3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Briser la boucle des ressentis qui alimente la rage.
Tu as passé ta journée à repenser à cette phrase. Celle qu’il t’a dite hier soir, ou celle qu’elle t’a envoyée par message. Tu la répètes, tu la décortiques, tu imagines ce que tu aurais dû répondre. Le scénario se rejoue en boucle, et à chaque fois, la colère monte d’un cran. Tu sens ta mâchoire se serrer, tes épaules se tendre, ton souffle devenir court. Et pourtant, rien ne se passe dans la réalité. C’est juste dans ta tête. Mais ton corps, lui, réagit comme si l’affront avait lieu maintenant.
Je vois ça très souvent dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes qui viennent me dire : « Je n’arrive pas à lâcher prise. » Pas parce qu’ils sont faibles, pas parce qu’ils sont rancuniers. Mais parce que leur cerveau est coincé dans une boucle. Une boucle de pensées ruminantes qui alimente la colère comme on jette du bois sur un feu. Et plus tu essaies de l’éteindre en te raisonnant, plus elle brûle.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle sont trois outils que j’utilise pour t’aider à sortir de cette mécanique. Pas en te demandant de « positiver » ou de « pardonner », mais en allant directement défaire le nœud là où il se trouve : dans ton système nerveux, dans les parties de toi qui gardent cette colère active.
Alors si tu en as assez de tourner en rond, si tu veux retrouver une forme de paix intérieure sans avoir à nier ce que tu ressens, reste avec moi. On va voir ensemble comment ça fonctionne, et surtout, ce que tu peux faire dès maintenant.
La colère n’est pas une émotion « sale » ou « négative ». C’est un signal. Un signal que quelque chose a franchi une limite, que tu as été blessé, humilié, ignoré ou trahi. Le problème, ce n’est pas la colère en elle-même. Le problème, c’est ce que ton cerveau en fait après.
Quand tu vis une situation frustrante, ton système limbique — la partie ancienne de ton cerveau — s’active pour te protéger. Il libère du cortisol et de l’adrénaline. Tu es en état d’alerte. Dans la nature, cette activation servait à fuir ou à combattre. Mais toi, tu es dans ta voiture, dans ton bureau ou dans ton lit. Tu ne peux ni fuir ni combattre. Alors ton cerveau fait ce qu’il sait faire de mieux : il rumine.
La rumination, c’est cette tentative désespérée de ton esprit de « résoudre » le problème en le rejouant encore et encore. Sauf que ton cerveau ne fait pas la différence entre un danger réel et un souvenir désagréable. Chaque fois que tu repenses à cette situation, ton corps réagit comme si elle se produisait à nouveau. La colère monte, la tension s’installe, et la boucle se referme.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je sais que ça ne sert à rien de ressasser, mais je n’arrive pas à m’arrêter. » Et c’est normal. Parce que la rumination n’est pas un choix conscient. C’est un réflexe de survie. Ton cerveau croit sincèrement qu’en repensant à l’événement, il va trouver une solution, une explication, une vengeance, une réparation. Mais ça ne marche jamais. Au contraire, ça creuse le sillon. Plus tu empruntes ce chemin neuronal, plus il devient large et facile à prendre.
L’hypnose intervient ici en changeant la manière dont ton cerveau traite ce souvenir. Elle ne l’efface pas, mais elle détricote la charge émotionnelle qui le rend si brûlant. On va voir comment.
L’hypnose ericksonienne, c’est une approche douce et permissive. Contrairement à l’hypnose de spectacle, tu restes conscient et en contrôle. Ce qui change, c’est que ton esprit critique — cette petite voix qui analyse tout — se met en veille. Et ça, c’est une chance, parce que c’est justement cette voix qui alimente la rumination.
En état d’hypnose léger, ton cerveau devient plus réceptif aux nouvelles associations. On ne va pas te dire « arrête de penser à ça », parce que ça ne marche pas. À la place, on va utiliser des métaphores, des images, des suggestions indirectes. Par exemple, je peux t’inviter à imaginer que cette colère est une boule d’énergie dans ton ventre, et que tu peux la regarder de l’extérieur, sans avoir à la ressentir pleinement. C’est ce qu’on appelle la dissociation thérapeutique.
Prenons un cas concret. Je reçois un coureur, appelons-le Marc. Marc est footballeur amateur. Depuis un match, il rumine une faute de l’arbitre. Il y pense le soir, le matin, pendant ses entraînements. Il a même du mal à dormir. Quand on commence à travailler, je lui propose une séance d’hypnose où on va « revoir » le match, mais en position de spectateur, assis dans les tribunes. Il voit le joueur sur le terrain, il voit l’arbitre, il voit la scène. Mais lui, il est en sécurité. À distance.
