3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Causes cachées et solutions par l’hypnose.
Vous avez perdu quelqu’un il y a six mois, un an, parfois plus. Et pourtant, vous avez l’impression que rien n’a vraiment changé. Les autres autour de vous semblent avoir repris le cours de leur vie. On vous dit qu’il faut « passer à autre chose », « laisser le temps faire son œuvre ». Mais ce temps, lui, ne fait rien. Il ne guérit rien. Il se contente de passer, indifférent à votre douleur.
Je reçois régulièrement dans mon cabinet à Saintes des hommes et des femmes qui vivent cette situation. Ils viennent parce qu’ils sentent qu’il y a un problème, mais sans savoir lequel. Certains ont déjà consulté, entendu des discours sur les « étapes du deuil », sans que cela les aide vraiment. D’autres ont honte de ne pas « s’en sortir ». Alors, pourquoi certaines personnes restent-elles bloquées dans le deuil ? Et surtout, comment en sortir ?
Parlons-en franchement. Le deuil n’est pas une maladie, mais il peut devenir une prison. Et l’hypnose ericksonienne, associée à d’autres approches comme l’IFS (Internal Family Systems), offre des clés concrètes pour en ouvrir la porte.
On entend souvent dire que le deuil suit des étapes : le choc, le déni, la colère, la tristesse, l’acceptation. Cette théorie d’Elisabeth Kübler-Ross est utile pour comprendre que le deuil est un processus, mais elle a aussi créé un malentendu. Beaucoup de personnes croient qu’elles doivent passer par ces étapes dans un ordre précis, et qu’au bout d’un certain temps, elles devraient « avoir fini ».
C’est faux. Le deuil n’est pas linéaire. Il ne se termine pas comme on finit un livre. Il se transforme. Mais pour certaines personnes, il ne se transforme pas. Il reste figé, comme une boucle qui tourne en rond.
Prenons l’exemple de Sophie, une femme que j’ai accompagnée il y a quelques mois. Elle avait perdu son mari deux ans auparavant. Aux yeux de tous, elle « allait bien ». Elle travaillait, s’occupait de ses enfants, sortait avec des amies. Mais elle me disait : « Le soir, quand je me couche, c’est comme s’il venait de mourir. Je revis les mêmes scènes, les mêmes angoisses. » Sophie était bloquée dans une phase de sidération, comme si une partie d’elle n’avait pas accepté la réalité de la perte.
Le problème, ce n’est pas que Sophie n’ait pas « assez pleuré » ou qu’elle refusait de faire son deuil. Le problème, c’est que son système nerveux était resté en alerte, incapable d’intégrer l’événement. Et c’est là que l’hypnose entre en jeu.
Le deuil n’est pas un problème de temps, mais un problème d’intégration. Si votre cerveau n’a pas pu traiter la perte, le temps ne fera rien. Il faudra l’aider.
L’hypnose ericksonienne permet justement de créer un état de conscience modifié où le cerveau peut revisiter l’événement traumatique en toute sécurité. Pas pour le revivre, mais pour le retraiter. Pour que les émotions coincées puissent enfin circuler.
Au fil de mes consultations, j’ai observé que les blocages dans le deuil se regroupent souvent autour de trois causes principales. Les reconnaître, c’est déjà un premier pas pour en sortir.
1. Un deuil dit « compliqué » ou « non résolu »
C’est le cas le plus classique. Vous savez que la personne est partie, mais une partie de vous refuse de l’accepter. Cela peut arriver quand la mort a été brutale, inattendue, ou dans des circonstances traumatiques (accident, suicide, maladie foudroyante). Votre cerveau n’a pas eu le temps de se préparer. Il est resté en mode « survie », avec des flashs, des cauchemars, une hypervigilance.
Mais ça peut aussi arriver dans des deuils « normaux », quand la relation était ambivalente. Par exemple, si vous avez perdu un parent avec qui vous aviez une relation difficile, le deuil peut se mélanger à de la culpabilité, de la colère inexprimée, ou un sentiment de soulagement qui vous horrifie. Ces émotions contradictoires créent un nœud que la raison ne peut pas défaire.
2. Le deuil « gelé » par des protections inconscientes
C’est plus subtil. Vous avez peut-être développé, très tôt dans votre vie, une stratégie pour ne pas ressentir la douleur. Peut-être que, enfant, on vous a appris à « être fort », à « ne pas pleurer », à « penser aux autres ». Ou peut-être que vous avez vécu des pertes précédentes que vous n’avez jamais pu pleurer.
