3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Petits rituels faciles à intégrer pour amorcer le changement dès maintenant.
Vous êtes là, devant votre écran, à 22h37. Vous deviez lancer ce dossier depuis trois jours. Ou ranger cette pièce. Ou appeler ce rendez-vous. Vous savez que c’est important, vous savez même que ça vous soulagerait une fois fait. Pourtant, vous scrollez, vous zappez, vous trouvez une micro-tâche plus urgente. Vous n’êtes pas paresseux, vous êtes bloqué. Et ce blocage n’est pas un défaut de caractère, c’est une mécanique que votre cerveau a apprise pour vous protéger. La bonne nouvelle ? On peut la déprogrammer. Avec des outils concrets, pas de la pensée magique.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des gens intelligents, compétents, qui se réveillent à 3h du matin en sueur parce que l’échéance approche. Et qui se détestent de ne pas avoir commencé plus tôt. La procrastination n’est pas un problème de motivation, c’est un problème de régulation émotionnelle. Vous ne fuyez pas la tâche, vous fuyez la sensation désagréable qu’elle déclenche. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’intelligence relationnelle m’ont appris une chose : on peut changer le signal émotionnel avant même de toucher à la tâche.
Ces trois exercices sont conçus pour ce soir. Pas pour demain matin, pas pour « quand vous serez prêt ». Pour maintenant. Ils prennent entre 5 et 12 minutes chacun. Vous pouvez les faire dans votre canapé, au lit, ou même assis aux toilettes si c’est le seul endroit calme que vous avez. Ils ne remplacent pas un suivi thérapeutique si votre procrastination est massive, mais ils vous donnent une clé pour sortir du cycle ce soir.
Avant de vous donner les exercices, il faut comprendre ce qui se passe dans votre tête quand vous procrastinez. Ce n’est pas un caprice. C’est un conflit interne entre deux parties de vous-même.
Imaginez que vous êtes devant votre bureau. Le dossier vous attend. Votre cortex préfrontal, la partie rationnelle, vous dit : « Allez, on attaque, ça prendra une heure et ce sera fini. » Mais une autre partie, plus ancienne, plus instinctive, réagit immédiatement à la vue du dossier. Elle capte une menace. Pas une menace physique, mais une menace émotionnelle : la peur de ne pas y arriver, la peur du jugement, la peur de l’effort inconfortable. Cette partie active votre système de stress. Votre rythme cardiaque augmente, votre respiration devient plus courte, vos muscles se tendent. Vous êtes en état d’alerte.
Et que fait un cerveau en état d’alerte ? Il cherche une solution de fuite. La solution la plus proche, c’est le téléphone, la vidéo, la bouffe, n’importe quoi qui calme immédiatement l’inconfort. Vous ne choisissez pas la procrastination. Vous choisissez la régulation émotionnelle rapide. Le problème, c’est que cette régulation aggrave le problème à long terme : la honte et la culpabilité s’ajoutent à la peur initiale, et le dossier devient encore plus menaçant.
L’hypnose agit précisément ici. Elle permet de modifier le dialogue interne. Au lieu que la partie paniquée prenne le contrôle, vous apprenez à l’apaiser directement. Les trois exercices qui suivent travaillent sur des leviers différents : le corps, les images mentales, et le dialogue avec vos parties. Choisissez celui qui vous parle le plus, ou faites-les enchaînés si vous avez le temps.
« La procrastination n’est pas un problème de motivation, c’est un problème de régulation émotionnelle. Vous ne fuyez pas la tâche, vous fuyez la sensation désagréable qu’elle déclenche. »
Cet exercice est le plus rapide. Il est idéal le soir, juste avant de vous mettre à la tâche, ou même quand vous sentez monter l’évitement. Il s’inspire des techniques de centrage utilisées en préparation mentale sportive, que j’adapte pour mes coureurs et mes footballeurs avant une compétition.
Pourquoi ça marche : La procrastination commence souvent par une micro-sensation corporelle : une tension dans la poitrine, une boule dans le ventre, une mâchoire serrée. Vous ne la remarquez même plus, tellement elle est habituelle. En la repérant et en la désamorçant, vous coupez le signal d’alarme avant qu’il ne déclenche la fuite.
Comment faire :
Asseyez-vous confortablement, les pieds à plat sur le sol. Fermez les yeux si vous le pouvez. Sinon, fixez un point neutre devant vous. Prenez une inspiration plus longue que d’habitude : 4 secondes, retenez 2 secondes, expirez 6 secondes. Faites-le trois fois, sans forcer.
