3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Identifiez les déclencheurs pour mieux les anticiper.
Vous en avez peut-être déjà fait l’expérience : vous êtes en réunion, quelqu’un fait une remarque sur votre travail, et soudain, vous sentez une boule se former dans votre ventre. Votre visage s’empourpre, votre regard se baisse, et une voix intérieure vous murmure : « Tu n’es pas à la hauteur. Tu aurais dû mieux faire. » Ce n’est pas une simple gêne passagère. C’est la honte chronique qui se réveille.
Je reçois régulièrement dans mon cabinet à Saintes des adultes qui vivent ces moments. Des cadres compétents, des parents dévoués, des sportifs talentueux. Pourtant, au moindre déclencheur, ils replongent dans ce sentiment ancien, comme si une partie d’eux-mêmes se souvenait d’une blessure jamais refermée. La honte chronique n’est pas un défaut de caractère. C’est une réponse apprise, souvent très tôt, face à des situations où l’on s’est senti exposé, jugé ou rejeté. Et elle se réactive dans des contextes bien précis.
Aujourd’hui, je vous propose d’explorer ces moments où la honte chronique se réveille. Mon objectif n’est pas de vous « guérir » par un article, mais de vous aider à reconnaître ces déclencheurs pour mieux les anticiper. Quand on sait ce qui active cette émotion, on peut reprendre le contrôle, pas à pas. Alors, prenons le temps d’observer ensemble ces situations qui, sans qu’on le veuille, réveillent ce vieux compagnon.
Avant d’aller plus loin, posons une base claire. Tout le monde ressent de la honte. C’est une émotion humaine, utile même. Elle nous signale que nous avons peut-être enfreint une règle sociale ou blessé quelqu’un. Elle nous pousse à nous excuser, à réparer. Mais la honte chronique, elle, ne fait pas ce travail. Elle ne vous dit pas : « Tu as fait une erreur, corrige-la. » Elle vous murmure : « Tu es une erreur. »
La différence est fondamentale. La honte saine est ponctuelle et liée à un acte ; la honte chronique est identitaire et persistante. Elle s’installe souvent dans l’enfance ou l’adolescence, dans des environnements où l’on a été humilié, négligé ou trop critiqué. Peu à peu, elle devient une grille de lecture : vous interprétez les événements à travers ce filtre. Un regard un peu froid ? « Il me juge. » Un silence après une remarque ? « J’ai dit une bêtise. » Un échec ? « Je ne vaux rien. »
Ce qui est sournois, c’est que cette honte chronique ne se manifeste pas en permanence. Elle dort. Mais elle se réveille au contact de déclencheurs spécifiques. Certains sont évidents, d’autres beaucoup plus subtils. Les identifier, c’est comme poser des balises sur un chemin que vous empruntez souvent : vous savez où sont les trous, vous pouvez les contourner ou les anticiper.
C’est probablement le déclencheur le plus fréquent que j’entends en consultation. Un patient me raconte : « J’étais en train de présenter mon projet, tout se passait bien. Puis j’ai vu mon chef froncer les sourcils. En une seconde, j’ai perdu mes mots. J’ai senti la honte monter. » Ce n’est pas le froncement en lui-même qui est problématique, mais ce qu’il réactive : une mémoire corporelle.
Dans l’enfance, un parent qui vous regardait avec désapprobation, un enseignant qui vous fixait en silence après une réponse jugée insuffisante… Ces moments ont laissé une empreinte. Votre système nerveux a appris que ce type de regard ou de silence annonce un jugement négatif, voire une exclusion. Aujourd’hui, même si votre chef est simplement concentré ou fatigué, votre corps réagit comme si l’histoire se répétait.
Ce qui rend ce déclencheur si puissant, c’est qu’il est social et immédiat. Vous ne pouvez pas contrôler le regard des autres. Mais vous pouvez apprendre à reconnaître ce qui se passe en vous avant que la honte ne vous engloutisse. Par exemple, si vous sentez votre respiration devenir superficielle et votre mâchoire se serrer, c’est peut-être le signal que votre honte s’active. Ce n’est pas encore la honte elle-même, c’est son avant-coureur.
En hypnose ericksonienne, on travaille souvent avec ces signaux. On explore : qu’est-ce que ce regard déclenche dans votre corps ? Quelle est la première image qui vous vient ? Très souvent, c’est une scène ancienne, un visage du passé. Le reconnaître, c’est déjà commencer à séparer le présent du passé. Le regard de votre chef n’est pas celui de votre père ou de votre institutrice. Mais votre corps, lui, ne fait pas encore la différence.
Entretiens d’embauche, examens, évaluations annuelles, compétitions sportives… Les moments où l’on vous observe, où l’on vous note, où l’on vous compare sont des déclencheurs majeurs. Pourquoi ? Parce que la honte chronique se nourrit de la peur d’être exposé comme « insuffisant ». Et ces situations sont précisément conçues pour mesurer votre valeur — ou du moins, c’est ainsi que vous les percevez.
