3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre comment l'hypnose peut briser la boucle honte-culpabilité.
Tu as sans doute déjà vécu ça : une phrase prononcée il y a des années, une erreur au travail, ce moment où tu as répondu trop sèchement à quelqu’un que tu aimes. Le souvenir remonte soudain, et avec lui, cette sensation physique – une boule dans le ventre, une chaleur qui monte au visage, l’envie de disparaître. Un petit juge intérieur se met à parler, et sa voix est implacable : « Tu aurais dû faire autrement », « Tu es nul », « Les autres ont raison de te juger ».
Ce mécanisme, si tu le reconnais, tu n’es pas seul. Presque tous les adultes que je reçois dans mon cabinet à Saintes évoquent, d’une manière ou d’une autre, une forme de honte. Pas la simple gêne passagère, mais cette honte qui s’installe, qui devient un filtre sur le monde, une grille de lecture de toi-même. Elle te fait douter de ta valeur, te pousse à te cacher, à éviter les regards, à compenser par un perfectionnisme épuisant. Et surtout, elle s’auto-alimente : plus tu as honte, plus tu te juges d’avoir honte. C’est le cycle infernal.
Je vais te parler aujourd’hui de ce qui se joue vraiment dans cette boucle, et de comment l’hypnose ericksonienne – mais aussi d’autres outils que j’utilise comme l’IFS (Internal Family Systems) – peut t’aider à en sortir. Pas en effaçant la honte d’un coup de baguette magique, mais en changeant ton rapport à elle. En apprenant à l’accueillir sans qu’elle te définisse.
Avant d’aller plus loin, il faut clarifier une distinction fondamentale que beaucoup de personnes confondent, et qui pourtant change tout. La culpabilité, c’est : « J’ai fait quelque chose de mal. » La honte, c’est : « Je suis quelqu’un de mal. »
Tu vois la nuance ? La culpabilité porte sur un acte, un comportement, une parole. Elle est liée à une action que tu as faite (ou pas faite). Elle peut être utile : elle te signale que tu as transgressé une valeur qui te tient à cœur, et elle te pousse à réparer, à t’excuser, à apprendre. La honte, elle, ne porte pas sur l’acte, mais sur ton identité profonde. Elle te dit que tu es intrinsèquement défectueux, indigne, mauvais. Il n’y a pas de réparation possible, parce que ce n’est pas ce que tu as fait qui est en cause, mais ce que tu es.
C’est pour ça que la honte est si toxique. Elle te coupe des autres – tu as peur d’être vu, parce qu’on découvrirait ta « vraie nature ». Elle te coupe de toi-même – tu développes un personnage, un masque, pour cacher cette part que tu juges inacceptable. Et surtout, elle est invisible. Les gens autour de toi ne la voient pas. Ils voient peut-être quelqu’un de réservé, d’anxieux, de perfectionniste, parfois arrogant ou distant. Mais en dessous, il y a cette enfant ou cet adolescent qui pense qu’il ne mérite pas d’être aimé.
Je me souviens d’un patient, appelons-le Marc. Marc avait une carrière réussie, une famille aimante, et pourtant il venait me voir parce qu’il se sentait « imposteur » en permanence. Chaque compliment le mettait mal à l’aise. Chaque critique – même constructive – le plongeait dans une rumination de plusieurs jours. En travaillant ensemble, on a découvert une scène de son enfance : à 8 ans, il avait été humilié devant toute la classe par un enseignant pour une erreur de calcul. L’enseignant avait dit : « Tu es vraiment nul, tu ne feras jamais rien de bon. » À ce moment-là, la culpabilité (« j’ai mal fait mon calcul ») s’est transformée en honte (« je suis nul »). Et trente ans plus tard, cette phrase résonnait encore dans sa tête.
« La honte est un incendie qui brûle la maison de l’estime de soi. La culpabilité n’est qu’un petit feu de camp qui te signale où poser ta tente. »
Cette métaphore, je l’emprunte à un collègue thérapeute, mais elle illustre bien la différence. La honte ne te dit pas quoi réparer, elle te dit que tu es la réparation toi-même.
Le cycle de la honte fonctionne comme une boucle de rétroaction négative, un peu comme un logiciel qui tournerait en boucle sans jamais trouver l’instruction « stop ». Voici les étapes typiques, telles que je les observe en séance :
Déclencheur : une situation, une parole, un regard, un silence. Quelque chose qui te rappelle une ancienne blessure ou qui active la peur d’être jugé. Par exemple : tu envoies un message à un ami et il ne répond pas pendant plusieurs heures.
