HypnoseEmotions Et Stress

Pourquoi votre corps a mal quand votre esprit est anxieux

Lien entre tension corporelle et anxiété, et solutions par l'hypnose.

TSThierry Sudan
23 avril 202613 min de lecture

Vous êtes venu me voir un jour avec cette douleur tenace dans le dos. « Je ne comprends pas, vous m’avez dit. J’ai changé de matelas, je fais des étirements, j’ai vu un ostéopathe. Rien n’y fait. » Et pendant que vous me parliez, j’ai vu vos épaules remonter vers vos oreilles, votre mâchoire se serrer, votre souffle devenir court. Votre dos n’était pas le problème. Il était juste le messager de quelque chose de plus profond. Votre corps vous parlait de votre anxiété, et vous n’écoutiez pas encore.

Je m’appelle Thierry Sudan. Je suis praticien à Saintes depuis 2014, et je vois ce scénario presque chaque semaine. Un coureur qui a mal au genou gauche alors que son bilan biomécanique est parfait. Une femme qui souffre de migraines chroniques depuis son divorce. Un footballeur dont les ischio-jambiers se bloquent systématiquement avant un match important. Dans tous ces cas, il y a un point commun : l’esprit est anxieux, et le corps prend le coup. Pas par hasard, pas par faiblesse, mais par un mécanisme biologique que nous allons décortiquer ensemble.

Votre cerveau n’a pas de bouton « off » pour l’anxiété

Commençons par l’essentiel : votre cerveau ne fait pas la différence entre une menace réelle et une menace imaginée. Quand vous étiez dans la savane il y a cinquante mille ans et qu’un tigre sortait des buissons, votre système nerveux activait une réaction de survie : le cœur accélère, les pupilles se dilatent, le sang afflue vers les muscles, la digestion se met en pause, et les muscles se tendent pour être prêts à fuir ou à combattre. Ce mécanisme s’appelle la réponse de stress, et il est parfait pour sauver votre vie face à un prédateur.

Aujourd’hui, vous n’avez plus de tigre dans votre salon. Mais votre cerveau active la même réponse quand vous recevez un mail agressif de votre patron, quand vous pensez à l’entretien annuel dans trois semaines, ou quand vous vous inquiétez pour la santé de vos enfants. La différence, c’est que vous ne pouvez ni fuir ni combattre ce mail. Vous restez assis, immobile, avec votre corps en état d’alerte maximale. Et cette tension ne se relâche pas. Elle s’accumule.

Voici ce qui se passe concrètement. Quand votre système nerveux sympathique s’active, il libère du cortisol et de l’adrénaline. Ces hormones préparent vos muscles à l’effort. Vos trapèzes se contractent pour protéger votre cou. Vos mâchoires se serrent. Vos lombaires se verrouillent. Votre diaphragme se bloque, et votre respiration devient haute, thoracique, rapide. Si cette activation dure quelques minutes, puis se dissipe, tout va bien. Mais si elle dure des heures, des jours, des semaines, vos muscles finissent par s’épuiser. Ils ne peuvent pas rester contractés indéfiniment sans souffrir.

Le corps ne ment jamais. Quand votre esprit refuse de regarder une peur, vos muscles la portent pour vous.

J’ai accompagné un joueur de foot qui avait des crampes systématiques aux mollets à la 60e minute de chaque match. Il avait fait tous les bilans médicaux possibles : rien. En séance, nous avons exploré ce qui se passait dans sa tête à ce moment précis du match. Il s’est souvenu qu’à la 60e minute, il commençait à craindre de faire une erreur décisive. Cette peur activait son système nerveux, qui envoyait l’ordre à ses mollets de se préparer à fuir. Résultat : muscles verrouillés, crampes. Son anxiété avait trouvé un chemin corporel.

Comment l’anxiété choisit-elle l’endroit où frapper ?

