3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Un chemin clair et progressif pour reprendre le contrôle de vos émotions.
Vous les reconnaissez peut-être, ces journées qui commencent par une boule au ventre avant même d’avoir ouvert les yeux. Ce sentiment diffus, cette tension qui s’installe dès le réveil et ne vous quitte plus. Pour certains de mes patients, c’est une sensation d’oppression constante, comme si un poids invisible pesait sur leur poitrine. Pour d’autres, ce sont des pensées qui tournent en boucle, une anticipation anxieuse de tout ce qui pourrait mal tourner. L’anxiété chronique, ce n’est pas une simple inquiétude passagère. C’est un mode de fonctionnement qui s’est installé en vous, une habitude émotionnelle que vous avez apprise, souvent sans même vous en rendre compte. La bonne nouvelle, c’est que ce qui s’est appris peut se désapprendre. Pas en une nuit, pas par magie, mais par un chemin structuré, progressif, et surtout réalisable. Je vous propose ici un protocole en quatre étapes, un cadre que j’utilise et affine depuis mon installation à Saintes en 2014. Il combine des outils d’hypnose ericksonienne, de l’IFS (Internal Family Systems) et de l’Intelligence Relationnelle. L’objectif n’est pas d’éliminer toute anxiété – elle a une fonction utile – mais de passer d’un état chronique où elle vous domine à une sérénité intérieure où vous la gérez.
Avant d’entrer dans le protocole, comprenons ensemble ce qui se joue. L’anxiété chronique n’est pas un défaut de caractère ni une faiblesse. C’est un système d’alarme qui s’est déréglé. Imaginez un détecteur de fumée hypersensible : il se déclenche pour une simple vapeur de cuisson, vous inondant de stress inutile. Votre cerveau, en particulier l’amygdale cérébrale, fait la même chose. Il a appris, à force de répétitions, à percevoir le danger partout. Chaque fois que vous avez vécu une situation stressante – un examen, un conflit, une perte – votre cerveau a enregistré cette expérience comme une menace. Et plus il a répété ce schéma, plus le chemin neuronal s’est renforcé, comme un sentier dans une forêt que l’on emprunte tous les jours.
Ce que j’observe souvent chez mes patients, c’est que cette anxiété a commencé par un événement déclencheur, puis s’est généralisée. Un patient, appelons-le Marc, coureur amateur, est venu me voir parce qu’il ne pouvait plus dormir avant ses compétitions. Au début, c’était une simple nervosité. Puis, à force de s’inquiéter de ne pas bien dormir, il a commencé à angoisser dès le mercredi pour une course le dimanche. Son cerveau avait fait une association : « course = insomnie = échec ». Le système d’alarme s’était emballé. C’est là que l’hypnose ericksonienne est puissante : elle permet de contourner ce cortex analytique qui répète les mêmes pensées anxieuses, pour accéder directement aux parties plus profondes du cerveau, là où les habitudes s’ancrent. Mais l’hypnose seule ne suffit pas toujours. Il faut aussi comprendre les « parties » de vous qui génèrent cette anxiété, et c’est là que l’IFS entre en jeu.
Point clé : L’anxiété chronique n’est pas un ennemi à éliminer, mais un signal d’alarme mal réglé. Vous pouvez le recalibrer.
La première étape paraît contre-intuitive. Quand vous êtes en pleine crise d’anxiété, votre instinct vous pousse à la combattre, à la fuir, à la supprimer. Vous vous dites : « Arrête ça, c’est idiot, calme-toi ! » Ce faisant, vous ajoutez une couche de jugement sur l’anxiété elle-même. Vous créez une anxiété secondaire : la peur d’avoir peur. C’est un cercle vicieux. L’approche que je propose ici, inspirée de l’Intelligence Relationnelle et de l’IFS, est radicalement différente : vous allez apprendre à accueillir l’anxiété comme une partie de vous, pas comme votre identité entière.
Dans mon cabinet, je guide souvent les personnes vers une simple observation. Voici comment vous pouvez le faire maintenant. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux si vous le souhaitez, et portez votre attention sur votre respiration. Ne la modifiez pas, observez-la. Puis, déplacez doucement votre attention sur la sensation d’anxiété dans votre corps. Où est-elle ? Dans la poitrine ? Le ventre ? La gorge ? Quelle est sa texture ? Est-ce une boule, une vibration, une chaleur ? Ne cherchez pas à la faire disparaître. Restez avec elle, comme vous regarderiez un nuage passer dans le ciel. Vous n’êtes pas le nuage, vous êtes le ciel. Cette distinction est fondamentale.