Quand un nouveau deuil survient, votre système active automatiquement ces protections. Vous vous occupez, vous rationalisez, vous souriez. Mais en dessous, tout est gelé. Vous ne ressentez rien, ou seulement une vague tristesse qui ne passe pas. C’est ce que j’appelle le deuil « anesthésié ». Il ne fait pas mal sur le moment, mais il vous empêche de vivre pleinement. Vous êtes comme un robot qui fonctionne, mais sans chaleur.
3. Un deuil qui réactive des blessures anciennes
Parfois, la perte actuelle n’est que la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà plein. Si vous avez vécu un abandon dans l’enfance, une séparation traumatique, ou un autre deuil non résolu, la nouvelle perte peut réveiller tout cela. Vous ne pleurez pas seulement la personne disparue, vous pleurez aussi tous les fantômes du passé.
C’est pourquoi certaines personnes s’effondrent « pour une simple rupture » ou « pour un animal de compagnie ». Ce n’est jamais « juste » ça. C’est tout ce qui n’a pas été pleuré avant.
Dans ces trois cas, l’hypnose n’efface pas la perte. Elle ne vous fera pas oublier la personne aimée. Mais elle permet de débloquer les mécanismes qui vous maintiennent dans la souffrance. Et surtout, elle vous redonne un sentiment de contrôle sur votre propre processus.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise quotidiennement dans ma pratique, n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle. Ce n’est pas un état de sommeil ou de soumission. C’est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sans vous souvenir du trajet, quand vous rêvassez.
Dans cet état, votre cerveau est plus réceptif, moins critique, plus créatif. Et surtout, il peut accéder à des ressources que votre conscient ignore.
Concrètement, voici comment je travaille avec une personne bloquée dans le deuil.
Étape 1 : Créer un espace de sécurité
La première chose, c’est de permettre à la personne de se sentir en sécurité. Pas en sécurité « dans la vie », mais en sécurité dans son propre corps. Beaucoup de personnes endeuillées vivent dans un état d’alerte permanent. Leur système nerveux est en hypervigilance, comme s’il s’attendait à ce que quelque chose d’autre arrive.
En hypnose, je guide la personne vers un lieu intérieur de calme. Cela peut être un souvenir réel ou un endroit imaginaire. L’important, c’est que le corps ressente cette détente. Une fois que le système nerveux s’apaise, le cerveau peut commencer à intégrer la perte.
Étape 2 : Accueillir les parties bloquées
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) entre en jeu. Cette approche, que j’utilise souvent en complément de l’hypnose, part du principe que notre psyché est composée de nombreuses « parties », comme des sous-personnalités. Certaines parties portent la douleur, d’autres la colère, d’autres encore la protection.
Quand vous êtes bloqué dans le deuil, c’est souvent parce qu’une partie de vous a pris le contrôle pour vous protéger. Par exemple, une partie « rationnelle » qui vous empêche de pleurer, ou une partie « enfant » qui refuse de grandir sans l’être aimé.
En hypnose, on peut dialoguer avec ces parties. Pas pour les forcer à changer, mais pour les comprendre. Souvent, elles ont une bonne intention (vous protéger), mais leur méthode est devenue inadaptée. Quand on leur donne de l’attention et de la reconnaissance, elles se détendent. Et le blocage se dissout.
Étape 3 : Retraiter l’événement
Une fois que la personne est en sécurité et que les parties protectrices sont apaisées, on peut travailler directement sur le souvenir de la perte. L’idée n’est pas de revivre la douleur, mais de la revisiter avec un nouveau regard.
En hypnose, on peut par exemple « reculer » mentalement dans le temps, jusqu’au moment où l’information de la perte est arrivée. On peut ralentir la scène, ajouter des ressources (la présence d’un être cher, une lumière protectrice), ou changer la perspective (voir la scène comme si on était dans un film). Cela permet au cerveau de retraiter l’information sans être submergé par l’émotion.
Ce qui est fascinant, c’est que le cerveau ne fait pas la différence entre un souvenir réel et un souvenir modifié. Quand vous revisitez un événement traumatique en hypnose avec des ressources nouvelles, votre système nerveux enregistre cette nouvelle version. La charge émotionnelle diminue.
Étape 4 : Créer un lien continu
Enfin, l’hypnose permet de transformer la relation avec la personne disparue. Beaucoup de personnes croient que faire son deuil, c’est « couper le lien ». C’est une idée fausse et violente. Le deuil n’est pas une séparation, c’est une transformation du lien.
En hypnose, on peut créer un rituel intérieur pour permettre à la personne de garder un lien avec l’être aimé, mais d’une manière qui ne soit plus douloureuse. Par exemple, on peut imaginer que la personne disparue est désormais dans un lieu de paix, et qu’on peut lui parler quand on veut, mais sans souffrance. On peut aussi lui demander la permission de continuer à vivre pleinement.