Interprétation automatique : ton esprit, conditionné par des années de schémas, saute immédiatement à une conclusion sur toi-même. « Il ne répond pas parce que je l’ai ennuyé avec mon histoire. » Ou plus profond : « Je suis ennuyeux, je ne mérite pas qu’on me réponde. »
Sensation physique : la honte n’est pas une idée abstraite. Elle se manifeste dans le corps. Chaud au visage, oppression thoracique, nœud à l’estomac, envie de disparaître. C’est une réponse de survie archaïque – le rougissement, la fuite du regard, la paralysie.
Comportement compensatoire : pour éteindre cette sensation insupportable, tu mets en place une stratégie. Évitement (tu ne relances pas), agressivité (tu réponds sèchement), perfectionnisme (tu relis ton message dix fois avant de l’envoyer), ou apaisement excessif (tu t’excuses d’avoir écrit). Ces comportements te soulagent sur le moment, mais ils renforcent la croyance de départ.
Rumination et jugement secondaire : et là, le mécanisme le plus vicieux. Après avoir agi (ou pas agi), tu te juges d’avoir eu honte. « Je suis vraiment trop sensible », « Pourquoi je réagis comme ça ? », « Les autres ne se posent pas toutes ces questions ». Tu ajoutes une couche de honte sur la honte initiale.
Renforcement du schéma : la boucle se referme. La prochaine fois, le déclencheur sera encore plus sensible, l’interprétation encore plus automatique, la sensation encore plus forte. Le cycle s’auto-entretient.
Ce qui est cruel, c’est que plus tu lutes contre la honte, plus elle s’ancre. Si tu essaies de la chasser par la volonté, en te disant « Arrête, c’est stupide », tu es en train de lui donner du pouvoir. La honte a besoin d’être vue, accueillie, comprise. Pas combattue.
L’hypnose que je pratique – l’hypnose ericksonienne – n’est pas un spectacle de spectacle vivant. C’est un état de conscience modifié, naturel, que tu expérimentes déjà plusieurs fois par jour : quand tu es absorbé par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir du trajet, quand tu es perdu dans tes pensées. Dans cet état, ton conscient critique – celui qui analyse, juge, résiste – s’efface un peu. Tu deviens plus réceptif aux suggestions qui viennent de toi-même.
Concrètement, comment on utilise ça pour la honte ?
Première étape : créer un lieu de sécurité intérieur. Avant de toucher à la honte, il faut que tu aies un endroit en toi où tu te sens en sécurité. En hypnose, je t’invite à imaginer un lieu – réel ou imaginaire – où tu te sens calme, protégé, accepté. Ça peut être une plage, une forêt, un fauteuil au coin du feu. On ancre cette sensation dans ton corps, avec une respiration, un geste. C’est ton point de repère. Quand la honte devient trop forte, tu pourras revenir là, même en pleine journée.
Deuxième étape : contacter la honte sans la juger. On ne cherche pas à la faire disparaître. On va plutôt lui donner une forme, une couleur, une texture. « Si cette honte était une présence dans ton corps, à quoi ressemblerait-elle ? » Parfois c’est une boule rouge dans le ventre, parfois un poids sur les épaules, parfois un nuage gris autour de la tête. On l’observe avec curiosité, comme on regarde un nuage passer. Pas pour le chasser, mais pour constater qu’il est là. C’est déjà une transformation : tu passes de « je suis honteux » à « j’ai une sensation de honte ». La distance est infime, mais elle change tout.
« Tu n’es pas la honte. Tu es celui ou celle qui la ressent. Et celui qui ressent peut toujours choisir comment répondre. »
Troisième étape : désactiver le lien entre le déclencheur et la réponse automatique. En état hypnotique, on peut revisiter une scène du passé – celle où la honte s’est installée – avec les ressources d’aujourd’hui. On peut ajouter une présence bienveillante, une parole de soutien, une nouvelle perspective. Le cerveau, en état de conscience modifié, peut « réécrire » l’expérience. Pas pour l’effacer, mais pour y ajouter une nouvelle couche de sens. Le souvenir reste, mais la charge émotionnelle diminue. C’est ce qu’on appelle la reconsolidation de la mémoire.
J’ai accompagné une femme, appelons-la Sophie, qui avait honte de son corps depuis l’adolescence. Elle évitait les miroirs, les photos, les relations intimes. En hypnose, on a retrouvé la scène où sa mère lui avait dit : « Tu devrais faire attention à ce que tu manges, tu commences à avoir des formes. » La phrase, dite sans méchanceté, avait planté une graine de honte. En séance, on a invité la Sophie d’aujourd’hui – adulte, confiante, capable de s’aimer – à s’asseoir à côté de la Sophie adolescente. Elle a posé une main sur son épaule et lui a dit : « Tu es parfaite comme tu es. » Cette simple présence a suffi à alléger le poids. Pas magique, hein. Ça a demandé plusieurs séances. Mais le changement était réel.