Je me souviens d’une patiente, Sophie, cadre dans une entreprise locale. Elle décrivait son anxiété comme une « marée noire » qui envahissait tout. En séance, nous avons passé les premières minutes à simplement nommer cette sensation : « Il y a une marée noire. » Pas « Je suis une marée noire », mais « Il y a une marée noire. » Ce simple déplacement de langage crée un espace. En IFS, on appelle cela la « différenciation » : vous prenez conscience que vous avez une partie anxieuse, mais vous n’êtes pas cette partie. Vous êtes le Self, la conscience calme et présente qui peut observer cette partie. Avec l’hypnose ericksonienne, on peut renforcer cette posture par des métaphores. Par exemple, je peux suggérer que cette anxiété est comme un fleuve agité. Vous êtes sur la berge, vous regardez l’eau passer. Vous n’êtes pas dans le courant. Vous pouvez être présent à ce qui est, sans être emporté.
Cette première étape n’est pas une solution miracle. Vous n’allez pas passer de l’anxiété à la sérénité en dix secondes. Mais vous plantez une graine. Vous apprenez à votre cerveau que l’anxiété n’est pas une menace en soi. Elle est une expérience, et vous pouvez l’observer. C’est le début de la désactivation du système d’alarme. Entraînez-vous chaque jour, cinq minutes. Asseyez-vous, observez la sensation, sans jugement, sans vouloir la changer. Petit à petit, vous verrez que l’intensité diminue, non pas parce que vous l’avez combattue, mais parce que vous avez cessé de l’alimenter par la résistance.
Une fois que vous avez appris à observer l’anxiété sans la combattre, vous pouvez passer à l’étape suivante : comprendre qui, en vous, génère cette anxiété. L’IFS, ou Internal Family Systems, propose une idée révolutionnaire : votre esprit n’est pas un bloc monolithique, mais une famille de parties, chacune avec son propre rôle, ses croyances et ses émotions. Il y a des parties protectrices et des parties exilées. Les protectrices sont celles qui font de leur mieux pour vous éviter la souffrance. Elles utilisent souvent l’anxiété pour vous alerter, vous contrôler, vous pousser à la performance. Mais elles le font avec des stratégies parfois épuisantes.
Prenons un exemple. Un footballeur que j’accompagne, Thomas, ressentait une anxiété paralysante avant chaque match. En creusant, nous avons découvert une partie en lui, très active, que nous avons appelée « le préparateur ». Cette partie lui disait : « Si tu n’es pas anxieux, tu ne seras pas prêt, tu vas échouer. » Elle croyait dur comme fer que l’anxiété était nécessaire à la performance. En réalité, cette partie le protégeait d’une peur plus profonde : celle d’être jugé incompétent par son entraîneur et ses coéquipiers. Une fois que Thomas a pu dialoguer avec cette partie, non pas en la combattant, mais en la remerciant pour son intention protectrice, l’anxiété a commencé à se dissiper.
Comment faire cela seul ? Après avoir observé la sensation d’anxiété (étape 1), posez-vous ces questions à voix haute ou dans votre tête : « Quelle partie de moi est là en ce moment ? Que cherche-t-elle à protéger ? Que croit-elle qu’il arriverait si elle cessait de m’alerter ? » Écoutez la réponse, même si elle semble irrationnelle. Vous découvrirez souvent une peur plus ancienne : celle de l’échec, du rejet, de l’abandon. L’hypnose ericksonienne peut faciliter ce dialogue en créant un espace de sécurité intérieure. Par exemple, je peux suggérer une « salle de réunion intérieure » où vous pouvez inviter ces parties à s’asseoir, à s’exprimer. L’idée n’est pas de les faire taire, mais de les comprendre. Quand une protectrice se sent entendue, elle peut baisser sa garde. C’est un moment clé : l’anxiété, qui semblait si envahissante, devient la voix d’une partie de vous qui a besoin de reconnaissance, pas de combat.
Cette étape demande du temps et de la pratique. Ne vous attendez pas à tout résoudre en une seule introspection. Mais chaque dialogue renforce une nouvelle relation avec vous-même, une relation basée sur la curiosité plutôt que sur la critique.
Les deux premières étapes vous ont permis de calmer le jeu et de comprendre les acteurs. La troisième étape est plus profonde : il s’agit de modifier les croyances qui alimentent l’anxiété chronique. Ces croyances sont souvent anciennes, parfois héritées de l’enfance, et elles fonctionnent en arrière-plan comme des programmes automatiques. « Je ne suis pas assez compétent », « Il faut que je contrôle tout pour être en sécurité », « Si je montre ma vulnérabilité, je serai rejeté ». Ces phrases, vous ne les dites pas forcément à voix haute, mais elles dictent vos réactions émotionnelles.
L’hypnose ericksonienne est particulièrement adaptée pour ce travail. Pourquoi ? Parce qu’elle s’adresse à l’inconscient, cette partie de votre esprit qui gère les habitudes et les croyances automatiques. En état d’hypnose léger, vous êtes dans un état de réceptivité accrue, où les suggestions peuvent contourner les résistances du cortex critique. Je ne vais pas vous dire « arrêtez d’être anxieux », cela ne marche pas. Je vais plutôt utiliser des métaphores et des suggestions indirectes pour créer de nouvelles associations.
