HypnoseEmotions Et Stress

Comment préparer votre première séance d'hypnose pour l'anxiété

Conseils pratiques pour aborder sereinement votre rendez-vous.

TSThierry Sudan
23 avril 202613 min de lecture

Vous avez pris rendez-vous. Vous avez fait le premier pas, celui qui coûte le plus souvent. Peut-être que vous avez déjà composé le numéro, laissé un message hésitant, ou cliqué sur un lien de prise de rendez-vous en ligne avec un mélange d’espoir et d’appréhension. Et maintenant, une question vous trotte dans la tête, parfois dès que vous avez raccroché : « Qu’est-ce qui va se passer exactement ? ». C’est une question légitime, surtout quand on souffre d’anxiété et que l’inconnu est justement l’une des choses qui nous met le plus en alerte. Vous n’êtes pas seul ou seule à vous la poser. Je vais vous décrire ce à quoi vous attendre, non pas pour vous donner un script figé (chaque séance est unique, comme chaque personne qui franchit la porte), mais pour dissiper le brouillard et vous permettre d’arriver plus serein. Le but de cet article est que vous puissiez vivre cette première séance comme une exploration, pas comme une épreuve.

Pourquoi l’idée de la séance vous stresse-t-elle ? Décryptage d’un mécanisme normal

Avant même de parler de l’hypnose, parlons de vous, là, maintenant. Vous lisez ces lignes, et peut-être sentez-vous une petite tension dans le ventre ou les épaules. C’est le signe que votre système de survie fait son travail. L’anxiété, dans son essence, est une alarme qui se déclenche face à une menace perçue. Or, une « première fois » – que ce soit un premier rendez-vous amoureux, un premier jour dans un nouveau travail, ou une première séance chez un praticien – active cette alarme. Pourquoi ? Parce que votre cerveau n’a pas encore de carte routière pour cette situation. Il ne sait pas si c’est dangereux, si vous allez perdre le contrôle, si l’autre personne va vous juger.

Je vois souvent des personnes arriver en me disant : « J’ai peur de ne pas être assez réceptif. » ou « Et si je n’arrive pas à me détendre ? ». C’est un paradoxe magnifique et douloureux : on stresse à l’idée de ne pas réussir à se détendre. C’est comme si on vous demandait de ne pas penser à un ours blanc. Plus vous essayez, plus l’ours s’impose. Cette peur de « mal faire » est un des premiers obstacles que nous allons aborder ensemble.

Sachez une chose : il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » façon de vivre une séance d’hypnose. Votre seule mission, c’est d’arriver. Le reste, c’est mon travail. Votre anxiété, votre stress, vos doutes ne sont pas des ennemis à abattre avant de commencer. Ce sont des invités que nous allons accueillir et écouter. Si vous arrivez avec le cœur qui bat la chamade, c’est parfait. C’est votre point de départ. C’est à partir de là que nous travaillerons. Alors, la première chose à faire n’est pas de vous forcer à vous calmer, mais d’accepter que vous soyez stressé. C’est déjà un immense soulagement.

« Vous n’avez pas besoin d’être calme pour commencer. Vous avez juste besoin d’être présent. Votre agitation n’est pas un échec, c’est le matériau de notre travail. »

Que se passe-t-il concrètement pendant une séance d’hypnose pour l’anxiété ?

Démystifions le mythe. Non, vous ne serez pas endormi. Non, vous n’allez pas perdre le contrôle de vos actes. Non, je ne vais pas vous faire chanter « Au clair de la lune » si vous ne le voulez pas. L’hypnose ericksonienne que je pratique est un état de conscience modifié, un peu comme la rêverie que vous avez en regardant par la fenêtre d’un train, ou ce moment juste avant de vous endormir où les pensées divaguent. C’est un état profondément naturel et agréable.

Voici le déroulé typique d’une première séance, qui dure généralement entre 60 et 90 minutes :

  1. L’accueil et le dialogue (la partie la plus importante) : On ne commence pas par « regardez la montre, vous allez dormir ». On commence par parler. Je vais vous poser des questions simples : « Qu’est-ce qui vous amène ? », « Quand cette anxiété est-elle apparue ? », « Dans quels moments est-elle la plus forte ? », « Qu’avez-vous déjà essayé ? ». Ce n’est pas un interrogatoire de police, c’est une conversation. Je cherche à comprendre votre carte du monde, votre langage, vos métaphores. Si vous dites « J’ai une boule au ventre », je note « boule au ventre ». C’est votre réalité, et nous allons travailler avec.

  2. La définition d’un objectif : Une séance d’hypnose ne vise pas à « enlever l’anxiété » comme on enlève une tache. L’anxiété est une énergie, une information. On va plutôt chercher à quoi vous voulez qu’elle ressemble. « Qu’est-ce que vous voulez ressentir à la place ? ». Les réponses sont souvent : « Du calme », « De la confiance », « Une sensation de légèreté ». Nous allons personnaliser cet objectif. Par exemple, au lieu de dire « ne plus stresser avant une réunion », nous dirons « aborder mes réunions avec une sensation de calme et de clarté dans la poitrine, et pouvoir répondre posément ».