Au fil de la séance, la scène perd son intensité. Marc peut la regarder sans que son cœur s’emballe. Son cerveau commence à créer une nouvelle mémoire : celle où il n’est plus acteur, mais observateur. Et cette nouvelle mémoire coexiste avec l’ancienne. Elle ne l’efface pas, mais elle en réduit le pouvoir.
C’est ça, le cœur de l’hypnose pour la colère : tu n’as pas besoin de te battre contre tes pensées. Tu peux simplement leur enlever leur carburant. Et le carburant, c’est l’identification. Quand tu es identifié à ta colère, tu es dedans. Quand tu apprends à la regarder, tu es dehors.
Je vais te donner une trame que j’utilise avec mes patients. C’est un protocole en trois temps, simple mais puissant. Tu peux le tester seul, mais tu verras que l’accompagnement d’un praticien peut le rendre bien plus profond, surtout si la colère est très ancienne.
Étape 1 : L’ancrage corporel Avant de toucher à la pensée, on touche au corps. Parce que la rumination commence souvent par une tension physique. Pose-toi une minute. Où est ta colère en ce moment ? Dans la poitrine ? La nuque ? Les poings ? Pose ta main doucement sur cette zone. Respire lentement. Sans vouloir changer quoi que ce soit. Juste accueillir. Ça peut sembler simple, mais c’est un acte de présence. Et la présence coupe la rumination, parce que la rumination vit dans le passé ou le futur. Le corps, lui, est toujours dans le présent.
Étape 2 : La dissociation mentale Imagine que tu es dans un cinéma. Sur l’écran, il y a la scène qui te met en colère. Toi, tu es assis dans la salle, confortablement. Tu vois la scène, tu entends les sons, mais tu es en sécurité. Si c’est trop fort, tu peux imaginer que l’écran devient flou, ou que les couleurs passent en noir et blanc. Tu peux même ralentir l’image. Ce petit jeu de distanciation permet à ton cerveau de comprendre que ce n’est pas un danger immédiat.
Étape 3 : La réattribution de sens La colère a besoin d’un coupable. Mais parfois, le coupable, c’est toi qui te donnes ce rôle. Ou tu donnes tout le pouvoir à l’autre. Pose-toi cette question : « Qu’est-ce que cette colère me dit de ce qui est important pour moi ? » Souvent, derrière la colère, il y a une valeur bafouée : le respect, la justice, la sécurité, la reconnaissance. Quand tu identifies la valeur, tu peux décider de la protéger autrement que par la rumination. Par exemple, si tu es en colère parce qu’on ne t’a pas écouté, la valeur c’est la considération. Et tu peux choisir de t’entourer de personnes qui te considèrent, plutôt que de ruminer sur celle qui ne l’a pas fait.
Ces trois étapes ne vont pas tout résoudre en un jour. Mais si tu les pratiques, tu verras que la boucle s’affaiblit. La colère revient, mais elle repart plus vite. Et surtout, tu n’es plus en fusion avec elle.
L’IFS, ou Internal Family Systems, est un modèle qui part du principe que notre psyché est composée de multiples « parties ». Tu as une partie qui veut être parfaite, une partie qui veut tout contrôler, une partie qui a peur, et oui, une partie qui est en colère. Et cette partie en colère, elle n’est pas ton ennemie. Elle est un protecteur.
Dans mon cabinet, je rencontre souvent des gens qui disent : « Je hais cette colère qui sort de moi. » Mais si on écoute la colère, elle dit quoi ? Elle dit : « Je suis là parce que tu as été blessé, et je ne veux pas que ça se reproduise. » C’est une partie qui fait son job. Le problème, c’est qu’elle le fait 24h/24, même quand le danger est passé.
En IFS, on va dialoguer avec cette partie. Pas pour la faire taire, mais pour la comprendre. Voici comment ça peut se passer :
Tu fermes les yeux. Tu portes ton attention sur la colère. Tu lui demandes : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? » Et tu écoutes la réponse, pas avec ta tête, mais avec ton ressenti. Souvent, la réponse est : « Je veux te protéger. » Alors tu remercies cette partie. Tu reconnais son rôle. Et tu lui demandes si elle peut un peu s’écarter, juste un moment, pour que tu puisses ressentir ce qu’il y a en dessous.
Et en dessous, il y a presque toujours une vulnérabilité. De la tristesse, de la peur, de la honte. La colère est la couche extérieure, la carapace. Sous la carapace, il y a une part de toi qui a été blessée, peut-être il y a longtemps, peut-être dans l’enfance. Et cette part a besoin d’être entendue, pas réprimée.
