3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprendre le mécanisme pour mieux le désamorcer.
Vous arrive-t-il d’être pris d’une peur soudaine, intense, sans raison apparente ? Votre cœur s’emballe, votre respiration se bloque, vos mains deviennent moites. Vous avez l’impression de perdre le contrôle, de devenir fou, ou même de mourir. Puis, aussi vite que c’est venu, ça se dissipe, vous laissant vidé, confus et souvent honteux.
Si cette description vous parle, sachez que vous n’êtes pas seul. Les attaques de panique touchent des millions de personnes. Et pourtant, ce qui est le plus difficile à vivre, c’est souvent l’incompréhension. Pourquoi mon corps se retourne-t-il contre moi ? Pourquoi est-ce que je panique alors que rien de dangereux ne se passe ?
La réponse est à la fois simple et contre-intuitive : ce n’est pas un défaut de votre personnalité, ni un signe de faiblesse. C’est un mécanisme de survie ancestral qui se déclenche au mauvais moment. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on peut apprendre à le désamorcer. L’hypnose ericksonienne est l’un des outils les plus efficaces pour y parvenir, car elle parle directement la langue de votre système nerveux, cette partie de vous qui panique. Je vais vous expliquer comment.
Pour comprendre une attaque de panique, il faut d’abord comprendre le rôle de l’amygdale cérébrale. C’est une petite structure en forme d’amande, située au cœur de votre cerveau. Son job ? C’est le détecteur de fumée de votre système nerveux. Elle scanne en permanence votre environnement – et vos sensations internes – à la recherche d’un danger. Son seul critère de décision est : « Est-ce que ça pourrait être une menace ? » Elle ne réfléchit pas, elle ne nuance pas.
Imaginez-vous en train de marcher dans la forêt. Vous entendez un bruissement dans les buissons. L’amygdale, en un éclair, a deux options : « c’est un serpent » ou « c’est une brindille ». Si elle pense que c’est un serpent, elle déclenche immédiatement l’alarme : le système nerveux sympathique s’active. C’est la réaction de combat ou de fuite. Votre cœur pompe le sang vers vos muscles, votre respiration s’accélère pour oxygéner votre corps, vos pupilles se dilatent pour mieux voir, votre digestion se met en pause. Vous êtes prêt à agir pour survivre.
C’est génial quand il y a un vrai danger. Le problème survient quand l’amygdale se trompe. Quand elle interprète une simple accélération du rythme cardiaque (après un café, en montant un escalier, ou à cause d’une pensée stressante) comme un signe de danger imminent. L’alarme se déclenche pour un faux positif.
Cette alarme est si puissante qu’elle provoque une tempête intérieure. Votre cerveau cognitif, la partie rationnelle qui analyse et raisonne, est littéralement court-circuité. Vous ne pouvez plus vous dire « calme-toi, c’est rien », parce que la zone du cerveau qui gère la logique est mise hors-service par l’urgence. C’est pour ça qu’une attaque de panique est si terrifiante : vous savez que vous n’êtes pas en danger, mais votre corps vous hurle le contraire avec une telle force que la raison ne peut pas s’imposer.
Point clé à retenir : L'attaque de panique n'est pas un signe de folie. C'est un système d'alarme hyper-performant qui est devenu hypersensible. Votre cerveau a appris à avoir peur de la peur elle-même.
C’est là que le piège se referme. Une fois que l’alarme est déclenchée, les symptômes physiques sont réels : cœur qui bat fort, souffle court, vertiges, sensations de déréalisation (l’impression d’être dans un film). Ces sensations sont très inconfortables. Et que fait notre cerveau face à l’inconfort ? Il essaie de le contrôler, de le combattre.
Vous vous dites : « Il ne faut pas que mon cœur s’emballe ». Vous tendez l’oreille pour écouter vos battements. Vous essayez de respirer profondément de manière forcée. Vous luttez contre la sensation de vertige. C’est un réflexe compréhensible, mais c’est exactement ce qui aggrave la panique.
Pourquoi ? Parce qu’en focalisant votre attention sur vos sensations internes, vous envoyez un message à l’amygdale : « Regarde, on a repéré un problème dans le corps, c’est grave ! ». L’amygdale, qui est déjà en alerte, reçoit cette information comme une confirmation du danger. Elle active alors un nouveau cycle : elle libère plus d’adrénaline. Le cœur s’emballe encore plus. La peur des sensations devient plus forte que la peur initiale.
C’est un cercle vicieux classique. Je vois souvent des personnes qui me disent : « Je sens que ça monte, et plus j’essaie de me contrôler, plus ça monte. » C’est normal. Vous êtes en train d’essayer d’éteindre un incendie avec de l’essence. La lutte contre les symptômes est le carburant de l’attaque de panique.