Prenons l’exemple d’un coureur que j’accompagne en préparation mentale. Il s’entraîne dur, il est talentueux, mais le jour de la course, quelque chose se bloque. Il me dit : « Avant le départ, je sens une pression énorme. Je me dis que tout le monde va voir si je craque. » Ce n’est pas la peur de perdre, c’est la peur de la honte d’être vu comme faible. Cette peur le paralyse, et paradoxalement, elle augmente le risque d’échec qu’elle cherche à éviter.
Dans ces moments, la honte chronique opère en boucle : vous anticipez le jugement, vous vous sentez déjà jugé, vous performez moins bien, et cela confirme votre sentiment d’insuffisance. C’est un cercle vicieux. Mais il est possible de le briser en changeant votre rapport à l’évaluation.
Une approche que j’utilise souvent, issue de l’Intelligence Relationnelle, consiste à distinguer « évaluation externe » et « valeur interne ». L’évaluation externe est un outil, pas un verdict sur qui vous êtes. Vous pouvez échouer à un examen sans être un échec. Vous pouvez perdre une course sans être un perdant. Cela semble simple, mais quand la honte chronique est active, cette distinction est floue. Le travail thérapeutique consiste à renforcer cette frontière, par des exercices d’ancrage, de visualisation, et parfois d’hypnose pour revisiter les souvenirs où cette confusion s’est installée.
« La honte chronique ne vous dit pas que vous avez fait une erreur. Elle vous murmure que vous êtes une erreur. Faire la différence entre les deux, c’est le premier pas vers la liberté. »
Un autre déclencheur courant, c’est le désaccord ou la confrontation. Pas forcément une dispute violente, mais une simple divergence d’opinion. Vous exprimez un point de vue, l’autre personne le contredit, et vous sentez une montée de honte. Vous vous mettez à douter de vous, à vous excuser, à chercher à apaiser l’autre à tout prix.
Ce mécanisme est souvent lié à une peur profonde d’être rejeté. Dans l’enfance, si exprimer un besoin ou une opinion était risqué (parce que cela provoquait de la colère, du mépris ou du retrait affectif), vous avez appris à taire ce qui fâche. La honte devient alors un signal d’alarme : « Attention, tu vas déplaire, tu risques d’être abandonné. » Aujourd’hui, même une contradiction polie peut activer ce signal.
J’ai eu un patient, Thomas, cadre dans une collectivité. Il me racontait : « Dès que quelqu’un n’est pas d’accord avec moi, je me sens tout petit. J’ai l’impression d’avoir fait une faute. Alors je me tais, ou je me range à son avis. » Thomas n’est pas un lâcheur. Il est compétent et respecté. Mais la honte chronique le pousse à s’effacer pour éviter le conflit, qu’il associe inconsciemment à une menace existentielle.
En consultation, on a exploré l’origine de cette sensibilité. C’était lié à un parent très exigeant, qui interprétait toute opposition comme un manque de respect. Thomas avait intériorisé que s’opposer, c’était se mettre en danger. Le travail a consisté à dénouer cette association, par des dialogues internes avec les parts de lui qui avaient peur (c’est là que l’IFS, le modèle des parties, est très utile). Progressivement, il a appris à tolérer le désaccord sans que sa honte ne s’emballe. Il peut encore ressentir une gêne, mais elle ne le submerge plus.
C’est paradoxal, mais la honte chronique peut aussi se réveiller dans les bons moments. Recevoir un compliment, être mis en avant, fêter un succès… Pour certaines personnes, ces instants sont inconfortables, voire douloureux. Pourquoi ? Parce qu’être sous les projecteurs, c’est être exposé. Et pour une honte chronique, être exposé, c’est risquer d’être démasqué.
Vous avez peut-être déjà vécu cela : on vous félicite pour un projet réussi, et au lieu de savourer, vous vous dites : « Ils ne savent pas que j’ai eu de la chance », ou « Ils vont bientôt voir que je ne mérite pas cette reconnaissance. » C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur, une cousine proche de la honte chronique. Vous avez l’impression de porter un masque, et que la moindre lumière risque de le faire tomber.
Ce déclencheur est particulièrement sournois, car il vous prive de la joie de vos réussites. Il vous maintient dans une vigilance constante. En préparation mentale sportive, je vois des athlètes qui gagnent une course mais qui sont incapables de célébrer, parce qu’ils anticipent déjà la prochaine épreuve où ils pourraient échouer. La honte chronique ne leur permet pas de s’arrêter sur le moment présent.
