3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Histoire vraie d'une libération émotionnelle après des années.
Je m'appelle Marie (j'ai changé son prénom pour préserver son anonymat). La première fois que je l'ai vue dans mon cabinet, elle avait 34 ans, un regard qui fuyait le mien, et une façon de s'asseoir au bord du fauteuil comme si elle s'apprêtait à déguerpir à la seconde où je prononcerais un mot de travers. Elle m'a dit : « Thierry, je ne sais pas si je vais arriver à en parler. Chaque fois que j'essaie, j'ai l'impression que ma gorge se serre et que je vais disparaître. »
Elle n'était pas venue pour « la honte » dans un premier temps. Elle m'avait contactée pour des insomnies, des difficultés à s'endormir, un sentiment permanent d'être jugée au travail, dans son couple, même avec ses amis les plus proches. Comme beaucoup de personnes que je reçois, elle avait développé des stratégies d'évitement : ne pas prendre la parole en réunion, refuser les invitations sociales, dire « oui » à tout pour ne pas déplaire. Mais le soir, dans le silence de sa chambre, la machine infernale se mettait en route : « Pourquoi tu as dit ça ? », « Tu as encore fait une remarque idiote », « Tout le monde s'est moqué de toi ».
La honte, ce n'est pas juste un sentiment désagréable. C'est une émotion qui nous raconte une histoire très particulière sur nous-mêmes : que nous sommes fondamentalement défectueux, indignes, que notre être même est un problème. Et c'est pour ça qu'elle est si difficile à affronter seule.
Avant d'aller plus loin avec Marie, j'aimerais poser une distinction essentielle que je répète souvent à mes patients. La culpabilité, c'est : « J'ai fait quelque chose de mal. » La honte, c'est : « Je suis quelqu'un de mal. »
La culpabilité porte sur un acte, sur un comportement. Elle peut être utile : elle nous pousse à réparer, à nous excuser, à changer. La honte, elle, s'attaque à notre identité profonde. Elle nous murmure que nous sommes foncièrement mauvais, que notre nature même est honteuse. Et contrairement à la culpabilité, la honte ne nous invite pas à la réparation : elle nous invite à la dissimulation, à la fuite, au retrait.
« La honte, c'est cette voix intérieure qui vous dit que vous êtes le seul problème, et que le monde serait mieux sans vous. Ce n'est pas une émotion à combattre, c'est une histoire à réécrire. »
Marie avait appris très tôt cette histoire. À 8 ans, dans la cour de récréation, des camarades s'étaient moqués d'elle parce qu'elle avait fait pipi sur elle après avoir eu trop peur de demander à sortir. L'institutrice, au lieu de la rassurer, l'avait humiliée devant toute la classe. « Tu es grande maintenant, c'est dégoûtant. » Ce moment, elle le revivait encore trente ans plus tard comme s'il datait de la veille. Sa voix intérieure avait enregistré : « Je suis dégoûtante. Je ne mérite pas qu'on s'occupe de moi. Je dois me cacher. »
Ce qui est traître avec la honte, c'est qu'elle s'installe souvent dans l'enfance, lors d'épisodes d'humiliation ou de rejet, mais qu'elle continue à agir en nous à l'âge adulte, sans qu'on ait toujours conscience du lien. On se dit simplement qu'on est « timide », « introverti », « anxieux », « pas à la hauteur ». On s'adapte, on compense, on construit une vie autour de l'évitement de cette honte. Mais elle reste là, comme un fond sonore permanent.
Quand Marie est venue me voir, elle avait déjà fait plusieurs années de thérapie par la parole. Elle avait compris d'où venait sa honte, elle pouvait en parler avec des mots, elle connaissait les mécanismes. Mais ça n'avait rien changé dans son corps. Le soir, dans son lit, la honte revenait avec la même intensité. Sa gorge se serrait, son ventre se nouait, elle avait envie de disparaître.
C'est une limite que je vois souvent : comprendre intellectuellement ne suffit pas quand l'émotion est stockée dans le corps, dans le système nerveux, dans ce que les neurosciences appellent la mémoire implicite. La honte n'est pas seulement une pensée, c'est une expérience physique et sensorielle. Et c'est là que l'hypnose ericksonienne a un rôle spécifique à jouer.
Avec Marie, nous avons commencé par des séances d'hypnose centrées sur la sécurité. Je ne parle pas ici d'un état de relaxation superficiel. Je parle de créer, dans son système nerveux, une expérience concrète de sécurité. La honte nous met en état d'alerte permanent : notre corps se prépare à être rejeté, humilié, exclu. Pour pouvoir approcher la honte sans se briser, il faut d'abord que le corps sache ce que « être en sécurité » signifie réellement.
