3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Ce qu'il faut savoir avant de franchir la porte du praticien.
Vous avez pris rendez-vous. Vous allez pousser la porte d’un cabinet, et vous vous demandez peut-être ce qui va se passer. Peut-être même qu’en lisant ces lignes, votre cœur s’accélère un peu, vos épaules se tendent, et cette petite voix intérieure vous souffle : « Et si ça ne marchait pas ? Et si je n’y arrive pas ? »
C’est normal. Avant chaque première séance d’hypnose pour des attaques de panique, cette appréhension est presque systématique. Elle ne veut pas dire que vous n’êtes pas prêt. Elle veut dire que vous êtes humain, et que votre système nerveux fait son boulot : il essaie de vous protéger de l’inconnu.
Je vois des personnes comme vous depuis 2014 à Saintes. Des hommes et des femmes qui arrivent en se tenant les bras, le souffle court, parfois en pleurs. Et je vois aussi la même personne repartir une heure plus tard, étonnée d’avoir pu poser un mot sur ce qui se passait en elle, ou d’avoir ressenti une première accalmie.
Cet article n’est pas un guide de préparation rigide. C’est une conversation honnête sur ce que vous pouvez faire, avant la séance, pour que cette première rencontre soit la plus utile possible. Et surtout, sur ce que vous n’avez pas à faire.
Avant de parler de séance, il faut qu’on soit clairs sur la bête. Une attaque de panique, ce n’est pas « juste du stress ». Ce n’est pas un caprice, ni un manque de volonté.
C’est un orage neurologique. Votre système d’alarme interne – l’amygdale cérébrale – se déclenche sans qu’il y ait de vrai danger. Il détecte une menace qui n’existe pas, et il envoie l’ordre de mobiliser toutes les ressources du corps pour fuir ou combattre. Le cœur s’emballe, la respiration devient rapide et superficielle, les mains deviennent moites, la tête tourne, une sensation d’irréalité s’installe. Certains décrivent une oppression thoracique qui leur fait croire à une crise cardiaque.
Je travaille avec Paul, un coureur de fond que j’accompagne aussi en préparation mentale. Il décrivait ses attaques de panique comme « un mur qui tombe sur moi sans prévenir, en pleine course, alors qu’il n’y a aucun concurrent autour ». Cette image est parlante : l’attaque survient souvent dans des moments où vous vous sentez en sécurité, ou au contraire dans des situations que vous ne pouvez pas fuir (transports en commun, supermarché, réunion).
Ce qui est crucial à comprendre, c’est que votre corps n’est pas détraqué. Il fonctionne parfaitement. C’est le déclencheur qui est défaillant. L’alarme sonne pour un exercice d’incendie, alors qu’il n’y a pas de feu. L’hypnose, et plus spécifiquement les approches que j’utilise (hypnose ericksonienne, IFS et intelligence relationnelle), va permettre de reprogrammer ce détecteur de fumée imaginaire.
Quand vous comprendrez cela, vous cesserez de vous juger. Et c’est la première étape.
C’est la question la plus fréquente que j’entends. La réponse est simple et ferme : non, surtout pas.
Si vous prenez un traitement prescrit par votre médecin (anxiolytiques, bêta-bloquants, antidépresseurs), ne changez rien sans en parler à votre prescripteur. L’hypnose n’est pas un médicament. Elle n’entre pas en conflit avec lui. Elle travaille sur le terrain psychique et émotionnel, pas sur la chimie cérébrale de la même manière.
Par contre, il est important que je sache ce que vous prenez. Pourquoi ? Parce que certains médicaments peuvent modifier votre état de conscience, ou votre capacité à ressentir les sensations corporelles. Si vous êtes sous benzodiazépine (Xanax, Valium, etc.), l’état hypnotique peut être un peu plus « cotonneux », moins net. Ce n’est pas un problème, mais cela m’aide à adapter mon langage et mes suggestions.
Certaines personnes viennent en me disant : « J’ai pris mon Lexomil juste avant pour être plus calme ». C’est compréhensible, mais ce n’est pas idéal. L’hypnose, c’est un apprentissage. C’est comme prendre une leçon de conduite : si vous êtes sous calmant, vous allez moins bien sentir les pédales, le volant, les réactions de la voiture. Vous ne pourrez pas intégrer les nouveaux réflexes. L’objectif est que vous appreniez à réguler votre panique sans béquille chimique, mais cela se fait progressivement, en accord avec votre médecin.
À retenir : Ne faites jamais de sevrage sauvage. L’hypnose ne remplace pas un traitement. Elle peut vous aider à en réduire la dose à long terme, mais c’est un chemin qui se construit avec votre médecin traitant.
Il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » réponses. Vous n’êtes pas là pour être évalué. Vous êtes là pour être compris.