Prenons l’exemple de Marc, un coureur que j’accompagne. Il a eu une première attaque de panique lors d’une course. Depuis, à chaque fois qu’il sent son cœur s’accélérer à l’effort, il se dit : « Et si ça recommençait ? ». Cette simple pensée active son amygdale. Son cœur s’accélère encore plus (à cause de l’adrénaline de la peur, en plus de l’effort). Il interprète cette accélération comme le signe que l’attaque arrive. Il lutte, il ralentit, il s’arrête. Son cerveau a appris que courir = danger. Maintenant, il panique avant même de commencer à courir. Le problème n’est plus la course, mais la peur de la panique.
Votre cerveau est une machine à apprendre. Si vous associez une sensation (cœur qui bat vite) à une catastrophe (attaque de panique), il va créer un chemin neuronal solide. La prochaine fois que vous ressentirez cette sensation, ce chemin s’activera automatiquement. C’est ce qu’on appelle un conditionnement. Et c’est là que l’hypnose peut tout changer.
Si le problème vient d’un apprentissage automatique et inconscient (votre amygdale a appris à avoir peur), la solution ne peut pas venir uniquement de la volonté ou de la raison. « Je sais que c’est idiot d’avoir peur » ne suffit pas. Il faut parler à la partie de vous qui a appris cette peur : votre système nerveux, votre inconscient.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, est particulièrement adaptée pour cela. Pourquoi ? Parce qu’elle ne cherche pas à vous endormir ou à vous faire perdre conscience. Elle cherche à créer un état de relaxation profonde et de concentration intérieure, un état de conscience modifié. Dans cet état, votre cerveau critique, cette voix qui analyse, juge et lutte, se met en retrait. Vous avez accès à des ressources inconscientes, à des souvenirs, à des émotions, avec une plus grande flexibilité.
Imaginez que votre esprit conscient est le conducteur d’une voiture, mais qu’il conduit les yeux fermés dans le brouillard. L’hypnose, c’est lui proposer de s’arrêter sur le bas-côté, de respirer, et de laisser un copilote (votre inconscient) prendre le volant sur une route qu’il connaît par cœur.
Concrètement, en séance, je ne vais pas vous dire : « Vous n’aurez plus peur ». Je vais plutôt vous aider à modifier la façon dont votre système nerveux réagit aux sensations. On va travailler sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi ». On va apprendre à votre amygdale que ces sensations (cœur qui bat vite, souffle court) ne sont pas un signal de danger, mais simplement des sensations. On va recâbler le chemin neuronal.
Je le fais en utilisant des métaphores, des suggestions, des histoires qui contournent la résistance du mental. Par exemple, je peux vous guider pour que vous imaginiez votre anxiété comme une vague. Une vague qui monte, qui atteint un pic, puis qui redescend. Vous n’avez pas à la combattre. Vous pouvez apprendre à surfer dessus. Ou je peux vous aider à « déplacer » la sensation de panique dans une autre partie de votre corps, là où elle est moins intense. Ce sont des techniques qui semblent simples, mais qui, en état d’hypnose, permettent à votre cerveau d’intégrer une nouvelle expérience.
Ce que l’hypnose fait, et ne fait pas : L'hypnose ne va pas effacer votre histoire ni vous transformer en une personne qui ne ressent rien. Elle va vous donner un outil pour faire baisser le volume de l'alarme. Elle va vous apprendre à ne plus avoir peur de votre propre corps.
L’hypnose seule est puissante, mais je la combine souvent avec deux autres approches qui changent profondément le rapport à la panique : l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle.
L’IFS, c’est l’idée que notre psyché est constituée de multiples parties, comme une famille intérieure. Vous avez une partie qui panique, une partie qui juge cette panique, une partie qui essaie de tout contrôler, une partie qui est fatiguée de lutter. Dans l’IFS, on ne cherche pas à se débarrasser de la partie qui panique. On cherche à comprendre son rôle. On se tourne vers elle avec curiosité et compassion, et non plus avec peur ou colère.
On demande à la partie panique : « Qu’est-ce que tu essaies de faire pour moi ? » et la réponse est souvent surprenante : « Je te protège. Je te garde en vie. Je t’empêche de te retrouver dans une situation où tu pourrais être submergé.e. » C’est une partie qui a un bon cœur, mais qui utilise un outil inadapté. Quand vous comprenez cela, vous n’êtes plus une victime de la panique. Vous devenez le leader compatissant de votre système intérieur. Vous pouvez remercier cette partie pour son intention, et lui montrer qu’il y a d’autres moyens de vous protéger, plus doux.