Prenons un exemple concret. Une patiente, Anne, avait une croyance tenace : « Je dois toujours être parfaite, sinon je suis nulle. » Cette croyance la maintenait dans une anxiété constante au travail. En séance d’hypnose, je lui ai raconté l’histoire d’un jardinier qui plantait des graines. Certaines poussaient vite, d’autres prenaient du temps. Le jardinier ne jugeait pas les graines, il leur donnait juste les conditions pour grandir. Anne a intégré cette métaphore comme une nouvelle possibilité : elle pouvait se donner le droit d’apprendre, d’être imparfaite, sans que cela définisse sa valeur. Progressivement, son anxiété de performance a diminué.
Vous pouvez commencer ce travail seul en utilisant des enregistrements d’hypnose ou en pratiquant l’autohypnose. Le principe est simple : installez-vous dans un état de relaxation, puis répétez une nouvelle croyance que vous souhaitez ancrer. Par exemple : « Je suis capable de gérer les imprévus avec calme », ou « Ma valeur ne dépend pas de mon perfectionnisme ». Mais attention : l’hypnose n’est pas un bouton on/off. Les changements se font souvent en douceur, sur plusieurs semaines. Vous remarquerez peut-être que, dans une situation autrefois anxiogène, vous réagissez avec un peu plus de recul, un peu moins de panique. C’est le signe que la restructuration opère. L’intelligence relationnelle intervient ici aussi : en comprenant comment vos interactions avec les autres renforcent ces croyances, vous pouvez choisir de nouvelles réponses. Par exemple, si vous croyez que vous devez tout contrôler, vous pouvez apprendre à déléguer et à faire confiance, ce qui désamorce l’anxiété.
Point clé : L’hypnose ne vous change pas en une autre personne. Elle vous aide à retirer les couches de conditionnement pour retrouver votre sérénité naturelle.
Les trois premières étapes installent un nouveau paysage intérieur. Mais pour que la sérénité devienne une habitude durable, il faut l’ancrer dans votre quotidien. L’anxiété chronique s’est construite par des répétitions quotidiennes – des pensées, des comportements, des réactions. La sérénité doit s’installer de la même manière : par des rituels simples et réguliers. C’est l’étape la plus pratique, celle où vous passez de la théorie à l’action.
Voici quelques rituels que je recommande à mes patients, qu’ils soient sportifs, cadres ou artistes. Le premier, c’est le « moment de transition ». Quand vous rentrez du travail, ou après une situation stressante, prenez deux minutes pour vous poser. Mettez une main sur votre cœur, l’autre sur votre ventre. Respirez profondément trois fois. Puis dites-vous intérieurement : « Je laisse partir cette tension. Je choisis la sérénité maintenant. » Ce geste simple signale à votre système nerveux que le danger est passé. Vous pouvez le faire avant une réunion, un match, ou le soir avant de dormir.
Deuxième rituel : le journal de gratitude ou d’observation. Chaque soir, notez trois choses qui se sont bien passées, même toutes petites. Cela force votre cerveau à chercher le positif, contrebalançant le biais négatif de l’anxiété. Une patiente, professeure, m’a dit que ce simple exercice avait changé sa perception de sa journée. Au lieu de ruminer sur une remarque désagréable d’un élève, elle se souvenait aussi du sourire d’un autre. C’est un entraînement mental.
Troisième rituel : l’ancrage corporel. L’anxiété chronique est souvent accompagnée de tensions physiques : épaules remontées, mâchoire serrée, respiration courte. Prenez l’habitude, plusieurs fois par jour, de scanner votre corps. Relâchez vos épaules, desserrez la mâchoire, expirez longuement. Vous pouvez associer ce geste à un déclencheur quotidien, comme le fait de boire un verre d’eau ou d’ouvrir une porte. En quelques semaines, ce réflexe deviendra automatique.
Enfin, pour les sportifs que j’accompagne, j’ajoute un rituel de visualisation. Avant une compétition, au lieu de laisser l’anxiété anticiper l’échec, vous pouvez visualiser la réussite sereine. Vous vous voyez calme, concentré, performant. Vous ressentez la confiance dans votre corps. Cette visualisation, répétée quotidiennement, reprogramme votre cerveau à associer l’événement à la sérénité plutôt qu’à la peur.
L’intégration est la clé. Un seul rituel, fait tous les jours pendant trois semaines, aura plus d’impact que dix rituels faits sporadiquement. Choisissez celui qui vous parle le plus, et engagez-vous. Vous pouvez même noter votre progression dans un carnet. La sérénité n’est pas un état permanent, mais une capacité que vous cultivez. Comme un muscle, elle se renforce avec l’entraînement.
J’aimerais être honnête avec vous. Ce protocole en quatre étapes n’est pas une baguette magique. Il ne fera pas disparaître l’anxiété du jour au lendemain. Il y aura encore des moments difficiles, des réveils oppressants, des crises imprévues. Mais ce qui change, c’est votre relation à l’anxiété. Vous n’êtes plus une victime impuissante. Vous devenez un observateur, un explorateur, un jardinier de votre monde intérieur
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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