Vous avez peut-être remarqué que votre stress a une zone préférée. Pour certains, c’est la nuque. Pour d’autres, le ventre, les épaules, ou la mâchoire. Pourquoi ? Plusieurs facteurs entrent en jeu.

Le premier, c’est votre histoire personnelle. Si vous avez été blessé au dos lors d’un accident de voiture il y a dix ans, votre cerveau a associé la zone lombaire à un danger. Aujourd’hui, quand vous êtes anxieux, cette zone se tend en premier, comme un réflexe de protection. Le corps garde la mémoire des événements, même si votre esprit conscient les a oubliés.

Le deuxième facteur, c’est votre posture habituelle. Une personne qui passe huit heures par jour voûtée devant un écran a déjà des muscles raccourcis et faibles. Ajoutez un peu d’anxiété, et ces muscles déjà sous tension deviennent douloureux beaucoup plus vite. C’est un cercle vicieux : la douleur augmente l’anxiété, qui augmente la tension, qui augmente la douleur.

Le troisième facteur, c’est la fonction symbolique de la zone. Je vois souvent des patients avec des douleurs à l’épaule droite. Quand on creuse, ils portent souvent une charge mentale liée à une responsabilité familiale ou professionnelle. « J’ai l’impression de porter le monde sur mes épaules », disent-ils. Leur corps a pris cette métaphore au pied de la lettre. L’épaule devient le réceptacle de ce qu’ils ne parviennent pas à poser dans leur esprit.

Une femme est venue me voir avec des douleurs à la mâchoire qui l’empêchaient de manger certains aliments. Le dentiste avait parlé de bruxisme, mais le protège-dents n’avait rien changé. En séance, elle a réalisé qu’elle serrait la mâchoire chaque fois qu’elle s’interdisait de dire ce qu’elle pensait. Son corps serrait ce que sa bouche ne pouvait pas exprimer. La douleur n’était pas un problème dentaire. C’était un cri silencieux.

Le piège de la douleur qui fait oublier l’anxiété

Il y a une raison sournoise pour laquelle votre corps choisit la douleur plutôt que l’anxiété. La douleur est concrète. On peut la localiser, la mesurer, la montrer au médecin. On peut prendre un médicament pour elle. On peut la comprendre. L’anxiété, en revanche, est diffuse, vague, invisible. Elle fait peur parce qu’on ne peut pas la toucher. Alors, votre cerveau préfère la transformer en douleur physique. C’est plus facile à gérer, en apparence.

Je reçois régulièrement des patients qui me disent : « Je ne suis pas anxieux. Je dors bien. Je gère. Mais j’ai ce mal de dos qui ne part pas. » Et au fil des séances, ils découvrent qu’ils ont appris à ne pas écouter leur anxiété. Ils l’ont enfouie sous le travail, les enfants, les loisirs, l’alcool, le sport. Mais le corps, lui, continue de compter les points. Il n’oublie rien.

Prenons un exemple concret. Vous avez une présentation importante dans une semaine. Vous ne vous sentez pas spécialement stressé. Vous préparez vos slides, vous répétez, tout va bien. Mais le matin de la présentation, vous vous réveillez avec un torticolis. Le corps a pris le relais de l’esprit. Il a exprimé la tension que vous refusiez de ressentir consciemment. C’est une forme de protection, mais elle est maladroite. Elle vous handicape au lieu de vous aider.

Parfois, la douleur n’est pas un ennemi à combattre, mais un messager à écouter. Le problème, c’est qu’on tire souvent sur le messager.

Le danger, c’est que plus vous ignorez l’anxiété, plus le corps doit hausser le volume. Une tension légère devient une douleur modérée, puis une douleur chronique, puis une invalidité. Et à chaque étape, l’anxiété augmente parce que vous vous inquiétez de la douleur. Le cercle vicieux s’installe. C’est pourquoi traiter uniquement la douleur avec des anti-inflammatoires ou des séances de kiné sans toucher à l’anxiété sous-jacente revient à vider l’eau d’un bateau qui a une voie d’eau. Vous pouvez écoper toute la journée, l’eau reviendra.