L’hypnose facilite ce dialogue parce qu’elle abaisse les défenses. Tu n’as pas besoin d’être un expert en psychologie. Tu as juste besoin d’être curieux de toi-même. Et ça, c’est une forme de douceur que la colère n’attend pas.
« La colère n’est jamais la première émotion. Elle est toujours la deuxième. Derrière elle, il y a une blessure qui cherche à être vue. » — Thierry Sudan
L’Intelligence Relationnelle, c’est un cadre qui m’a beaucoup aidé, à la fois dans ma vie personnelle et dans mon travail avec les sportifs. Elle repose sur une idée simple : la qualité de ta vie dépend de la qualité de tes relations, et la première relation, c’est celle que tu entretiens avec toi-même.
Quand tu rumines, tu es en guerre avec toi-même. Une partie de toi veut lâcher prise, une autre veut garder la colère. Tu te juges de ruminer, ce qui ajoute de la culpabilité à la colère. C’est un cercle vicieux.
L’Intelligence Relationnelle t’apprend à devenir un observateur bienveillant de tes états internes. Au lieu de dire « Je suis en colère », tu dis « Il y a de la colère en moi en ce moment. » C’est une nuance subtile mais capitale. La première formulation te définit. La deuxième te décrit. Et quand tu décris, tu as un peu de recul.
Je l’applique souvent avec les footballeurs que je prépare mentalement. Après un match difficile, ils ont tendance à tout analyser : « J’ai raté cette passe, je suis nul. » La rumination est immédiate. Je leur apprends à nommer l’émotion sans s’y identifier : « Je ressens de la frustration. » Puis à respirer. Puis à décider intentionnellement de ce qu’ils veulent faire de cette frustration. La plupart du temps, ils choisissent de la transformer en énergie pour le prochain entraînement.
Toi aussi, tu peux faire ça. Quand la boucle démarre, dis-toi : « Tiens, voilà la partie qui rumine. » Pas de jugement. Juste une reconnaissance. Et demande-toi : « Qu’est-ce que je choisis de faire maintenant ? » La réponse peut être de boire un verre d’eau, de marcher cinq minutes, de mettre une musique. L’essentiel, c’est que tu reprennes le volant. Parce que la rumination, c’est un pilote automatique. Et toi, tu peux reprendre la main.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer ta mémoire, ni te transformer en un sage bouddhiste en une séance. Si quelqu’un t’a profondément blessé, la colère peut revenir, surtout si la blessure est récente ou très ancienne.
Ce que l’hypnose fait, en revanche, c’est changer ton rapport à cette colère. Elle ne la fait pas disparaître, mais elle réduit son intensité et sa durée. Là où tu pouvais ruminer trois heures, tu rumineras trente minutes. Là où tu sentais une explosion dans la poitrine, tu sentiras une simple gêne. Et surtout, tu sauras quoi faire quand elle arrive.
J’ai eu un patient, un homme d’une cinquantaine d’années, qui était en conflit avec son frère depuis vingt ans. Il y pensait tous les jours. Après quelques séances d’hypnose et d’IFS, il m’a dit : « Je n’ai pas pardonné, je ne suis pas d’accord avec lui, mais je n’y pense plus toutes les heures. Parfois, je passe une journée entière sans y penser. » Pour lui, c’était une libération. Pas une guérison totale, mais une liberté retrouvée.
Alors si tu espères ne plus jamais ressentir de colère, je te dirai que c’est irréaliste. La colère est humaine. Mais si tu veux ne plus être prisonnier de cette colère, si tu veux pouvoir la traverser sans qu’elle te paralyse, alors l’hypnose peut t’offrir un chemin.
Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que quelque chose en toi veut sortir de cette boucle. Peut-être que tu es fatigué, fatigué de ressasser, fatigué de te sentir lourd, fatigué de cette tension permanente. Et cette fatigue, c’est une bonne nouvelle. C’est le signe que tu es prêt à essayer autre chose.
Tu n’as pas à lutter seul. Je reçois des personnes à Saintes, en cabinet, mais je travaille aussi à distance pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. On peut commencer par une séance où on explore ensemble ce qui se joue dans ta colère, sans jugement, sans pression. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils que je te prête, mais c’est toi qui fais le chemin.
Alors si tu sens que c’est le moment, prends contact. Pas pour « guérir » de ta colère, mais pour apprendre à la regarder autrement. Pour retrouver un peu de silence dans ta tête. Pour que cette phrase, cette scène, ce souvenir, ne soit plus le centre de ta vie.
Tu as le droit de poser ta colère. Pas de t’en débarrasser, juste de la poser un moment. Et de respirer.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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