La première partie d’une séance d’hypnose – et c’est aussi valable pour l’IFS (Internal Family Systems) – c’est l’entretien. On va parler. Je vais vous poser des questions sur vos attaques : quand surviennent-elles ? À quoi ressemblent-elles ? Qu’est-ce qui les précède ? Qu’est-ce qui les aggrave ? Qu’est-ce qui les calme un peu ? Qu’avez-vous déjà essayé ?
Ne vous censurez pas. Si vous avez peur de passer pour un « cas désespéré » parce que vous faites trois attaques par jour, dites-le. Si vous avez honte d’avoir dû quitter votre travail en plein milieu d’une réunion, dites-le. Si vous avez des pensées bizarres pendant l’attaque (peur de mourir, de devenir fou, de perdre le contrôle), c’est essentiel à partager.
Je me souviens de Claire, qui est venue un jour en tremblant. Elle avait 45 ans, cadre dans une collectivité. Elle n’avait jamais parlé à personne de ses attaques, parce qu’elle était « la cheffe, celle qui tient la barre ». Elle m’a dit, les larmes aux yeux : « J’ai peur que vous pensiez que je suis faible. » C’est exactement ce qu’il fallait qu’elle me dise. Cette peur était une pièce du puzzle.
Ce qui est confidentiel reste confidentiel. Je suis tenu au secret professionnel. Vous pouvez tout dire. Et parfois, ce que vous considérez comme un détail insignifiant – une odeur, un bruit, un moment de la journée – est la clé qui permet de déverrouiller le mécanisme.
Si vous ne savez pas par où commencer, répondez simplement à cette question : « Qu’est-ce qui vous a décidé à prendre rendez-vous aujourd’hui ? » Votre réponse sera le point de départ parfait.
C’est la peur la plus profonde, et la plus légitime. On a tous vu des shows d’hypnose à la télévision où des gens font des choses ridicules. Ce n’est pas ça, l’hypnose thérapeutique.
L’hypnose ericksonienne, que je pratique, n’est pas un état de sommeil. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour. Vous savez, quand vous êtes au volant et que vous arrivez chez vous sans vous souvenir du trajet ? Quand vous lisez un livre et que vous êtes tellement absorbé que vous n’entendez plus la télé ? Quand vous rêvassez sous la douche ? Ce sont des états hypnotiques légers.
Pendant une séance, vous restez conscient. Vous entendez ma voix, vous pouvez bouger, tousser, ouvrir les yeux si vous le souhaitez. Vous ne ferez rien contre votre volonté. Votre esprit critique reste actif, même s’il est un peu plus en retrait. C’est comme si vous étiez le conducteur d’une voiture, et que vous me laissiez être le copilote qui vous indique la route. Vous pouvez à tout moment reprendre le volant.
Avec l’IFS, c’est encore plus clair : on ne vous « endort » pas. On dialogue avec les différentes parties de vous-même. Une partie de vous a peur de l’hypnose ? Très bien, on va parler à cette partie, la remercier d’essayer de vous protéger, et lui demander ce dont elle a besoin pour se sentir en sécurité.
Si vous avez peur de perdre le contrôle, dites-le dès le début de la séance. C’est une information précieuse. Le praticien adaptera son approche. Parfois, on commence par des exercices de respiration, ou par une simple conversation. L’hypnose, ce n’est pas un rituel rigide. C’est un outil flexible au service de votre sécurité.
Le vrai contrôle, ce n’est pas de rester tendu et vigilant. Le vrai contrôle, c’est de pouvoir se détendre en toute confiance, en sachant que l’on peut revenir à tout moment.
C’est le moment critique. Vous avez pris rendez-vous il y a une semaine, et soudain, le jour J, la panique vous rattrape. Vous êtes dans la salle d’attente, ou dans votre voiture garée devant le cabinet, et vous avez envie de faire demi-tour.
C’est une réaction classique. Votre système nerveux perçoit la séance comme une menace potentielle. Il active le mode survie. Voici quelques stratégies concrètes que vous pouvez mettre en place immédiatement :
Arrêtez de lutter contre la sensation. Ne vous dites pas « il ne faut pas que je panique ». Plus vous luttez, plus vous alimentez le feu. Dites-vous plutôt : « OK, mon cœur s’emballe. C’est désagréable, mais ce n’est pas dangereux. C’est juste mon corps qui se prépare à quelque chose de nouveau. » Accueillez la sensation comme une vague. Elle monte, elle atteint un pic, puis elle redescend.
Utilisez l’ancrage sensoriel. Regardez autour de vous. Nommez mentalement cinq choses que vous voyez (un arbre, une voiture rouge, un nuage, une poignée de porte, vos chaussures). Puis quatre choses que vous entendez (le vent, des oiseaux, une conversation lointaine, votre propre respiration). Puis trois choses que vous sentez physiquement (le tissu de votre siège, la température de l’air, le sol sous vos pieds). Cela ramène votre cerveau dans le présent, dans le cortex préfrontal, et sort de l’amygdale en alerte.
