3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre le mécanisme sous-estimé de l’émotion débordante.
Tu es dans la salle d’attente, tu regardes l’heure. Ton conjoint ou ta conjointe devait être prêt·e il y a dix minutes. Ta voix monte d’un cran : « Mais qu’est-ce que tu fabriques ? On va être en retard, comme d’habitude ! ». La réponse fuse, cinglante. Puis le silence. Celui qui pèse, qui coupe la respiration, qui te fait regretter tes mots. Tu te demandes : « Mais pourquoi j’ai explosé pour ça ? C’est juste un retard… ». Ou alors, c’est ce collègue qui pose une question anodine et tu sens ta mâchoire se serrer, tes poings se crisper, et tu réponds d’un ton sec qui surprend tout le monde, toi le premier.
Ces moments te paraissent irrationnels, imprévisibles. Un petit déclic, et c’est l’éruption. Tu te promets de mieux contrôler, tu analyses, tu culpabilises. Et pourtant, la prochaine fois, ça recommence. Pourquoi certaines colères semblent-elles surgir de nulle part, comme un geyser intérieur dont tu ignores la source ? La réponse n’est pas un manque de volonté ou un caractère « explosif ». C’est un mécanisme sous-estimé, une logique interne que ton cerveau suit à la lettre. Et une fois que tu la comprends, tu peux désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose.
La première chose à saisir, c’est que la colère qui te semble « sans prévenir » arrive en réalité toujours après quelque chose. Elle n’est pas la cause, elle est la conséquence. Imagine-la comme un vigile à l’entrée d’un bâtiment : il ne crée pas l’effraction, il se déclenche quand quelque chose a déjà franchi la ligne rouge.
En hypnose ericksonienne et en IFS (Internal Family Systems), on considère que la colère est une « partie » de toi, une sous-personnalité qui a un job précis. Son boulot, ce n’est pas de te faire du mal. C’est de protéger quelque chose de plus vulnérable. Quand tu exploses pour un retard de cinq minutes, la colère ne surgit pas pour le retard lui-même. Elle surgit parce que ce retard a touché une partie sensible en toi : peut-être la peur d’être jugé·e (« ils vont penser que je suis un·e incapable »), ou le sentiment de ne pas être respecté·e (« mon temps ne compte pas »), ou encore une ancienne blessure d’abandon (« on me laisse tomber, comme toujours »).
Prenons l’exemple de Julien, un coureur que j’accompagne en préparation mentale. Il s’entraînait pour un marathon et explosait contre sa femme quand elle lui proposait de modifier son parcours du dimanche. « Tu ne comprends rien à mon objectif ! » criait-il. En explorant, on a découvert que la colère protégeait une peur enfantine : celle de l’échec, celle de ne pas être à la hauteur, celle d’un père exigeant qui n’acceptait que la perfection. Le parcours modifié, dans sa tête, devenait une menace contre sa quête de validation. La colère n’était pas une réaction excessive au parcours, mais une réaction parfaitement calibrée pour repousser une menace bien plus ancienne.
Quand ta colère explose « sans prévenir », demande-toi sur-le-champ : « Qu’est-ce qui a été touché, juste avant ? » Pas la situation extérieure, mais l’émotion intérieure. Souvent, c’est une micro-blessure : un sentiment d’impuissance, de rejet, d’injustice, ou de peur. La colère est l’écran de fumée qui cache ces flammes plus fragiles.
Tu as déjà vécu ça : tu sais que hurler ne sert à rien, que ça va empirer les choses, et pourtant ta bouche s’ouvre et les mots sortent avant que tu puisses les retenir. C’est le fameux court-circuit. En neurosciences, on appelle ça le détournement amygdalien. L’amygdale, c’est le détecteur de fumée de ton cerveau. Elle scanne en permanence les dangers. Quand elle perçoit une menace – même symbolique, comme un regard désapprobateur ou un ton condescendant – elle déclenche une alarme immédiate, avant même que ton cortex préfrontal (ta partie rationnelle, celle qui dit « respire, compte jusqu’à dix ») ait eu le temps de dire « ouf ».
Ce qui rend la colère « explosive », c’est que la menace perçue est souvent invisible pour toi. Ce n’est pas le lion dans la savane, c’est une phrase, un silence, un regard. Mais pour ton système nerveux, c’est la même urgence. Le problème, c’est que ton cerveau a appris, au fil des années, que certaines situations sont dangereuses. Il a créé des raccourcis. Par exemple, un enfant qui s’est fait humilier en classe pour une réponse jugée idiote va développer un programme : « être pris au dépourvu = danger d’humiliation ». Des années plus tard, quand son chef lui pose une question surprise en réunion, son amygdala s’active, sa colère monte, et il répond sèchement pour reprendre le contrôle. Le cerveau n’a pas analysé la situation présente ; il a rejoué un vieux scénario.
