3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un voyage intérieur pour lâcher prise sur le passé.
Tu te souviens de cette soirée où tu as dit quelque chose que tu regrettes encore aujourd’hui ? Ou de cette décision professionnelle que tu considères comme une erreur, et qui te trotte dans la tête chaque fois que tu te couches ? Peut-être est-ce plus ancien : un mot maladroit à un parent, un projet abandonné, une relation que tu as laissée filer. Ces moments-là, ils ne sont pas juste des souvenirs. Ils ont un poids, une texture presque physique. Ils reviennent sans prévenir, comme des invités non invités, et ils installent une petite musique intérieure : « Tu aurais dû faire autrement », « C’est de ta faute », « Si seulement j’avais su… ».
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes, souvent brillants, souvent bienveillants, qui portent un sac à dos invisible rempli de pierres appelées « erreurs passées ». Ils viennent pour des insomnies, de l’anxiété, une perte de confiance, ou simplement ce sentiment diffus de ne pas avancer. Et à force de creuser, on tombe sur la même racine : ils n’ont pas réussi à se pardonner. Pas à eux-mêmes. Pas vraiment.
Alors, comment l’hypnose peut-elle t’aider à lâcher prise sur ce passé que tu traînes comme un boulet ? Ce n’est pas magique, et ce n’est pas une amnésie. C’est un voyage intérieur, précis et doux, où tu vas apprendre à regarder tes erreurs avec des yeux neufs. Et surtout, à te reconnecter à la partie de toi qui mérite le pardon. Suis-moi, on va explorer ça ensemble.
Avant de parler d’hypnose, il faut comprendre pourquoi le pardon de soi est un chemin si abrupt. Ce n’est pas que tu es faible ou trop sensible. C’est que ton cerveau, par construction, n’est pas programmé pour lâcher prise facilement sur ce qui a mal tourné.
Quand tu fais une erreur, ton système nerveux active un mécanisme de survie ancestral. Il y a des milliers d’années, si tu te trompais de baie à cueillir, tu pouvais mourir. Donc ton cerveau a développé une alarme : la culpabilité, la honte, la rumination. C’est un signal d’alerte qui te pousse à analyser ce qui s’est passé, pour ne pas recommencer. Problème : dans notre monde moderne, cette alarme ne s’éteint pas. Elle reste allumée, même pour des erreurs sans danger vital. Un mot de travers lors d’une réunion, un oubli d’anniversaire, une décision professionnelle qui n’a pas porté ses fruits. L’alarme sonne en boucle.
Je pense à ce patient, appelons-le Marc. Il y a cinq ans, il a pris une décision d’investissement dans son entreprise qui a mal tourné. Il a perdu une somme importante, mais surtout, il a dû licencier deux employés. Aujourd’hui, son entreprise va bien, ses finances sont saines. Mais chaque soir, il repasse le film de cette décision. Il se dit : « J’aurais dû écouter mon associé », « J’étais trop arrogant ». Cette rumination n’est pas un simple souvenir. C’est une boucle neuronale qui se renforce à chaque fois qu’il y pense. Son cerveau croit encore qu’il est en danger, et il essaie de le protéger en le faisant ressasser.
Le problème, c’est que cette alarme devient ton identité. Tu finis par croire que « tu es quelqu’un qui fait des erreurs », plutôt que « tu as fait une erreur ». Et c’est là que le bât blesse. Le pardon de soi n’est pas un acte de volonté. Tu ne peux pas décider « allez, je me pardonne » et que ça marche. C’est comme essayer d’éteindre un incendie en soufflant dessus. Il faut aller à la source, dans les couches inconscientes où cette histoire s’est figée.
L’hypnose, elle, ne cherche pas à effacer le souvenir. Elle cherche à désamorcer la charge émotionnelle qui est attachée à ce souvenir. C’est une approche radicalement différente.
L’hypnose, ce n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié, très proche de ce que tu vis quand tu es absorbé par un bon film ou quand tu conduis sur une route familière sans vraiment y penser. Dans cet état, ton esprit critique est plus calme, et tu deviens plus réceptif aux suggestions qui viennent de toi-même.
Concrètement, quand je travaille avec toi sur une erreur passée, on ne va pas la revivre en détail comme si tu étais en thérapie classique. On va plutôt créer une distance. Je vais t’aider à visualiser ce souvenir comme une scène sur un écran, ou comme un nuage qui passe dans le ciel. Tu restes conscient, tu peux parler, mais tu es dans un état de détente profonde où ton cerveau est plus souple.
C’est là que le travail commence. L’hypnose permet d’accéder à ce que j’appelle la « partie émotionnelle » du souvenir. La mémoire n’est pas un fichier informatique. Elle est composée d’images, de sensations corporelles, d’émotions. Quand tu repenses à ton erreur, ce n’est pas l’image qui te fait souffrir, c’est la boule dans le ventre, la tension dans la mâchoire, la voix intérieure qui te juge. L’hypnose va t’aider à modifier cette réponse somatique.