Pourquoi les médicaments et les étirements ne suffisent pas

Je ne suis pas contre la médecine conventionnelle. Loin de là. Les anti-inflammatoires ont leur place. Les séances d’ostéopathie sont précieuses. Les étirements sont bénéfiques. Mais ils traitent le symptôme, pas la cause. Votre muscle est tendu parce que votre système nerveux lui envoie l’ordre de se contracter en permanence. Tant que l’ordre persiste, le muscle restera tendu, quel que soit le nombre de fois où vous l’étirez.

C’est comme si vous aviez un robinet qui fuit, et que vous passiez votre temps à éponger le sol sans jamais fermer le robinet. Vous pouvez avoir la meilleure serpillière du monde, le sol restera mouillé. La cause, c’est l’anxiété qui active votre système nerveux sympathique. La solution, c’est de réapprendre à votre système nerveux à revenir à un état de calme, à activer le système parasympathique, celui de la détente et de la récupération.

J’ai vu des patients dépenser des fortunes en séances de massage et en compléments alimentaires sans aucun résultat durable. Parce que le problème n’était pas musculaire. Il était nerveux. Le muscle n’était que la victime collatérale d’un système d’alarme resté allumé trop longtemps.

L’autre limite des approches purement physiques, c’est qu’elles ne vous apprennent pas à reconnaître les signaux précoces de votre anxiété. Vous attendez d’avoir mal pour agir. À ce stade, le mal est déjà fait. L’idéal serait de détecter la tension avant qu’elle ne devienne douleur. Mais pour ça, il faut une conscience corporelle que la plupart d’entre nous avons perdue. Nous vivons dans notre tête, dans nos pensées, dans nos écrans. Notre corps, on l’oublie jusqu’à ce qu’il crie.

L’hypnose pour calmer le corps et l’esprit en même temps

C’est là que l’hypnose ericksonienne entre en jeu. Je ne parle pas de l’hypnose de spectacle où vous perdez le contrôle et faites le poulet. L’hypnose que je pratique est un état de conscience modifié, parfaitement naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour sans le savoir. Quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur autoroute et que vous ne vous souvenez plus des dix derniers kilomètres, quand vous rêvassez sous la douche. C’est cela, l’état hypnotique.

Dans cet état, votre esprit critique s’apaise. Votre cerveau devient plus réceptif aux suggestions qui viennent de l’intérieur. Et surtout, votre système nerveux peut enfin basculer du mode « alerte » au mode « repos ». C’est un peu comme si vous donniez à votre corps la permission de lâcher prise, une permission que votre esprit conscient refuse souvent de lui accorder.

Concrètement, en séance, je vais vous guider vers cet état de relaxation profonde. Puis, nous allons travailler avec votre inconscient pour qu’il comprenne que la menace n’est plus là, que vous pouvez relâcher la garde. Nous allons désactiver le réflexe de tension automatique que votre corps a appris. Ce n’est pas magique. C’est un réapprentissage. Votre cerveau a appris à associer telle pensée à telle tension musculaire. Il peut apprendre à les dissocier.

L’hypnose ne vous enlève pas votre anxiété. Elle vous donne les clés pour que votre corps n’ait plus à la porter à votre place.

Prenons l’exemple d’un coureur que j’ai suivi. Il avait des douleurs au psoas, ce muscle profond qui relie le tronc aux jambes. À chaque sortie de plus de 45 minutes, la douleur apparaissait. En hypnose, nous avons exploré ce qui se passait dans sa tête à ce moment-là. Il s’est rendu compte qu’à partir de 45 minutes, il commençait à s’ennuyer, puis à s’inquiéter de ne pas tenir la distance, puis à se juger. Cette cascade de pensées déclenchait une tension dans le psoas, qui est justement le muscle de la fuite et de la peur. Nous avons travaillé à remplacer ce déclencheur par une ancre de calme : une sensation, une image, un mot. En quelques séances, la douleur a disparu. Non pas parce que le psoas avait changé, mais parce que le dialogue entre son esprit et son corps avait changé.