C’est pour ça que la colère te semble imprévisible. Elle ne l’est pas. Elle suit un pattern que tu as installé inconsciemment. La bonne nouvelle, c’est qu’un pattern peut être reconnu, puis reprogrammé. L’hypnose ericksonienne est particulièrement efficace ici, car elle travaille directement avec l’inconscient, là où ces programmes sont écrits. On ne lutte pas contre la colère ; on va à la rencontre de la partie qui la déclenche, on comprend son histoire, et on lui propose un nouveau job, plus adapté à ta vie d’adulte.
La colère n’explose pas comme un orage d’été. Elle monte comme une cocotte-minute. Il y a des signes avant-coureurs que tu ignores parce que tu es trop habitué·e à les ressentir. Voici les trois plus fréquents.
Le premier : la fatigue énergétique. Tu ne la remarques pas, mais ton niveau d’énergie est bas. Tu as mal dormi, sauté un repas, enchaîné les réunions. Ton système nerveux est déjà en mode « survie ». La moindre friction devient une montagne. Si ta colère semble sortir de nulle part, regarde ton état physique des dernières heures. Un corps fatigué a moins de ressources pour réguler ses émotions. C’est comme un téléphone à 5 % de batterie : la moindre application le fait planter.
Le deuxième : l’accumulation des micro-stress. Tu n’as pas explosé pour le retard de ce matin. Tu as explosé parce que ce matin, tu as aussi perdu tes clés, que ton café a débordé, que tu as reçu un mail agaçant, et que tu as dû répéter trois fois la même chose à ton enfant. Chaque micro-stress est une goutte d’eau. La dernière goutte n’est pas plus lourde que les autres, mais elle fait déborder le vase parce que le vase est déjà plein. La colère « sans prévenir » est souvent la goutte qui suit 15 gouttes invisibles.
Le troisième : la violation d’une valeur ou d’un besoin non exprimé. C’est le plus sous-estimé. Tu as un besoin fondamental qui n’est pas satisfait : besoin de reconnaissance, de contrôle, de sécurité, de justice. Et tu ne l’as pas dit. Ou tu l’as dit, mais on ne t’a pas entendu·e. Alors une partie de toi accumule, et un jour, pour une broutille, elle explose pour dire : « Stop, je ne suis pas respecté·e ! » La colère est alors une revendication légitime, mais exprimée de manière explosive, car retenue trop longtemps.
Si tu veux reprendre la main, commence par repérer ces trois signaux chez toi. Quand tu sens la moutarde te monter au nez, pose-toi une seule question : « Est-ce que je suis fatigué·e ? Est-ce que j’ai accumulé ? Est-ce qu’un besoin important n’a pas été entendu ? » La simple reconnaissance casse le pilote automatique.
L’approche IFS (Internal Family Systems) est une des plus puissantes pour désamorcer la colère explosive, car elle ne cherche pas à la supprimer, mais à dialoguer avec elle. Imagine qu’à l’intérieur de toi, il y a une équipe de parties. L’une d’elles, appelons-la « la Gardienne », est chargée de la colère. Elle est musclée, elle crie, elle frappe du poing sur la table. Tu la détestes, tu voudrais qu’elle disparaisse. Mais en IFS, on fait l’inverse : on la remercie.
Pourquoi ? Parce que cette Gardienne, aussi bruyante soit-elle, a un rôle de protectrice. Elle est là pour empêcher une autre partie, bien plus fragile, de souffrir. Cette partie fragile, c’est souvent un enfant intérieur qui a été blessé, humilié, rejeté ou ignoré. La Gardienne dit : « Laisse-moi gérer, sinon cette petite partie va être submergée de douleur. » La colère est donc une stratégie de survie, pas une erreur de caractère.
Prenons le cas de Sophie, une cadre que j’ai reçue. Elle explosait régulièrement contre ses collègues quand ils prenaient des initiatives sans la consulter. En IFS, on a rencontré sa partie colérique. C’était une femme forte, les poings serrés, qui disait : « Je dois tout contrôler, sinon ils vont me marcher dessus. » En lui demandant ce qu’elle craignait qu’il arrive si elle lâchait la colère, une image est apparue : une petite fille de 7 ans, seule dans une cour de récréation, que les autres enfants ignoraient. La Gardienne protégeait cette petite fille de la solitude et du rejet. La colère au travail n’était pas une réaction à un collègue, mais la protection d’une blessure ancienne. En prenant soin de la petite fille, en lui donnant de la sécurité et de la reconnaissance, la Gardienne a pu se détendre. Sophie n’a pas perdu son assertivité, mais elle a appris à poser des limites sans exploser.
