3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
L'histoire d'une femme qui a repris sa vie en main.
Je les ai vues arriver de loin. Les premières fois, c’était dans un supermarché, un samedi après-midi. Je faisais la queue à la caisse, comme tout le monde. Et soudain, sans prévenir, ma cage thoracique s’est refermée. J’ai cru que j’allais mourir, là, entre les barres chocolatées et les magazines people. Mon cœur battait si fort que j’entendais le sang cogner dans mes tempes. Mes jambes sont devenues molles, comme si le sol se dérobait sous mes pieds. J’ai laissé mon caddie en plan et je suis sortie en courant, bousculant les gens, sous le regard médusé des caissières.
Je m’appelle Claire (j’ai changé mon prénom pour cet article, mais l’histoire est vraie). J’ai 38 ans, je suis commerciale dans une entreprise régionale, et pendant trois ans, j’ai vécu avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : la peur panique d’avoir une attaque de panique. Une peur qui finit par devenir plus invivable que les crises elles-mêmes. Aujourd’hui, je peux en parler sans trembler. Je peux retourner dans n’importe quel supermarché, prendre le train, conduire sur l’autoroute. Je ne dis pas que la peur a totalement disparu — elle est humaine, après tout — mais elle ne commande plus ma vie.
J’ai voulu témoigner ici parce que, quand j’étais au fond du trou, j’aurais donné cher pour lire le récit de quelqu’un qui s’en était sorti. Pas une promesse de guérison miracle, pas une méthode magique, juste une histoire vraie. Alors voilà la mienne. Et comment l’hypnose ericksonienne, l’IFS et un travail sur l’Intelligence Relationnelle m’ont aidée à reprendre le volant de mon existence.
Au début, je n’ai pas fait le lien. Je menais une vie normale, rythmée par le travail, les enfants, les courses, les soirées entre amis. Rien de spectaculaire. Mais en y repensant, l’anxiété était là depuis longtemps, comme un invité qui s’installe sans frapper.
Je me suis rendu compte que, depuis quelques mois, j’évitais certaines situations. Je ne prenais plus le métro quand je montais à Paris pour mes rendez-vous clients. Je préférais marcher vingt minutes de plus ou prendre un taxi, même si ça me coûtait un bras. J’ai commencé à vérifier deux fois si j’avais bien pris mes clés avant de sortir. Je me réveillais la nuit, le cœur battant, avec des pensées qui tournaient en boucle : « Et si je rate mon train ? Et si j’oublie le dossier important ? Et si j’ai une crise devant le client ? »
Je me suis convaincue que j’étais juste fatiguée. « C’est le stress du boulot », me disais-je. « Il faut que je dorme plus. » Alors j’ai acheté des tisanes, j’ai essayé la méditation guidée sur une application, j’ai même arrêté le café. Rien n’y faisait. L’anxiété, elle, s’engraissait en silence. Elle trouvait toujours une nouvelle raison de s’inquiéter.
Puis est venue cette première attaque de panique au supermarché. Sur le moment, j’ai cru à un infarctus. Je suis allée aux urgences, on m’a fait un électrocardiogramme, des prises de sang. Tout était normal. Le médecin urgentiste, un jeune homme un peu brusque, m’a dit : « C’est une crise d’angoisse, madame. Vous n’allez pas mourir. Essayez de vous détendre. » Et il m’a prescrit des anxiolytiques.
Je suis rentrée chez moi avec ma petite boîte de médicaments, honteuse. Honteuse d’avoir « pété un câble » dans un lieu public. Honteuse d’être faible. Honteuse de ne pas arriver à « me détendre », comme si c’était une question de volonté.
Ce que j’ai compris plus tard, c’est qu’une attaque de panique n’est pas un signe de faiblesse. C’est le système d’alarme de votre cerveau qui se déclenche à fond, même quand il n’y a pas de danger réel. Votre corps se met en mode survie : il vous prépare à fuir ou à combattre un tigre. Sauf que le tigre, c’est la queue à la caisse du supermarché.
Cette explication, je ne l’ai eue que des mois plus tard, chez Thierry. Mais sur le moment, j’étais perdue. Et le pire, c’est que les crises sont devenues plus fréquentes. Comme si mon cerveau avait appris une nouvelle compétence : paniquer. Et il s’entraînait.
C’est là que le vrai calvaire a commencé. Après cette première crise au supermarché, j’ai développé une peur panique d’avoir une autre crise. C’est ce qu’on appelle l’anxiété anticipatoire. Vous ne paniquez pas seulement dans la situation, vous paniquez à l’idée de paniquer. Et ça, c’est épuisant.
