, c’est réussir à réintégrer une information dans un schéma de réalité cohérent. C’est comme un puzzle dont une pièce ne rentre pas. Tu forces, tu pousses, tu la retournes dans tous les sens, mais elle ne s’emboîte pas. Résultat : tu restes bloqué, avec une douleur chronique, une fatigue émotionnelle, parfois même des symptômes physiques (oppression thoracique, troubles du sommeil, digestion perturbée). Le deuil, c’est un travail de réorganisation neurologique. Et ce travail, tu ne peux pas le faire uniquement avec ta volonté. C’est là que l’hypnose entre en scène.
« Le deuil n’est pas une maladie à guérir, mais un paysage à traverser. L’hypnose ne te fait pas sauter les étapes, elle te donne une lampe torche pour voir où tu mets les pieds. »
Tu as peut-être une image de l’hypnose héritée des spectacles de foire ou des vidéos TikTok où quelqu’un se met à chanter comme une poule. Laisse-moi te rassurer : l’hypnose que je pratique, dite ericksonienne, n’a rien à voir avec ça. Elle est douce, respectueuse, et elle parle directement à ton inconscient — cette partie de toi qui gère ta respiration, tes battements de cœur, mais aussi tes souvenirs et tes émotions les plus enfouis.
Quand tu viens me voir pour un deuil, ton esprit conscient est souvent en mode “contrôle”. Il analyse, il juge, il se dit : “Je devrais déjà avoir accepté”, “Pourquoi je n’y arrive pas ?”, “C’est de ma faute”. Ce mental critique est un mur qui empêche l’information nouvelle de passer. L’hypnose ericksonienne ne le combat pas. Elle l’invite à se mettre en pause, à s’assoupir un peu, pour que ton inconscient puisse faire son travail sans être parasité.
En séance, je vais t’accompagner dans un état de conscience modifié — un état que tu connais déjà sans le savoir : celui que tu ressens juste avant de t’endormir, ou quand tu es absorbé par un film, ou quand tu conduis sur une route familière et que tu “décroches”. Dans cet état, ton esprit critique s’apaise, et ton inconscient devient plus réceptif aux suggestions. Mais attention : il ne s’agit pas de te faire “oublier” ton parent. Il s’agit de reconfigurer le lien.
Prenons un exemple concret. Antoine, 42 ans, est venu me voir deux ans après la mort de son père. Il était hanté par une phrase non dite : “Je ne lui ai jamais dit que je l’aimais.” Chaque nuit, il revivait les derniers instants à l’hôpital, avec une sensation d’oppression. Sous hypnose, je ne l’ai pas forcé à “pardonner” ou “lâcher prise”. Je l’ai invité à imaginer un lieu de ressourcement, puis à rencontrer une version de son père, non pas celle de la fin, mais celle d’un souvenir paisible. Dans cet état, Antoine a pu dire les mots qui étaient restés bloqués dans sa gorge pendant des années. Il a pleuré, mais c’était une libération, pas une relecture de la douleur. En sortant de séance, il m’a dit : “C’est étrange, je sais qu’il n’est plus là, mais maintenant, je sens qu’il m’a entendu.”
Ce n’est pas de la magie. C’est une réorganisation de la mémoire émotionnelle. L’hypnose permet à ton cerveau de créer un nouveau souvenir, ou plutôt de réassocier un souvenir existant à une émotion différente. La mort reste un fait, mais la charge émotionnelle douloureuse diminue. Tu n’es plus en lutte contre l’absence ; tu commences à l’intégrer.
L’hypnose seule peut faire beaucoup, mais parfois, certaines résistances sont si solides qu’elles ont besoin d’être écoutées. C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) devient un outil précieux. L’IFS, ou Système Familial Intérieur, part d’une idée simple : ton esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de parties — des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle, leur âge, leur histoire et leurs émotions.
Quand tu vis un deuil compliqué, tu peux identifier plusieurs parties en conflit. Il y a par exemple la partie triste, celle qui pleure encore et qui a besoin de pleurer. Il y a la partie qui veut tourner la page, qui te pousse à ranger les affaires, à “passer à autre chose”. Et il y a une partie plus discrète, souvent ignorée : la partie protectrice, celle qui a décidé qu’il était trop dangereux d’accepter la mort, parce qu’accepter signifierait trahir, ou pire, perdre le peu de lien qui reste.