En hypnose, on peut accéder à ces parties de manière douce et sécurisée. On ne force rien. On invite la colère à s’asseoir à côté de toi, à te raconter son histoire. Et quand elle se sent entendue, elle n’a plus besoin de hurler. Elle peut se transformer en une force calme et posée.
« La colère n’est pas l’ennemie. C’est un cheval fougueux qui a besoin de comprendre que son cavalier est capable de tenir les rênes. Quand tu l’écoutes, elle ralentit. »
Tu as peut-être déjà entendu parler d’hypnose et tu imagines un pendule, un endormissement, ou un contrôle de l’esprit. Laisse-moi te rassurer : l’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, est tout l’inverse. Elle ne te fait pas perdre le contrôle, elle t’aide à retrouver un contrôle que tu as perdu, celui sur tes réactions automatiques.
En séance, on ne va pas « enlever » ta colère. Ce serait comme couper l’alarme incendie sans éteindre le feu. On va plutôt :
Concrètement, ça peut ressembler à ça : je te guide dans une détente profonde, puis on va « visiter » la scène qui déclenche ta colère, mais en sécurité, comme si tu regardais un film. On va rencontrer la partie protectrice, lui parler, et lui proposer un nouveau job. Par exemple, au lieu de crier, elle pourrait te souffler de respirer profondément et de dire calmement : « J’ai besoin d’un moment pour répondre. »
Ce que l’hypnose ne fait pas :
Ce qui est fascinant, c’est que souvent, les personnes qui viennent pour une colère explosive découvrent qu’elles portent aussi une grande sensibilité, une capacité à ressentir les injustices, ou une profonde loyauté. La colère n’est que la face rugueuse d’un diamant intérieur. L’hypnose permet de polir cette face pour en révéler la beauté.
Tu es en pleine réunion, tu sens la chaleur monter dans ta poitrine, ta voix se tend. Tu as trois minutes pour éviter l’explosion. Voici un protocole simple, issu de l’hypnose et de l’Intelligence Relationnelle, que tu peux appliquer immédiatement.
Étape 1 : La micro-pause physique (30 secondes) Ne parle pas. Décale ton regard. Porte ton attention sur la sensation dans ton corps : la mâchoire serrée, les poings crispés, le souffle court. Ne cherche pas à la chasser. Observe-la comme une vague. Dis-toi intérieurement : « Je sens ma colère. C’est une énergie dans mon corps. » Cette simple reconnaissance coupe le circuit de l’automaticité. Tu sors du mode « réaction » pour entrer en mode « observation ».
Étape 2 : La question qui désarme (1 minute) Pose-toi la question clé : « Qu’est-ce que cette colère protège en ce moment ? » Ne cherche pas la réponse parfaite. Laisse venir un mot : peur, honte, injustice, fatigue. Souvent, c’est « peur de ne pas être entendu·e » ou « sentiment d’impuissance ». En nommant la couche sous la colère, tu l’humanises. Tu passes de « je suis en colère » à « j’ai peur de… ». La colère se calme quand elle se sent comprise.
Étape 3 : La respiration qui redonne le choix (1 minute 30) Inspire par le nez en comptant 4 secondes. Retiens ta respiration 4 secondes. Expire par la bouche en comptant 6 secondes. Fais-le trois fois. Pourquoi ça marche ? Parce que l’expiration longue active le nerf vague, le frein de ton système nerveux. Tu envoies un signal à ton cerveau : « Le danger immédiat est passé, on peut ralentir. » Tu n’es plus en mode survie. Tu peux choisir ta réponse au lieu de la subir.
Après ces trois minutes, tu as le choix : répondre calmement, demander un temps mort (« J’ai besoin de deux minutes pour réfléchir »), ou simplement dire ce que tu ressens sans accuser (« Je me sens tendu·e, j’aimerais qu’on reprenne ce point plus tard »). Ce n’est pas de la fuite, c’est de la régulation.
La vraie question n’est pas « comment ne plus jamais ressentir de colère ? » – ce serait une perte immense. La colère est une énergie de vie, un moteur de changement, un signal que quelque chose ne va pas. Le problème, c’est quand elle explose sans
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.