Rappelez-vous votre « pourquoi ». Pourquoi avez-vous pris rendez-vous ? Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous avez été libre, sans cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Cette séance est une étape vers cette liberté. Vous n’allez pas chez le praticien pour subir quelque chose, mais pour reprendre quelque chose.
Autorisez-vous à entrer en retard. Si vous avez besoin de cinq minutes de plus dans la voiture pour respirer, prenez-les. Envoyez un SMS : « Je suis arrivé, j’arrive dans 5 minutes. » Personne ne vous en voudra. Le praticien sait que vous êtes là pour un trouble anxieux. Il ne s’attend pas à ce que vous soyez zen comme un moine bouddhiste.
Si l’attaque est trop forte et que vous ne pouvez vraiment pas entrer, ce n’est pas un échec. C’est une information. Vous pouvez repartir, et la prochaine fois, on commencera la séance dehors, sur le trottoir, ou par téléphone. Le cadre s’adapte à vous, pas l’inverse.
C’est une autre peur très répandue : « Je ne suis pas hypnotisable », ou « Je ne vais rien ressentir, je vais perdre mon temps et mon argent ».
L’hypnose n’est pas un spectacle sensoriel. Certaines personnes ressentent une lourdeur, d’autres une légèreté, d’autres des fourmillements, d’autres… rien de particulier. Et c’est parfaitement normal.
L’efficacité de l’hypnose ne se mesure pas à ce que vous ressentez pendant la séance, mais à ce qui change après. Le travail se fait en profondeur, souvent en dehors de votre conscience. C’est comme planter une graine. Vous ne la voyez pas pousser pendant les premières minutes. Mais l’eau et la lumière ont pénétré la terre.
Avec l’IFS, c’est encore plus concret. On ne cherche pas un état « hypnotique spectaculaire ». On cherche à rencontrer une partie de vous. Parfois, cette rencontre est très calme, presque silencieuse. Parfois, elle est émotionnellement chargée. Parfois, elle est intellectuelle. Toutes ces formes sont valides.
J’ai accompagné Marc, un footballeur amateur qui venait pour des attaques de panique avant les matchs. Pendant les deux premières séances, il m’a dit : « Je ne sens rien, je suis juste allongé là, j’écoute votre voix. » Il était frustré. À la troisième séance, il m’a raconté qu’il avait fait un rêve étrange la nuit suivante, où il voyait un petit garçon assis tout seul sur un banc de touche. On a travaillé sur cette image. C’était la clé. Son inconscient avait intégré le travail sans qu’il en ait conscience.
Ne jugez pas la séance sur le ressenti immédiat. Jugez-la sur ce qui se passe dans les jours qui suivent : une crise moins intense, une pensée moins envahissante, un sursaut de lucidité dans une situation qui déclenchait habituellement la panique.
La séance ne s’arrête pas quand vous quittez le cabinet. Les heures et les jours qui suivent sont importants.
Immédiatement après : Ne faites rien d’urgent. Ne reprenez pas le volant si vous êtes encore un peu « flottant ». Buvez un verre d’eau. Marchez cinq minutes. Laissez les sensations s’installer. Certaines personnes ont envie de parler, d’autres de se taire. Faites ce qui vous semble juste.
Le soir : Il est fréquent d’avoir un sommeil agité ou, au contraire, très profond. Votre psychisme a travaillé, il a besoin de digérer. Si vous rêvez de choses étranges, notez-les au réveil, même si ça ne semble pas avoir de sens. C’est votre inconscient qui continue le dialogue.
Les jours suivants : Ne testez pas « si ça a marché ». Ne vous mettez pas en situation de panique volontairement pour voir. Laissez le processus se déployer naturellement. Vous aurez peut-être une petite crise, ou une sensation d’inconfort. Ce n’est pas un échec. C’est juste que le travail n’est pas fini. Chaque expérience est une donnée pour la prochaine séance.
Voici une chose simple que vous pouvez faire chez vous, entre les séances : le journal de bord des exceptions.
Prenez un carnet. Chaque jour, notez une situation où vous avez failli avoir une attaque, mais où elle ne s’est pas produite, ou bien elle a été moins forte que d’habitude. Par exemple : « J’étais dans la file d’attente au supermarché, j’ai senti la boule dans le ventre, mais elle est redescendue au bout de 30 secondes. » Ou : « J’ai pensé à l’attaque de panique, mais je n’ai pas paniqué à l’idée de paniquer. »
Ces petites victoires sont les fondations du changement. Elles montrent à votre cerveau que le système d’alarme est en train de se recalibrer. Plus vous les notez, plus elles deviennent réelles.
Vous avez pris rendez-vous. C’est le geste le plus important. C’est celui qui interrompt le cycle de l’évitement. Le simple fait de lire cet article, de vous renseigner, de vous préparer, est déjà un acte de courage et de reconquête.
Vous n’avez pas besoin d’être parfait pour cette séance
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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