Posez votre main droite sur votre ventre, juste sous le nombril. Votre main gauche sur votre poitrine. Vous n’avez rien à faire, juste observer les sensations sous vos mains. Sentez la chaleur de vos paumes à travers les vêtements. Sentez le mouvement de votre respiration qui soulève doucement votre ventre, puis votre poitrine.
Maintenant, portez votre attention sur l’endroit de votre corps où vous ressentez le plus de tension. Ce n’est pas grave si vous ne sentez rien au début. Vous pouvez scanner mentalement : mâchoire, épaules, entre les omoplates, ventre, bassin. Choisissez une zone, même si la sensation est subtile.
Imaginez que vous pouvez envoyer votre souffle directement dans cette zone. À chaque inspiration, visualisez l’air qui entre dans cette tension, comme un rayon de lumière chaude. À chaque expiration, imaginez la tension qui se dissout un peu, qui s’écoule vers le bas, qui est évacuée par vos pieds dans le sol.
Répétez pendant 2 à 3 minutes. Vous pouvez accompagner mentalement : « Inspiration, je détends… Expiration, je relâche… »
Quand vous sentez un changement, même infime, ouvrez les yeux. Prenez une décision immédiate : « Je vais ouvrir le dossier et lire la première phrase », pas « Je vais finir le dossier ». Juste la première phrase.
Témoignage anonyme : Un patient, cadre commercial, utilisait cet exercice le soir avant de commencer ses comptes. Il me disait : « Je passais 20 minutes à tourner autour, à vérifier mes mails, à faire du café. Maintenant, je fais l’exercice, et la première phrase vient toute seule. Après, le reste suit. »
À quoi faire attention : Cet exercice ne remplace pas la tâche. Il vous met en état de la commencer. Si après l’exercice vous replongez dans l’évitement, recommencez. L’idée n’est pas de forcer, mais de créer une fenêtre de choix. Vous n’êtes plus en réaction, vous êtes en action choisie.
Celui-ci est plus puissant, et plus surprenant. Il travaille sur la façon dont votre cerveau représente la tâche. Vous procrastinez parce que votre cerveau a associé le dossier, le projet ou l’appel à une image désagréable : une montagne infranchissable, un trou noir, une prison. En changeant cette image, vous changez la sensation associée.
Pourquoi ça marche : Le cerveau ne fait pas bien la différence entre une image réelle et une image imaginée. Quand vous visualisez un citron, votre bouche salive. Quand vous visualisez une tâche comme un mur infranchissable, votre corps se crispe. En modifiant l’image, vous modifiez la réaction.
Comment faire :
Mettez-vous dans un état calme. Vous pouvez reprendre les trois premières respirations de l’exercice précédent. Fermez les yeux.
Faites apparaître la tâche que vous évitez sous forme d’image mentale. Laissez venir ce qui vient : un objet, une forme, une couleur, une texture. Un patient voyait son rapport comme un bloc de béton gris. Une autre voyait son appel téléphonique comme un trou noir qui aspirait son énergie. Ne jugez pas, observez simplement.
Maintenant, demandez-vous : quelle sensation cette image déclenche-t-elle ? Lourdeur ? Oppression ? Peur ? Ennui ? Notez-la mentalement.
Voici la partie active : vous allez transformer cette image. Prenez la forme, la couleur, la texture, et commencez à lui appliquer des modifications absurdes. Si c’est un bloc gris, imaginez-le devenant rose fluo avec des pois verts. Si c’est un trou noir, imaginez-le rétrécir jusqu’à devenir la taille d’une tête d’épingle. Si c’est une montagne, imaginez-la devenir molle, en guimauve, avec une pente douce. Amusez-vous. Plus c’est ridicule, plus ça marche.
Ajoutez un élément sonore. Quel bruit fait la tâche maintenant ? Un grincement ? Un bruit de flûte ? Un rire ? Laissez votre créativité faire.
Observez la nouvelle sensation dans votre corps. Elle a changé, n’est-ce pas ? Peut-être un sourire est apparu, ou une légèreté. C’est le nouveau signal émotionnel.
Ancrez cette nouvelle image. Répétez mentalement : « Chaque fois que je pense à cette tâche, cette image légère et ridicule apparaît. » Faites-le trois fois.
Ouvrez les yeux. Prenez la tâche et faites un micro-mouvement vers elle : écrivez le titre, ouvrez le document, sortez le carnet. Pendant que vous faites ce geste, gardez l’image absurde en tête.
« Votre cerveau ne fait pas bien la différence entre une image réelle et une image imaginée. En modifiant l’image, vous modifiez la réaction. »
Témoignage anonyme : Une patiente qui devait préparer ses déclarations fiscales voyait son classeur comme « un cercueil en métal froid ». Après l’exercice, elle le voyait comme « un coffre à jouets en plastique jaune avec un couvercle qui fait couic-couic ». Elle a ri, et la paperasse a perdu son pouvoir.