Je me souviens d’une patiente, Claire, qui ne pouvait pas se pardonner d’avoir quitté son mari. Elle était partie du jour au lendemain, laissant une lettre. Des années plus tard, elle culpabilisait encore, surtout vis-à-vis de leurs enfants. En hypnose, on a fait un exercice simple. Je lui ai demandé de visualiser cette lettre, mais en la regardant de très loin, comme si elle était sur une montagne et la scène en bas. Puis, je lui ai proposé d’imaginer qu’elle pouvait réécrire cette lettre, non pas pour changer le passé, mais pour ajouter une phrase : « Je suis désolée, et je fais ce choix pour me protéger. » Son corps s’est détendu immédiatement. Pas parce qu’elle avait effacé le souvenir, mais parce qu’elle avait donné une autre intention à son acte. Elle avait arrêté de se voir comme « celle qui abandonne », pour se voir comme « celle qui a survécu ».
Le pardon de soi n’est pas un effacement. C’est une réécriture du sens que tu donnes à ton histoire.
L’hypnose seule peut faire beaucoup. Mais depuis quelques années, j’ai intégré une approche qui change la donne : l’IFS, ou Système Familial Intérieur. C’est un modèle qui considère que ta psyché est composée de plusieurs parties, comme une famille intérieure. Tu as la partie critique, la partie perfectionniste, la partie qui a peur, la partie qui veut plaire. Et tu as aussi une partie centrale, que l’on appelle le Self, qui est calme, curieuse, confiante, et surtout, capable de pardon.
Quand tu n’arrives pas à te pardonner une erreur, ce n’est pas toi qui es bloqué. C’est une partie de toi qui est en alerte. Par exemple, une partie « juge intérieur » qui te rappelle sans cesse cette erreur pour t’empêcher de la reproduire. Ou une partie « honteuse » qui s’est identifiée à l’erreur et qui croit que tu es fondamentalement mauvais.
En hypnose, je vais t’aider à dialoguer avec ces parties. Pas pour les combattre, mais pour les comprendre. Pourquoi cette partie critique est-elle si dure avec toi ? Souvent, la réponse est surprenante : elle essaie de te protéger. Elle a peur que si tu lâches prise, tu deviennes négligent, que tu refasses la même erreur. Elle est comme un parent hypervigilant qui crie, mais qui veut ton bien.
Je travaille avec un footballeur amateur, Lucas, qui avait raté un penalty décisif il y a trois ans. Chaque fois qu’il s’entraînait, une partie de lui revivait cet échec. Il avait perdu toute confiance. En séance, on a invité cette partie à s’exprimer. Elle a dit : « Si je te laisse tranquille, tu vas recommencer à tirer n’importe comment. Je te rappelle cette erreur pour que tu restes concentré. » C’était une partie protectrice, pas malveillante. Une fois qu’il l’a comprise, Lucas a pu la remercier, et lui expliquer qu’il pouvait apprendre autrement. Ensuite, on a utilisé l’hypnose pour ancrer une nouvelle image : celle d’un tir réussi, avec la sensation de légèreté dans le pied. Aujourd’hui, il tire les penalties avec un sourire.
L’IFS t’apprend que tu n’es pas tes parties. Tu es le Self, cette présence calme qui peut accueillir toutes tes expériences sans les juger. Et c’est depuis cet endroit que le pardon devient possible.
Je vais te décrire ce qui se passe dans une séance typique, pour que tu n’aies pas l’impression d’entrer dans un monde flou. Tu arrives, on discute un moment. Je te pose des questions sur ce que tu veux pardonner, sur les sensations que cela provoque dans ton corps, sur les pensées automatiques. Puis, je te propose de t’installer confortablement dans un fauteuil.
L’induction hypnotique est douce. Je vais guider ta respiration, attirer ton attention sur des sensations physiques – la pesanteur de tes bras, le contact de ton dos contre le dossier. Je peux utiliser une métaphore, comme celle d’un escalier qui descend, chaque marche t’amenant plus profondément dans la détente. Au bout de quelques minutes, tu es dans un état d’hypnose légère à moyenne. Tu peux encore entendre ma voix, tu peux bouger si tu veux, mais ton corps est lourd, ton esprit est calme.
C’est là que je vais introduire une suggestion. Par exemple : « Imagine que tu tiens dans ta main un petit coffre. Dedans, tu places tout ce qui est lié à cette erreur : les mots, les images, les émotions. Tu fermes le coffre, et tu le poses à côté de toi. Il est là, il fait partie de ton histoire, mais il ne te définit plus. »
Ensuite, on peut faire un travail de réassociation. Je vais te demander de visualiser la personne que tu étais au moment de l’erreur. Pas toi aujourd’hui, mais toi à cet instant, avec tes ressources limitées, ta fatigue, tes peurs. Et je vais te guider pour que tu puisses lui parler, depuis ta position actuelle, avec bienveillance. « Tu as fait ce que tu pouvais avec ce que tu savais à ce moment-là. » C’est une phrase simple, mais en état d’hypnose, elle résonne profondément.
