3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Récit inspirant d'une personne ayant surmonté son anxiété généralisée.
Sandrine avait 34 ans quand elle a poussé la porte de mon cabinet, un mardi matin de novembre. Elle s’est assise en bord de chaise, les épaules remontées jusqu’aux oreilles, le souffle court. « Je n’en peux plus, Thierry. Je passe mes journées à avoir peur de tout. Peur de conduire, peur de parler à mes collègues, peur que mon mari m’aime moins, peur de tomber malade. Et le pire, c’est que je ne sais même plus de quoi j’ai peur. » Elle a marqué une pause, a tenté une inspiration profonde qui s’est brisée en chemin. « C’est comme si j’avais oublié comment respirer sans que ça me serre la poitrine. »
Son histoire, je l’ai entendue des dizaines de fois, avec des variantes. Des cadres qui n’arrivent plus à dormir la veille d’une réunion. Des mères de famille qui anticipent le drame à chaque sortie d’école. Des sportifs qui bloquent au moment de franchir la ligne. L’anxiété généralisée, ce n’est pas une simple inquiétude passagère. C’est un bruit de fond permanent, un métronome de la peur qui bat plus fort à chaque instant. Et au cœur de ce tumulte, il y a toujours une respiration qui ne passe plus. Ce témoignage, c’est celui de Sandrine. Il raconte comment elle a appris, avec l’hypnose, à retrouver un souffle libre, et comment cet apprentissage a changé sa vie. Mais je vais vous prévenir tout de suite : ce n’est pas une histoire de baguette magique. C’est une histoire de rééducation, de patience et de petits pas concrets.
Sandrine ne savait pas que son corps était en état d’alerte permanent. Elle pensait que c’était normal de se réveiller avec la mâchoire serrée, de ressentir une boule dans le ventre dès qu’elle ouvrait les yeux. Pendant des années, elle a mis ça sur le compte du stress, des enfants, du travail. « C’est comme ça, je suis stressée de nature », me disait-elle. Mais son corps, lui, n’était pas d’accord. Il fonctionnait en mode survie 24 heures sur 24.
Le mécanisme est simple, je vais vous l’expliquer sans jargon. Quand vous êtes en danger – un vrai danger, comme une voiture qui fonce sur vous – votre système nerveux active le fameux « fight or flight » : la réponse combat ou fuite. Votre cœur s’accélère, vos muscles se tendent, votre respiration devient rapide et superficielle. C’est utile pour courir ou se battre. Le problème, avec l’anxiété généralisée, c’est que ce système reste allumé en l’absence de danger réel. Votre cerveau interprète une réunion banale, un mail de votre chef ou même une pensée vague comme une menace. Et votre corps suit : poumons qui se bloquent, diaphragme qui se verrouille, inspiration qui reste en haut de la cage thoracique.
Sandrine respirait comme ça depuis des années : des petites goulées d’air, hautes, rapides, sans jamais descendre dans le ventre. Résultat ? Son sang était en légère hyperventilation chronique, ce qui maintenait un état d’alerte. Moins elle respirait profondément, plus son cerveau se disait qu’il y avait une menace. Et plus il y avait une menace, moins elle respirait profondément. Un cercle vicieux parfait, qui la tenait prisonnière.
« Le pire », m’a-t-elle confié lors de notre deuxième séance, « c’est que quand on me dit de respirer, ça empire. Je me concentre, je force, et là je sens que l’air ne passe pas. C’est comme si quelqu’un serrait un étau autour de mes côtes. » Ce sentiment, je l’entends tout le temps. Parce que la respiration sous anxiété, ce n’est pas un muscle que vous pouvez commander par la volonté. C’est un réflexe qui est devenu dysfonctionnel. Et quand on essaie de le forcer à coups de « inspire, expire, allez, calme-toi », on ajoute de la tension sur de la tension.
« Quand on me disait de respirer, j’avais l’impression qu’on me demandait de voler. C’était un mouvement que je ne maîtrisais plus. »
Ce blocage, il n’est pas dans les poumons. Il est dans le système nerveux. Et c’est là que l’hypnose entre en jeu, non pas comme une technique de relaxation, mais comme un outil pour réinitialiser le dialogue entre le corps et le cerveau.
Quand j’ai proposé l’hypnose à Sandrine, elle a eu la même réaction que beaucoup : « Je vais perdre le contrôle ? » C’est une peur légitime, et je la prends toujours au sérieux. L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec un spectacle de foire. Ce n’est pas un sommeil, ni un état de soumission. C’est un état de conscience modifié, hyper focalisé, où vous êtes plus présent à vous-même que jamais. Vous entendez tout, vous choisissez tout, vous pouvez sortir à tout moment. Mais dans cet état, votre critique intérieur – cette petite voix qui juge, analyse et contrôle – se met en sourdine. Et c’est là que le corps peut enfin parler.
