3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Sortir des solutions temporaires pour un apaisement durable.
Vous la sentez arriver, cette boule au creux du ventre. La respiration devient courte, les pensées s’emballent, et vous voilà à nouveau prisonnier de cette angoisse que vous pensiez avoir domptée. Vous avez tout essayé : la respiration profonde, les applications de méditation, les tisanes à la camomille, peut-être même un traitement médicamenteux. Et pourtant, elle revient. Invariablement, sournoisement, comme une marée noire qui s’infiltre dans les moindres recoins de votre quotidien. Pourquoi l’anxiété semble-t-elle toujours gagner la partie ? Et surtout, existe-t-il une issue durable, ou sommes-nous condamnés à gérer les symptômes à vie ?
Je reçois cette question presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes, souvent brillants, actifs, qui ont construit des vies solides mais qui portent en silence ce poids invisible. L’anxiété n’est pas un défaut de caractère ni un manque de volonté. C’est un mécanisme de survie puissant, programmé dans les couches les plus profondes de votre cerveau. Et c’est précisément pour cela que les solutions de surface échouent. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle offrent une autre voie : non pas combattre l’anxiété, mais comprendre ce qu’elle protège, et négocier une paix durable avec les parties de vous qui s’affolent.
Imaginez un instant que votre anxiété soit un détecteur de fumée hypersensible. Il se déclenche dès qu’une toast brûle dans la cuisine. Vous pouvez bien sûr arracher la pile, débrancher l’appareil, ou mettre un morceau de scotch sur la sirène. Le bruit s’arrête. Pendant quelques heures, vous êtes tranquille. Mais la fumée, elle, est toujours là. Et si un véritable incendie se déclare, vous n’aurez aucun avertissement.
Les techniques de gestion du stress agissent souvent comme ce scotch sur la sirène. La cohérence cardiaque, la relaxation musculaire, la distraction par les écrans ou l’alcool : tout cela peut calmer temporairement l’alarme. Mais cela ne désactive pas le programme interne qui la déclenche. Or, l’anxiété chronique n’est pas une simple réaction à un danger immédiat. C’est un système d’alerte qui s’est activé une fois, dans un contexte passé, et qui n’a jamais reçu le signal qu’il pouvait s’éteindre.
Prenons l’exemple de Claire, 34 ans, cadre commerciale que j’ai accompagnée. Claire avait une anxiété sociale paralysante. Chaque réunion était une épreuve. Elle avait suivi des stages de « gestion du stress », appris des techniques de respiration, et bu des tisanes avant chaque rendez-vous. Cela l’aidait sur le moment, mais dès qu’elle entrait dans la salle de réunion, le cœur s’emballait à nouveau. Pourquoi ? Parce que son cerveau avait associé les réunions à un danger ancien : adolescente, elle avait été humiliée par un professeur devant toute la classe. Le corps n’avait pas oublié. Les techniques de relaxation ne pouvaient pas effacer ce souvenir émotionnel.
« L’anxiété n’est pas un ennemi à abattre. C’est un messager qui porte une histoire. Si vous tuez le messager, l’histoire reste sans réponse. »
Les solutions rapides échouent parce qu’elles s’attaquent au symptôme, pas à la cause. Elles supposent que l’anxiété est un problème mécanique à réparer. Mais c’est un processus vivant, ancré dans votre histoire, vos croyances, et surtout, dans des parties de vous qui tentent de vous protéger. Et tant que ces parties ne se sentiront pas entendues, elles continueront à hurler.
Voici un paradoxe que je rencontre souvent : plus vous voulez vous débarrasser de l’anxiété, plus elle s’installe. C’est ce que j’appelle le « piège de la lutte ». Lorsque vous dites « je ne veux plus avoir peur », votre cerveau entend « peur », et active les circuits de la peur. C’est comme si vous disiez à quelqu’un « ne pense pas à un ours blanc ». Que se passe-t-il ? Vous pensez immédiatement à un ours blanc.
La lutte contre l’anxiété crée une tension supplémentaire. Vous ajoutez de l’anxiété à l’anxiété : la peur d’avoir peur. Cette couche secondaire est souvent plus invalidante que la première. Vous n’êtes plus seulement anxieux, vous êtes anxieux de devenir anxieux. Le simple fait d’anticiper une crise peut en déclencher une.
Prenons le cas de Marc, 42 ans, marathonien amateur. Marc venait me voir parce qu’il avait des attaques de panique pendant ses courses. Il avait tout essayé : ralentir, s’hydrater, répéter des mantras. Rien n’y faisait. Plus il tentait de contrôler sa respiration, plus elle devenait saccadée. Plus il se disait « calme-toi », plus son cœur s’emballait. En explorant son histoire, nous avons découvert que son père exigeant lui répétait enfant : « Un homme ne montre pas sa faiblesse ». Pour Marc, ralentir pendant une course, c’était montrer une faiblesse intolérable. Son anxiété n’était pas un problème physiologique, c’était un conflit interne entre la partie qui voulait performer et celle qui criait « stop ! ».
