3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Témoignage fictif d’un changement durable par l’hypnose.
Il y a quelques mois, un homme est entré dans mon cabinet. Je l’appellerai Julien. La cinquantaine, cadre dans une collectivité territoriale, il avait une carrière solide, une famille équilibrée, et un problème qui lui pourrissait la vie : il explosait en réunion. Pas une fois, pas deux. Régulièrement. Un collègue qui le contredisait, un délai jugé trop serré, un mail mal interprété, et c’était le drame. Il montait dans les tours, haussait le ton, parfois jusqu’à claquer la porte ou lancer une remarque qu’il regrettait une heure plus tard. Les conséquences ? Des tensions avec son équipe, des rapports à la hiérarchie, une réputation de type « difficile à gérer ». Et surtout, une honte grandissante. Julien se décrivait comme quelqu’un de bien, de posé en dehors du travail, mais en réunion, il ne se reconnaissait pas.
Il avait tout essayé. Le sport pour évacuer, la respiration avant d’entrer en salle, les listes de résolutions (« demain, je reste calme »). Rien ne tenait sur la durée. Il se disait : « Je suis trop impulsif, c’est mon caractère. » Mais au fond, il sentait bien que ce n’était pas une fatalité. C’est là que nous avons commencé à travailler.
Je ne vais pas vous vendre une méthode miracle. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’intelligence relationnelle ne font pas disparaître vos émotions. Elles vous apprennent à les accueillir, à les comprendre, et surtout à ne plus les laisser prendre le volant. Voici ce qui a réellement changé pour Julien, et ce que cela peut vous apprendre si vous aussi, vous avez l’impression de perdre le contrôle dans certaines situations.
Avant de changer quoi que ce soit, Julien avait besoin de comprendre ce qui se passait en lui. Pas juste « je m’énerve parce que je suis nerveux », mais vraiment : qu’est-ce qui se déclenche, dans quel ordre, et pourquoi ça semble inévitable ?
Quand il décrivait ses crises, le schéma était toujours le même. Ça commençait par une sensation physique : une chaleur dans la poitrine, une tension dans la mâchoire, une respiration qui s’accélérait. Puis venait une pensée : « Il me manque de respect », « On ne m’écoute pas », « Encore une fois, je vais devoir me battre ». Ensuite, l’émotion montait comme une vague : colère, frustration, parfois un sentiment d’injustice. Et enfin, l’action : la parole qui claque, le poing sur la table, la porte.
Ce qui est trompeur, c’est que sur le moment, tout semble logique. Vous avez l’impression de réagir à quelque chose d’extérieur. Mais en réalité, c’est un mécanisme intérieur qui s’enclenche, souvent en quelques secondes. Et ce mécanisme, il a une histoire.
Julien était l’aîné d’une famille où il avait dû très tôt se faire respecter. Petit, il avait appris que pour être entendu, il fallait élever la voix. Son père était autoritaire, et la seule manière d’exister à ses yeux, c’était de montrer les dents. Cette stratégie avait marché à l’époque. Mais aujourd’hui, dans une réunion de travail, ce même réflexe se déclenchait automatiquement, alors que le contexte était totalement différent.
Ce que l’IFS appelle une « partie protectrice », c’est exactement ça : une stratégie que vous avez développée pour survivre à une situation difficile, et qui continue de s’activer bien après que cette situation a disparu. Julien n’était pas « colérique par nature ». Il avait simplement une partie de lui qui veillait au grain, prête à défendre sa place, et qui ne savait pas faire autrement.
“Ce que vous appelez un défaut de caractère est souvent une solution qui a fonctionné un jour, mais qui est devenue inadaptée.”
Comprendre cela, c’est la première étape. Ça ne justifie pas tout, mais ça enlève un poids énorme. Vous n’êtes pas fou, ni foncièrement mauvais. Vous êtes juste équipé d’un réflexe qui a besoin d’être mis à jour.
Quand Julien a compris le mécanisme, il avait envie d’agir. Mais « comprendre » ne suffit pas. Vous pouvez savoir que vous avez tendance à vous énerver, ça ne vous empêchera pas de vous énerver la prochaine fois. Le problème, c’est que ce réflexe est ancré dans votre système nerveux, pas dans votre raisonnement. C’est comme un logiciel qui tourne en arrière-plan. Vous pouvez décider de ne plus claquer la porte, mais si le logiciel se lance tout seul, vous claquerez quand même.