Avec Sandrine, je n’ai pas commencé par la respiration. J’ai commencé par la sécurité. Parce que tant que son système nerveux se sentait menacé, toute tentative de « se détendre » serait vécue comme une attaque. Je lui ai proposé un exercice simple : imaginer un endroit où elle se sentait totalement en sécurité. Pas un endroit parfait, pas un paysage de carte postale, juste un lieu où elle pouvait poser sa vigilance. Pour elle, c’était un petit coin de jardin, le matin, quand personne n’était encore levé.
Sous hypnose, je l’ai guidée pour qu’elle installe cet endroit en elle, avec tous ses sens. La texture de l’herbe sous ses pieds, l’odeur de la rosée, la lumière douce du petit matin. Et à partir de ce point d’ancrage sécurisé, j’ai doucement attiré son attention sur sa respiration. Pas pour la modifier, juste pour l’observer. « Tu n’as rien à faire, Sandrine. Tu laisses l’air venir, tu laisses l’air partir. Tu es juste témoin. »
C’est là que la magie opère, mais une magie très concrète. Quand le système nerveux se sent en sécurité, il n’a plus besoin de maintenir l’alerte. La respiration, sans qu’on la force, commence à s’allonger, à descendre. Le diaphragme se déverrouille. L’air trouve son chemin tout seul.
Sandrine a vécu ça comme une révélation. « Je n’ai pas eu à faire d’effort, m’a-t-elle dit après la séance. C’est comme si mon corps avait soudainement accepté de respirer. Pendant des années, je croyais que c’était ma faute, que je n’étais pas capable de me calmer. En fait, je n’avais jamais donné à mon corps la permission de le faire. »
Ce n’était qu’une première étape. Mais elle était fondamentale. Parce que Sandrine venait de vivre une expérience directe : la respiration apaisée n’était pas un exploit de volonté, mais un état naturel qui redevient accessible quand on lâche la peur. L’hypnose ne lui avait pas appris une technique, elle lui avait offert une expérience. Et c’est cette expérience qui allait devenir son nouveau point de référence.
Le travail ne s’est pas arrêté à cette première séance. Sandrine est revenue six fois, espacées d’une à deux semaines. Chaque fois, nous avons approfondi un aspect différent du lien entre son anxiété et sa respiration.
Lors de la deuxième séance, nous avons exploré ce que j’appelle les « portes d’entrée » de l’anxiété. Sous hypnose, je l’ai invitée à repérer où, dans son corps, la peur s’installait en premier. Pour elle, c’était la gorge : une sensation de serrement, comme une main invisible qui comprimait sa trachée. Ensuite, ça descendait dans la poitrine, puis le ventre. « C’est comme si la peur grimpait un escalier », m’a-t-elle dit. Nous avons alors travaillé à inverser le sens de cette escalade. En l’amenant à porter son attention sur son ventre, puis à remonter doucement vers la poitrine, nous avons créé un chemin inverse : celui du calme qui monte plutôt que de la peur qui descend.
La troisième séance a été consacrée à ce que j’appelle la « respiration narrative ». Sandrine avait tendance à associer sa respiration à des histoires catastrophiques : « Si je respire mal, je vais faire une crise d’angoisse », « Si je ne contrôle pas mon souffle, je vais m’effondrer ». Sous hypnose, nous avons déconstruit ces scénarios. Je lui ai proposé de visualiser sa respiration comme une rivière, tantôt calme, tantôt agitée, mais jamais dangereuse. Une rivière ne peut pas déborder si on ne la juge pas. Peu à peu, elle a appris à observer son souffle sans le charger de sens dramatique.
À la quatrième séance, Sandrine m’a dit quelque chose de frappant : « Hier, j’ai senti l’angoisse monter dans le supermarché. Et au lieu de paniquer, j’ai juste regardé mon souffle. Il était court, rapide. Je me suis dit : “OK, c’est comme ça aujourd’hui.” Et bizarrement, ça s’est calmé tout seul. » C’est le paradoxe de la respiration sous anxiété : plus on essaie de la contrôler, plus elle résiste. Plus on l’accepte telle qu’elle est, plus elle se libère.
« J’ai arrêté de lutter contre ma respiration. Je l’ai laissée être imparfaite. Et c’est là qu’elle a commencé à guérir. »
Nous avons aussi travaillé sur les situations déclencheurs. Sandrine était cadre commerciale, et les appels téléphoniques avec des clients difficiles la mettaient en transe d’anxiété. Sous hypnose, nous avons rejoué ces scènes, mais en modifiant la bande-son intérieure. Je lui ai proposé d’imaginer que sa voix intérieure, celle qui lui disait « tu vas te planter », parlait avec la voix d’un personnage de dessin animé un peu ridicule. Elle a ri sous hypnose, un vrai rire, libérateur. Et à partir de ce moment, les appels sont devenus moins menaçants. Pas faciles, mais moins terrifiants.