Limite : Cet exercice ne convient pas si vous êtes dans une phase de stress très aigu. Si votre anxiété est trop forte, l’image absurde peut sembler forcée ou même agressive. Utilisez plutôt l’exercice n°1 ou n°3.
Celui-ci est mon préféré, et le plus transformateur sur le long terme. Il s’inspire de l’IFS (Internal Family Systems), un modèle que j’utilise beaucoup en cabinet. L’idée est simple : la partie de vous qui procrastine n’est pas votre ennemie. C’est une partie qui a pris un rôle de protection, souvent depuis longtemps. Au lieu de la combattre, vous allez l’écouter.
Pourquoi ça marche : La résistance s’adoucit quand elle se sent entendue. Plus vous luttez contre votre procrastination, plus elle se renforce. En lui parlant comme on parle à un enfant inquiet, vous créez une alliance. La partie se calme, et vous retrouvez l’accès à votre énergie d’action.
Comment faire :
Installez-vous confortablement, fermez les yeux. Respirez calmement. Posez-vous cette question : « Quelle partie de moi ne veut pas faire cette tâche ? » Attendez une réponse, pas en mots mais en sensation, en image, en voix intérieure.
Quand vous sentez cette partie (une tension, un poids, une voix intérieure qui dit « non » ou « plus tard »), adressez-vous à elle avec curiosité. Pas avec colère ou impatience. Vous pouvez dire mentalement : « Bonjour, je vois que tu es là. Merci d’essayer de me protéger. »
Posez-lui une question simple : « Qu’est-ce que tu crains qui se passerait si je commençais cette tâche maintenant ? » Laissez la réponse venir. Elle peut être surprenante : « J’ai peur que ce soit nul et qu’on me juge. » « J’ai peur de ne pas y arriver et de me sentir humilié. » « J’ai peur de perdre mon temps et de regretter. » « J’ai peur que ça réveille un vieux souvenir de pression scolaire. »
Accueillez la réponse sans la juger. Vous pouvez dire : « Je comprends que tu veuilles m’éviter cette souffrance. Tu as de bonnes raisons. » Sentez si la partie se détend un peu. Parfois, elle a juste besoin d’être reconnue.
Maintenant, faites une demande à cette partie : « Puis-je essayer de faire la tâche pendant seulement 2 minutes ? Si ça devient trop désagréable, tu pourras me rappeler et j’arrêterai. Tu gardes le contrôle. » Cette étape est cruciale. Vous ne forcez pas, vous négociez. La partie a besoin de savoir qu’elle peut encore intervenir.
Observez la réponse de la partie. Si elle accepte (sensation d’accord, de relâchement), ouvrez les yeux et faites exactement 2 minutes de la tâche. Si elle refuse, demandez-lui ce dont elle aurait besoin pour accepter. Parfois, c’est juste de la présence : « Je reste avec toi pendant que je fais, tu n’es pas seul. »
Après les 2 minutes, remerciez la partie. « Merci d’avoir accepté. On peut continuer ou on s’arrête là pour ce soir ? » Si elle est d’accord, continuez. Sinon, arrêtez-vous fièrement. Vous avez fait 2 minutes, c’est une victoire.
Témoignage anonyme : Un patient, graphiste freelance, procrastinait sur un projet client depuis trois semaines. La partie qui bloquait lui a révélé : « J’ai peur que ton travail ne soit pas à la hauteur et que le client te rejette comme ton père le faisait. » Cette révélation a tout changé. Il n’a pas fini le projet ce soir-là, mais il a pleuré, et le lendemain, il a pu commencer.
À garder en tête : L’IFS n’est pas une technique de performance. C’est un chemin de compassion. Si vous découvrez des peurs anciennes ou des blessures, prenez-en soin. Ne vous forcez pas à faire la tâche si la partie est trop effrayée. L’objectif de ce soir est d’établir un dialogue, pas de cocher une case.
Vous avez trois outils. Lequel prendre ce soir ? Voici un guide simple :
Un conseil important : ne faites pas ces exercices en pensant « il faut que ça marche ». La pression supplémentaire est contre-productive. Faites-les avec légèreté, comme une expérience. « Je vais essayer ça, on verra ce qui se passe. » La procrastination a besoin de permission, pas d’injonction.
« La résistance s’adoucit quand elle se sent entendue. Plus vous luttez contre votre procrastination, plus elle se renforce. En lui parlant comme on parle à un enfant inquiet, vous créez une alliance. »
Je
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Reconnaître les indices d'un passé qui refait surface.
Des outils concrets pour des échanges plus sereins.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.