3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Préparation mentale et libération émotionnelle pour performer.
Tu es au départ d’un 10 kilomètres. Ça y est, le coup de feu est donné. Mais toi, tu n’arrives pas à décoller. Tes jambes sont lourdes, ta respiration est saccadée. Ce n’est pas la première fois. Pourtant, à l’entraînement, tu enchaînes les séances sans problème. Tu as le niveau. Mais là, sur la ligne, une voix intérieure te chuchote : « Tu vas encore décevoir. » Tu sens la chaleur monter à tes joues. Tu jettes un œil autour de toi, comme si tout le monde pouvait lire en toi cette peur, cette vulnérabilité.
Cette voix, elle te connaît bien. Elle te rappelle cette fois où tu as craqué sous la pression, où tu as raté un penalty décisif, où tu as fini dernier d’une course alors que tu t’étais préparé pendant des mois. Et à chaque fois, cette même émotion : la honte. Pas seulement la déception ou la frustration. Une honte profonde, collante, qui te fait te sentir petit, indigne de ta place sur le terrain ou sur la ligne de départ.
Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des sportifs comme toi. Des coureurs, des footballeurs, des rugbymen, des cavaliers. Des adultes qui ont tout pour réussir, mais qui ploient sous un poids invisible. La honte est un frein puissant, bien plus que la peur de l’échec. Elle te pousse à te cacher, à te sous-estimer, à saboter tes performances. Pourtant, il existe des moyens de la dénouer. L’hypnose ericksonienne, combinée à d’autres outils comme l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle, peut t’aider à te libérer de cette emprise. Pas en effaçant la honte, mais en apprenant à l’accueillir, à la comprendre, et à la transformer en ressource.
La honte n’est pas une simple gêne. C’est une émotion sociale puissante, qui nous dit : « Tu es défectueux. Tu n’es pas à la hauteur. Tu mérites d’être rejeté. » Contrairement à la culpabilité, qui porte sur un acte (« J’ai mal fait »), la honte porte sur l’identité elle-même (« Je suis mauvais »). Et pour un sportif, cette attaque à l’identité est dévastatrice.
Je pense à Paul, un footballeur de 32 ans que j’ai accompagné. Il jouait en régional, avec un bon niveau technique. Mais dès qu’il entrait sur le terrain, il avait l’impression que ses coéquipiers le regardaient avec un jugement implacable. À la moindre erreur de passe, il sentait ses oreilles chauffer, son cœur s’emballer. Il se disait : « Ils vont voir que je ne suis pas à ma place. » Cette honte, il la portait depuis l’adolescence, quand un entraîneur lui avait crié devant tout le monde : « Tu n’as pas de mental, tu ne seras jamais un joueur. » Cette phrase s’était plantée en lui comme une épine. Chaque match la ravivait.
La honte se nourrit souvent de moments d’humiliation passés. Notre cerveau est conçu pour retenir les expériences douloureuses, pour nous protéger. Il associe alors un contexte (la compétition, le regard des autres) à un danger. Le corps réagit en conséquence : tensions musculaires, respiration bloquée, montée d’adrénaline incontrôlée. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est une réponse physiologique et émotionnelle automatique. Et plus tu essaies de la repousser, plus elle revient fort.
La honte n’est pas un défaut de caractère. C’est une émotion apprise, qui peut être désapprise. Le problème, ce n’est pas toi, c’est la relation que tu entretiens avec cette émotion.
Beaucoup de sportifs viennent me voir en disant : « Je sais que je n’ai pas de raison d’avoir honte. Je travaille dur, j’ai le niveau. Pourquoi je n’arrive pas à me libérer ? » Ils ont raison. Le problème, c’est que la honte n’habite pas dans la partie logique de ton cerveau. Elle loge dans le système limbique, la partie émotionnelle et archaïque. Elle échappe à la raison.
Quand tu es en pleine course ou sur un terrain, ton corps est en état d’hypervigilance. La moindre pensée de honte active une cascade de stress. Tu perds en fluidité, en prise de décision. Tu te crispes. Tu commences à te juger en temps réel : « Je suis nul, je vais encore échouer. » C’est une boucle. Et plus tu veux contrôler cette pensée, plus elle s’incruste. C’est comme essayer de ne pas penser à un ours blanc. Plus tu t’interdis d’y penser, plus l’image surgit.