La sixième et dernière séance a été celle de l’intégration. Sandrine a appris à utiliser l’autohypnose, un outil qu’elle pourrait emporter partout. En trois minutes, assise à son bureau ou dans sa voiture, elle pouvait retrouver cet état de sécurité intérieure. Elle n’avait plus besoin de moi pour respirer sans peur. Elle était devenue sa propre thérapeute.
Je ne peux pas écrire cet article sans être honnête sur les limites de ce travail. Sandrine a beaucoup progressé, mais elle n’est pas devenue une personne « sans anxiété ». Et c’est une bonne nouvelle, parce que ce n’est pas le but. L’anxiété généralisée ne disparaît jamais complètement, pas plus que la météo ne devient toujours ensoleillée. Ce qui change, c’est le rapport à cette anxiété.
L’hypnose n’efface pas les déclencheurs. Sandrine continue d’avoir des moments de stress, des montées d’inquiétude. Mais elle ne les vit plus comme des catastrophes. Elle les accueille comme des signaux, des informations sur son état intérieur. « Avant, quand l’angoisse pointait, je pensais que tout était foutu, que j’allais craquer. Maintenant, je me dis : “Tiens, voilà mon vieux réflexe. Bonjour, je te vois, tu passes.” Et ça passe vraiment. »
L’hypnose n’est pas non plus une solution miracle pour tout le monde. Certaines personnes ont besoin d’un accompagnement plus long, d’autres combinent l’hypnose avec une thérapie cognitivo-comportementale ou un suivi médical. Si l’anxiété est très sévère, avec des crises de panique fréquentes ou des pensées envahissantes, il est essentiel de consulter d’abord un médecin. L’hypnose est un complément puissant, pas un substitut à un diagnostic médical.
Sandrine a aussi dû accepter que la respiration ne soit pas un bouton « off » magique. Pendant les deux premières semaines, elle a eu des moments de frustration. « J’ai essayé ma technique de respiration en réunion, et ça n’a pas marché, j’étais encore tendue. » Je lui ai rappelé que la respiration n’est pas une pilule, c’est un entraînement. Comme pour le sport, on ne devient pas champion après une séance. On refait, on recommence, on accepte les jours sans.
« L’hypnose ne m’a pas enlevé la peur. Elle m’a appris à danser avec elle. Et parfois, c’est une valse, parfois un tango un peu brusque. Mais je ne marche plus à côté de mes pompes. »
Enfin, il faut dire que l’hypnose n’efface pas les causes profondes de l’anxiété. Sandrine avait des schémas familiaux, une tendance au perfectionnisme héritée de son père, une peur de l’échec bien ancrée. L’hypnose a apaisé les symptômes, mais elle a aussi ouvert une porte pour explorer ces racines. C’est un travail qui peut prendre du temps, parfois des années, et qui va au-delà de la simple respiration.
Aujourd’hui, Sandrine vient me voir une fois par trimestre, pour une séance de rappel ou pour creuser un nouveau sujet. Elle dit que sa vie a changé, mais pas de manière spectaculaire. Pas de révélation divine, pas de transformation soudaine. Plutôt un glissement progressif, comme une marée qui remonte doucement sur le sable.
Les nuits, d’abord. Elle dormait mal depuis des années, se réveillant plusieurs fois avec le cœur qui bat. Maintenant, elle s’endort plus vite, et quand elle se réveille, elle pose une main sur son ventre, elle sent le souffle qui va et vient, et elle se rendort en quelques minutes. « C’est bête à dire, mais c’est mon plus grand bonheur. Une nuit complète, sans alarme intérieure. »
Au travail, elle a changé. Elle ne tremble plus avant de parler en réunion. Elle respire, elle fait une pause, elle dit ce qu’elle a à dire. Pas toujours parfaitement, mais elle le fait. « Avant, je passais mon temps à me demander ce que les autres pensaient de moi. Maintenant, je me demande ce que je pense de ce que je dis. » Cette bascule intérieure, du regard des autres vers sa propre présence, est l’un des fruits les plus précieux de ce travail.
Avec son mari, la relation s’est apaisée. Sandrine avait tendance à interpréter chaque silence comme un signe de rejet, chaque retard comme une preuve de désamour. Sous l’effet de l’anxiété, son cerveau fabriquait des scénarios. Aujourd’hui, elle respire avant de réagir. Elle prend trois secondes, elle laisse l’air entrer, et elle choisit sa réponse. « Je ne suis plus en réaction permanente. Je suis plus présente. »
Et puis il y a les petits moments du quotidien. Boire un café sans précipitation. Regarder un film sans vérifier son téléphone toutes les deux minutes. Marcher dans la rue sans scruter les visages pour y déceler une menace. Sandrine dit que c’est comme si elle avait retrouvé un volume sonore normal dans sa tête. « Avant, c’était du heavy metal en permanence. Maintenant, c’est du jazz. Parfois un peu dissonant, mais ça swingue. »
Si ce témoignage résonne en vous, si vous reconnaissez ce souffle court, cette boule au ventre, cette peur qui colle à la peau, je ne vais pas vous dire de prendre rendez
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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