L’hypnose ericksonienne ne vous demande pas de lutter. Elle vous invite à un autre rapport à l’anxiété. Au lieu de la repousser, vous apprenez à l’observer, à l’accueillir, à lui faire une place sans vous identifier à elle. C’est une différence fondamentale. Vous n’êtes pas votre anxiété. Vous êtes celui ou celle qui remarque l’anxiété. Et cette simple distinction ouvre un espace de liberté.
L’hypnose que je pratique n’a rien à voir avec un spectacle de cabaret. Il n’y a pas de pendule, pas de « dormez ! » impérieux, pas de perte de contrôle. L’hypnose ericksonienne, nommée d’après le psychiatre Milton Erickson, est un état de conscience modifié, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour : quand vous rêvassez dans le métro, quand vous lisez un roman captivant, quand vous conduisez sur une route familière sans vous souvenir du trajet.
Dans cet état, votre cerveau critique, rationnel, s’apaise. Les défenses s’abaissent. Et vous pouvez accéder à des ressources internes que votre conscient ignore. Pourquoi est-ce efficace contre l’anxiété ? Parce que l’anxiété est souvent générée par des parties de vous qui ne répondent pas à la logique. Vous pouvez vous répéter cent fois « il n’y a aucun danger », votre corps n’écoute pas. Il écoute le langage des sensations, des images, des métaphores.
En séance, je ne vous dirai pas « détendez-vous ». Je vous inviterai à porter votre attention sur votre respiration, sur la sensation de vos pieds au sol, sur les sons autour de vous. Puis, je commencerai à tisser des histoires, des métaphores qui parlent directement à votre inconscient. Par exemple, pour une personne qui vit son anxiété comme une tempête intérieure, je peux évoquer l’image d’un lac agité par le vent, et suggérer doucement que les vaguelettes peuvent s’apaiser d’elles-mêmes, que le fond du lac, lui, reste calme et immobile.
« L’inconscient n’entend pas la négation. Si vous dites ‘ne soyez pas anxieux’, il entend ‘anxieux’. Si vous dites ‘vous pouvez trouver un espace de calme’, il cherche le calme. »
L’hypnose ne force rien. Elle crée les conditions pour que votre système nerveux trouve son propre équilibre. C’est une approche douce, mais profonde. Elle ne supprime pas l’anxiété, elle la remet à sa place : un signal d’alarme utile, pas un dictateur qui gouverne votre vie.
L’Internal Family Systems (IFS), développé par Richard Schwartz, est un modèle qui a radicalement changé ma pratique. L’idée est simple et puissante : votre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de différentes « parties », comme une famille intérieure. Il y a la partie performante, la partie critique, la partie qui cherche à plaire, et bien sûr, la partie anxieuse.
Dans l’IFS, on ne cherche pas à se débarrasser de la partie anxieuse. On la considère comme un protecteur qui a pris un rôle difficile. Imaginez un vigile trop zélé dans un magasin. Il interpelle chaque client, fouille les sacs, crie. Vous pouvez le virer, mais alors le magasin devient vulnérable aux vrais voleurs. Ou vous pouvez comprendre pourquoi il est si tendu : peut-être a-t-il été agressé par le passé, ou son chef lui a mis une pression énorme. En l’écoutant, en le remerciant, vous pouvez négocier avec lui un rôle moins extrême.
C’est exactement ce que nous faisons avec les parties anxieuses. Je me souviens de Sophie, 29 ans, infirmière, qui vivait avec une angoisse permanente de faire une erreur. Elle se réveillait la nuit en vérifiant ses dossiers. En séance, nous avons invité la partie anxieuse à se manifester. Sophie a ressenti une boule dans la poitrine, une tension. Au lieu de la fuir, elle lui a parlé, guidée par ma voix. La partie a révélé qu’elle protégeait une petite Sophie de 7 ans, qui avait été sévèrement punie pour avoir oublié ses devoirs. La partie anxieuse était devenue hypervigilante pour éviter une nouvelle punition. En comprenant cela, Sophie a pu ressentir de la compassion pour cette enfant, et rassurer la partie protectrice : « Je suis une adulte compétente aujourd’hui. Je peux gérer les erreurs. Tu peux te reposer. »
L’IFS ne guérit pas en effaçant les souvenirs, mais en libérant les parties de leurs fardeaux. L’anxiété diminue naturellement quand les protecteurs n’ont plus besoin d’être en alerte. C’est un travail de dialogue intérieur, que l’hypnose facilite grandement en permettant un accès plus direct à ces parties.