Nous avons travaillé avec l'image d'un lieu intérieur : une cabane au bord de la mer, un endroit où personne ne pouvait entrer sans sa permission, où elle pouvait respirer, où elle était accueillie par une version d'elle-même bienveillante et calme. Cela peut sembler simple, voire simpliste, mais pour son système nerveux, c'était une information nouvelle : « Il existe un endroit en moi où je suis acceptée sans condition. »
Pendant plusieurs séances, nous n'avons fait que cela : ancrer cette sensation de sécurité, la rendre accessible, la renforcer. Marie apprenait à revenir dans cet espace quand la honte surgissait dans sa vie quotidienne, avant même de chercher à la comprendre ou à la transformer. C'était une étape cruciale. On ne peut pas plonger dans une eau glacée sans savoir nager. On ne peut pas affronter sa honte sans avoir un refuge intérieur.
Après quatre séances de préparation, Marie s'est sentie prête à aller plus loin. Je lui ai proposé une séance d'hypnose plus profonde, où elle pourrait, en état de conscience modifié, se reconnecter à ce souvenir d'enfance sans être submergée.
L'hypnose ericksonienne que je pratique n'est pas un état où l'on perd le contrôle. C'est un état de conscience modifié, oui, mais où la personne reste pleinement consciente de ce qui se passe, tout en ayant accès à des ressources et des souvenirs autrement inaccessibles. C'est comme si on pouvait regarder un film de sa vie, mais avec la possibilité de modifier le scénario.
Marie s'est retrouvée dans la cour de récréation. Elle avait 8 ans, elle sentait l'humidité froide sur sa jupe, elle entendait les rires, elle voyait le visage de l'institutrice. Son corps s'est tendu, sa respiration est devenue courte. Je lui ai demandé de se dédoubler : de rester dans la scène en tant que petite Marie, mais aussi d'être présente en tant qu'adulte, dans le coin de la cour, observant.
Ce dédoublement est une technique puissante. Il permet de ne pas être complètement identifié à la souffrance du passé, tout en restant en lien avec elle. Marie adulte voyait sa petite fille, seule, humiliée, et elle ressentait une immense compassion. Mais surtout, elle avait accès à une information que la petite Marie ne pouvait pas avoir : elle savait que cette petite fille allait grandir, qu'elle allait devenir une femme brillante, aimée, compétente. Elle savait que les moqueries des autres enfants ne définissaient pas sa valeur.
« En voyant cette petite fille pleurer, j'ai compris que ce n'était pas ma faute. Je n'étais pas dégoûtante. J'étais juste une enfant qui avait eu peur, et personne ne l'avait protégée. »
Ce moment a été un tournant. Marie a pu, dans son hypnose, s'approcher de la petite Marie, la prendre dans ses bras, lui dire les mots que personne ne lui avait dits : « Tu n'as rien fait de mal. Tu es une bonne petite fille. Tu mérites d'être aimée. » Elle a même pu, symboliquement, lui offrir un manteau propre et chaud, et la ramener chez elle.
Quand Marie est sortie de l'hypnose, elle pleurait, mais ce n'étaient pas des larmes de honte. C'étaient des larmes de soulagement, de libération. Pour la première fois, elle avait vécu une expérience où sa honte n'était pas une condamnation, mais une blessure qui pouvait être pansée.
L'hypnose seule peut faire des miracles, mais pour que le changement soit durable, il faut souvent consolider le terrain. C'est pourquoi je combine régulièrement l'hypnose avec l'IFS (Internal Family Systems) et l'Intelligence Relationnelle.
L'IFS, c'est une approche qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties » ou sous-personnalités. Il y a la partie honteuse, la partie critique, la partie qui cherche à tout contrôler, la partie qui veut plaire. Mais il y a aussi un « Soi » central, une essence calme, curieuse, confiante, qui peut accueillir toutes ces parties avec compassion.
Marie a commencé à identifier ses différentes parties. Il y avait la « petite Marie » blessée, qu'elle avait rencontrée en hypnose. Il y avait la « critique intérieure », cette voix qui lui disait sans cesse qu'elle n'était pas à la hauteur. Et il y avait la « protectrice », cette partie qui l'empêchait de prendre la parole en réunion, qui la poussait à s'excuser pour tout, qui la maintenait dans l'évitement. Cette protectrice, Marie l'avait toujours vue comme une ennemie. Mais en IFS, on apprend à remercier ces parties : elles ont fait de leur mieux pour nous protéger, même si leurs stratégies ne sont plus adaptées aujourd'hui.
« J'ai compris que ma honte n'était pas moi, mais une partie de moi qui avait été blessée. Et cette partie avait besoin d'être écoutée, pas rejetée. »
L'Intelligence Relationnelle, de son côté, a aidé Marie à mettre en pratique ce qu'elle découvrait. Pendant des années, elle avait évité les conflits, les confrontations, les situations où elle pourrait être jugée. Elle disait « oui » à tout, même quand elle pensait « non ». Elle avait appris à s'effacer pour ne pas déranger. Mais cette stratégie, si elle avait été utile dans son enfance pour éviter l'humiliation, la rendait profondément malheureuse à l'âge adulte.
