3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Retrouvez votre légèreté en travaillant sur les souvenirs anciens.
Tu passes une bonne soirée entre amis. La conversation est légère, quelqu’un raconte une anecdote un peu embarrassante de son enfance. Tout le monde rit. Puis on se tourne vers toi : « Et toi, ton plus gros souvenir de honte ? » Là, ton ventre se serre. Tu bredouilles quelque chose, tu changes de sujet. Le reste de la soirée, tu repenses à ce jour de CM2 où tu t’es trompé de réponse devant toute la classe, ou à ce regard de ta mère quand tu as fait une bêtise. Ce n’est pas juste un souvenir. C’est une sensation physique qui te traverse encore, des années après. Comme si la honte s’était installée quelque part en toi, et qu’elle n’était jamais vraiment partie.
Si tu te reconnais dans cette scène, tu n’es pas seul. La honte enfouie depuis l’enfance est l’une des blessures les plus fréquentes que je rencontre dans mon cabinet à Saintes. Des adultes par ailleurs compétents, aimés, solides, qui portent en eux une voix intérieure qui leur dit qu’ils ne sont pas à la hauteur, qu’ils ont quelque chose de fondamentalement défectueux. Et cette voix, elle vient souvent d’un moment précis, d’une phrase, d’un regard, d’une situation vécue enfant. L’hypnose ericksonienne permet d’aller la chercher, de la dénouer, et de retrouver une légèreté que tu pensais perdue.
La honte n’est pas une émotion comme les autres. Si la peur te protège du danger, si la colère te pousse à poser une limite, la honte, elle, attaque ton identité même. Ce n’est pas « j’ai fait une erreur », c’est « je suis une erreur ». C’est la différence entre la culpabilité (avoir mal agi) et la honte (être mauvais). Et c’est pour ça qu’elle laisse des traces si profondes.
Quand tu es enfant, ton cerveau est en plein développement. Tu n’as pas encore la maturité cognitive pour relativiser, pour comprendre que les adultes aussi ont leurs fragilités, leurs projections, leurs journées pourries. Si un parent te dit « arrête de pleurer, tu es ridicule », tu ne te dis pas « il est fatigué aujourd’hui ». Tu te dis « pleurer, c’est mal. Je suis ridicule. » Cette croyance s’ancre en toi, et elle devient une vérité.
La honte s’installe souvent dans des moments où tu as été exposé, jugé, rejeté, ou humilié. Parfois de manière évidente — une punition publique, une moquerie répétée. Parfois de manière plus insidieuse — un silence, une absence de regard, un parent qui ne te voit pas vraiment. L’enfant que tu étais a fait une conclusion : il y a quelque chose en moi qui ne va pas. Et cette conclusion, tu l’as emportée avec toi dans l’âge adulte.
Ce qui rend la honte si tenace, c’est qu’elle n’est pas un souvenir comme les autres. Elle est stockée dans ton corps, dans ton système nerveux, dans des circuits émotionnels qui ne vieillissent pas. Tu peux avoir trente, quarante, cinquante ans, et te sentir soudainement comme l’enfant de huit ans qui a été humilié en récréation. La honte n’a pas d’âge. Elle est hors du temps.
La honte n’est pas un souvenir qu’on raconte. C’est une sensation qu’on porte. Et tant qu’elle n’est pas libérée, elle continue à dicter des choix, des inhibitions, des silences.
C’est la question que beaucoup de personnes me posent : « Est-ce que je vais revivre la scène en détail ? Est-ce que ça va être douloureux ? » La réponse est non. L’hypnose ericksonienne ne te force pas à revivre le traumatisme. Elle te permet de le revisiter en sécurité, avec les ressources que tu as aujourd’hui et que tu n’avais pas à l’époque.
Milton Erickson, le fondateur de cette approche, avait compris une chose essentielle : ton inconscient sait ce dont tu as besoin. Il n’a pas besoin qu’on lui dise quoi faire. Il a besoin qu’on lui donne un cadre sécurisé pour se réorganiser. En hypnose, je ne te dis pas « souviens-toi de ce moment humiliant » avec insistance. Je t’invite plutôt à laisser venir ce qui est prêt à venir, à ton rythme. Parfois, ce n’est pas un souvenir net, mais une sensation, une image floue, une couleur, une température. Ça suffit.
Prenons un exemple. Un homme vient me voir, cadre commercial. Il performe bien, mais il a une peur panique de parler en réunion. Quand il doit prendre la parole devant plus de trois personnes, sa gorge se serre, il oublie ce qu’il voulait dire, il se sent transparent. En séance, on explore. Il ne se souvient de rien de grave. Pas de traumatisme apparent. Mais quand je l’invite à laisser venir une sensation liée à cette peur, il voit une image : une salle de classe, il a sept ans, il lève la main pour répondre, le maître l’ignore et interroge un autre élève. Puis un autre jour, même chose. Et un autre. La honte n’est pas venue d’une humiliation brutale, mais d’une invisibilité répétée. Son corps a enregistré : « Ce que tu dis n’a pas d’importance. Tu n’existes pas vraiment. »
En hypnose, on n’a pas besoin de reconstituer toute la chronologie. On va directement à l’endroit où la honte s’est logée. Et on va lui donner une issue.