La volonté est une ressource limitée. Tu ne peux pas passer ton match à lutter contre toi-même. Tu as besoin d’un autre levier. L’hypnose, par exemple, ne demande pas de forcer. Elle t’invite à descendre dans un état de conscience modifié, où le mental critique s’apaise. Dans cet état, tu peux entrer en contact avec les parties de toi qui portent la honte, non pas pour les combattre, mais pour les comprendre.
Je me souviens de Claire, une cavalière de dressage. À chaque compétition, elle tremblait tellement qu’elle en pleurait dans les starting-box. Son entraîneur lui disait : « Arrête de stresser, tu sais faire. » Mais elle n’y arrivait pas. La honte qu’elle ressentait venait d’une ancienne chute en public, où elle s’était sentie ridicule. Son corps avait mémorisé la scène. L’hypnose lui a permis de revisiter ce souvenir en toute sécurité, sans le revivre en boucle. Elle a pu accueillir la petite fille humiliée qu’elle était alors, et lui dire : « Tu as survécu, tu es en sécurité maintenant. » Ce n’était pas un tour de magie. C’était un réapprentissage émotionnel.
L’hypnose ericksonienne, c’est une approche douce et indirecte. Elle ne te force pas à « arrêter d’avoir honte ». Elle utilise le langage métaphorique et la suggestion pour contourner les défenses de ton mental. L’idée, c’est de créer un espace intérieur où tu peux observer ta honte sans être submergé.
En séance, je commence souvent par une induction simple : je t’invite à porter ton attention sur ta respiration, sur les sensations de ton corps. Petit à petit, tu entres dans un état de relaxation profonde, mais pas endormi. Tu restes conscient, connecté à ce qui se passe. C’est là que le travail se fait.
Par exemple, je peux te guider vers un lieu imaginaire où ta honte prend une forme. Une boule dans le ventre, une couleur, une texture. On ne la juge pas. On l’observe avec curiosité. Parfois, elle a une voix. Elle dit des choses comme : « Tu ne mérites pas de réussir » ou « Les autres vont te juger. » Au lieu de lutter contre ces pensées, on les accueille. Puis, doucement, on leur demande : « Qu’est-ce que tu essaies de protéger ? »
C’est là que la magie opère. La honte a souvent une fonction cachée. Elle te protège du rejet, de l’humiliation. Elle est comme un gardien maladroit, qui croit te protéger en te maintenant petit. En hypnose, tu peux remercier ce gardien, et lui montrer que tu es désormais capable de faire face autrement. Tu peux lui proposer un nouveau rôle.
Un coureur que j’ai accompagné, Marc, ressentait une honte paralysante à chaque départ. En hypnose, il a découvert que cette honte était liée à son père, qui lui répétait : « Tu n’es pas un vrai sportif. » Son corps avait intégré cette croyance. Nous avons travaillé à séparer la voix de son père de sa propre voix. En séance, Marc a pu visualiser son père assis dans les gradins, et lui dire : « Je ne cours plus pour toi. Je cours pour moi. » Cela a changé sa relation à la compétition. Il a recommencé à prendre du plaisir.
L’hypnose ne te donne pas de super-pouvoirs. Elle te redonne accès à ceux que tu as déjà, enfouis sous les croyances limitantes.
L’hypnose seule peut déjà faire beaucoup. Mais je la combine souvent avec l’IFS (Internal Family Systems), un modèle qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties ». Chaque partie a une intention positive, même si son comportement peut sembler problématique.
Prenons la partie honteuse. Elle est souvent ce qu’on appelle une « partie exilée », qui porte une blessure ancienne. Par exemple, l’enfant qui s’est senti humilié après une défaite. Cette partie est vulnérable, et d’autres parties, plus protectrices, font tout pour qu’elle ne soit pas exposée. Ces protectrices peuvent être le perfectionnisme, l’autocritique, ou même l’évitement (annuler une compétition, se blesser pour ne pas avoir à jouer).
Le problème, c’est que ces protectrices, en voulant t’éviter la honte, t’empêchent de performer. Elles te maintiennent dans une zone de confort, mais au prix de ton épanouissement. En IFS, on entre en dialogue avec ces parties. On les remercie pour leur protection, et on leur demande de faire un pas de côté, pour que tu puisses accueillir la partie exilée avec compassion.