Ce que vous pouvez faire maintenant, avant de prendre rendez-vous

Je ne vais pas vous promettre que l’hypnose va tout résoudre en une séance. Ce n’est pas sérieux. Mais il y a des choses que vous pouvez commencer à faire dès aujourd’hui pour briser le cercle vicieux entre votre anxiété et votre douleur.

La première, c’est d’arrêter de considérer votre douleur comme une ennemie. Au lieu de vouloir la faire taire à tout prix, demandez-lui ce qu’elle a à vous dire. Posez-vous cette question : « Si cette douleur avait un message pour moi, quel serait-il ? » Ne cherchez pas une réponse intellectuelle. Laissez venir une image, une sensation, un mot. Votre corps est intelligent. Il répond si vous l’écoutez vraiment.

La deuxième, c’est de respirer. Pas une respiration forcée, mais une respiration qui descend dans le ventre. Posez une main sur votre ventre, l’autre sur votre poitrine. Inspirez par le nez en gonflant le ventre comme un ballon. Expirez lentement par la bouche en laissant le ventre se dégonfler. Faites cela trois minutes, trois fois par jour. Cela active votre nerf vague, le grand chef d’orchestre de votre système parasympathique. C’est le bouton « off » naturel de votre stress.

La troisième, c’est de bouger, mais pas n’importe comment. Pas un sport violent qui va encore plus activer votre système sympathique. Plutôt une marche lente, du yoga doux, des étirements en conscience. L’idée est de renouer avec les sensations de votre corps sans le juger. Sentez vos pieds sur le sol, le balancement de vos bras, l’air sur votre peau. Vous réapprenez à votre cerveau que le corps peut être une source de plaisir, pas seulement de douleur.

La quatrième, c’est d’identifier vos déclencheurs. Prenez un carnet. Notez les moments où votre douleur est plus forte. Que se passait-il juste avant ? Une pensée, une personne, un lieu, une heure de la journée ? Vous verrez apparaître des motifs. Peut-être que votre nuque se bloque chaque fois que vous consultez vos emails le soir. Peut-être que votre ventre se serre avant les réunions d’équipe. Ces motifs sont des indices précieux. Ils vous montrent où votre anxiété se cache.

Le chemin vers une relation apaisée avec votre corps

Si vous lisez ces lignes, il y a des chances que vous ayez déjà tout essayé. Les médecins, les examens, les traitements. Et vous êtes peut-être fatigué, découragé, un peu en colère. Je comprends. Beaucoup de mes patients arrivent dans cet état. Ils ont l’impression que leur corps les trahit, qu’il est devenu un adversaire.

Mais ce n’est pas ça. Votre corps ne vous trahit pas. Il essaie de vous protéger, avec les moyens qu’il a. Il a juste mal interprété la situation. Il a cru qu’il y avait un danger là où il n’y en avait pas. Mon travail, avec l’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle, c’est de vous aider à renégocier ce contrat avec votre corps. À lui apprendre que vous êtes en sécurité, même quand votre esprit s’inquiète. À faire baisser le volume de l’alarme.

Ce n’est pas un parcours linéaire. Il y aura des hauts et des bas. Mais à chaque séance, vous gagnez un peu plus de liberté. Vous apprenez à reconnaître les signaux faibles de votre anxiété avant qu’ils ne deviennent des douleurs. Vous retrouvez une capacité à vous détendre que vous pensiez avoir perdue. Et surtout, vous arrêtez de vous battre contre votre corps. Vous commencez à marcher avec lui.

Je vous reçois à Saintes, dans mon cabinet, pour un premier rendez-vous sans engagement. On prend le temps de parler de vous,

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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