C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Je ne vais pas vous faire un cours théorique, mais voici l’idée simple : l’hypnose permet de dialoguer avec les parties inconscientes de vous-même. Vous savez, ces automatismes qui vous échappent. En état d’hypnose, vous êtes détendu, mais pleinement conscient. Vous pouvez revisiter une situation de réunion sans être submergé par l’émotion. Et vous pouvez, progressivement, reprogrammer la réponse automatique.
Avec Julien, nous avons travaillé sur un protocole précis. Je l’ai guidé à se remémorer une réunion typique, mais en ralentissant le film. Au lieu de revivre la scène en accéléré, nous l’avons décomposée image par image. Le moment où le collègue parle. La sensation de chaleur. La pensée « on ne m’écoute pas ». Et à chaque étape, je lui ai proposé une alternative : « Et si à cet endroit précis, tu pouvais faire une pause ? » Pas une pause forcée, mais une pause choisie. Un instant où il respire, où il regarde son poing serré, où il se rappelle qu’il a le choix.
L’hypnose ne lui a pas enlevé sa colère. Elle lui a appris à la reconnaître avant qu’elle ne prenne le contrôle. Concrètement, après trois séances, Julien m’a dit : « La semaine dernière, en réunion, j’ai senti la montée. Mais cette fois, j’ai eu un flash : je me suis vu, assis à mon bureau, en train de respirer. J’ai souri intérieurement, et la colère est redescendue. » Ce n’était pas magique. C’était un entraînement. Comme un musicien qui répète un geste jusqu’à ce qu’il devienne naturel.
L’hypnose a désamorcé le réflexe, mais Julien avait encore quelque chose à faire : rencontrer cette partie de lui qui explosait. Parce que derrière la colère, il y avait autre chose. De la peur, souvent. De la tristesse, parfois. Et un besoin non entendu.
L’IFS (Internal Family Systems) repose sur une idée simple : vous n’êtes pas un bloc homogène. Vous êtes composé de plusieurs « parties », chacune avec son rôle, ses émotions, ses croyances. Il y a la partie qui veut bien faire, celle qui critique, celle qui se replie, et celle qui explose. Aucune n’est mauvaise en soi. Même la partie colérique a une intention positive : protéger Julien de l’humiliation, du rejet, de l’injustice.
Mais pour qu’elle arrête de prendre le contrôle, il faut lui parler. Pas la combattre, pas la réprimer. L’écouter.
Lors d’une séance, j’ai invité Julien à se tourner vers cette partie. « Si elle avait une forme, à quoi ressemblerait-elle ? » Il a vu un gardien, massif, un bouclier à la main, prêt à frapper. Je lui ai demandé : « Que cherche-t-elle à protéger ? » La réponse l’a surpris : « Elle veut qu’on me respecte. Elle a peur qu’on me prenne pour un faible. » Sous la colère, il y avait une vulnérabilité. Un petit Julien qui, autrefois, s’était senti invisible.
Nous avons alors fait un travail de dialogue. Julien a remercié ce gardien pour sa vigilance. Il lui a dit : « Je sais que tu fais ton job, mais aujourd’hui, je suis adulte. Je peux me défendre autrement. Tu peux te reposer un peu. » Ce n’est pas un abandon. C’est une redéfinition des rôles. La partie gardienne n’a pas disparu. Elle a accepté de passer en mode veille, prête à intervenir si vraiment nécessaire, mais plus en mode pilote automatique.
“Si vous traitez votre colère comme une ennemie, elle se renforce. Si vous l’accueillez comme une alliée fatiguée, elle peut lâcher prise.”
Pour Julien, ce fut un tournant. Il ne se vivait plus comme quelqu’un qui « pète les plombs », mais comme quelqu’un qui portait une histoire, et qui pouvait désormais l’écrire autrement.
L’hypnose et l’IFS ont préparé le terrain intérieur. Mais dans une réunion, vous êtes confronté à d’autres personnes, avec leurs propres réactivités. Il fallait donc donner à Julien des outils concrets pour naviguer ces interactions en temps réel.