J’ai commencé à éviter tout ce qui pouvait déclencher une crise. D’abord les supermarchés. Puis les files d’attente en général. Puis les transports en commun. Puis les autoroutes (impossible de s’arrêter sur le bas-côté si ça arrive). Puis les réunions clients en terrain inconnu. Puis les restaurants un peu bondés. Puis les salles de cinéma.
Mon monde s’est rétréci comme une peau de chagrin. Je trouvais des excuses à mon patron, à mes amis, à ma famille. « Je suis fatiguée », « J’ai un rendez-vous », « Je ne me sens pas bien ». Je mentais, et le mensonge ajoutait une couche de honte supplémentaire.
Le pire, c’est que ces évitements marchaient. À court terme. Je me sentais soulagée parce que j’avais évité la situation anxiogène. Mais ce soulagement était un poison. Chaque fois que j’évitais, mon cerveau enregistrait : « Tu vois, cette situation est dangereuse. Heureusement que tu l’as évitée. » Et la prochaine fois, la peur était encore plus forte.
Je suis devenue une experte de l’évitement. Je planifiais mes journées en fonction des « zones de danger ». Je repérais les sorties de secours dans chaque pièce. Je vérifiais où étaient les toilettes (au cas où j’aurais besoin de m’isoler). Je buvais moins de café, moins d’alcool, je mangeais léger avant de sortir. Rien n’y faisait. Les crises arrivaient quand même, parfois dans des moments où je ne m’y attendais pas du tout, comme en regardant un film tranquille sur mon canapé.
Un jour, j’ai craqué. C’était un dimanche soir. Je devais préparer ma semaine, et l’idée même d’aller au bureau le lendemain m’a paralysée. Je me suis effondrée en larmes dans la cuisine, ma fille de 10 ans m’a vue. Elle m’a demandé : « Maman, pourquoi tu pleures ? » Je n’ai pas su quoi lui répondre. J’avais tellement honte. C’est là que j’ai compris que je ne pouvais plus continuer comme ça.
Avant d’arriver chez Thierry, j’avais essayé pas mal de choses. Mon médecin traitant m’avait prescrit des anxiolytiques, mais je ne voulais pas en prendre tous les jours. J’avais peur de la dépendance, de la somnolence, de ne plus être moi-même. J’avais essayé la sophrologie, mais les exercices de respiration me donnaient l’impression de perdre le contrôle. J’avais même consulté une psychologue pendant six mois. Ça m’avait aidée à comprendre d’où venait mon anxiété (relation compliquée avec ma mère, perfectionnisme hérité de mon père), mais ça n’avait pas arrêté les crises.
Quand j’ai poussé la porte du cabinet de Thierry pour la première fois, j’étais sceptique. L’hypnose, pour moi, c’était un peu du cirque. Un spectacle où on fait faire des choses ridicules aux gens. Thierry m’a tout de suite rassurée. Il m’a expliqué que l’hypnose ericksonienne n’a rien à voir avec ça. C’est un état de conscience modifié, un peu comme la rêverie, où on est à la fois détendu et hyper concentré. On n’est pas endormi, on n’est pas inconscient. On entend tout, on peut parler si on veut. C’est juste que le mental critique, celui qui juge et qui analyse, s’apaise. Et dans cet état, on peut accéder à des ressources qui sont bloquées dans la vie quotidienne.
La première séance a été une révélation. Thierry m’a guidée dans un voyage intérieur. Il m’a demandé de visualiser mon anxiété comme une forme, une couleur, une texture. Pour moi, c’était une boule grise et rugueuse, logée dans ma poitrine. Puis il m’a proposé de l’observer sans la juger, sans essayer de la chasser. Juste la regarder.
« On ne guérit pas une peur en la combattant. On la guérit en l’accueillant, en l’écoutant, et en lui donnant une nouvelle place. La panique n’est pas une ennemie à abattre, c’est une partie de vous qui a essayé de vous protéger, avec les moyens du bord. »
Cette phrase, Thierry me l’a dite lors de la deuxième séance, et elle a tout changé. Mon anxiété n’était pas un défaut, un signe de faiblesse. C’était une partie de moi, une jeune fille effrayée, qui avait pris le contrôle du camion parce qu’elle pensait que je fonçais droit dans le mur. Elle ne voulait pas me nuire. Elle voulait me protéger, mais elle le faisait mal.
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) est entré en jeu. L’IFS, c’est un modèle qui considère que notre psychisme est composé de plusieurs « parties », comme des personnages intérieurs. Il y a la partie perfectionniste, la partie critique, la partie anxieuse, la partie qui aime le confort. Et il y a un « Soi » central, calme, confiant, qui peut dialoguer avec ces parties. Le but n’est pas d’éliminer les parties anxieuses, mais de les comprendre, de les remercier, et de leur redonner une place moins envahissante.