Dans mon cabinet, je vois souvent des personnes qui disent : “Je n’arrive pas à pleurer.” Ou au contraire : “Je pleure tout le temps, je n’arrive pas à m’arrêter.” Ces deux réactions sont pilotées par des parties différentes. La première est souvent une partie “contrôleur” qui a pris le pouvoir pour éviter l’effondrement. La seconde est une partie “exilée”, un enfant intérieur qui n’a jamais pu exprimer sa peine complètement.
L’IFS, combiné à l’hypnose, permet d’entrer en dialogue avec ces parties sans les juger. Voici comment cela se passe concrètement en séance. Après t’avoir installé dans un état hypnotique léger, je vais te demander de porter ton attention sur une sensation ou une émotion liée à la perte. Puis, je t’invite à lui poser une question simple : “Qu’est-ce que tu veux que je sache ?” Tu peux alors recevoir une réponse sous forme de mots, d’images, ou de sensations corporelles.
Parfois, la partie qui résiste à accepter la mort d’un parent est en réalité une partie très jeune, un enfant de 5 ou 6 ans, qui ne comprend pas pourquoi papa ou maman n’est plus là. Cette partie a besoin d’être rassurée, pas forcée. Et c’est toi, adulte, qui vas pouvoir, avec mon guidage, entrer en contact avec elle et lui offrir ce dont elle a besoin : de la présence, de la compréhension, et la permission de ressentir.
« Accepter la mort d’un parent, ce n’est pas dire adieu à la partie de toi qui l’aime. C’est permettre à l’enfant que tu étais de se sentir en sécurité, même dans l’absence. »
J’ai gardé un aspect pour la fin, parce qu’il est souvent le plus libérateur pour les personnes que j’accompagne. Quand on parle d’accepter la mort, on pense souvent à une rupture, une coupure nette. “Il faut couper le cordon”, disent certains. Je ne suis pas d’accord. L’Intelligence Relationnelle, que j’intègre dans mes suivis, propose une autre vision : le lien ne s’arrête pas avec la mort physique. Il se transforme.
Tu as peut-être déjà ressenti cette impression étrange : tu parles à ton parent décédé dans ta tête, tu lui demandes conseil, tu sens une présence dans certaines situations. Beaucoup de personnes vivent cela en secret, en se disant qu’elles “deviennent folles”. Pourtant, c’est un phénomène tout à fait naturel. Le lien d’attachement, une fois créé, ne disparaît pas. Il change de forme.
Le problème, c’est que souvent, ce lien est “figé” dans la douleur du moment de la mort. Tu ne te souviens plus de ton parent vivant, mais seulement de son absence. L’Intelligence Relationnelle, couplée à l’hypnose, permet de restaurer une relation interne saine avec cette personne disparue. Concrètement, en séance, je peux t’aider à construire un “espace de dialogue intérieur” où tu peux retrouver une version de ton parent, non pas celle de ses derniers jours, mais celle qui incarnait ses qualités : sa force, sa douceur, son humour.
Je me souviens d’Aurélie, 38 ans, qui avait perdu sa mère d’un cancer foudroyant. Elle était rongée par l’image de sa mère souffrante. Sous hypnose, je l’ai invitée à imaginer une pièce dans son cœur, une pièce où elle pouvait inviter sa mère, mais une mère libérée de la maladie, avec toute sa vitalité d’avant. Aurélie a pu lui parler, lui poser des questions qu’elle n’avait jamais osé poser, et recevoir des réponses. Bien sûr, ces réponses venaient d’elle-même, de sa propre sagesse intérieure. Mais l’effet a été immédiat : elle a cessé de se réveiller la nuit avec des cauchemars. Elle a pu ranger la chambre de sa mère sans s’effondrer. Elle avait réinventé le lien, non plus basé sur le manque, mais sur la continuité d’un amour qui avait changé de support.
Je veux être honnête avec toi, parce que je déteste les promesses vides. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils puissants, mais ils ne sont pas des baguettes magiques. Ils ne vont pas :
Ce que ces approches peuvent faire, en revanche, c’est :
L’acceptation dont je parle n’est pas une acceptation intellectuelle, froide, du type : “C’est la vie, il faut avancer.” C’est une acceptation viscérale, incarnée, où ton corps et ton esprit s’alignent enfin sur la réalité de l’absence, tout en maintenant la présence du lien. C’est un état où tu peux dire, avec une réelle paix intérieure : “Je t’aime, tu me manques, et je continue ma vie, avec toi en moi.”
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer à apaiser ce qui est tendu en toi. Voici un petit exercice d’auto-hypnose que tu peux essayer, quand tu te sens submergé par la tristesse ou l’absence. Installe-toi dans un endroit calme, sans distraction. Ferme les yeux. Respire profondément trois fois, en gonflant le ventre.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.