Un autre outil puissant, c’est la régression symbolique. On ne revit pas l’événement de manière traumatique. On le revisite avec une nouvelle perspective. Par exemple, je peux te proposer d’imaginer que tu es un observateur bienveillant, assis dans le public de ta propre vie. Tu regardes la scène, et tu remarques des détails que tu n’avais jamais vus : la fatigue sur le visage de la personne, le contexte difficile. Cela change le récit intérieur.
Je termine toujours par un ancrage. Je te demande de poser une main sur ton cœur, ou de serrer le poing, et d’associer ce geste à un mot ou une sensation de pardon. Ensuite, quand tu rouvriras les yeux, ce geste pourra te rappeler cet état de paix. C’est comme un bouton de rappel, accessible dans ta vie quotidienne.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer le souvenir de ton erreur. Tu te souviendras encore de ce que tu as fait. Mais la charge émotionnelle qui t’empêche d’avancer, la honte, la culpabilité, la rumination, tout cela va diminuer, parfois disparaître.
L’hypnose ne va pas non plus te transformer en quelqu’un d’autre. Tu restes toi-même, avec ton histoire, ta sensibilité. Ce qui change, c’est le rapport que tu entretiens avec cette histoire. Au lieu d’être collé à elle, tu peux la regarder avec recul, et même en tirer des leçons sans te flageller.
Certaines personnes s’attendent à un résultat immédiat et spectaculaire. Parfois, c’est le cas. Une seule séance peut suffire pour une erreur récente ou peu ancrée. Mais pour des blessures anciennes, profondes, qui sont devenues une partie de ton identité, il faut plusieurs séances. Le pardon de soi est un chemin, pas un interrupteur.
Je pense à un patient, Thomas, qui avait trahi la confiance d’un ami d’enfance. Il y avait vingt ans de cela. Il en pleurait encore en séance. L’hypnose a permis de calmer la douleur immédiate, mais c’est le travail avec l’IFS qui a dénoué la racine : une partie de lui croyait qu’il était indigne d’amour. Cela a pris six séances, espacées sur deux mois. Mais aujourd’hui, il a renoué avec cet ami, et il dort mieux qu’il ne l’a jamais fait.
L’hypnose ne fait pas de miracle. Elle fait un travail de nettoyage émotionnel, et elle te donne des outils pour que toi, tu puisses continuer ce chemin.
Le travail en cabinet est essentiel, mais la vraie transformation se joue après, dans les petites secondes de la vie réelle. Une fois que tu as vécu un lâcher-prise en hypnose, il faut l’ancrer dans ton quotidien. Sinon, ton cerveau, habitué à la rumination, peut revenir à ses vieilles habitudes.
Voici quelques pistes que je propose à mes patients, et que tu peux essayer toi-même :
Le rituel du soir. Avant de t’endormir, pose une main sur ton cœur. Rappelle-toi une sensation de paix que tu as ressentie lors de la séance. Dis-toi intérieurement : « Aujourd’hui, je choisis de ne pas porter ce poids. Je le dépose. » C’est simple, mais répété chaque soir, cela crée un nouveau chemin neuronal.
Le journal de pardon. Note sur un carnet une phrase par jour : « Aujourd’hui, je me pardonne de ne pas avoir été parfait, parce que j’étais humain. » Ou plus spécifique : « Je me pardonne d’avoir parlé trop vite à cette réunion. » L’écriture a un pouvoir d’ancrage, surtout si tu la fais après quelques minutes de respiration calme.
Le geste d’ancrage. Pendant la séance, on aura peut-être créé un geste (serrer le poing, toucher ton poignet). Utilise-le chaque fois que la culpabilité refait surface. Même en pleine journée, au travail. Personne ne le verra, mais toi, tu sauras que tu es en train de te rappeler que tu as le droit de lâcher prise.
La pause de trois respirations. Quand tu sens la rumination arriver, arrête-toi. Inspire profondément par le nez, expire lentement par la bouche. Fais-le trois fois. Puis, regarde la pensée comme un nuage : elle passe, elle n’est pas toi.
Ce qui est beau, c’est que tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Le pardon de soi est un muscle. Plus tu l’entraînes, plus il devient fort. Et l’hypnose te donne juste un bon coach pour accélérer le processus.
Tu es là, à lire ces lignes, peut-être avec une boule dans la gorge ou une légère tension dans les épaules. C’est normal. Parler de ses erreurs, c’est parler de sa vulnérabilité. Mais c’est aussi parler de sa force. Car reconnaître que tu as besoin de pardon, c’est déjà un acte de courage immense.
L’hypnose, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle – ce ne sont pas des techniques froides. Ce sont des invitations à rentrer chez toi
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.