L’intelligence relationnelle, c’est l’art de rester connecté à soi et à l’autre, même sous pression. Julien a appris trois choses simples, mais transformatrices.
D’abord, repérer ses signaux d’alarme corporels. Il s’est entraîné à identifier la chaleur dans sa poitrine comme un indicateur, pas comme une fatalité. Au lieu de se dire « ça y est, je vais exploser », il s’est dit « tiens, ma température monte. Je peux faire une micro-pause ». Il a même inventé un geste discret : poser sa main à plat sur la table, en inspirant lentement. Personne ne le remarquait, mais lui savait.
Ensuite, changer son discours intérieur. Avant, il se répétait : « Ils ne m’écoutent pas, je dois me faire entendre. » Il a remplacé cette phrase par : « Je peux dire ce que j’ai à dire, même calmement. » Ça semble anodin, mais ça change tout. La première phrase prépare au combat. La seconde prépare à la connexion.
Enfin, il a appris à reformuler. Au lieu de dire « Vous avez tort », il a testé « Je ne suis pas sûr de suivre, tu peux m’expliquer ton point de vue ? » Au lieu de « C’est inadmissible », il a dit « Je ressens une certaine frustration, j’aimerais qu’on trouve une solution ensemble ». Ces phrases ne sont pas de la faiblesse. Elles sont un choix. Julien a découvert qu’en restant calme, il était bien plus écouté qu’en hurlant.
Un jour, il m’a raconté une réunion tendue où un collègue l’avait attaqué personnellement. Avant, il aurait répondu du tac au tac. Ce jour-là, il a pris trois secondes, a regardé son collègue, et a dit : « Je comprends que tu sois en colère. Qu’est-ce qui te dérange exactement dans ce que je viens de dire ? » Le collègue s’est arrêté, a réfléchi, et la conversation a changé de ton. Julien avait désamorcé la tension sans perdre la face.
Aujourd’hui, Julien n’explose plus en réunion. Ça ne veut pas dire qu’il ne ressent plus de colère. Il la ressent, mais elle ne le contrôle plus. Il la reconnaît, il l’accueille, et il choisit sa réponse. Parfois, il lui arrive encore de hausser le ton, mais c’est devenu rare, et il s’en rend compte immédiatement. Il s’excuse, il reprend, il ajuste. Et ses collègues ont remarqué le changement. On lui a dit : « Tu es plus posé, plus à l’écoute. » Il a même obtenu une promotion. Pas parce qu’il est devenu un autre homme, mais parce qu’il est devenu plus lui-même.
Ce qui a marché, ce n’est pas une technique unique, mais une combinaison :
Si vous vous reconnaissez dans l’histoire de Julien, si vous avez l’impression de perdre le contrôle dans certaines situations professionnelles ou personnelles, sachez une chose : vous n’êtes pas condamné à répéter le même scénario. Ces mécanismes ne sont pas gravés dans le marbre. Ils ont été construits, ils peuvent être déconstruits. Et vous n’avez pas besoin de tout changer du jour au lendemain.
Commencez par une chose : la prochaine fois que vous sentez la montée, ne luttez pas. Observez. Où est la tension ? Quelle est la première pensée ? Prenez une respiration, juste une. Et rappelez-vous que vous avez le choix. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est possible.
Si ce récit résonne en vous, si vous sentez que ces mécanismes vous limitent, je vous invite à ne pas rester seul avec ça. Changer demande du temps, de la patience, et un cadre sécurisé. C’est ce que je propose dans mon cabinet à Saintes : un espace où vous pouvez déposer ce qui pèse, explorer ce qui se cache, et construire des réponses qui vous ressemblent.
Je ne promets pas que vous ne ressentirez plus jamais de colère. Je promets que vous pouvez apprendre à la traverser sans vous détruire ni détruire ce qui compte pour vous. Julien l’a fait. D’autres avant lui l’ont fait. Et vous pouvez le faire aussi.
Si vous voulez en parler, sans engagement, prenez contact. Un échange, même court, peut ouvrir une porte. Et parfois, c’est tout ce dont on a besoin pour commencer.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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