L’Intelligence Relationnelle, elle, est une grille de lecture qui m’aide à comprendre comment vos attaques de panique s’inscrivent dans votre histoire relationnelle. Parfois, la panique est liée à un besoin non satisfait dans l’enfance (de sécurité, de reconnaissance, d’appartenance). Elle est la gardienne d’une blessure ancienne. En travaillant avec l’Intelligence Relationnelle, on peut identifier les schémas répétitifs, et on peut, dans le cadre sécurisé de la séance, commencer à réparer ces liens. On peut apprendre à dire « non » à une demande qui nous submerge, ou à exprimer un besoin sans avoir peur d’être abandonné. La panique est souvent le symptôme d’une frontière personnelle qui n’a pas été respectée.
Je me souviens de Claire, qui venait pour des attaques de panique en réunion. En explorant avec l’IFS, on a découvert une partie d’elle, très jeune, qui avait appris qu’il fallait être parfaite pour être aimée. La panique arrivait quand elle sentait qu’elle allait être jugée. L’hypnose nous a permis de rassurer cette partie, de lui montrer qu’elle était en sécurité maintenant. L’Intelligence Relationnelle nous a aidé à comprendre comment elle pouvait poser des limites dans son travail sans se sentir coupable.
Je ne vais pas vous promettre que vous pouvez arrêter une attaque de panique du jour au lendemain par la seule force de votre esprit. Mais il y a une chose que vous pouvez commencer à faire tout de suite, qui va changer la donne : arrêter de lutter contre les sensations.
La prochaine fois que vous sentez les prémices d’une panique (le cœur qui s’accélère, l’estomac qui se serre), au lieu de vous dire « Non, pas ça ! », essayez une approche radicalement différente. Dites-vous, intérieurement, avec douceur : « Ah, voilà cette sensation. Elle est là. Je la sens dans ma poitrine. » Ne cherchez pas à la faire partir. Accueillez-la comme vous accueilleriez un invité un peu bruyant mais pas dangereux.
C’est ce qu’on appelle l’exposition interoceptive, combinée à la pleine conscience. Vous vous exposez volontairement à la sensation, sans la combattre. Vous lui donnez de l’espace. Votre cerveau va alors recevoir un nouveau message : « Nous avons senti la sensation, et rien de grave ne s’est produit. Le système ne s’est pas emballé. » Petit à petit, le lien entre la sensation et la catastrophe va se distendre.
Un exercice pratique : quand vous êtes chez vous, en sécurité, essayez de provoquer volontairement une sensation similaire. Par exemple, faites tourner une chaise sur elle-même pour créer un léger vertige, ou respirez très vite pendant 30 secondes pour accélérer votre cœur. Observez ce qui se passe. Remarquez que la sensation monte, puis redescend. Votre corps sait revenir au calme tout seul. Vous n’avez pas besoin de le contrôler. C’est une compétence que vous avez déjà. Il s’agit juste de lui faire confiance.
Les attaques de panique sont épuisantes. Elles vous volent votre énergie, votre spontanéité, votre joie de vivre. Mais elles ne sont pas une fatalité. Ce n’est pas une maladie incurable. C’est un signal. Un signal que votre système nerveux a besoin d’être recalibré, que votre corps a besoin de sentir qu’il est en sécurité.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles demandent un engagement de votre part. Mais elles offrent une voie concrète, douce et respectueuse pour sortir de ce cercle vicieux. Vous n’aurez pas à vous battre contre vous-même. Vous apprendrez à vous comprendre, à vous accueillir, et à faire la paix avec cette partie de vous qui a eu si peur.
Vous n’êtes pas brisé. Vous avez juste besoin d’un nouvel outil pour désamorcer une vieille alarme. Et cet outil est à votre portée.
Si ce que vous avez lu résonne avec ce que vous vivez, si vous en avez assez de vivre dans la peur de la prochaine attaque, sachez que vous n’avez pas à traverser cela seul. Je vous propose un espace où l’on ne vous jugera pas, où l’on ne vous donnera pas de leçons. Un espace où l’on prendra le temps d’écouter votre histoire, vos sensations, et où l’on construira ensemble, pas à pas, une nouvelle façon d’habiter votre corps et votre vie.
Vous pouvez simplement me contacter pour que l’on se parle. Juste pour voir. Il n’y a aucun engagement, juste la possibilité d’un premier pas.
Thierry Sudan, praticien à Saintes.
Article écrit par Thierry Sudan, praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle, accompagnant les adultes en souffrance à Saintes depuis 2014, et préparateur mental pour sportifs.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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