Ce qui est puissant avec l’hypnose ericksonienne, c’est qu’elle utilise le langage indirect, les métaphores, les suggestions ouvertes. Je peux te raconter une histoire qui, sans que tu le saches consciemment, va parler à la partie de toi qui a besoin d’être libérée. C’est un dialogue avec l’inconscient, pas un forcing. C’est pour ça que ça fonctionne même quand la mémoire consciente n’a pas accès au souvenir.
Quand je travaille avec des patients sur la honte, je trouve presque toujours un nœud. La honte s’enlace avec d’autres émotions : la peur du rejet, la colère contre soi, la tristesse de ne pas avoir été vu, parfois même un sentiment d’injustice. Et tout ça est maintenu par des croyances que tu as construites enfant.
Quelques exemples de croyances issues de la honte que j’entends régulièrement :
Ces croyances ne sont pas anodines. Elles conditionnent tes choix de vie : les relations que tu acceptes, les promotions que tu refuses, les conversations que tu évites, les passions que tu abandonnes. La honte n’est pas juste une émotion désagréable. C’est un frein à main invisible que tu traînes depuis l’enfance.
L’hypnose permet de dénouer ce nœud. Pas en te disant « arrête de croire ça », mais en allant à la source de la croyance. Parce qu’une croyance, ce n’est pas une vérité. C’est une conclusion que ton cerveau a tirée à un moment donné pour te protéger. À sept ans, « je dois être parfait » était peut-être une stratégie pour éviter les critiques. Mais à trente-cinq ans, cette même croyance t’empêche de prendre des risques créatifs ou d’accepter tes erreurs avec bienveillance.
L’hypnose ericksonienne permet de dire à la partie de toi qui a construit cette croyance : « Merci de m’avoir protégé. Aujourd’hui, je suis adulte, je peux faire autrement. » Et cette partie, souvent, accepte de lâcher prise. Parce qu’elle veut ton bien. Elle a juste besoin qu’on le lui montre.
Je me souviens d’une patiente, infirmière, qui avait une honte terrible de pleurer. Pour elle, pleurer était une faiblesse inexcusable. Elle se rappelait une phrase de son père : « Arrête de chouiner, ça ne sert à rien. » Elle avait appris à avaler ses larmes. Mais cette honte la rongeait de l’intérieur. En hypnose, on a pu accueillir la tristesse qu’elle n’avait jamais pu exprimer, non pas la supprimer, mais lui donner un espace. Et quelques semaines plus tard, elle m’a dit : « J’ai pleuré devant mon compagnon la semaine dernière. Et je n’ai pas eu honte. C’était juste une larme. » Ce n’est pas anecdotique. C’est une libération profonde.
L’hypnose seule peut faire beaucoup. Mais depuis quelques années, j’intègre aussi l’IFS (le Système Familial Intérieur) dans mes accompagnements. Et c’est une combinaison redoutablement efficace pour la honte.
L’IFS repose sur une idée simple : tu n’es pas un bloc monolithique. Tu es composé de plusieurs « parties » en toi. Il y a une partie qui veut être parfaite, une partie qui se cache, une partie qui se critique, une partie qui se protège. Et au centre, il y a ton Soi, une essence calme, curieuse, compatissante. Le problème, c’est que la honte fait que tu t’identifies souvent à une partie. Tu crois que tu ES cette partie honteuse, que tu ES ce défaut. L’IFS te permet de prendre du recul et de dialoguer avec cette partie.
Imagine : tu as une partie en toi qui porte la honte. C’est souvent une partie jeune, un enfant intérieur qui a été blessé et qui s’est isolé. L’hypnose permet d’entrer en contact avec cette partie de manière douce, sans la submerger. L’IFS, lui, donne un cadre pour comprendre ce que cette partie a besoin, ce qu’elle veut, ce qu’elle craint si elle lâche la honte.
Parce que oui, la honte a une fonction. Surprenant, non ? Mais c’est vrai. La honte t’a protégé. Elle t’a appris à ne pas te faire remarquer, à ne pas prendre de risques, à rester dans le rang. Elle a peut-être évité des punitions, des rejets, des humiliations supplémentaires. Cette partie honteuse n’est pas ton ennemie. Elle est une protectrice qui a pris son rôle très au sérieux, et qui ne sait pas encore que tu n’es plus en danger.