Pendant une séance d’hypnose, je peux t’aider à entrer en contact avec ces parties. Tu n’es pas en train de te dissocier. Tu es en train d’écouter des voix intérieures que tu as ignorées pendant des années. Et c’est puissant. Un joueur de rugby, Lucas, avait une partie qui le poussait à se défendre agressivement dès qu’il se sentait jugé. Cette agressivité le faisait virer des matchs. En explorant cette partie, il a découvert qu’elle protégeait un adolescent qui avait été humilié par des coéquipiers plus âgés. En accueillant cet adolescent et en le rassurant, la colère a laissé place à une confiance plus calme.
L’IFS, c’est une forme d’intelligence relationnelle avec soi-même. Tu apprends à devenir le leader de ta propre psyché, au lieu d’être ballotté par tes émotions.
La honte est profondément relationnelle. Elle naît du regard de l’autre, réel ou fantasmé. Pour t’en libérer, il est utile de travailler aussi sur ta façon d’interagir avec les autres. L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à comprendre tes émotions et celles des autres, et à ajuster ta communication.
Beaucoup de sportifs honteux ont peur du regard des coéquipiers, de l’entraîneur, du public. Ils se sentent jugés en permanence. En réalité, ils projettent souvent leur propre jugement sur les autres. Tu penses que tout le monde te regarde, mais la vérité, c’est que la plupart sont absorbés par leur propre performance.
Un exercice simple que je propose : la prochaine fois que tu sens la honte monter, porte ton attention sur ton corps. Où est-elle ? Dans la poitrine ? La gorge ? Puis, sans essayer de la changer, expire lentement. Puis regarde autour de toi. Pas pour vérifier si les autres te regardent, mais pour constater que tu es là, debout, vivant. Tu peux même te dire : « Je suis ici pour m’améliorer, pas pour être parfait. » C’est un petit pas, mais il crée une brèche.
L’Intelligence Relationnelle t’apprend aussi à exprimer tes vulnérabilités sans honte. Un sportif qui dit à son entraîneur : « J’ai peur de décevoir » désamorce souvent la pression. Il se libère du poids du secret. La honte prospère dans l’isolement. Dès que tu la verbalises, elle perd de son pouvoir.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer ta honte en une séance, surtout si elle est ancrée depuis des années. Elle ne va pas non plus te transformer en champion olympique si tu ne t’entraînes pas. Ce n’est pas un dopage mental.
Ce qu’elle fait, c’est créer les conditions pour que tu puisses changer ton rapport à la honte. Elle t’offre un espace sécurisé pour revisiter des souvenirs, dénouer des croyances, et réapprendre à ton système nerveux que la compétition n’est pas une menace vitale. Mais cela demande un engagement de ta part. Tu devras pratiquer l’auto-hypnose entre les séances, observer tes réactions, et accepter de te confronter à l’inconfort.
Certains sportifs me disent : « Je préfère prendre sur moi, ça va passer. » Mais la honte, ça ne passe pas tout seul. Elle s’enkyste. Elle revient sous une autre forme : burn-out, blessures à répétition, abandon du sport. Ce n’est pas une fatalité.
La vraie force, ce n’est pas de ne jamais avoir honte. C’est de pouvoir regarder sa honte en face, et de continuer à avancer quand même.
Si tu te reconnais dans ces lignes, si cette honte te freine dans ta pratique sportive, sache que tu n’es pas seul. C’est une émotion humaine, universelle. Mais elle n’a pas à dicter ta vie.
Voici une première chose que tu peux faire dès maintenant, chez toi : prends un carnet. Note une situation récente où la honte est apparue. Pas besoin de détails précis. Juste le contexte. Puis, ferme les yeux, et pose-toi cette question : « Si cette honte était une partie de moi, que chercherait-elle à protéger ? » Ne cherche pas à répondre avec ta tête. Laisse venir une image, un mot, une sensation. Tu n’as pas à tout résoudre tout de suite. Juste commencer à écouter.
Si tu sens que le sujet est trop lourd, ou que tu as besoin d’un cadre, je te propose de prendre contact avec moi. On peut échanger par téléphone ou par mail. Je ne te promets pas de résultats miracles, mais je te garantis une écoute sincère et des outils concrets. Mon cabinet est à Saintes, mais je reçois aussi en visio pour les sportifs qui sont loin.
Tu n’es pas défini par ta honte. Tu es bien plus que cette émotion. Et sur le terrain, tu as le droit de briller, sans avoir à te cacher. Fais le premier pas. Pas pour être parfait, mais pour être pleinement toi.
Thierry Sudan, praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle, Saintes. Accompagnement individuel et visio. thierrysudan.com
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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