Cela peut sembler « magique », mais c’est en réalité un processus neurologique. Votre cerveau a besoin de sens. Si vous restez bloqué dans la douleur, c’est parce qu’une partie de vous croit que continuer à vivre serait une trahison. L’hypnose vous aide à négocier avec cette partie, à lui montrer que vivre pleinement n’efface pas l’amour.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne fait pas disparaître la perte. Elle ne vous rendra pas la personne aimée. Et elle ne vous fera pas « passer à autre chose » comme on change de chaîne.
Ce qu’elle fait, c’est autre chose. Elle vous permet de vivre avec la perte, sans en être paralysé. Elle vous redonne la capacité de ressentir la joie, l’amour, l’enthousiasme, sans que la tristesse ne prenne toute la place. Elle vous permet de garder un lien intérieur avec la personne disparue, mais un lien qui vous nourrit au lieu de vous vider.
J’ai accompagné un homme, appelons-le Marc, qui avait perdu son fils dans un accident de voiture. Il venait me voir trois ans après, parce qu’il n’arrivait plus à travailler, plus à dormir, plus à rire. Il me disait : « Je me sens coupable de vivre. » En hypnose, nous avons rencontré la partie de lui qui portait cette culpabilité. C’était une partie très jeune, qui croyait que si elle souffrait assez, elle pourrait « racheter » la mort de son fils.
Nous n’avons pas effacé cette partie. Nous l’avons remerciée d’avoir essayé de protéger Marc. Et nous lui avons montré que son fils, s’il pouvait parler, ne voudrait pas que son père reste prisonnier de la douleur. Marc a pleuré, longtemps. Mais après quelques séances, il a senti un poids se lever. Il a pu retourner à son travail, et surtout, il a pu reparler de son fils avec un sourire, sans s’effondrer.
L’hypnose ne guérit pas la perte. Elle guérit la relation à la perte. Et c’est déjà énorme.
Avant de conclure, je voudrais vous proposer un petit exercice. Il ne remplace pas un accompagnement, mais il peut vous aider à prendre conscience de ce qui se joue en vous.
Prenez un moment calme, sans distraction. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et posez une main sur votre cœur. Respirez lentement.
Posez-vous cette question : « Quelle est l’émotion que je n’ai pas encore pleurée ? »
Ne cherchez pas la réponse avec votre tête. Laissez votre corps répondre. Peut-être sentez-vous une boule dans la gorge, une pression dans la poitrine, un vide dans le ventre. Accueillez cette sensation sans la juger.
Ensuite, demandez-vous : « Si cette émotion pouvait parler, que dirait-elle ? »
Laissez venir les mots, même s’ils sont étranges ou illogiques. Peut-être que c’est : « Je suis fatigué de faire semblant », ou « Je ne veux pas le/la laisser partir », ou « J’ai peur d’oublier ».
Notez ce qui vient, sur un carnet ou dans votre téléphone. Ce n’est pas un exercice de résolution, c’est un exercice d’écoute. La première étape pour sortir d’un blocage, c’est de reconnaître qu’il existe.
Si vous vous reconnaissez dans ce que j’ai décrit, sachez une chose : vous n’êtes pas en retard. Vous n’êtes pas faible. Vous n’êtes pas anormal. Vous êtes simplement quelqu’un qui vit un processus complexe, et qui a besoin d’un accompagnement adapté.
Le deuil bloqué n’est pas une fatalité. Il existe des outils concrets pour en sortir. L’hypnose ericksonienne, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle sont des chemins possibles. Mais le plus important, c’est que vous décidiez de ne plus rester seul avec votre douleur.
Je reçois à Saintes, dans mon cabinet, des personnes qui viennent de toute la région. Certaines ont fait des heures de route. D’autres hésitent longtemps avant de pousser la porte. Mais à chaque fois, elles me disent la même chose : « J’aurais dû venir plus tôt. »
Alors si cet article résonne en vous, si vous sentez que quelque chose doit bouger, je vous invite à franchir le pas. Vous n’avez pas à traverser cela seul. Et vous n’avez pas à attendre que le temps fasse son œuvre. Le temps ne fait rien sans vous. Mais vous, vous pouvez faire quelque chose pour vous.
Prenez soin de vous. Et si vous voulez en parler, je suis là.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17)
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Article écrit par Thierry Sudan, praticien installé à Saintes depuis 2014, spécialisé dans l’accompagnement des adultes en souffrance et la préparation mentale sportive.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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