  3. L’induction hypnotique : C’est le moment où je vous guide vers cet état de conscience modifié. Je ne le fais pas avec un regard magnétique ou en vous touchant. Je le fais avec ma voix. Je vais vous inviter à porter votre attention sur votre respiration, sur les sensations de votre corps, sur une image apaisante. Parfois, je vous demande de fixer un point. C’est comme ça que nous allons « distraire » votre mental analytique pour laisser place à votre inconscient créatif. Vous entendrez tout ce que je dis, vous pourrez bouger, vous gratter, ouvrir les yeux si vous le souhaitez. Vous restez maître de la situation.

  4. Le travail thérapeutique : Une fois dans cet état de calme et de concentration, nous allons utiliser des suggestions, des métaphores, des visualisations. Si vous avez une « boule au ventre », nous pourrions l’inviter à changer de forme, de couleur, de texture. Nous pourrions voyager dans votre corps pour trouver l’endroit où se cache la sécurité. Nous pourrions revisiter une situation stressante du passé avec les ressources d’aujourd’hui. C’est une phase très créative et personnalisée. Je suis un guide, mais c’est votre inconscient qui fait le vrai travail de réorganisation.

  5. Le retour : Je vous ramène doucement à l’état de conscience ordinaire. On compte de 1 à 5, et vous vous sentez reposé, alerte. On prend le temps de discuter de ce que vous avez vécu. Certaines personnes ont des images très nettes, d’autres ne se souviennent que d’une sensation de bien-être. Les deux sont parfaits. Il n’y a pas de bonne expérience.

Comment se préparer mentalement et pratiquement pour votre rendez-vous ?

La préparation, c’est 50% du succès. Et cette préparation, elle est simple et repose sur un principe : vous n’avez rien à prouver. Voici quelques conseils concrets pour que le jour J, vous soyez dans les meilleures dispositions, sans vous mettre la pression.

Côté pratique :

  • Habillez-vous confortablement : Pas de ceinture trop serrée, pas de col qui gratte, pas de talons hauts. Vous allez passer une heure dans un fauteuil, autant être à l’aise. Vous pouvez même apporter un plaid ou un pull si vous avez facilement froid.
  • Prévoyez un trajet sans stress : Arrivez 10 minutes en avance. Pas 30, car l’attente peut être source d’anxiété. Pas à la dernière minute, pour ne pas arriver essoufflé. 10 minutes, c’est idéal pour vous poser, boire un verre d’eau, aller aux toilettes.
  • Évitez les excitants avant la séance : Café, théine, boissons énergisantes. Pas besoin d’être « sous tension » pour l’hypnose. L’état hypnotique est un état de détente. Un café fort juste avant, c’est comme essayer de freiner avec le pied sur l’accélérateur. Un verre d’eau ou une tisane sera parfait.
  • Éteignez votre téléphone : C’est évident, mais c’est crucial. Pas en mode silencieux, éteint. Une vibration pendant la séance peut vous sortir de votre état. Offrez-vous cette heure de déconnexion totale.

Côté mental :

  • Ne venez pas avec un script : La pire des préparations, c’est d’arriver avec la liste de ce que vous voulez dire ou ne pas dire. Laissez la place à l’imprévu. Vous pleurerez peut-être, vous rirez peut-être, vous resterez silencieux. Tout est acceptable. L’hypnose est un dialogue entre votre conscient et votre inconscient. Laissez ce dernier s’exprimer.
  • Déposez vos attentes : Si vous venez en vous disant « il faut absolument que je sois guéri en une séance », vous allez créer une pression inutile. L’anxiété ne s’est pas construite en un jour, elle ne disparaît pas toujours en une heure. La première séance est une porte qui s’ouvre, un premier contact. Le changement est un processus.
  • Venez avec un problème, pas une solution : Vous n’avez pas besoin de savoir comment vous allez guérir. C’est mon travail avec votre inconscient de co-construire cette solution. Votre rôle, c’est de décrire le problème avec honnêteté.

Il y a quelques années, j’ai reçu un homme d’une quarantaine d’années, cadre commercial, qui venait pour des crises d’angoisse avant ses présentations clients. Il est arrivé avec un carnet de notes, un stylo, et une liste de 15 questions. Il voulait tout contrôler, tout comprendre. Je l’ai invité à poser le carnet sur la table. Il a eu du mal. Finalement, il a accepté de ne pas savoir. Pendant l’hypnose, il a eu une simple image : celle d’une rivière qui coule autour d’un rocher. Il n’a pas eu de révélation fracassante. Mais en sortant, il m’a dit : « Je crois que j’ai compris que je n’ai pas besoin de pousser la rivière. » Parfois, la solution est dans le lâcher-prise.

Les idées reçues qui vous empêchent de lâcher prise (et comment les dépasser)

Il y a des croyances qui tournent autour de l’hypnose comme des guêpes autour d’un verre de soda. Elles sont tenaces, et elles peuvent bloquer la séance. Levons-les une par une.