Nous avons travaillé sur des exercices concrets : dire « non » à une collègue, exprimer un désaccord avec son compagnon, refuser une invitation sans s'excuser longuement. Chaque fois, la honte remontait, mais Marie avait désormais des outils pour l'accueillir : elle pouvait reconnaître la sensation dans son corps, respirer, se rappeler qu'elle n'était plus une enfant impuissante, et agir quand même.
Les changements ne sont pas venus du jour au lendemain. Marie a eu besoin de plusieurs semaines pour intégrer ces expériences. Mais les transformations ont été profondes et durables.
D'abord, son sommeil s'est amélioré. La honte n'était plus cette voix qui tournait en boucle dans sa tête le soir. Elle pouvait se coucher sans ressasser les humiliations du passé. Quand une pensée honteuse surgissait, elle n'était plus emportée par elle. Elle pouvait dire : « Ah, voilà cette partie de moi qui a peur d'être jugée. Bonsoir, je vais dormir. »
Ensuite, ses relations ont changé. Elle a commencé à poser des limites. Elle a dit non à son chef qui lui demandait de faire des heures supplémentaires non payées. Elle a demandé à son compagnon de l'aider davantage dans les tâches ménagères, sans se sentir coupable. Elle a même repris contact avec des amis qu'elle avait évités pendant des années, par peur d'être jugée.
Mais le plus beau, m'a-t-elle confié, c'est qu'elle a retrouvé une forme de légèreté. « Je ne me prends plus la tête pour tout. Je rigole plus facilement. Je me sens moins lourde. »
Marie n'a pas « guéri » de la honte au sens où elle ne la ressentirait plus jamais. La honte fait partie de l'expérience humaine. Mais elle a cessé d'être définie par elle. La honte est devenue une émotion parmi d'autres, qui passe, qui peut être accueillie, qui ne la submerge plus.
Aujourd'hui, elle peut parler de son histoire sans avoir la gorge serrée. Elle peut même en rire, parfois. Elle a compris que sa honte n'était pas une tare, mais une cicatrice. Et les cicatrices, contrairement à ce qu'on croit, ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des preuves de guérison.
Je veux être honnête avec vous, car c'est ainsi que je travaille. L'hypnose n'est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer votre passé. Elle ne va pas faire disparaître la honte comme par enchantement. Mais elle peut vous offrir quelque chose de précieux : un accès à des ressources que vous avez déjà en vous, mais que vous n'arrivez pas à mobiliser à cause de la honte.
L'hypnose ericksonienne, comme je la pratique, ne vous met pas dans un état de soumission. Vous restez maître de ce qui se passe. Vous pouvez à tout moment ouvrir les yeux, parler, dire non. Ce n'est pas un endroit où l'on vous impose des suggestions contre votre gré. C'est un espace où vous pouvez, en toute sécurité, explorer des parties de vous que vous avez mises sous silence.
Ce que l'hypnose fait concrètement :
Ce qu'elle ne fait pas :
Peut-être que vous lisez cet article et que vous vous dites : « C'est mon histoire. » Peut-être que vous avez, comme Marie, cette voix intérieure qui vous dit que vous n'êtes pas assez bien, que vous êtes fondamentalement défectueux, que vous devez vous cacher.
Je ne peux pas vous promettre que l'hypnose va tout résoudre en une séance. Mais je peux vous proposer une première rencontre, sans engagement, pour que nous puissions discuter de votre situation, voir si cette approche peut vous convenir, et comment nous pourrions travailler ensemble.
Ce que je peux vous dire, c'est que la honte n'est pas une vérité sur vous. C'est une histoire que vous avez apprise, et les histoires peuvent se réécrire. Pas en effaçant le passé, mais en lui donnant un nouveau sens. Pas en niant la douleur, mais en l'accueillant avec la compassion qu'elle mérite.
Marie est venue me voir pour des insomnies. Elle est repartie avec une liberté qu'elle n'avait jamais connue. Aujourd'hui, elle peut se regarder dans un miroir sans détourner le regard. Elle peut dire « je suis fière de moi » sans avoir honte de le penser.
Si vous voulez, on peut commencer ce chemin ensemble.
« La honte nous fait croire que nous sommes seuls, que personne ne comprend, que nous sommes trop abîmés pour être réparés. Mais ce n'est jamais vrai. Il y a toujours une porte de sortie, même si elle est bien cachée. »
Je suis installé à Saintes, près de la gare, avec un parking facile. Je reçois du lundi au vendredi, en journée et en soirée. Les séances durent entre une heure et une heure trente, selon les besoins. La première séance est un temps d'échange, sans hypnose, pour
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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