L’hypnose seule est déjà un outil formidable, mais je l’associe souvent à l’approche IFS (Internal Family Systems), que j’ai intégrée à ma pratique. L’IFS repose sur une idée simple : nous sommes tous constitués de multiples « parties » en nous, comme des sous-personnalités. Il y a la partie perfectionniste, la partie critique, la partie qui a peur, la partie qui se cache.
La honte, selon l’IFS, n’est pas une partie en soi. C’est plutôt une conséquence : quand une partie de toi est blessée, rejetée, exilée, elle se charge de honte. Et d’autres parties se mettent en place pour la protéger – le critique intérieur, l’évitant, le people-pleaser.
Le travail, en séance, consiste à entrer en contact avec la partie qui porte la honte. Pas pour la faire taire, mais pour l’écouter. Qu’est-ce qu’elle a besoin que tu saches ? Quelle est son histoire ? Souvent, c’est une part de toi très jeune – 5, 7, 12 ans – qui a vécu une situation où elle s’est sentie humiliée, rejetée, incomprise. Et elle est restée bloquée là.
Quand tu accueilles cette partie avec compassion, la honte commence à se dissoudre. Pas parce que tu l’as attaquée, mais parce que tu as cessé de la rejeter. La honte est comme un enfant qui pleure dans une pièce : plus tu l’ignores, plus il pleure fort. Dès que tu entres, que tu t’assois à côté de lui, que tu dis « je te vois, je suis là », les larmes s’apaisent.
Prenons l’exemple de ce que j’appelle le « syndrome de l’imposteur ». Beaucoup de mes patients – cadres, artistes, entrepreneurs – vivent avec cette peur constante d’être démasqués. En IFS, on découvre souvent une partie « performante » qui pousse à en faire toujours plus, et une partie « honteuse » qui pense ne jamais être à la hauteur. La première protège la seconde. Le travail n’est pas de faire taire la performance, mais de libérer la honte qu’elle cache.
Je veux être clair : l’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer la honte en une séance. La honte est souvent ancienne, enracinée dans des expériences répétées, parfois dans des traumatismes. Il faut du temps pour dénouer les fils.
L’hypnose ne va pas non plus te transformer en quelqu’un de « sans honte ». La honte est une émotion humaine, normale. Elle a une fonction sociale : elle nous permet de réguler nos comportements, de ne pas marcher nu dans la rue. Le problème, c’est quand elle devient chronique, disproportionnée, identitaire.
Ce que l’hypnose peut faire, c’est :
Mais le changement durable passe aussi par ce que tu fais en dehors des séances. Les petits choix quotidiens : oser parler de ta honte à une personne de confiance, tenir un journal, expérimenter de nouveaux comportements. L’hypnose ouvre la porte, mais c’est toi qui franchis le seuil.
Je ne veux pas te laisser sans rien. Voici des pistes concrètes que tu peux explorer par toi-même, en attendant de prendre rendez-vous ou en complément d’un accompagnement.
1. Identifier ton déclencheur principal. Pendant les prochains jours, note discrètement les moments où tu ressens cette sensation de honte. Qu’est-ce qui s’est passé juste avant ? Un regard, un silence, une critique, une comparaison ? Sans chercher à changer quoi que ce soit, juste observer. La prise de conscience est déjà un premier pas.
2. Différencier culpabilité et honte. La prochaine fois que cette émotion monte, demande-toi : « Est-ce que je me sens coupable de ce que j’ai fait, ou honteux de ce que je suis ? » Si c’est de la culpabilité, tu peux réparer ou t’excuser. Si c’est de la honte, accueille-la sans agir. Dis-toi simplement : « Je ressens de la honte en ce moment. C’est une émotion, elle va passer. »
3. Utiliser la respiration pour ancrer un lieu sûr. Ferme les yeux, prends trois respirations profondes. Imagine un endroit où tu te sens totalement accepté. Ça peut être un souvenir réel ou un lieu imaginaire. Visualise les couleurs, les sons, les odeurs. Pose une main sur ton cœur ou ton ventre. Entraîne-toi quelques minutes par jour. Avec le temps, ce geste deviendra un réflexe pour calmer la honte.
4. Parler à la partie honteuse. Si tu te sens à l’aise, installe-toi tranquillement et pose-toi la question : « Quelle partie de moi porte cette honte ? » Imagine-la comme un personnage, un enfant peut-être. Demande-lui : « Qu’est-ce que tu as besoin que je sache ? Qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Ne cherche pas à la convaincre, écoute simplement. Souvent, la honte a besoin d’être entendue, pas corrigée.
5. Choisir un petit acte de vulnérabilité. La honte prospère dans le secret. Choisis une personne en qui tu as confiance – un ami proche, un partenaire, un frère ou une sœur – et confie-lui une petite chose dont tu as
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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