Pendant plusieurs séances, j’ai dialogué avec ma « partie panique ». Je lui ai demandé ce qu’elle voulait, ce qu’elle craignait. Elle m’a répondu : « Je veux que tu restes en vie. Je veux que tu ne fasses pas d’erreur. Je veux que tu sois parfaite pour que personne ne te rejette. » C’était touchant, et triste. Cette partie était coincée dans un rôle de gardienne, épuisée, mais convaincue que sans elle, je serais en danger.
L’hypnose a permis de créer un espace sécurisé pour ce dialogue. Dans l’état hypnotique, je pouvais parler à cette partie sans être submergée par elle. Je pouvais la remercier, lui dire qu’elle pouvait se reposer, que j’étais assez grande pour gérer les choses. Et progressivement, la boule grise dans ma poitrine a changé de couleur, de texture. Elle est devenue plus douce, plus petite. Elle n’a pas disparu, mais elle a cessé de hurler.
La troisième brique du travail a été l’Intelligence Relationnelle. Thierry m’a expliqué que les attaques de panique ne sont jamais totalement individuelles. Elles se nourrissent de notre rapport aux autres, de notre peur du jugement, de notre difficulté à dire non, à poser des limites.
Je me suis reconnue tout de suite. J’étais une « gentille fille » typique. Toujours arrangeante, toujours souriante, toujours prête à rendre service, même si j’étais épuisée. J’avais une peur panique de décevoir, de fâcher, d’être rejetée. Alors je disais oui à tout, et je rentrais chez moi lessivée, avec une boule au ventre.
L’Intelligence Relationnelle, c’est un ensemble d’outils pour mieux comprendre ses propres besoins et les exprimer clairement, sans agressivité et sans soumission. Concrètement, on a travaillé sur :
La distinction entre les faits et les interprétations : quand mon patron me disait « Tu as cinq minutes ? », je traduisais immédiatement par « Il va me reprocher quelque chose, je vais me faire engueuler ». Alors que c’était peut-être juste une question anodine. J’ai appris à vérifier mes interprétations avant de paniquer.
L’expression des besoins : j’ai appris à dire « Je ne peux pas prendre ce dossier supplémentaire aujourd’hui, je suis déjà sur trois urgences. On peut voir ça demain ? » sans me justifier pendant dix minutes, sans m’excuser. Et devinez quoi ? Le monde ne s’est pas écroulé. Les gens ont même respecté ma clarté.
La gestion des conflits : j’évitais les conflits comme la peste, au point de laisser les autres marcher sur mes plates-bandes. J’ai appris qu’un conflit bien mené, c’est juste une négociation entre deux besoins légitimes. Ça ne tue personne.
Ce travail relationnel a eu un effet direct sur mes attaques de panique. Moins je m’épuisais à faire semblant, moins j’accumulais de tension, moins j’avais de crises. C’est logique : la panique, c’est souvent la soupape de sécurité qui saute quand on a trop comprimé ses émotions.
Aujourd’hui, je ne suis pas « guérie » au sens où je ne ressens plus jamais d’anxiété. Ce serait mentir. Il m’arrive encore d’avoir des moments de tension, des palpitations, une boule au ventre avant une réunion importante. La différence, c’est que je ne panique plus à cause de cette anxiété. Je l’accueille. Je me dis : « Tiens, voilà ma vieille amie l’anxiété. Elle doit avoir quelque chose à me dire. » Et je l’écoute, sans la laisser prendre le volant.
J’ai appris plusieurs choses essentielles :
1. La panique n’est pas une fatalité. C’est un mécanisme appris, et ce qui s’apprend peut se désapprendre. Mon cerveau avait appris à paniquer dans certaines situations. Avec l’hypnose, je lui ai appris à se calmer, à respirer, à faire confiance. C’est comme un muscle : plus on l’entraîne, plus il devient fort.
2. Le corps et l’esprit ne font qu’un. Avant, je croyais que tout était « dans ma tête ». Je me disais : « Je sais que c’est irrationnel, pourquoi je n’arrive pas à arrêter ? » C’est parce que la panique n’est pas une pensée, c’est une réaction physiologique. On ne raisonne pas une réaction de survie. On l’apaise par le corps, par la respiration, par l’état hypnotique. On crée de nouvelles voies neuronales.
3. La guérison n’est pas linéaire. J’ai eu des rechutes. Des jours où je me sentais forte, et d’autres où une simple contrariété me faisait basculer. Thierry m’avait prévenue : « Ce n’est pas un chemin tout droit. Il y a des virages, des montées, des descentes. L’important, c’est la direction générale. » Et c’est vrai. Aujourd’hui, même dans mes mauvais jours, je sais que je vais mieux qu’il y a un an. La tendance est positive, même si le tra
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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