Pour y remédier, je propose souvent un exercice simple : quand vous recevez un compliment, prenez trois secondes pour le laisser pénétrer. Ne le rejetez pas immédiatement. Dites simplement « merci » sans ajouter de justification. Cela peut sembler anodin, mais c’est un geste qui contredit l’habitude de la honte. Avec le temps, vous apprenez à tolérer d’être vu, sans que cela active la peur d’être démasqué.
Nous vivons dans une culture de la comparaison. Réseaux sociaux, performances professionnelles, vie familiale… Nous sommes constamment invités à nous mesurer aux autres. Pour une personne sujette à la honte chronique, c’est un piège quotidien. Chaque publication Instagram d’un collègue en vacances, chaque promotion d’un ami, chaque réussite affichée peut réveiller le sentiment de ne pas être assez bien.
Je ne dis pas que la comparaison est toujours mauvaise. Elle peut être stimulante. Mais quand elle est alimentée par la honte, elle devient toxique. Vous ne regardez pas le succès des autres pour vous inspirer, mais pour vous flageller. Vous cherchez des preuves de votre infériorité, et vous les trouvez toujours.
Ce qui est intéressant, c’est que ce déclencheur est souvent lié à une croyance profonde : « Pour être aimable/acceptable, je dois être le meilleur, ou au moins ne pas être en bas de l’échelle. » Cette croyance est épuisante. Elle vous condamne à une course sans fin, où le repos est perçu comme un échec.
En cabinet, on travaille à déconstruire cette croyance. Pas en disant « arrête de te comparer », ce qui serait illusoire, mais en explorant : que se passerait-il si vous n’étiez pas le meilleur ? Quelle est la peur derrière cette nécessité d’être au top ? Très souvent, on découvre une peur d’être rejeté, oublié, ou jugé comme sans valeur. Et c’est cette peur qu’il faut accueillir, plutôt que de chercher à la combattre par la performance.
Nous avons exploré plusieurs situations : les regards et silences, les évaluations, les conflits, les moments d’exposition, la comparaison sociale. Peut-être en avez-vous reconnu certaines. Peut-être avez-vous identifié d’autres déclencheurs qui vous sont propres. L’important n’est pas d’avoir une liste exhaustive, mais de commencer à observer.
Voici ce que vous pouvez faire, concrètement, à partir d’aujourd’hui :
Tenez un petit journal des déclencheurs. Pendant une semaine, notez les moments où vous sentez une montée de honte. Pas besoin d’écrire des pages. Juste : où étiez-vous ? Que s’est-il passé ? Quelle a été votre réaction corporelle ? Ce simple geste vous aidera à repérer des schémas.
Identifiez votre signal d’alarme corporel. La honte a toujours une signature physique : chaleur au visage, tension dans la poitrine, vide dans l’estomac… Apprenez à reconnaître le vôtre. Quand vous le sentez, dites-vous : « Ah, voilà ma honte qui se réveille. » Ce n’est pas pour la chasser, mais pour la nommer. Nommer, c’est déjà reprendre un peu de contrôle.
Pratiquez la pause avant l’action. Quand le déclencheur survient, votre premier réflexe est souvent de vous effacer, de vous excuser, de fuir. Essayez de créer un petit espace entre le stimulus et votre réaction. Une respiration profonde. Un regard vers le plafond. Un mot intérieur comme « stop ». Cela ne résoudra pas tout, mais cela empêchera la honte de prendre le volant.
Parlez à la partie de vous qui a honte. Si vous pratiquez l’auto-compassion ou l’IFS, vous pouvez dialoguer avec cette part. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu essaies de me protéger ? » Très souvent, la honte chronique est une protection ancienne : elle vous a appris à rester discret pour éviter le rejet. Remerciez-la pour son intention, même si sa méthode n’est plus adaptée.
Ces outils ne sont pas magiques. Ils ne feront pas disparaître la honte du jour au lendemain. Mais ils vous permettront de ne plus être totalement à sa merci. Vous passerez de « la honte me submerge » à « je sens que ma honte se réveille ». C’est un changement de position fondamental.
Vous l’aurez compris, je ne propose pas de recette miracle. Je parle de ce que je fais avec les personnes que je reçois. L’hypnose ericksonienne, par exemple, permet d’accéder à ces souvenirs où la honte s’est installée, et de les revisiter avec des ressources nouvelles. Ce n’est pas effacer le passé, c’est lui donner un autre sens.
L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle qui considère que nous avons tous des « parties » en nous, dont certaines portent des blessures et d’autres des protections. La honte chronique est souvent une partie blessée, qui a besoin d’être écoutée, pas éliminée. Quand on apprend à dialoguer avec elle, elle se calme.
L’Intelligence Relationnelle, elle, travaille sur les schémas relationnels : comment vous vous reliez aux autres et à vous-même. Elle vous aide à sortir des rôles figés (victime, sauveur, persécuteur) dans lesquels la honte vous enferme.
Ces approches ne remplacent pas un suivi médical ou psychiatrique si nécessaire. Mais
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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