En séance, on peut faire ce travail : accueillir la partie honteuse, la remercier, lui montrer que l’adulte que tu es aujourd’hui peut prendre le relais. Et là, quelque chose de magique opère. La honte n’est plus une prison. Elle devient une information, une histoire que tu peux regarder avec douceur.
« Je ne suis pas ma honte. Je suis la personne qui a porté cette honte pour survivre, et qui peut aujourd’hui la déposer. »
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’efface pas les souvenirs. Tu ne vas pas te réveiller en ayant oublié cette humiliation en CM2. Ce n’est pas le but. Le but, c’est que ce souvenir perde sa charge émotionnelle. Qu’il devienne un fait, pas une blessure. Que tu puisses y penser sans que ton corps se serre, sans que ta voix tremble, sans que la honte revienne comme une vague.
L’hypnose ne te ment pas non plus. Elle ne te dit pas que tout va bien alors que tu as vécu des choses difficiles. Elle te permet de reconnaître ce qui s’est passé, de l’accueillir, et de le remettre à sa place : dans le passé. Parce que le problème de la honte enfouie, c’est qu’elle vit dans le présent. Elle n’a pas de date de péremption. L’hypnose remet une date sur le paquet.
Enfin, l’hypnose ne fait pas de toi quelqu’un d’autre. Tu ne vas pas devenir une personne extravertie si tu es introverti de nature. Tu ne vas pas soudainement aimer les foules si tu es sensible. L’hypnose ne te transforme pas en un idéal. Elle te libère de ce qui t’empêche d’être toi-même, pleinement, avec ta sensibilité, ta force, tes nuances. La légèreté dont je parle, ce n’est pas l’insouciance superficielle. C’est la possibilité de vivre sans avoir à porter un boulet que tu n’as pas choisi.
Les personnes qui viennent me voir pour la honte sont souvent nerveuses la première fois. Elles ne savent pas à quoi s’attendre. Alors je vais te décrire comment ça se passe, pour que tu saches.
On commence par discuter. Pas une anamnèse médicale froide, mais une conversation. Je te demande ce qui t’amène, ce que tu ressens, depuis quand, dans quelles situations ça se manifeste. Je ne vais pas fouiller dans tes traumatismes comme un archéologue. Je vais plutôt écouter ce que ton corps raconte, ce qui se crispe, ce qui se ferme, ce qui cherche à se cacher.
Ensuite, je t’explique le principe de l’hypnose. Il n’y a pas de pendule, pas de sommeil, pas de perte de contrôle. L’hypnose ericksonienne, c’est un état de conscience modifié, un peu comme quand tu es absorbé par un film ou une musique. Tu es là, tu m’entends, mais tu es aussi dans ton monde intérieur. Certaines personnes ont peur de « ne pas pouvoir sortir » de l’hypnose. C’est impossible. Tu peux ouvrir les yeux à tout moment. Tu es acteur de la séance, pas passif.
Puis je t’invite à t’installer confortablement, à fermer les yeux si tu le souhaites. Je vais guider ta respiration, t’emmener dans un état de détente. Et là, je vais utiliser des métaphores, des images, des suggestions qui vont parler à ton inconscient. Par exemple, je peux te proposer d’imaginer un coffre où tu déposes ce qui est trop lourd, ou un jardin où tu retrouves une version de toi plus jeune. Chaque séance est unique, adaptée à ce que tu amènes.
Pour la honte, je travaille souvent avec la notion de « poids ». La honte a un poids. On va alléger ce poids, le rendre plus petit, le transformer. Parfois, je propose de visualiser la honte comme une couleur, une texture, une forme. Et on va doucement la modifier. C’est ton inconscient qui fait le travail. Moi, je suis juste un guide.
Après la séance, on échange sur ce que tu as vécu. Parfois, c’est très doux. Parfois, des émotions remontent dans les jours qui suivent. C’est normal. Le processus continue après la séance. Un travail sur la honte demande généralement plusieurs séances, espacées de deux à quatre semaines. Ce n’est pas une baguette magique, mais c’est un vrai chemin de libération.
Si cet article résonne en toi, si tu sens que la honte a pris trop de place dans ta vie, je t’invite à faire une chose très simple aujourd’hui. Pas besoin de t’engager dans un processus tout de suite. Juste une petite action.
Prends un carnet, ou une note sur ton téléphone. Écris une phrase qui commence par : « La honte que je porte depuis l’enfance, c’est… » Ne réfléchis pas. Laisse venir ce qui vient. Un mot, une image, une sensation. Ne juge pas ce qui sort. C’est juste une information. Tu n’as pas à la partager avec qui que ce soit si tu ne veux pas. Mais la poser quelque part, c’est déjà commencer à la sortir de l’ombre.
Et si tu veux aller plus loin, tu sais où me trouver. Je reçois à Saintes, dans
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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