1. « Je vais perdre le contrôle. » C’est la peur la plus fréquente. Rassurez-vous : l’hypnose est un état de contrôle accru, pas diminué. Vous êtes plus conscient de votre corps, de vos sensations. Vous pouvez à tout moment décider d’ouvrir les yeux, de dire stop. Vous ne faites rien que vous ne vouliez pas faire. Votre inconscient, qui est le véritable chef d’orchestre de votre corps (il gère votre respiration, votre digestion, votre cicatrisation), ne va pas soudainement vous saboter. Il est votre allié. Si une suggestion ne vous convient pas, votre esprit la rejettera automatiquement.

2. « Je ne suis pas réceptif, je suis trop rationnel. » C’est souvent ce que disent les ingénieurs, les informaticiens, les scientifiques. Et ce sont parfois les meilleurs sujets. Pourquoi ? Parce qu’ils sont habitués à observer avec précision. L’hypnose n’est pas une question de croyance, c’est une question d’attention. Si vous êtes capable de vous concentrer sur votre respiration pendant 30 secondes, vous êtes capable d’entrer en hypnose. Votre esprit critique ne disparaît pas, il se met simplement en veille. Il reste là, en arrière-plan, à commenter peut-être. Et c’est ok. Laissez-le commenter pendant que votre inconscient travaille.

3. « L’hypnose va effacer mes souvenirs ou me faire faire des choses bizarres. » L’hypnose thérapeutique n’est pas un spectacle de scène. Je ne suis pas un hypnotiseur de foire. Mon but n’est pas de vous faire danser ou de vous faire oublier votre nom. Mon but est de vous aider à accéder à vos ressources intérieures pour apaiser votre anxiété. Vous vous souviendrez de l’essentiel de la séance, même si les détails peuvent être flous, comme un rêve au réveil.

4. « Si je ne ressens rien, ça n’a pas marché. » Faux. Certaines personnes ressentent une lourdeur, d’autres une légèreté, d’autres encore une simple sensation de calme, et d’autres... rien de particulier. Parfois, le travail se fait en profondeur, sans sensation spectaculaire. Le vrai indicateur de réussite, ce n’est pas ce que vous ressentez pendant la séance, mais ce qui change dans votre vie après. Est-ce que la prochaine fois que vous serez dans une situation anxiogène, vous réagirez différemment ? C’est ça, le test.

Que faire si l’émotion monte pendant la séance ? Un guide pour accueillir l’inconfort

C’est un point crucial. L’anxiété, c’est de l’émotion stockée. Quand on commence à l’écouter, il arrive qu’elle sorte. Vous pourriez avoir envie de pleurer, de trembler, de ressentir une bouffée de chaleur ou de froid. C’est normal. C’est bon signe. Cela signifie que le système se libère.

Beaucoup de personnes ont peur de ça. « Et si je pleure et que je n’arrive pas à m’arrêter ? » La réponse est simple : vous vous arrêterez. Votre corps sait gérer ses décharges émotionnelles. Pendant la séance, je suis là pour vous accompagner. Je ne vais pas vous laisser noyé. Je vais vous guider pour traverser cette vague, comme un surfeur accompagné par un bateau de sécurité.

Si vous sentez une émotion monter, voici ce que vous pouvez faire (et ce que je ferai) :

  1. Ne la repoussez pas : Le réflexe est de serrer les dents, de respirer vite, de se dire « non, pas ça ». C’est l’inverse qu’il faut faire. Accueillez-la. Dites-vous intérieurement : « Ah, te voilà. Je te sens. Tu es la bienvenue. » C’est contre-intuitif, mais c’est ce qui dissout l’émotion.
  2. Respirez dans la sensation : Si c’est une boule dans la poitrine, respirez comme si votre souffle pouvait aller directement dans cette boule. Si c’est une tension dans la gorge, respirez dans la gorge. Donnez de l’espace à la sensation.
  3. Laissez-vous bercer par ma voix : C’est mon rôle de vous ramener à un point d’ancrage de sécurité. Je vous inviterai peut-être à poser votre main sur votre cœur, ou à visualiser un lieu sûr. Vous n’êtes pas seul.

Je me souviens d’une jeune femme venue pour des attaques de panique. En séance, elle a revécu une sensation d’étouffement. Elle a eu très peur. Je lui ai simplement dit : « C’est juste une sensation. Elle est passée avant, elle passera encore. Reste avec moi, écoute ma voix. » Elle a pleuré, elle a tremblé, et après 2 minutes, c’était fini. Elle a ouvert les yeux et m’a dit : « Je n’ai jamais laissé quelqu’un me voir comme ça. » C’était un immense pas. Elle avait arrêté de lutter seule.

Et après la séance ? Les premiers pas concrets vers l’apaisement

La séance ne s’arrête pas quand vous quittez le cabinet. Elle continue dans les heures et les jours qui suivent. Votre inconscient continue de traiter l’information, de faire des connexions. Vous pourriez avoir des rêves plus vifs, des souvenirs qui remontent, ou au contraire une grande fatigue. C’est

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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