L’anxiété ne vit pas en vase clos. Elle se nourrit de vos relations. Un patron imprévisible, un conjoint critique, des amis qui drainent votre énergie : ces interactions activent vos systèmes d’alarme. L’Intelligence Relationnelle, que j’intègre dans mes accompagnements, vous apprend à repérer ces schémas et à vous repositionner.
Prenons un exemple classique : vous recevez un message sec de votre supérieur. Immédiatement, votre cœur s’emballe, vous imaginez le pire, vous passez la journée à ruminer. Votre anxiété n’est pas causée par le message, mais par l’interprétation que vous en faites, souvent liée à des blessures anciennes (peur du rejet, peur de ne pas être à la hauteur).
L’Intelligence Relationnelle vous donne des outils concrets pour :
J’ai accompagné Thomas, 38 ans, chef d’entreprise. Son anxiété explosait chaque fois qu’un client le critiquait. Il passait des nuits blanches à peaufiner des réponses, à se justifier. En travaillant l’Intelligence Relationnelle, il a compris qu’il confondait critique et rejet. Il a appris à accueillir un retour sans le prendre comme une attaque personnelle. Aujourd’hui, il dit : « Je peux entendre un ‘non’ sans m’effondrer. Et cela a libéré une énergie folle. »
L’anxiété relationnelle est souvent la plus tenace, car elle touche à notre besoin fondamental d’appartenance. Mais en apprenant à vous relier à vous-même d’abord (via l’IFS et l’hypnose), vous pouvez vous relier aux autres sans vous perdre.
Je veux être honnête avec vous. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vous promettent pas une vie sans émotions désagréables. L’anxiété est une émotion humaine normale. Le but n’est pas de la supprimer, mais de changer votre relation avec elle.
Voici comment se déroule généralement le travail dans mon cabinet à Saintes :
1. Comprendre le système : Nous explorons ensemble comment votre anxiété fonctionne. Quand apparaît-elle ? Que dit-elle ? Quelles parties de vous sont en jeu ? Cette phase est déjà thérapeutique, car elle remplace la peur par la curiosité.
2. Accéder aux ressources : Par l’hypnose, nous activons des états de calme, de sécurité, de confiance. Votre inconscient apprend à retrouver ces ressources par lui-même, sans ma présence. Je vous donne des exercices simples pour ancrer ces états dans votre quotidien.
3. Négocier avec les protecteurs : Avec l’IFS, nous dialoguons avec les parties anxieuses, les remercions, et leur demandons ce dont elles ont besoin pour lâcher prise progressivement. Cela peut prendre plusieurs séances, mais chaque fois, une partie de la charge émotionnelle se dissipe.
4. Réajuster les relations : Enfin, nous travaillons les schémas relationnels qui entretiennent l’anxiété. Vous repartez avec des outils pour dire non, pour demander, pour vous protéger.
Un exemple concret : Paul, 45 ans, ingénieur, souffrait d’anxiété de performance. Il se réveillait à 4h du matin en pensant à ses dossiers. Après 6 séances combinant hypnose et IFS, il a pu identifier la partie « perfectionniste » qui le poussait depuis l’enfance. Il a négocié avec elle : « Je vais faire de mon mieux, mais je ne me détruirai plus pour un tableau Excel. » Aujourd’hui, il dort mieux, et son travail n’a pas souffert, au contraire.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici un petit exercice que je donne souvent à mes patients. Il prend trois minutes.
Installez-vous confortablement. Fermez les yeux si vous le souhaitez. Portez votre attention sur votre respiration, sans la modifier. Juste observez. Puis, posez-vous cette question intérieure, avec douceur : « Quelle partie de moi est anxieuse en ce moment ? » N’essayez pas de répondre par la raison. Laissez venir une image, une sensation, une couleur. Peut-être une boule dans le ventre, une pression dans la poitrine. Dites mentalement à cette partie : « Je te vois. Je te remercie de faire ce que tu fais pour moi. » Restez avec elle quelques instants, sans vouloir la changer. Puis, ramenez doucement votre attention à votre respiration, et ouvrez les yeux.
Cet exercice ne fera pas disparaître l’anxiété. Mais il installe une posture différente : celle de l’observateur compatissant, et non plus de la victime impuissante. C’est le premier pas vers un apaisement durable.
L’anxiété revient toujours quand on la combat. Mais quand on apprend à l’écouter, à comprendre ce qu’elle protège, elle peut se transformer. Elle n’est plus un ennemi à abattre, mais un guide un peu trop zélé qui a besoin qu’on lui redise son chemin.
Si vous en avez assez des solutions temporaires, si vous sentez qu’il est temps d’aller voir ce qui se cache derrière le rideau de l’angoisse, je vous reçois à Saintes. Pas pour vous « guérir » – ce mot me gêne – mais pour vous accompagner dans cette exploration intérieure. Ensemble, nous pouvons créer un espace où vos parties anxieuses trouvent enfin la paix qu’elles
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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